Comment faire un design en permaculture (en 5 étapes) ?
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Dans cet article, vous allez découvrir les 5 étapes faciles à suivre pour faire votre premier design en permaculture.

Après avoir passé des années à lire des livres.

A faire des stages (dont un Cours Certifié de Permaculture).

Et après avoir travaillé sur plusieurs designs.

Je me considère légitime pour vous partager ma méthode complète de design en permaculture.




Qui suis-je pour prétendre avoir trouvé LA voie du design ?


Je suis juste un apprenti-débutant-passionné de permaculture qui en a chié pour trouver sa propre méthode.

Et, dans cet article, je ne vais pas uniquement vous filer un résumé de tous les livres que j’ai lu et stages auxquels j’ai participé.

Non.

Je vous rappelle que sur ce blog, je ne partage que le fruit de mon expérience.

J’ai déjà fait plusieurs designs.

Trois pour être précis.
Un pendant mon Cours Certifié de permaculture (cas réel sur un terrain de 10 000 m²), un pour ma terrasse (8 m²) et un autre pour un jardin partagé (100 m²)


Ce que je tire de ces 3 expériences ?

Et bien c’est simple, ce sont les 5 grandes étapes que vous êtes sur le point de découvrir…


Mais avant de passer au vif du sujet, peut-être que vous vous posez cette question :



Pourquoi faire un design en permaculture ?


Se poser cette question, c’est comme se demander pourquoi un marin navigue avec une boussole.

Votre design, c’est votre objectif.

C’est le cap à atteindre.

C’est lui qui vous dit où aller et pourquoi.


Vous ne le savez peut-être pas, mais la permaculture n’est pas juste une méthode de jardinage.
Comme la légendaire culture en lasagnes dans le carré potager au fond de votre jardin par exemple…

Non.

La permaculture, c’est une refonte de votre vie et de votre jardin en fonction de vous et de toutes les personnes qui vivent avec vous (ou toutes les personnes qui participent au projet).


Avec un design, votre jardin avance lentement, mais sûrement.

Avec un design, votre jardin est de mieux en mieux chaque année.

Avec un design, vous n’avez pas besoin de vous adapter à votre jardin parce que vous faite partie de votre jardin…

Avec un design, vous avancez vite et bien.


N’oubliez pas qu’il n’y a pas de méthode de jardinage miracle.

Jardiner en permaculture, c’est difficile..

..et vous allez devoir vous armer de bon sens, de connaissances, de patience et.. d’un bon design…



Le design de ma terrasse

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Ca ☝

C’est ma terrasse (si vous voulez en savoir plus, c’est par ici)

Elle se situe sur le pas de porte de mon appartement.

Oui je sais, c’est chargé (le facteur doit faire une sorte d’escape game pour trouver le chemin jusqu’à ma porte 🤣).

Cette terrasse, je l’ai aménagé en 2016.

C’était mon premier design.

Je vous avoue qu’à l’époque, je l’ai fait à l’arrache.

Je n’avais aucune méthode.

Rien.

Nada.

Seulement quelques principes, quelques éthiques et quelques notions piochées par-ci par-là.

J’avais beau avoir découvert la permaculture depuis déjà une demi-douzaine d’années…

Visité énormément de jardins inspirés de la permaculture…

Fais de nombreux stages…

Assisté à de multiples conférences…

Etc…

Je n’avais trouvé aucune méthode claire et concise pour faire un design.


Du coup, j’y suis allé au feeling.

Et j’ai perdu énormément de temps.

Mais, mine de rien, j’ai réussi à tout optimiser en fonction de mes habitudes, mes besoins, mes envies et mes valeurs.

Bref.

Je ne vais pas vous faire tout le topo ici (ce serait bien trop long…).


Maintenant, une dernière chose avant de passer aux choses sérieuses..

..le jardin partagé…



Le design du jardin partagé


Après la terrasse, en 2019, j’ai lancé un jardin partagé dans mon village (c’est ici si vous voulez savoir comment louper le lancement d’un jardin partagé 😂).

Bon, outre les difficultés dues à la mise en place trop rapide et soudaine du jardin, je peux vous dire que ça a été une sacrée aventure niveau design (et ça l’est encore, car je suis en train de tout reprendre à zéro).

