Mon projet de jardin partagé en permaculture : j’ai failli tout faire foirer !

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Presque 2 mois après le lancement du jardin partagé, je reviens sur les difficultés que j’ai rencontrées et les erreurs que j’ai faite.



Petit rappel si vous découvrez le blog

Moi c’est Fab.

Depuis quelques années, j’ai transformé ma terrasse de 8 m2 en un potager inspiré de la permaculture.

Serre en bois de récup pour les semis, lombricomposteur pour la fertilité (et pour les vers de terre ;-)) ainsi que tout plein de pots de fleurs, bacs et jardinières remplis à la façon « culture en lasagne ».

Aujourd’hui (environ 3 ans après), ce système est bien lancé.

Il me prend beaucoup moins de temps et j’ai juste quelques ajustements à faire par-ci par-là.

Je cherche à créer un environnement permaculturel autour de moi et, cette terrasse, on peut dire que c’est ma zone 1 !


La zone 1 c’est l’endroit que vous visitez tous les jours… et vu que c’est mon pas-de-porte, on peut dire que j’y passe souvent !


Maintenant, j’ai de nouveau besoin d’élargir mon « environnement permaculturel » et, par la même occasion, de rencontrer d’autres voisins (ou voisines) passionnés par la nature (et la permaculture si possible 😉 ).

« Seul on va vite, ensemble on va plus loin »
Proverbe africain.


C’est la raison pour laquelle j’ai tenté de lancer un jardin partagé dans mon village (j’y reviens plus en détails dans cet article).



Du coup, ce jardin partagé, c’est ma « zone 2 à partager » !

Comme je vous le disais, en permaculture le zonage se délimite en fonction de la fréquentation des lieux.

La zone 2, vous êtes censé y passer que quelques fois par semaine.

Même si le jardin partagé se trouve tout prêt de chez moi (une bonne centaine de mètres), je le considère en zone 2.

Tout simplement parce que ma priorité reste le potager de ma terrasse et qu’il demande déjà assez d’attentions ! (surtout qu’il en a eu très peu ces dernières semaines mise à part celles des limaces 😭).


Bref, tout ça on s’en fout non ?
On est là pour parler des erreurs que tu as faite au sujet du jardin partagé Fab !

Ok, revenons-en au jour ou j’ai découvert le « nouveau » terrain…



Le nouveau jardin partagé

Je dis « nouveau » car la mini prairie de 300 m2 n’est plus d’actualité (vous en sauriez un peu plus si vous étiez inscrit aux mails 😉 ).

Pour vous résumer, au début du mois de mai, le maire me propose de découvrir un autre terrain plus petit (120 m2) et déjà « clos ».

Je venais tout juste de réunir 6 ou 7 personnes intéressées par l’idée et je commençais doucement à découvrir « l’ancien » emplacement censé accueillir le jardin partagé…

Je n’étais pas du tout dans l’optique de démarrer un jardin potager !


Bref, j’ai joué le jeu et je suis allé voir le terrain.

Et je n’y suis pas allé seul bien évidemment !

J’ai convié tous les ami.es jardinier.es que j’avais réunis afin qu’on découvre le terrain au même moment (je précise qu’on ne s’était encore jamais rencontré !).

Une fois sur place, grosse surprise, le terrain était quasiment tout prêt à être « transformé » en jardin partagé !

jardin-partage-permaculture-urbaine-potager
Voici à quoi ressemble le terrain ! C’était déjà un potager par le passé.

Tout y est !

Cabanon abrité avec récupération d’eau à remettre d’aplomb, quelques vieux outils, un potager borduré, de la faune et de la flore sauvage un peu partout, etc…


A peine 10 minutes après l’arrivée sur le terrain (alors que j’entamais la phase d’observation censée durer 4 saisons XD), tous les regards se braquèrent sur moi…

Ils avaient tous des tomates à la place des yeux !


Mon instinct de jardinier a pris le dessus.

Et il me restait donc 2 semaines pour préparer le potager à accueillir les premières cultures…



Une erreur fondamentale : la précipitation

Quel jardinier aurait résisté à la tentation à moins de 2 semaines des saints de glace ?!

Bref,
je ne vais pas rentrer en détails sur la suite des événements, sinon cet article serait trop long ^^

Pour faire simple, voici les problèmes que vous risquez de rencontrer si vous vous lancez « trop » rapidement dans les travaux de votre jardin partagé 😉


Manque de cohérence dans le groupe

Pour mener à bien ce genre de projet, vous devez exprimer votre vision des choses dès le départ.

Si vous avez atterri ici, c’est que vous souhaitez lancer un jardin partagé en permaculture (ou du moins « inspiré » de la permaculture) non ?

Et bien ça il faut le préciser dès la prospection !


Dès lors que vous présentez le projet au propriétaire du terrain, dites-lui que lancer un jardin partagé inspiré de la permaculture ça prend du temps (et c’est « différent ») !

Ensuite, lorsque vous faites votre annonce destinée au bulletin municipal de votre village (quartier, lotissement, résidence privé, etc…), n’oubliez pas de préciser ce qu’est un jardin partagé et dites aussi quelques mots sur la peramculture !

