Qu’est-ce qui se cache derrière le potager minimaliste ? (et par quoi commencer en permaculture)


Dans cet article, j’ouvre le capot du potager minimaliste pour vous expliquer en quoi c’est un système de fertilité permaculturel…


Si vous me suivez (ou que vous venez de me découvrir), c’est certainement parce que vous habitez en ville et que vous êtes intéressé par la permaculture.

Comment je le sais ?

Et bien c’est simple.

Sur le net, il y a très peu d’information sur la permaculture de « petits espaces ».

Et du coup, la plupart de ceux à qui cette idée a traversé l’esprit, sont tombés sur mon blog.

Et pourquoi est-ce qu’ils continuent à me suivre ?

Parce qu’au-delà des techniques de jardinage, ils ont découvert un message sur la permaculture (et surtout sur la permaculture urbaine).

Si si, vous savez, c’est ce fameux message qui dit que la permaculture n’est pas uniquement une méthode de jardinage, c’est une philosophie de vie.

En gros, ils se rendent compte que la permaculture n’est pas une technique de jardinage, mais une vision ! (rien que ça ?)

Après, n’oublions pas que 95 % de ceux qui s’intéressent à la permaculture le sont parce qu’ils aiment la nature et le jardinage.
Et, accessoirement, parce que c’est aussi l’une des meilleurs façons de créer un jardin fertile, vivant et productif (et peu importe que ce soit un jardin en pot de fleurs ou un jardin-forêt)


Bref, dans cet article, mon message va être simple..

.. et il va se résumer à une seule phrase..
Et comme d’habitude, il faut prendre le truc à l’envers

.. c’est le permaculteur qui fait le jardin et non l’inverse !

C’est ça mon grand message.

Que ce soit en ville ou à la campagne, n’importe qui peut faire de la permaculture.

Au lieu de copier les autres, partez toujours de vous et de votre contexte.



Comment démarrer un jardin potager en permaculture urbaine ?


Concrètement, vous avez besoins de passer par 4 étapes pour démarrer l’aventure et devenir ce que j’appelle un « permaculteur urbain actif ».

4 étapes qui peuvent faire passer n’importe quel permaculteur urbain passif (celui qui attend d’avoir un jardin à la campagne pour commencer), à un permaculteur urbain actif (celui qui rêve d’un jardin à la campagne, mais qui a tout de même décidé de faire quelque chose, là tout de suite).

Le permaculteur urbain actif a compris qu’il n’y a pas besoin de terrain.

Il sait que le chemin est long.

Il a compris qu’il suffit d’être au clair avec lui-même et passer à l’action, peu importe ce qu’il doit faire.

Et il n’y a pas de secret, ni de tour de passe-passe..

.. juste 4 étapes simples :



1. L’observation


Le contexte.

C’est la toute première chose à prendre en compte.

Pas de jugement.

Que des faits.

Quelles sont vos limites ?

Est-ce que vous avez 2 grandes terrasses de 12 m² ou plutôt un tout petit rebord de fenêtre ?

Etes-vous bricoleur ou pas ?

Si vous avez du mal à assembler 2 planches de bois, il va peut-être falloir demander un coup de main ou se tourner vers le marché de l’occasion.

Etes-vous en bonne santé ?

Créer une forêt sur son balcon, c’est bien, mais ça demande de gros bras… alors qu’un simple potager de plantes aromatiques se crée en toute légèreté.

Quel est votre budget ?

L’argent ça aide pour acheter des graines de qualité ou pour acheter de bons outils. Évitez les kits jardinage composé de graines F1 et d’outils jetables que vous n’utiliserez pas.

Le temps que vous avez à y consacrer ?

Si vous n’êtes pas souvent chez vous ou que vous partez 3 semaines chaque été, il va falloir trouver une solution pour l’arrosage.

Pouvez-vous faire de la récup ?

Vous voulez faire de belles découvertes ? Alors intéresserez-vous 2 minutes aux arrières boutiques des magasins…

Qu’est-ce que vous préférez, les fleurs ou les plantes comestibles ?

Bon, après il y a certaines fleurs qui se mangent, mais est-ce vraiment votre critère principal ?

