Vous n’allez pas croire à ce qui m’est arrivé aujourd’hui…


Nous sommes le 27 septembre 2120.


Je suis posé place Sathonay, dans l’ancien 1 er arrondissement de Lyon.


J’aime écrire ces chroniques que vous adorez tant, ici, à l’ombre des marronniers.


Je ne sais pas depuis quand ces marronniers tiennent la place, mais du haut de leurs 30 mètres, j’imagine qu’ils sont âgés d’au moins 150 ans !


Bref.


Ce matin, j’ai eu besoin de me défouler, de voir du monde.


Alors, j’ai participé à la récolte participative des pommes de la forêt comestible du parc de la tête d’or.


Un grand moment !


J’y ai rencontré Quagga, le doyen du parc.


Âgé de 94 ans, c’est l’une des rares personnes à Lyon qui se souvienne encore des dégâts causés par la grande sécheresse de 2036 (d’après lui, + de 60 % des arbres du parc ont séché jusqu’à la racine ^^).


Cet été fut l’un des étés les plus sec jamais vu du 21 ème siècle.


3 mois sans une goutte d’eau, ni même l’ombre d’un nuage.


J’adore l’écouter parler du siècle dernier…



A midi, j’ai participé au transport des pommes jusqu’à la grande champignonnière de Lyon : la champignonnière de l’ancienne école des beaux-arts de la rue Neyret.


La champignonnière a été créée en 2024, lors de la première évolution verte (c’était un projet porté par un mouvement archaïque, mais très à la mode à cette époque : “l’agriculture urbaine”).


Aujourd’hui, il y a 14 champignonnières à Lyon.


Toutes ont été installées dans les anciennes universités de la ville.


Dans chaque champignonnière, il y a une CGC (Cantine à Gestion Citoyenne).


C’est donc dans la CGC de l’ancienne école des beaux-arts que j’ai pris mon déjeuner.
Quel plaisir de manger les premières courges spaghetti à la tomate



A Lyon, 90 % de la nourriture des CGC est produite localement.


Elle provient principalement du parc de miribel jonage, au nord-est de la Ville.


Elle est acheminée à la rame, chaque jour, par les canaux du grand large construits lors du grand réaménagement de la fin du 21 ème siècle.


C’est grâce aux principes de la permaculture que “le réservoir du grand large” alimente aujourd’hui ces canaux de distribution.
Et oui, chaque jour, plusieurs tonnes de nourriture sont acheminées gratuitement et participativement dans toute la ville


De plus, depuis que l’eau du Rhône est redevenue saine (suite au grand effondrement et au démantèlement de la plus vieille centrale nucléaire du pays, “l’ancienne centrale du Bugey”), la totalité des jardins du parc sont arrosés, là aussi, gratuitement et participativement.


Le parc est rempli de mares, de puits et il y a aussi un moulin. C’est un endroit magnifique !


Bref. Au dessert, nous avons dégusté de superbes tartes aux citrons.


Ce sont les citrons de l’orangerie de la confluence (anciennement “musée des confluences”).


Un vrai délice !




Et me voilà, ici sur la place des marronniers, à vous écrire cette chronique du jour…


Cette après-midi, je reste ici pour prendre le temps de digérer…




Ce soir, j’ai un rendez-vous amoureux au pied de la Tour de lierre, à Fourvière.


Au siècle dernier, cette tour servait d’antenne.


Aujourd’hui, c’est une tour sacrée où le lierre déambule librement depuis + de 40 ans !


Le lierre est une plante sacrée. Chaque année, c’est la dernière plante à fleurir et à fructifier avant les premières gelées.


Une grande partie des insectes et du reste de la faune sauvage s’y “donne rendez-vous” à l’automne…



La tour est située à moins de 10 km à vol d’oiseau de la zone de reboisement de Feyzin (ancienne citée chimique du 21 ème siècle).


Il est interdit de pénétrer dans cette zone.


Il y a 25 ans, après le démantèlement des dernières cuves chimiques, la ville a lancé un grand projet de dépollution en reboisant entièrement le secteur.


C’est grâce à la méthode de reboisement de “Miyawaki” (ancien botaniste centenaire) qu’aujourd’hui, cette forêt ressemble à une forêt bicentenaire (en seulement une vingtaine d’années !).


Cette méthode consiste à associer différentes espèces végétales qui s’entraident l’une de l’autre.


A chaque arbre planté, vous ajoutez un réseau de champignons mycorhiziens. Et boumm ! En vingt ans, vous obtenez une forêt de 200 ans !




Bref.


Notre génération était destinée à vivre dans un monde chaotique.


Nos grands-parents ont “bien profité” comme on dit…


Mais moi je pense que l’on vit l’une des plus belle époque qui n’ai jamais existé, vous ne trouvez pas ?





PS : cette fiction m’a été inspirée de cette conférence (cliquez ici pour la version audio).








Mieux vaut penser le changement que changer de pansement
Francis Blanche



Fabrice.

PS : pour recevoir le cours de permaculture par e-mail, abonnez-vous ici 😉

Partager l'article 👇
  •  
  •  
  •  
  •  
  •   

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.