Au moins vous pré-filtrez toutes les personnes qui souhaitent jardiner seules et en lutte constante contre les insectes et les mauvaises herbes.

Ne négligez pas ce point !
Je suis tombé sur ce genre de personne alors que j’ai parlé de jardinage en groupe, de permaculture et de sol vivant dans l’annonce !

Il y a toujours des curieux et des curieuses 🧐


Théoriquement, dans un groupe, toutes les personnes doivent être d’accord sur la méthode employée, c’est la base.

Une fois ce premier filtre passé, il faut étudier le terrain, définir les objectifs du groupe, faire émerger le rôle de chacun, finaliser le design et enfin passer à l’action !

Et ça, ça prend du temps…

Malheureusement je n’ai pas pu respecter ce processus à la lettre.

Je ne vais donc pas développer plus que ça.

Il y a des bouquins comme « Le guide du jardin partagé » de Ben Raskin qui vous donnera plein d’astuces pour lancer, entretenir et animer un jardin partagé.

Je viens aussi de terminer la lecture de « Permaculture humaine » de Bernard Alonso et Cécile Guiochon.

Ce livre, je l’apprécie particulièrement.

Les outils qu’il partage sont inspirés de la peramculture et du design en permaculture pour nous aider dans notre développement personnel et aussi pour créer des objectifs dans un projet de groupe (dont la méthode S.M.A.R.T par exemple).


Pression sur les épaules de l’initiateur du projet

En choisissant de démarrer rapidement, vous risquez de vous mettre énormément de pression, de sauter des étapes et de vous retrouver seul dans la réalisation des travaux.

Laissez du temps aux membres pour trouver leur place (ou pas) et surtout, pour s’approprier le projet !


Le seul moment où j’ai présenté ma vision et la permaculture, plusieurs personnes m’ont clairement dit qu’elles en avaient rien à f….. et l’une d’entre elles m’a dit qu’elle n’avait plus l’âge d’apprendre (ni même de lire une annonce en entier visiblement 😅).


Pas le temps d’observer le terrain

Que ce soit pour votre jardin personnel ou pour votre jardin partagé, il faut un temps minimum d’observation.

Ne serait que pour identifier les plantes naturellement présentes sur le terrain, l’exposition au soleil, le voisinage, le sol et tout un tas d’autres choses !

Pour faire simple, moins vous observez, plus vous risquez de faire des erreurs.


Pas de design

Le design est important pour créer des systèmes autonomes et efficaces.

Pour faire un bon design de votre jardin partagé, il faut connaître le terrain, les objectifs du groupe, les moyens à disposition (travaux, finances, etc…) et pour ça, il n’y a pas de secret, il faut encore du TEMPS.


Voilà,
ce sont les leçons que j’ai tiré de cette expérience.

Bon, je n’ai pas fait que des erreurs !

J’ai pris un mini-temps d’observation pour faire un mini-design dans la foulée et finalement, je suis très content de ce à quoi ressemble le jardin aujourd’hui.

Et ça, je vous en parle dans un prochain article ou dans les mails !



« Il n’y a pas d’erreurs, il n’y a que des leçons » Yogi Raman.

Vous l’aurez compris, en voulant tout faire vite et bien on peut tout faire vite et mal.

2 mois plus tard je commence tout juste à avoir assez de recul pour en tirer quelques leçons…

Aujourd’hui, 4 personnes ont quitté le projet mais le potager est tout de même lancé (une cinquantaine de mètres carrés cultivés sur un terrain d’environ 120 m2).

C’est loin d’être parfait mais ça a le mérite d’exister !

Il n’y a pas de serre, pas assez de production de matière organique sur place (on arrive tout de même à s’organiser avec l’école et les jardiniers du village pour récupérer des épluchures et du gazon 😉 ).

Ah oui, le terrain du jardin nous le partageons avec un autre potager appartenant à une vieille dame.

C’est un potager en conventionnel (pas un brin d’herbe !).

Les membres restant du groupe ne sont pas très impliqués. Je continue à faire en sorte qu’ils s’approprient le projet mais ce n’est pas gagné pour le moment…


Et moi dans tout ça ?

Je suis épuisé et j’ai besoin de « sortir un peu du projet »…

Mais bon, je garde espoir et maintenant que les premiers travaux sont terminés, je n’ai plus qu’à me poser sur mon petit banc et observer la première saison se dérouler…

Affaire à suivre

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Ca pousse super bien sur les buttes de culture en lasagne !



Alors, on commence par quoi ?

Finalement, il n’y a pas de règles ou de liste d’étapes précises pour lancer votre projet de jardin partagé.

Il n’y a que des besoins.

Vous avez besoin d’un terrain et d’humains avec qui le partager sans quoi ça ne reste qu’une simple idée.

Peu importe dans quel ordre vous décidez de commencer, il suffit de faire le premier pas et le reste en découlera naturellement… Pas d’accord ?



👉 Suivre le projet de jardin partagé de Fabrice !


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Fabrice.


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