L’agriculture biologique doit changer de paradigme

par | 12-12-2021


Le train est en marche et il fonce droit dans le mur.


On aura beau essayer de le ralentir, le résultat sera le même.


Un beau crash en pleine figure.


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Il faut dès maintenant prendre une nouvelle direction.


Changer de paradigme.


Nous n’avons pas le choix.


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De quoi je parle ?


D’agriculture biologique mes ami.es.



Le bio a eu le vent en poupe ces 10 dernières années.


Et c’est très réjouissant.


Selon le journal « Le monde », 2018 a été l’une des meilleures années en terme de fermes françaises convertit en bio (5000 fermes en un an).


Et depuis, ça ne cesse d’augmenter.


A l’heure où j’écris ces lignes (décembre 2021), nous comptons plus de 55 000 fermes bio qui représentent à elles-mêmes 9,5 % de la surface agricole Française.


C’est juste très encourageant.


La demande est de plus en plus forte auprès des consommateurs et des paysans.


Auprès de gens comme vous et moi qui sommes sensibles à ce qui se trouve dans nos assiettes et à la manière dont sont traités nos sols agricoles…



Jusqu’ici, avec le bio, on a réussi à manger moins de trucs nocifs pour notre organisme.


Comme par exemple, le glyphosate (désherbant très nocif pour l’environnement et l’humain).


Sans parler des fongicides, insecticides et tout autres produits finissant par « ide » qui sont une catastrophe environnementale.



Mais je suis tout de même inquiet des dérives du bio…


Dans ce mail, le but n’est pas de dénigrer toutes ces petites fermes bio françaises qui font des efforts considérables pour se convertir a une agriculture plus raisonnée 🙂


En vérité, ce qui me fait peur, ce ne sont pas les paysans, mais l’industrialisation du bio (comme c’est le cas en Andalousie ou dans ce désert de carottes).


Parce qu’en industrialisant le bio, on se calque sur l’ancien modèle.


Et en se calquant sur l’ancien modèle, on ne résout pas du tout le problème.


On ne fait que remplacer un engrais ou un insecticide chimique par un produit similaire, mais bio.


Pour faire simple, on ne fait que limiter la casse.


Le vrai problème ce ne sont pas les outils, mais la méthode.


La vraie valeur se trouve dans la méthode et non dans les outils.



Vous voyez ?


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C’est comme mon histoire sur la permaculture le truc.


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Alors, la question est : quelle doit être la prochaine grande évolution du bio ?


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A mon humble avis, nous devons chercher la valeur non plus dans la qualité des engrais et des pesticides, mais dans la qualité nutritive des aliments.


En gros, on doit s’en foutre de la rentabilité à tout prix.


Oui, c’est utopique de penser comme ça dans un monde où l’argent est roi.


Mais si on réfléchi bien, ce n’est pas si bête que ça (et c’est surtout bien plus rentable sur le long terme).


Prenons l’exemple de la ferme du Bec Hellouin (et oui, encore eux…).


Au début, leur bilan effort/rendement était une catastrophe comparé à l’industrie agricole « normale ».


Puis, au bout de quelques années, ils ont inversé la tendance en devenant rentables jusqu’à exploser leur chiffre d’affaires.


Aujourd’hui, ça tourne toujours aussi bien en sachant qu’ils n’utilisent quasiment plus de pétrole (ce qui n’est pas le cas avec le modèle classique de l’industrie agricole où l’on en utilise toujours autant voir de plus en plus de pétrole d’année en année…).


Ils n’utilisent aucun engrais et aucun pesticide non plus.


Juste un jardin fait avec de la sueur et du cœur.


Ils ont réussi grâce à plusieurs méthodes (dont la permaculture), mais aussi grâce à une seule et unique valeur qu’ils ont en tête depuis le début de leur projet : la préservation et l’aggradation de leur sol.


C’est leur but ultime.


Car c’est la qualité de ton sol qui détermine la qualité nutritive de ta production alimentaire (et en plus, c’est rentable sur le long terme)


Ce n’est pas si compliqué que ça en vrai…



Bref.


Je ne vais pas m’éterniser là-dessus et je termine avec une citation de Xavier Mathias :


« Il y a 2 formes d’agriculture, il y a une agriculture qui consomme plus d’énergie qu’elle n’en produit et une agriculture qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme ».



Tout est une histoire de quantité d’énergie injectée par rapport à la quantité d’énergie récoltée.


Vous voyez ?


Et vous, vous le cultivez comment votre jardin ?




Fabrice.




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Je suis Fabrice et j'aide les gens à renaturaliser leur environnement

 

👉 + de 15 années d'expérience dans le jardinage en milieu urbain, le compostage, le lombricompostage, le compostage "bokashi" et la culture en lasagnes en pots de fleurs

👉 Formé en permaculture par Damien Dekarz

👉 Passionné de l'humain, de la flore et de la faune sauvage (ainsi que de leurs interactions)

👉 Créateur et responsable d'un jardin partagé

👉 Créateur et responsable de la légendaire terrasse du potager minimaliste

👉 Responsable de la création de plusieurs dizaines de jardins (balcons, terrasses, jardins partagés, etc...)

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