3 ans de culture en lasagne en pot de fleurs – Mon avis (avantages/inconvénients)

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Il y a 3 ans de ça, sur un coup de tête, j’ai testé la culture en lasagne en pot sur ma terrasse et depuis ce jour-là je ne me suis plus arrêté !

Tout a commencé au printemps 2016.

A cette époque j’avais déjà quelques pots de fleurs sur ma terrasse.

Dans ces pots, je cultivais de tout sauf des plantes comestibles.

J’ai une barrière psychologique qui m’empêche de faire pousser des plantes dites « potagères » dans du terreau industriel


Et pourtant, quand on quand on voit comment a poussé ce qu’il y a dans nos assiettes, il y a parfois de quoi s’inquiéter…

A plusieurs reprises, j’avais expérimenté la culture de tomate cerise dans différents mélanges de terre mais sans résultat satisfaisant.

Et puis, au printemps 2016, en discutant permaculture avec un collègue, on en est venu au sujet de la culture en lasagne.

L’année précédente, avec l’un de ses amis, ils avaient réussi à cultiver des melons et des tomates énormes grâce à la culture en lasagne !

Il me semble qu’à ce moment-là, nous étions à quelques jours du début de la saison des plantations et j’avais de plus en plus envie de faire pousser des légumes naturels sur ma terrasse.

Si je me souviens bien, il m’a dit cette phrase qui a cassé toutes mes barrières.

« En une journée on a monté la lasagne et on a planté les tomates direct ! »

Pourtant, dans les bouquins, sur le net, etc j’avais déjà entendu ça mais le fait que ce soit une de mes connaissances qui m’en parle pile poil au bon moment, ça a débloqué un truc !

Je ne sais pas si à cette époque j’avais vu cette vidéo de Damien Dekarz ou pas, mais tout ce que je sais, c’est que le soir même de cette discussion, j’ai mis en place ma première culture en lasagne en pot de fleurs !



Ma première lasagne en pot

En rentrant chez moi, j’ai pris les 2 sacs cabas de supermarché qui traînaient dans ma voiture et je me suis arrêté en forêt pour récupérer de la matière organique.

Avec quelques feuilles mortes, de la verdure et des épluchures de légumes j’ai commencé à remplir les sacs et, en quelques jours, ils étaient prêts à être planté.

J’étais hyper enthousiaste à l’idée de cultiver mes premières tomates 100% naturelles !


Et me connaissant, je savais que si ça marchait bien, ça prendrait une ampleur de dingue !

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Ca c’est 2 ans plus tard XD

J’ai donc installé les 2 sacs cabas à la surface d’une grosse jardinière que je venais de récupérer.

Une jardinière d’un mètre de long par 50 cm de largeur dans laquelle je venais tout juste d’ajouter de la terre et de planter des rhizomes de bambou.

Tant pis pour les bambous, ils se faufileront entre les sacs 😂 !

C’était la seule solution que j’avais trouvée pour ne pas poser les sacs directement sur le goudron de la terrasse et ainsi éviter les écoulements d’arrosage.

Une fois bien calé, j’ai planté 2 plants de tomates dans chaque sac et j’ai laissé faire…


Les résultats ont été très satisfaisants

Les plants se sont très bien développé (beaucoup mieux que dans les nombreux mélanges de terres de mes expériences passées) et les récoltes ont été assez satisfaisantes 🍅 🍅 🍅 😋

Ce n’était pas la folie mais ça avait marché !


Une fois l’automne bien installé, j’ai coupé les plants de tomate et j’ai vidé les sacs pour voir à quoi ressemblait le mélange.

J’ai été surpris de voir que j’avais tout simplement fabriqué du terreau frais !

C’était sûr, je venais de trouver la façon qui me convenait pour cultiver des plantes potagères dans des pots de fleurs.

Tout l’hiver j’ai récupéré des palettes, des pots de fleurs, des bacs, des jardinières, etc…

Je me suis fabriqué une serre pour les semis, un lombricomposteur pour les vers (et le lombrithé) ainsi qu’une énorme jardinière en palette pour tester la lasagne à plus grande échelle.

Voilà, c’est comme ça qu’est né le potager minimaliste 😉 (et dommage qu’à cette époque je n’avais pas le réflexe de photographier).



Les avantages et les inconvénients de la culture en lasagne en pot

Après 3 années de tests, j’ai assez de recul pour vous donner mes impressions.


Avantages

Il y en a beaucoup, je ne peux pas tous vous les citer !

Allons à l’essentiel.

  • Pas besoin de terreau !

Si comme moi vous n’avez pas confiance en ce qu’il y a dans le terreau de jardinerie ou que vous ne trouvez pas ça cool qu’on assèche les tourbières pour cultiver des plantes en ville, la lasagne en pot est faite pour vous !

Et la plupart des plantes potagères donnent d’avantages dans la lasagne que dans du terreau et sans utilisation d’engrais !

De plus, les terreaux industriels sont faits pour être fertile qu’une seule saison alors que la lasagne couplée avec d’autres éléments comme le lombricompostage peut tenir plusieurs années !

  • C’est 100% permaculturel !

Piocher dans nos déchets et ceux que la nature nous offre pour faire pousser des plantes c’est en adéquation avec plusieurs principes de permaculture.

David Holmgren dit « utiliser et valoriser les ressources« .

