
Je suis antiterreau.
Antiterreau de jardinerie. Antiengrais de jardinerie. Antiplante de jardinerie.
Pas par dogme. Par cohérence.
(Et oui, je me soigne. ^^)
Je ne suis pas contre le monde moderne. Je suis pour la nature.
On peut jardiner sur 8 m² de terrasse et récolter des tomates, des herbes, des courgettes... sans jardinerie, sans pesticides, sans diplôme. Je l'ai fait pendant 9 ans. Des centaines de personnes l'ont fait après moi.
Ce n'est pas de la résistance. C'est du bon sens.
La permaculture, souvent présentée comme une philosophie complexe réservée aux propriétaires avec un grand terrain, j'ai décidé de la ramener là où la plupart des gens vivent vraiment : sur un balcon, une terrasse, un rebord de fenêtre. Parce que jardiner ne devrait pas être un privilège.
D'où je viens
J'ai grandi en suivant mon père dans les jardins de particuliers qu'il entretenait pour arrondir les fins de mois. Pas de grands discours sur la nature : juste les mains dans la terre, l'observation des saisons, et le silence des matins en extérieur.
J'ai ensuite passé plus de quinze ans comme jardinier municipal. Ce métier m'a offert quelque chose que peu de paysagistes ont : je revenais dans les mêmes espaces verts année après année. J'observais comment un sol évolue, comment une plante s'installe, comment la biodiversité revient quand on arrête de tout contrôler.
C'est cette lecture lente du vivant qui a tout changé pour moi.
En 2012, je découvre la permaculture. Pas comme une mode, mais comme un langage pour nommer ce que j'observais depuis des années.
Le déclic, je l'ai eu en 2016.
J'avais 8 m² de terrasse en plein-pied. Pas de terrain. Une vraie envie de jardiner. Et un blocage : le terreau de jardinerie, c'est une terre morte. Stérilisée à 180 degrés. Fabriquée avec de la tourbe arrachée à des milieux sensibles.
Je ne voulais pas de ça sur ma terrasse.
Un jour, je discute avec un collègue. Il me parle de culture en lasagne, qu'il a testée chez des amis. En rentrant, je m'arrête en forêt. Je prends les deux sacs cabas qui traînaient dans ma voiture. Je les remplis de feuilles mortes.
Chez moi, j'y ajoute mes épluchures les jours suivants. Un compost improvisé, dans des sacs cabas.
En mai 2017, je plante des tomates dedans. Ça pousse. Vraiment. Plus belles que tout ce que j'avais essayé avant.
Bref. C'est là que j'ai compris.
Un pot de fleurs n'est pas un contenant à remplir. C'est un écosystème à construire.
Depuis ce printemps-là, je n'ai jamais vidé un pot.
Pendant 9 ans, ma terrasse a vécu, s'est enrichie, a fabriqué ses propres réserves. J'ai eu des plants de tomates qui montaient à 1m95 dans un simple pot. J'ai tenu deux mois sans pluie en 2022 avec deux ou trois arrosages par semaine.
Pas parce que j'étais doué. Parce que le sol était vivant.
C'est tout l'inverse de ce qu'on nous vend en jardinerie. Là-bas, le modèle, c'est le cycle de la table rase. Tu vides, tu rachètes, tu rebombardes d'engrais. Ton pot s'épuise en 6 mois. Et toi, tu restes coincé dans la dépendance.
Quand tu fabriques toi-même ton sol, ça s'inverse. Tu ne consommes plus. Tu produis.
Travailler peu. Observer beaucoup.
Si je devais résumer ce que j'ai appris en 9 ans de balcon, ce serait ça.
Un bon jardinier ne loupe aucun bulletin météo. Il observe avant d'agir. Il fait moins, mais juste. Il sait que chaque action sur le vivant est irréversible : le jardin n'a pas de touche annuler.
Personnellement, je crois que la nature sait mieux que moi. Mon rôle, c'est de bien lire ce qu'elle me dit, et de l'accompagner. Pas de la dominer.
Le chemin depuis
En 2018, j'obtiens mon diplôme de design en permaculture. Je fais un tour de France de l'agriculture urbaine.
En 2019, je crée ma méthode de design en permaculture et je lance un jardin partagé dans mon village. Depuis, j'ai accompagné des particuliers sur leurs balcons et leurs jardins, animé des ateliers de reconnaissance des plantes sauvages, organisé des balades pour observer le castor au crépuscule, et accompagné des centaines de personnes en ligne.
Aujourd'hui, j'ai un vrai jardin.
Depuis 2026, je vis dans le Beaujolais. J'ai enfin un jardin en pleine terre. Un nouveau chapitre, une autre échelle.
Mais le socle, il reste là. Sur ces 8 m² de terrasse où tout a commencé. Là où j'ai compris que les principes de la permaculture sont universels, peu importe la taille de ton espace.
Le micro-jardin n'est pas une étape vers un vrai jardin. C'est déjà un vrai jardin.
Ce que j'ai construit
Ce blog existe depuis 2017. Plus de 150 000 visites par an, 250 articles, 250 000 écoutes de podcast, 300 personnes accompagnés en ligne.
Ces chiffres ne sont pas là pour impressionner. Ils sont là pour te dire une chose : ce que je partage ici, ça marche. Des vraies personnes, dans de vraies cuisines, avec de vraies récoltes.
Ce qui me porte vraiment
Je suis naturoptimiste. Pas parce que tout va bien, mais parce que la nature reprend ses droits dès qu'on lui laisse un peu de place. Un pot de fleurs. Un coin de pelouse. Un bord de chemin.
Je fais de la propagande pour ça. Et si tu lis ces lignes, c'est peut-être que tu en as besoin toi aussi.
Tu veux commencer ? Un pot suffit. 🌱