Bref, cultivez ce qui vous plaît !

Quels genres de fleurs/plantes comestibles ?

Vous préférez les grosses fleurs jaunes comme celles du tournesol ou plutôt privilégier les plantes aromatiques qui agrémenteront vos plats ?



Toutes ces questions sont importantes (et il y en a d’autres !).

Ce sont elles qui ont fait qu’aujourd’hui, ma terrasse est unique (et qu’elle évolue d’année en année).



2. Sentiment

Ensuite, regardez en vous-même.
Ca fait bateau dit comme ça, mais souvent les gens ne savent pas par où commencer alors qu’ils sont les seuls à connaître la réponse

Le but ici, c’est de trouver les raisons pour lesquelles vous brûlez d’envie de passer à l’action (et les raisons pour lesquelles vous n’y arrivez pas)

Quelles sont vos frustrations ?

Chez les permaculteurs urbains passifs, les 3 principales frustrations qui reviennent le plus souvent sont le manque de temps, le manque de place et le trop-plein de stress qui les empêche de prendre le temps de jardinier.

Pourquoi la permaculture ?

Qui est-ce qui vous a le plus inspiré dans la permaculture ? Le côté jardinage ? Le côté farniente ? Le côté écolo ? Le côté social ?

Quel est votre pourquoi ? (ce qui vous anime)

Généralement, on fait de la permaculture pour devenir autonome en nourriture, mais peut-être que votre truc à vous, c’est le zéro déchet ? Ou peut-être que vous aimeriez vous confectionner une belle collection de graines reproductibles ?

Le truc ici, c’est de trouver une sorte « d’objectif principal ».



3. Besoin

Une fois que vous avez répondu à toutes ces questions, il ne vous reste plus qu’à trouver ce dont vous avez besoin.

Un lombricomposteur ?

Un bokashi ?

Une serre ?

Des pots de fleurs ?

Du bois de palette ?

Des clous ?

Une visseuse électrique ?

Des boutures ?

Des graines ?

Des épluchures en masse ?

Un jardin partagé ?

Une pelle ?

Un nichoir à chauve-souris ?


Allez-y, faites la liste de tout ce dont vous avez besoin…



4. Création


Et passez à l’action !

Mettez en place des stratégies simples, gratuites et pleines de bon sens pour obtenir ce dont vous avez besoin.

Inspirez-vous de votre quotidien.

Pourquoi ne pas récupérer les déchets organiques de vos voisins ?

N’y-a-t il pas du bois de palette ou du marc de café sur votre lieu de travail ?

Ne pourriez-vous pas faire des boutures en allant rendre visite à vos amis ou à votre famille ?


La permaculture, c’est mettre l’humain au centre.

Évitez de courir dans les jardineries..

.. tout est déjà à portée de main… il suffit de le voir.

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Mon potager n’est pas qu’un simple potager de terrasse… c’est un créateur de fertilité !


Maintenant que vous avez toute la boîte à outils pour démarrer votre aventure, parlons un peu de moi (et du potager minimaliste).

Le potager minimaliste, c’est celui que vous voyez de partout sur ce blog.

C’est avant tout un lieu où je peux faire des boutures et faire n’importe quel semis, quelle que soit la saison.

C’est aussi un lieu où je crée du ver de terre !

Oui, vous avez bien lu, je crée du ver de terre.

Des vers, j’en ai dans tous mes pots de fleurs, mais aussi dans mon lombricomposteur.

Sans eux, je ne pourrais pas créer l’une des plus grandes sources de fertilité qu’il soit : la terre.

La terre, c’est la base.

Sans terre, pas de plantes.

Tous mes déchets de fruits et légumes terminent à un moment ou à un autre dans l’un de mes pots de fleurs, mon lombricomposteur ou (de plus en plus) dans le composteur du jardin partagé pour être transformés en terre.


Et ce n’est pas tout.

Depuis que je fais ce potager, je suis moi-même devenu fertile.

Je suis passé en mode créateur !

Et elle est là la grande transition que je vous invite à faire.

Sortez du rôle de consommateur et prenez le rôle de créateur.

L’avenir, ce n’est pas la société de consommation, c’est la société de création.