Bill Mollisson parle de « circulation d’énergie« …

J’en profite pour ajouter mon petit préféré
« les déchets des uns sont les ressources des autres » 😉

.

  • Utilisable tout de suite.

Et oui, c’est ça qui est magique avec la lasagne.

Pas besoin d’attendre.

J’ai tout de même constaté une meilleure reprise lorsque le mélange a déjà quelques semaines ou quelques mois mais ça peut se corriger au moment de la confection de la lasagne.

  • Tout pousse dans la lasagne.

Je parle souvent de tomates mais j’y fais aussi pousser des poivrons, des aubergines, des laitues (pour les limaces), des haricots, des melons et bien d’autres choses !

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  • Se pratique dans n’importe quel contenant.

Bien évidemment, plus le pot est gros, meilleurs sont les résultats.

Mais j’ai testé la lasagne dans des petits pots de 20 cm par 20 cm et ça pousse tout aussi bien.

Pareil pour la matière du pot. J’ai des pots en bois, en plastique et en terre cuite et ça ne pose pas de problème.


Inconvénients

  • L’arrosage

Les premières semaines (et le premier été), surveillez bien l’arrosage.

Le « compostage » met quelques semaines à bien démarrer et à former une sorte de « substrat-éponge » où les racines peuvent se mettre à leur aise.

  • Hygiène à surveiller

Votre pot de fleurs héberge et attire énormément de biodiversité.

Il se peut qu’il soit visité par des rats (surtout en ville et au rez-de-chaussée) ou des campagnols (à la campagne).

Personnellement je n’ai jamais eu ce problème alors que je vois des rats visiter un composteur à une centaine de mètres de la terrasse depuis environ 2 ans… je croise les doigts.

Si vous êtes visités par ce genre de mammifères, voici une solution simple pour faire du compostage de surface tout en protégeant vos épluchures 😉

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Mini-lombricomposteur intégré à une jardinière ! (guide à télécharger gratuitement)


Une autre espèce beaucoup plus dévastatrice : les limaces et les escargots !

Ils adorent les épluchures fraîches et le paillage c’est comme un nid douillet pour eux.

Si vous en avez quelques-uns c’est gérable.

S’ils mangent toutes vos laitues, oubliez toutes les plantes de semis direct (radis, carottes, etc…) et semez 10 fois plus de laitues que nécessaires !

Petit topo sur la gestion des limaces et escargots :

J’entame donc la troisième année de mes lasagnes en pot.

La première année, ils sont arrivés à la fin du printemps pour s’attaquer à quelques laitues mais ça n’a pas impacté la récolte.

La deuxième année ils sont arrivés plus tôt au printemps (ils avaient sûrement déjà « niché » dans les pots) et ont dévoré quasiment 8 laitues sur 10.

Cette année c’est un fléau. Dès que je jette un œil sous le paillage, je tombe une fois sur deux sur des œufs de limaces/escargots.

Si tout se passe bien, cette année, « l’invasion » de mollusques va attirer les prédateurs du coin (comme le carabe) qui, je l’espère, s’installeront eux aussi dans mes pots !

Affaire à suivre…
Un autre soucis d’hygiène qui ne dure que quelques semaines, ce sont les eaux souillées.

N’oubliez pas de mettre des soucoupes et de recycler cet engrais 100 % naturel !
  • Entretien annuel

La deuxième année, le niveau de votre lasagne diminue presque de moitié !

Il suiffera de remonter le niveau en refaisant un peu de compostage par-dessus !

C’est juste une seule fois par an et en plus ça boost votre terre pour les plantations suivantes…

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Le compostage de surface peut aussi se pratiquer régulièrement. pour limiter la perte de niveau.



Conclusion

Alors, convaincu.e ? Les saints de glace sont bientôt terminés, vous avez encore quelques jours pour tester ça et y planter tout un tas de choses !

Si vous n’êtes pas très serin, faites ça dans un sac cabas et si ça foire, vous n’aurez qu’a redéposer votre mélange dans la nature !

Au moins, vous aurez fait un geste pour l’environnement 😉

Pour le coup, je vous fais une promo sur le guide pour lancer votre premier pot de fleurs en lasagne.

Vous n’avez plus d’excuses !


Fabrice.

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Fabrice.


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2 réponses sur “3 ans de culture en lasagne en pot de fleurs – Mon avis (avantages/inconvénients)”

  1. Très impressionnant ce que tu arrives à faire dans des pots de fleur, félicitations! J’admire également ta sérénité en ce qui concerne les « nusibles ». Heureusement, je n’ai pas d’escargots, mais des pucerons et des aleurodes. J’essaie toujours de m’en débarasser le plus vite possible… Quelle est ta stratégie à ce sujet?

    1. Merci ! Ma technique pour rester serein : je ne fais pas ça pour maximiser les récoltes. La terrasse est tout de même agréable ! (Il n’y a pas de déséquilibre dans l’ensemble). C’est avant tout de l’observation, des expérimentations.. pour les pucerons j’en ai sur un viburnum opulus en pot et sur quelques herbes sauvages mais ils ne se sont jamais attaqué aux plantes comestibles mis à part les capucines. D’ailleurs j’ai plusieurs espèces de pucerons et ils sont tous en « symbiose » avec les fourmis (je pense que c’est pour ça que les coccinelles ne viennent pas).
      Et pour les aleurodes, je n’en ai pas à ce que je sache !

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