3 fausses bonnes raisons de jardiner en permaculture sur son balcon

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Lorsque j’ai découvert la permaculture, j’ai rapidement été confronté à la réalité suivante : je n’avais pas de terrain pour faire mes premières expérimentations !


C’était dans les années 2010 – 2012.

A cette époque je travaillais déjà dans les espaces verts avec des techniques conventionnelles que j’avais apprises à l’école et sur le terrain.


En fait, mon plus vieux « souvenir permaculture » c’est la pochette d’un livre sur laquelle je suis tombé par hasard sur internet.

La couverture était blanche et faisait un peu vieillotte. Il me semble qu’elle illustrait des sortes de buttes de paille étalées en forme de serpentins. Si je me souviens bien, le titre était du genre : « la culture potagère sous paille » ou « la culture de la pomme de terre sous paille » je ne sais plus… (si ça vous dit quelque chose, dites-le-moi je suis curieux de le retrouver).

Il ne parlait pas de permaculture (du moins pas à ce que je me souvienne de la couverture), mais ça m’avait marqué parce que je ne connaissais rien d’autre que la culture conventionnelle sur une terre bien désherbée et je me demandais bien comment on pouvait cultiver quoi que ce soit sous de la paille…


En tout cas, le livre n’était pas disponible et c’est là que j’ai commencé à faire quelques recherches sur la culture sous paille, mulch, etc…


Ensuite, ma deuxième grande révélation fut lorsque je suis tombé sur la vidéo d’Emilia Hazelip.

C’est ça qui m’a vraiment donné envie de jardiner un « potager ».


Pour tout vous dire, j’ai toujours aimé les arbres, les animaux et la nature en général mais, je ne m’étais jamais intéressé à la culture de fruits ou de légumes.

En fait, je n’ai jamais rien trouvé de sexy dans un rang de pommier ou dans un rang de légumes…


Bref…

Après avoir découvert Emilia Hazelip, j’ai épluché tout l’internet à la recherche d’informations sur la permaculture et la culture naturelle (sans engrais, sans traitement, etc.).

Le tour était vite fait car il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent à cette époque.

Mais j’ai tout de même continué à m’informer grâce à des livres, des formations, etc…


Et puis, il s’est s’est passé en truc en 2015…


Fin 2015, il y a eu cet engouement pour la permaculture et la transition (à la sortie du film « Demain » de Cyril Dion et Mélanie Laurent).

Conférences, diffusions, débats, etc…, ce film a éveillé beaucoup de conscience et j’ai repris espoir.

Je brûlais d’envie de faire ma part mais je n’avais pas de terrain et ce n’était pas le moment pour moi d’en chercher un (et c’est encore le cas aujourd’hui 🤭) !

Vous allez me dire que j’aurais très bien pu trouver un jardin à louer et m’y rendre avec ma voiture pour faire mes premières expériences mais cette façon de faire ne me convient pas.

Je veux être connecté au potager (avec moi c’est tout ou rien…).


Bref, à ce moment-là, le seul endroit où j’avais déjà quelques pots de fleurs c’était ma terrasse de 8 m² qui était le pas-de-porte que je partageais avec ma voisine.
Je parle souvent de balcon mais mon potager est sur une terrasse 😉


Il y avait quand même un hic.

Je ne voyais pas comment je pourrais appliquer la permaculture (celle que je voyais sur les livres, les articles et les vidéos youtube) sur ma terrasse sans casser le goudron et faire un joli jardin (et mon proprio n’aurait certainement pas apprécié 😅).


Si vous me suivez depuis quelque temps maintenant, vous connaissez la suite…

En 2015-2016 (je ne sais plus exactement, moi et les dates c’est compliqué) je suis passé à l’action et j’ai testé la culture en lasagne dans des sacs cabas E-Leclerc ^^

Quand j’ai vu les résultats et la satisfaction que ça m’a donné de récolter des tomates cerises issues d’un potager hors-sol avec zéro utilisation de terreau je me suis dit « tiens, là je tiens un truc qui me fait kiffer ».

Et c’est comme ça qu’est né le « potager minimaliste » que vous connaissez aujourd’hui.


Les blocages quand on n’a qu’une terrasse ou un balcon


Avec le recul, j’ai remarqué qu’il y avait 2 grands blocages qui m’ont empêché de passer à l’action pendant toutes ces années.


Le premier blocage c’était le fait que : la vraie permaculture c’est en pleine terre et pas sur une terrasse ou un balcon !

Mais, à force de creuser le sujet, j’ai découvert que c’est plus qu’une simple technique de jardinage : c’est une philosophie !

Et quand j’ai fait mes premières cultures en lasagnes en cabas, je me suis senti en accord total avec cette philosophie.


J’avais utilisé les sacs cabas qui traînaient dans ma voiture, quelques déchets de la forêt qu’il y avait tout près de chez moi et les plants de tomates qu’un collègue de travail avait en trop !

Je n’avais pas fait fabriquer un pot de fleurs en plastique chinois ni utilisé de terreau dont la fabrication était coupable de la disparition d’une tourbière située à plusieurs centaines de kilomètres de chez moi !