Bon.

La première chose que j’ai faite, c’est d’intégrer le jardin au design de la terrasse (normal, vu qu’il ne se trouve qu’à une centaine de mètres l’un de l’autre).

Pour ça, j’ai fait une « carte de zonage ».


(qu’est-ce qu’une carte de zonage ?..

..c’est un plan qui délimite des zones sur votre jardin en fonction de la fréquence à laquelle vous vous y rendez de façon quasi « naturelle »..

..pour reprendre l’exemple de ma terrasse, elle fait partie d’une zone que je fréquente quotidiennement..

..mon pas de porte..

..donc, sur cette carte, je l’ai mise en zone 1..

..puis le trajet jusqu’au jardin, je l’ai mis en zone 2..

..etc)


Bref.

C’est à peu près tout ce que j’ai fait pour commencer.

Ah non.

J’ai aussi réalisé une carte temporaire pour délimiter les planches de cultures et les allées (le potager quoi).

Bref.

Pour le reste, j’ai (presque) respecté la règle numéro 1 du design en permaculture qui est : le « 1 an d’observation ».

Et oui, Bill Mollison et David Homgren (les fondateurs de la permaculture) conseillent une phase d’observation d’un cycle complet..

..soit un an !

4 saisons pour vivre et observer les phénomènes qui se passent dans votre jardin et son environnement.

Pendant cette année d’observation, j’ai passé mon CCP (chez Damien).

Le CCP, c’est le Cours Certifié de Permaculture sur 2 semaines chez un permaculteur expérimenté.

C’est là-bas que j’ai fait mon premier vrai grand design.


Bon.

Je vais arrêter de parler de moi..

..passons aux choses sérieuses…



Ma méthode de design en permaculture


Au fil du temps, j’ai remarqué qu’il y avait 5 grandes étapes avant qu’un design n’arrive à maturité.

Pourquoi j’ai choisi 5 grandes étapes ?

Et bien parce que chacune d’entre elles demande un temps de maturation.

Alors oui vous devez les suivre dans l’ordre chronologique, mais rien ne vous empêche de sauter, de temps en temps, d’une étape à l’autre.

A vous de voir.

Si je vous donne ces 5 étapes, c’est pour que vous ayez enfin une vue d’ensemble sur ce qu’il se passe pendant une phase de design…

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1. Observer

C’est l’étape qui est censée être la plus longue (et la plus importante).

Mais la plupart des gens la zappent.

Ils préfèrent démarrer rapidement.

Faire un potager le plus vite et le plus grand possible.


Et on ne pas leur en vouloir.

On est tous pareil.

C’est humain (surtout chez l’Homme moderne).


Ce dont vous devez être conscient, c’est que plus vous démarrez vite et grand, plus vos erreurs vous coûteront chères.

C’est comme ça.

C’est le prix à payer.

Je ne dis pas que vous devez attendre et ne rien faire, mais commencez petit.

Surtout si c’est votre premier design.


Par exemple.

Pour trouver le meilleur emplacement de votre potager, il y a une multitude de paramètres à prendre en compte.

L’exposition au soleil.

Le cycle de l’eau.

L’environnement voisin.

Le temps et l’énergie que vous avez à lui consacrer.

Vos habitudes.

Votre budget.

Etc…

Et c’est pareil pour chaque élément que vous allez ajouter (une serre, un compost, un poulailler, un point d’eau, etc…).

Alors, allez-y doucement avant de voir grand et de mettre en place votre échiquier…


Un conseil si vous voulez quand même démarrer quelque chose dès la première année : faites des éléments facilement déplaçables.

On ne sait jamais..




L’observation, c’est la partie que je préfère.

Parce que ça ne s’arrête jamais.

Même après plusieurs années, il y a toujours de quoi observer (et de quoi corriger).

Moins qu’au départ.

Mais toujours.

Souvenez-vous juste de la règle d’or qui est d‘observer au minimum 4 saisons consécutives avant d’agir…


Autre chose.

Observer le jardin c’est bien, mais il faut aussi observer toute les personnes impliquées dans le projet (humains et animaux compris !).

Quels sont vos besoins ?

Vos préférences ?

Vos rêves ?

Vos compétences ?

Vos limitations ?

