La prochaine grande évolution de l’homme (ou il disparaîtra)


“Il y a 6 500 ans, lorsque l’agriculture pénètre l’Afrique du Nord, le Sahara est vert. Les premiers agriculteurs y font paître leurs troupeaux et pratiquent une céréaliculture d’abattis-brûlis. La destruction des arbres par le feu et par les dents des ruminants contribue à la destruction du couvert végétal”
Perrine et Charles Hervé-Guyère, créateurs de la ferme du Bec Hellouin


“Il y a 6 000 ans, le Sahara occidental était sillonné par les bœufs, il y a 4 000 ans les chevaux pouvaient encore le traverser, mais à partir de 500 avant J-C, seuls les dromadaires le pourront”
Matthieu Calame, expert des problématiques agricoles et alimentaires


“C’est le changement brutal d’une végétation climax pérenne adapté aux excédents de pluviométrie, la forêt, et son remplacement par une végétation rase de graminées annuelles qui explique les 2 milliards d’hectares de désert créés par l’homme en 4 000 ans d’agriculture”
Claude et Lydia Bourguignon, ingénieurs agronome



👋


Bon, j’avoue. Le mail d’aujourd’hui commence mal.
Mais comme d’habitude, je vais vous donner des clés pour transformer ça en quelque chose de positif 😉


D’abord, je précise que ces 3 citations sont extraites du dernier livre de Perrine et Charles Hervé-Guyère : “Vivre avec la terre” (< lien capitaliste affilié)..


..et elles m’ont inspiré le mail que vous êtes en train de lire.



Bon, revenons quelques années en arrière…


C’est il y a environ 12 000 ans, qu’homo sapiens amorça sa transition de chasseur-cueilleur à exploitant agricole.


Pour ça, il crée différentes techniques d’agriculture.


Au départ, ces techniques étaient assez respectueuses du vivant.


Puis, il y a environ 10 000 ans, est apparue une nouvelle agriculture, l’agriculture occidentale.



Cette agriculture de grande échelle consistait à préparer un terrain en coupant une parcelle de forêt, en laissant sécher le bois et en y mettant le feu.


Cette méthode était très efficace. En plus de la fertilisation par la cendre de bois, elle permettait de profiter de toute la fertilité créé par la forêt depuis la nuit des temps.


Le problème, c’est qu’au bout d’une quinzaine d’années d’exploitation, le terrain s’épuisait et nos ancêtres devaient trouver de nouveau une parcelle de forêt fertile. Laissant derrière eux un sol épuisé et incapable de se régénérer en une forêt luxuriante. On appelle ça “une steppe” (ou un désert en devenir).



Et c’est ainsi que l’homme créa, entre-autres, le désert du Sahara…


+ de 10 000 ans plus tard (aujourd’hui), cette méthode d’agriculture domine le monde.
La procédure reste la même sauf qu’on réutilise le bois au lieu de le brûler sur place (quoiqu’en Amazonie on continue à tout brûler apparemment…)


La seule “évolution” constatée est l’utilisation d’engrais chimiques (engrais minéraux) qui permettent d’exploiter le sol un peu plus longtemps.


Malheureusement, cette technique a elle aussi une fin (environ au-delà de 50 ans).


A l’heure où j’écris ces lignes, de plus en plus de sols agricoles ne sont plus capable d’assimiler ces engrais chimiques… ce qui nous mène à une catastrophe alimentaire.


Et c’est cette réalité qui nous oblige à faire évoluer notre technique agricole.


Si nous voulons survivre, nous allons devoir apprendre à cultiver avec le vivant et à nous passer de ces engrais chimiques.



Comme d’habitude, pour que cette évolution se produise, elle doit être assimilé (et approuvé) par la grande majorité de la population. Et je ne vais pas vous mentir, apprendre à cultiver avec le vivant, c’est un sacré défi !


Et c’est ce que j’essaie de faire à mon humble échelle dans mes pots de fleurs et au jardin partagé.


Chaque jour, la nature me met une claque et me fait comprendre qu’ici, c’est la loi de la jungle.


Qu’ici, ce n’est pas moi qui impose mes règles.


Qu’ici c’est à moi de faire l’effort de comprendre les lois du vivant.


Que c’est à moi d’adapter mes besoins à ce que me donne la nature.



Le jour où l’homme comprendra comment prendre une parcelle de terrain et y cultiver pendant des siècles sans épuiser le sol, il aura gagné.


Le jour où il aura trouvé comment exploiter une terre sans que celle-ci ne se transforme en désert une fois qu’il arrête de s’en occuper, il aura gagné aussi.



C’est ça le grand défi de notre génération. Nous devons apprendre à cultiver sur un terrain en régénération et non sur un terrain en dégénération.


Nous devons changer de cap !


Quoi de plus fort que de laisser à nos enfants une agriculture sur sol vivant (et qui tend vers la forêt) ?


Finalement, ce n’est pas ça l’histoire de la vie ?



Fabrice.

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