Et ça, ça fait du bien !


Le deuxième blocage, c’était la peur de faire du gaspillage.
Ce que j’entends par là c’est que j’avais peur de mobiliser énormément d’énergie pour récolter à peine 500 grammes de tomates et basta !

Alors d’une j’ai récolté bien plus que ça et en plus j’ai recyclé plein de déchets de cuisine qui étaient destinés à finir, comme d’habitude, à la déchetterie.

En permaculture on fait en sorte de stocker l’énergie le plus longtemps possible… du coup, en stockant mes déchets de cuisine pour les transformer en tomates, j’ai tout bon !


Et ce n’est pas tout, quand je vois les abeilles, les papillons, les coccinelles et les dizaines d’autres insectes et plantes sauvages auxquels je donne l’opportunité de vivre, boire et manger sur seulement 8 m² de terrasse, pour moi ça en vaut largement la chandelle 🙂 🙂


La permaculture, c’est + qu’une méthode


C’est une philosophie.

Je ne me suis jamais intéressé ou formé à la philosophie en général mais j’ai bien l’impression qu’on peut philosopher de tout et n’importe quoi, je me trompe ? (dites-le-moi dans les commentaires 😉 ).


Donc, si la permaculture est une philosophie, alors, on peut l’appliquer en jardinant un peu partout ? Sur un balcon, un toit et même dans l’espace ! (il suffit de lire le livre « seul sur Mars » (de Andy Weir) pour se rendre compte que c’est possible 😉 #sciencefiction).


Même si aujourd’hui il y a encore très peu de monde qui s’est lancé à faire du jardinage en permaculture sur terrasse et balcon, moi j’y crois. Et comme le dit une citation très connue, « C’est en se trompant qu’on apprend ».


Bref, avant de se quitter, si on parlait de ses fameuses fausses bonnes raisons de jardiner en permaculture sur son balcon ?

🤭


Autonomie en nourriture


Si vous partez dans l’objectif de devenir autonome en nourriture avec un potager en pot de fleurs vous risquez d’être déçu.

La permaculture ou je ne sais quel autre technique ne vous permettra pas de faire ce genre de miracle.

Visez plutôt la « qualité » que la « quantité ».

Pensez aussi au fait que vous allez recycler tous vos déchets de cuisines (épluchures de fruits et légumes), et ça c’est cool !


Un potager sans entretient


Un potager sans entretien ça n’existe pas. Surtout un potager sur terrasse ou balcon.

Il faut surveiller l’arrosage (bien plus qu’en pleine terre), nettoyer derrière les pots au moins une fois par an et vérifier qu’on n’embête pas le voisinage avec nos plantes grimpantes par exemple.

En même temps vous avez envie de jardiner non ? Et entretenir c’est jardinier !


Un potager 100 % permaculture (sans intrants)


La permaculture à son stade ultime n’a besoin d’aucun intrant.

« Aucun intrant » ça veut dire que tout est produit sur place. Matière organique, paillage, « engrais », terreau, etc…

Tout produire sur un espace réduit et en hors-sol ça va être difficile.

Par contre si vous regardez autour de vous, vous trouverez tout un tas de solutions pour trouver tout ces intrants de la façon la plus locale possible et on en parle ici avec Damien Dekarz (et oui, j’ai eu la chance de l’interviewer ! ).


Faites marcher votre imagination ! Vos voisins ont des épluchures qui terminent à la poubelle et le bar à jus de votre quartier en a également…

Et pourquoi ne pas faire une balade en forêt pour ramener quelques poignées de terre fertile pour inoculer vos pots de fleurs? D’ailleurs c’est le bon moment et le bon endroit pour faire marcher votre créativité et trouver de nouvelles idées !

🙂


Bref…


Conclusion


J’espère vous avoir donné envie d’aller de l’avant.

En tout cas, ça m’a fait plaisir de me replonger dans le début de ma démarche et d’ailleurs ça me rappelle une chose.

Oui, cette toute petite chose qui a fait que je suis vraiment passé à l’action… cette chose c’est une sorte de « déclic ».

En fait, si vous n’aviez qu’une seule chose à retenir ce serait celle-là…


Lorsque j’ai acheté mes premières graines reproductibles, il y a eu comme un effet de « non-retour ».

Ouais… je ne pouvais plus revenir en arrière. La machine était lancée quoi.

Donc, pour moi, le secret c’est ça : achetez vos premières graines 🙂

D’ailleurs, en me soutenant sur tipeee, vous pouvez recevoir mes propres graines résistantes issues de mon potager en pots de fleurs (👈 publicité capitaliste déguisée)


J’aimerais terminer sur une citation de Richard Buckminster Fuller (architecte, designer, inventeur, écrivain et futuriste américain) :

On ne change jamais les choses en combattant la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rendra inutile l’ancien.


Voilà tout.

Belle transition et merci !




Fabrice.

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Et vous, qu’est-ce qui vous empêche de lancer votre potager sur votre balcon ou votre terrasse ?


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