Etc…

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2. Cueillir


Observer, c’est bien.

Mais il faut aussi récolter les informations.

Les cueillir..

..et les stocker.


Vous savez tous comment fonctionne notre cerveau.

(spoil : il oublie vite)


Alors un conseil.

N’attendez pas d’avoir fini la phase d’observation pour cueillir et commencer à faire des plans au brouillon.

C’est pendant la phase d’observation que vos premières idées vont naître..

..mais ce ne seront pas forcément les meilleures.


Pourquoi ?


Parce que pour faire un bon design, il faut alterner entre la pensée globale et la pensée détail.

Pour avoir une pensée globale, vous devez travailler sur plan.

Pas le choix.

Ce que je vous conseille pour commencer, c’est de faire un plan de base minimaliste.

Dans ce plan, mettez tous les éléments fixes (arbre, terrasse, maison, etc…).


Et, par la suite, il y aura toute sorte de plans sur lesquels vous pourrez travailler.

Secteurs, zonage, etc…

Mais je ne vais pas entrer dans les détails ici, car ça dépend de votre contexte.


Donc, pour résumer, les plans, c’est la pensée globale.


Pour ce qui est de la pensée détail, vous avez besoin de vos notes (celle que vous avez commencé à prendre pendant la phase d’observation).

Des notes qui déterminent toutes sortes de choses comme une zone de micro-climat, une zone humide, un regroupement de limaces, un tas de pierre, un courant d’air, des plantes bio-indicatrices, etc, etc…

Notez aussi toutes les ressources que vous avez à disposition.

Que ce soit sur votre terrain, et même au-delà !

Parlez à votre voisinage.

Baladez-vous autour de chez vous.

Créez du lien avec les maraîchers, les artisans, les épiceries, les associations environnementales, etc…

Faites du troc.

Etc…

Etc…


En connaissant les ressources que vous avez à disposition, vous prendrez de meilleures décisions.

Par exemple, il n’est peut-être pas si judicieux que ça que de lombricomposter s’il y a déjà un lombricomposteur collectif au pied de votre immeuble ?

Ou d’élever des abeilles si votre voisin est déjà un grand apiculteur ?

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3. Interroger


Une fois toutes ces informations récoltées, il est temps de faire le point.

(à ce stade, vous n’êtes pas loin de terminer la fameuse période d’observation d’un an)


Faire le point c’est trier les informations.

C’est virer celles qui n’ont plus d’importance et mettre en valeur celles qui sont primordiales.

Les classer.

Les regrouper par catégories.

Les mettre en lien.

Etc…


Bon.

Je vais vous avouer un truc.

Jusqu’ici, c’était facile.

Vous avez fait vos plans, découvert vos ressources et pris vos notes.

Pas spécialement besoin de réfléchir.

Ce sont juste des faits.

De la récolte d’information.

Des outils que vous vous êtes forgés…


C’est maintenant que ça se complique.

(et c’est ici que la plupart des gens ont besoin d’aide).

Cette étape, c’est celle qui consiste à vous fixer des objectifs.

Vous devez être capable de savoir où vous allez..

..et de mesurer si tout se passe bien en route.

Souvenez-vous du marin et de son cap.

Sans objectifs, vous allez faire 50 000 détours avant d’arriver à destination (bon après rien ne vous empêche de jouer au pirate de temps en temps histoire de récupérer un ou deux trésors sur la route…).



Bon.

Pour ne pas vous tromper de cap, vous allez devoir creuser en vous (et en tous ceux qui participent au projet, même le chat 🐈).

Pour vous simplifier la tâche, voici 5 choses sur lesquelles vous pouvez creuser :


Les valeurs et les principes.


Les désirs.


Les besoins.


La vision.


Le budget.



Une fois que c’est fait, vous devez définir 4 ou 5 grands objectifs.

Attention !

Vos objectifs doivent être S.M.A.R.T (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réaliste et Temporel).

Par exemple.

Au lieu de mettre comme objectif, « je veux atteindre l’autonomie alimentaire », mettez « je veux être autonome en tomates pour septembre 2023 » par exemple.

Ou, au lieu de mettre, « je veux créer un jardin pédagogique pour les enfants de l’école », mettez « je veux pouvoir organiser la première cueillette pédagogique du jardin pour juin 2022 ».