Devenez des créateurs.

Et quel que soit votre premier pas, faites-le !

Puis faites-en un autre.

Et un autre…
Je ne vais pas vous raconter de nouveau la légende du colibri quand même

Qui sait où tout ça vous mènera ?



Les grands principes.. le moteur du potager minimaliste


Maintenant que nous avons vu ce qui se trouve sous le capot du potager minimaliste, nous allons nous pencher sur l’élément principal, le moteur.



1. Le compost


Aujourd’hui, mon système de compostage est composé d’un lombricomposteur, d’un composteur de jardin et d’une vingtaine de pots de fleurs en lasagne.

Je l’alimente avec les déchets organiques quotidiens de 4 personnes.

Ce système produit 3 choses.

Du thé de lombric qui me sert d’engrais naturel (et accessoirement à nettoyer les siphons de mon appartement).

Du compost et du lombricompost. En un mot : un terreau fertile pour mes semis, mes plantations, etc…

Des rencontres. Ca peut paraître bête, mais le simple fait d’être inscrit sur une plateforme de dons de vers de lombricompost, ça fait rencontrer du monde (et ce blog aussi 😊).
5 ou 6 fois par an, j’aide de nouvelles personnes à se lancer dans l’aventure en leur donnant une belle poignée de vers de terre et quelques précieux conseils…



2. La production végétale

Serre en bois de palette sur terrasse (balcon) en permaculture


Dans ma micro-serre, j’ai toujours de la vie.

Elle accueille mes semis de mars à octobre, et le reste du temps, il y a toujours quelques boutures de sauge, de romarin, de fraisiers et je ne sais quelles autres plantes.

C’est ma mini-pépinière de terrasse !

Chaque année, je teste de nouvelles boutures (cette année, c’est la sauge et la verveine citronnée).

Parfois, elles traînent dans ma serre presque une année complète (jusqu’à ce qu’elles trouvent leur place définitive…).



3. La production comestible


Pour moi, la récolte comestible est un plus.

C’est un peu la cerise sur le gâteau.

Je n’en ai jamais fait ma priorité.

Mais bon, je ne cultive que des plantes comestibles.

Donc, il y a toujours de quoi récolter (la nature est généreuse si vous savez l’apprivoiser) !



4. Le savoir


Ca, c’est ma priorité.

Savoir composter.

Savoir cultiver à partir de la graine.

Savoir récolter les graines.

Savoir reconnaître les plantes.

Savoir créer de la fertilité.

Savoir observer les associations de plantes qui vont bien.

Savoir observer quel insecte mange quel autre insecte.

Savoir gérer l’eau.

Savoir faire avec peu.

Savoir créer des systèmes.

Savoir conserver mes récoltes en bocaux.

Etc…

(j’ai fait mon Florent Pagny là 😂)


Le savoir est une arme.

Je n’ai jamais autant appris que sur ces 8 m² de terrasse !



5. Le partage


Ca, c’est encore mieux que la cerise sur le gâteau.

Je prends plaisir à donner un sachet de tomate ou d’aubergine quand j’en ai un peu trop pour moi.

Mine de rien, quand les récoltes arrivent, ça ne fait pas semblant (même en pot de fleurs !).

Alors oui, je me fait toujours quelques bocaux pour l’hiver.

Mais quand je suis invité et que les plants ont été généreux, je prends toujours le temps de préparer une petite caissette que j’emporte avec moi.

Il n’y a pas meilleur cadeau qu’une belle caissette de tomates 100 % bio et fraîchement récoltées !


Et c’est pareil pour les graines, les boutures, le savoir, les vers ou le compost !

En général, les personnes qui prennent le temps de visiter ma terrasse ou le jardin partagé ne repartent jamais les mains vides.



C’est ça ma vison de la permaculture.

En tout cas, c’est comme ça que je le vis.

Tiens, ça me fait penser au principe de permaculture n°10 : « Utiliser et valoriser la diversité » (ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier).


Bref, à méditer.

Avant de vous quitter, j’ai une faveur à vous demander.

Si vous avez aimé cet article et que vous voulez m’aider, partagez-le 😉

Merci !





Fabrice.






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