Et si on se reconnectait à la vitesse de la nature ?


Ça vous est déjà arrivé de vous retrouver face à une situation sans savoir quoi faire ni quoi dire ? (question ultra-naïve).


Ce genre de situation où une multitude de choix s’offrent à vous (ce qui vous donne l’impression qu’il faut choisir là, tout de suite).


En plus, si comme moi vous avez un caractère impulsif, vous faites pile poil le mauvais choix (et vous récoltez les regrets qui vont avec).


Et puis, avec le recul, vous vous rendez compte que ce n’est pas parce que le choix est mauvais que vous avez des regrets, mais c’est parce que vous l’avez pris au mauvais moment.


Ce genre de situation c’est l’histoire de toute ma vie.


Avec l’âge, j’apprends à prendre le temps de réfléchir sans me soucier de ce qu’en pensent les autres (ce qui n’est pas toujours simple).



La dernière fois que ce genre de situation m’est arrivé, c’est au jardin partagé quand les 2 dernières jardinières m’ont incendié au sujet de « ma vision de la permaculture » (juste avant de quitter l’association).
Association qui n’est toujours pas validée (merci l’administration française)


Sur le moment j’avais le choix entre accepter leur proposition (qui était de couper la parcelle en deux avec un côté permaculture pour moi et un côté conventionnel pour elles) ou refuser catégoriquement leur proposition.
Je pouvais aussi les jeter dans le composteur ni vu ni connu 🤭


En temps normal j’aurais certainement pris la décision de tout laisser tomber (ce qui m’aurait donné la force d’ouvrir le composteur).


Mais, cette fois-ci j’ai décidé de lâcher prise.


Je pense qu’il y a certaines choses sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle et c’est ok.


Mais attention, ce n’est pas parce que j’ai lâché prise que je ne ressentais rien.


Au contraire ! J’avais de la colère parce que je n’étais pas arrivé à partager ma vision.


J’avais la sensation d’avoir loupé mon projet de jardin partagé en permaculture.


Au fond de moi, je savais depuis le départ que tout allait trop vite et qu’on aurait dû prendre au moins une année pour faire une sorte de « design humain » afin que chacun trouve sa place (et c’est une erreur que je ne referais plus).



Colère, regrets, sentiment de solitude, etc.. toutes les sensations qui amènent généralement à prendre des décisions que l’on regrette.


Mais je n’ai pas cédé à leur ultimatum.


Le projet était trop important à mes yeux.


Alors je leur ai exprimé clairement que j’étais un peu sur le coup des émotions, que je ne prendrais pas de décisions tout de suite et que si je décidais d’arrêter le jardin, je leur laisserais la parcelle (parce qu’apparemment elles allaient « chercher ailleurs »).


Bref, tout ça pour vous dire que parfois il est bon de se reconnecter à la vitesse de la nature, de laisser composter nos émotions, nos idées…


Dans cette société de l’immédiateté, on a besoin de tout et tout de suite alors que c’est une chose qui va à l’encontre de notre vraie nature.



Comme j’en parlais dans l’un de mes premiers mails, je pense que le secret pour devenir un bon permaculteur (ou une bonne permacultrice), c’est d’éviter de passer trop de temps au jardin ou sur votre balcon.


Alors oui en ce moment avec le froid qu’il fait vous allez me dire que c’est pas difficile mais ce que je veux dire par là c’est qu’il vaut mieux y passer souvent mais ne pas trop rester longtemps (surtout si vous êtes encore dans la phase de jardinier compulsif).


S’il y a bien une chose que j’ai apprise après plus d’une quinzaine d’années de jardinage (et de jardinage avec d’autres jardinier.es) c’est que plus l’homme reste longtemps au jardin, plus il fait de dégâts.


Quand je parle de dégâts c’est tout simplement de jardinage (tailler, retourner la terre, défricher, piétiner, etc…).


Et la vraie transition dont vous avez besoin pour faire votre jardin (ou votre balcon 😉 ) en permaculture, elle est là ! Dans le non-agir !


Je sais que c’est pas facile. C’est dans notre nature de vouloir modifier notre environnement (il suffit de lâcher quelqu’un en pleine nature pendant quelques jours pour s’en rendre compte).


Et c’est ok.


Laisser faire la nature sans intervenir (ou en intervenant consciemment), non seulement c’est dur mais je ne vous parle pas du regard des autres quand ils vous observent dans votre mini-jungle (eux y voit plutôt une mini-friche ou une mini-décharge de déchets verts).



Bref, moins vous serez présent au jardin, moins vous aurez envie d’intervenir et quand cette habitude sera bien ancrée, c’est tout bon ! Vous pourrez faire de la permaculture !


Vous serez enfin capable d’aller au jardin sans votre caisse à outils 😉



Pour en revenir à mon grand dilemme au sujet du jardin partagé, je suis super content de n’avoir pris aucune décision.


Aujourd’hui j’y vois beaucoup plus clair et je ne regrette rien de tout ce qui s’est passé (et je me suis rendu qu’il n’y avait aucune décision à prendre en fait).


D’ici quelques semaines le jardin va reprendre des couleurs pour le bonheur de tous ceux qui connaissent l’adresse (et oui, la porte reste ouverte).



Bref, si vous avez lu mon coup de gueule jusqu’ici, merci ! 😉


Bon weekend et à mercredi.



Fabrice.

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