Etc…

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4. Composter


Bon.

Mine de rien, à cette étape-là, vous avez déjà pas mal avancé !

En fait, le plus dur est fait.

(et la fin de la période d’observation est censée être terminée)


J’ai choisi d’appeler cette étape le compostage parce que c’est ici que vous allez jouer avec vos idées.. les mélanger et les fusionner.

C’est aussi à ce moment-là que vous allez créer des systèmes écologiques et peaufiner votre design final.

Pour ça, vous allez ajouter des bordures, faire circuler l’eau, l’humain, la biodiversité, la fertilité, etc…


A vous de creuser un peu le sujet et n’oubliez pas le principe de permaculture n°7 de David Holmgren :

« La conception, des grandes structures au détail »

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5. Récolter


C’est la dernière étape.

Le design final.

C’est le plan de votre jardin ou de votre terrasse.

Votre cap.


Plus il rentre dans les détails, mieux c’est.

En fonction de votre travail et de vos besoins, il se peut que vous ayez plusieurs plans (stratégie pour attirer la biodiversité, circulation de l’eau, gestion des courants d’air, etc..).


Après ça, il ne vous restera plus qu’une seule chose à faire avant de déployer les grands moyens et passer aux travaux (aménagements, constructions, plantations, etc…).

Cette chose, c’est la planification.

C’est ici que vous devez optimiser l’avancée des travaux en fonction de vos objectifs S.M.A.R.T.


Bref.

Vous avez toutes les clés en mains pour votre design..

..à vous de jouer !




En résumé

  1. Observer
    Découvrez votre nouvel environnement au fil des 4 saisons. Commencez à creuser en vous-même…

  2. Cueillir
    Pendant cette découverte, travaillez sur les détails. Commencez à récolter des informations sur votre environnement et sur vous-même. Ensuite, faites des cartes pour travailler sur votre pensée globale…

  3. Interroger
    Une fois arrivé à maturité de la phase d’observation, creusez encore plus profond dans vos tripes et fixer des objectifs S.M.A.R.T.

  4. Composter
    Sortez vos papiers, vos stylos, du scotch et quelques morceaux de carton.. puis utilisez les principes de la permaculture pour faire travailler vos idées.. créez des systèmes.. des courbes.. des formes.. faites circuler l’énergie.. etc…

  5. Récolter
    Une fois votre premier jet de design final terminé, planifiez les travaux et passez à l’action !



Besoin d’un coup de pouce


C’est un grand plaisir de partager cet article avec vous.

J’ai mis des années à conceptualiser et pratiquer cette méthode.

Et j’ai fait en sorte d’être le plus clair possible.

J’espère vraiment que ça va vous aider.


J’ai volontairement évité de trop rentrer dans les détails pour que vous ayez une vision globale de ce qu’est un design en permaculture.

Que vous ayez une idée sur comment ça se déroule dans le temps.

Si ça vous a plu, dites-le moi dans les commentaires et partagez cet article avec vos amis.


Néanmoins, si vous certains passages ne sont pas assez clairs, je vous invite aussi à me le signaler en commentaire.

Et si vous avez besoin d’un coup de pouce, je peux vous accompagner dans cette aventure.

N’hésitez pas à me contacter ici.





Fabrice.






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1 Commentaire

  1. Fahima

    Merci pour cet article fort intéressant. Ce que je retiens, c’est qu’un design en permaculture, c’est réfléchi et ça ne s’improvise pas. Et ça prend du temps… enfin moins grâce à toi maintenant !

    Réponse

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Je suis Fabrice et j'aide les gens à renaturaliser leur environnement

 

👉 + de 15 années d'expérience dans le jardinage en milieu urbain, le compostage, le lombricompostage, le compostage "bokashi" et la culture en lasagnes en pots de fleurs

👉 Formé en permaculture par Damien Dekarz

👉 Passionné de l'humain, de la flore et de la faune sauvage (ainsi que de leurs interactions)

👉 Créateur et responsable d'un jardin partagé

👉 Créateur et responsable de la légendaire terrasse du potager minimaliste

👉 Responsable de la création de plusieurs dizaines de jardins (balcons, terrasses, jardins partagés, etc...)

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