Damien Dekarz et la permaculture urbaine, l’interview (2 ème partie)

Damien Dekarz et la permaculture urbaine, l’interview (2 ème partie)

Voici la deuxième partie de l'interview de Damien Dekarz et ça se passe toujours au jardin du château d'eau. Bonne lecture 😉

Avant de commencer la lecture, je vous invite à lire la première partie de l'interview (à moins que ce soit déjà fait !).

Et si vous préférez l'audio, c'est juste en-dessous 👇

Permaculture urbaine (suite)


Fabrice : En permaculture, on dit que les déchets des uns sont les ressources des autres.

Est-ce que tu aurais des idées à donner aux personnes qui sont en ville pour récupérer des déchets comme par exemple du marc de café pour faire pousser des champignons.


...

A Lyon, je sais qu'il y a une champignonnière qui donne ses substrats quand ils arrivent en fin de culture.

C'est de la paille mélangée à du marc de café.

...

C'est un grand défi de trouver de la matière organique en ville.


...

Est-ce que tu aurais des idées ?


Damien Dekarz : comme tu dis, en ville c'est difficile de trouver de la matière organique mais je pense qu'il y a des personnes qui voudraient faire du compost mais qui ne sauraient pas quoi en faire !

Quand on mange des bananes, des pommes, des pommes de terre et tout un tas de légumes, on a des épluchures et en ville on ne sait pas forcément quoi en faire.

Je pense que si on en parle à tous les gens de son immeuble (si par exemple on habite dans un immeuble), il y a probablement des gens sympas et, dans ces gens sympas, il y en a peut-être qui ne savent pas quoi faire de leur compost et qui seraient contents d'avoir quelqu'un qui vient récupérer toutes ces épluchures.

...

Ouais, tous ces déchets de cuisine qui n'en sont pas en faite.

...

Un déchet de cuisine c'est une ressource de ouf pour jardiner !

Tu mets tes déchets de cuisine au fond d'un pot et t'as ta lasagne !

Donc je dirais d'aller voir les voisins, recréer du lien avec eux pour essayer de récupérer leurs déchets de cuisine ça peut être une solution.


Il y a aussi ce qu'on appelle les "lombricomposteurs" qui peuvent très bien se développer en ville.

Si l'on veut un terreau fertile et bien on peut très bien mettre ses déchets de cuisine dans un lombricomposteur et créer un terreau de très très bonne qualité.

Voilà.

Potentiellement on peut aussi aller voir les espaces verts quand ils tondent les parcs pour voir si la tonte est récupérable.

On peut aussi récupérer les feuilles mortes qui tombent au pied des arbres.

Voilà...

Il y a tout un tas de petits trucs que l'on peut mettre en place...


Fabrice : OK, merci !

J'ai une question "jardinage".

Il y a une lectrice du blog qui essaie de faire pousser des tomates et de la menthe sur son balcon.


Sa terre est bonne, elle arrose bien et c'est bien exposé mais, ça ne pousse pas.

Elle m'a dit qu'elle habitait près de la plage (mer Méditerranée) et du coup est ce que tu penses que l'air marin peut..., en gros est-ce que tu as déjà vu des potagers près de la mer qui fonctionne bien ?


Damien Dekarz : alors j'essaie de réfléchir... effectivement il y a plein de plantes qui ne supportent pas les embruns ou l'atmosphère salée de la mer... ça peut être un facteur très limitant...

Il faudrait se tourner vers des végétaux qui sont résistants à ces embruns.

Je pense qu'il y a pas mal de choux comme le chou maritime notamment qui est une plante perpétuelle qu'on peut très bien cultiver et qui résiste très bien aux embruns.

Une autre plante que je connais et que l'on peut cultiver en pot c'est l'éléagnus qui fait des baies comestibles et qui résiste très bien aux embruns.

Et...

Heu...

Comme ce n'est pas une problématique avec laquelle je me suis confronté, je n'ai pas beaucoup de réponses mais je pense qu'il faudrait se retourner vers ces plantes qui résistent bien à ces ambiances très salées.

Mais, effectivement, il n'y a pas beaucoup de légumes qui aiment l'air marin.

C'est un des problèmes quand on vit près de la côte... après on peut peut-être se protéger de ces embruns en faisant des haies mais bon ce n'est pas évident vu que c'est une atmosphère globale...


Fabrice : oui, son balcon est dos à la mer et comme tu dis, c'est global...


Damien Dekarz : Alors justement c'est l'occasion d'être hyper créatif, de sortir des légumes classiques et d'aller voir dans son coin, dans sa ville ou dans son quartier des gens qui ont des potagers et observer ce qui pousse bien.

Il y a probablement des gens qui font pousser quelques légumes...

Et sinon il y a des plantes qui résistent bien aux embruns et je pense qu'en faisant quelques recherches sur internet...

Chou maritime, éléagnus, et il doit y en avoir plein d'autres !


Fabrice : J'avais vu dans une de tes vidéos que tu associais le haricot grimpant avec la tomate (pour que le haricot tuteur la tomate sans avoir à le faire soi-même...).

J'ai essayé et ça marche plutôt bien mais je pense qu'il faut bien gérer le moment où tu sèmes le haricot.

J'ai semé un peu tard (il faut de la chaleur et du soleil pour que le haricot germe bien)...

Est-ce qu'il y a des variétés de haricots mieux adaptées à certaines tomates ?

Vu que chaque tomate à un port différent...

Ou est-ce que pour toi ça a toujours bien marché ?


Damien Dekarz : Alors c'est vrai que des fois il y a des haricots grimpants qui sont trop volumineux.

Là, j'en ai un que j'aime bien et qui est très très productif.

C'est le haricot "sabre" et il fait de très beaux haricots un peu grands.

Il a tendance à être très "envahissant" mais par contre il peut être bien pour attacher une tomate et, quand il devient "trop grand", on peut le guider pour qu'il sorte du pot et qu'il monte sur le mur, sur un grillage ou sur une autre plante de la terrasse ou du balcon.

Il n'est pas obligé de faire toute sa vie sur la tomate, il peut juste "l'enrouler" un peu et après, avec un bambou ou un tuteur, on l'envoie à l'extérieur.

...

Donc, j'aurais tendance à dire que le haricot sabre est un chouette haricot !

...

Et là ça me fait penser à un autre truc qui est un haricot vivace !

Peut être que tout le monde ne le connaît pas, c'est le haricot "orteil de précheur".

C'est un haricot à rames, grimpant et qui repart de sa souche... surtout quand on habite en ville ça peut être intéressant parce qu'il fait souvent moins froid qu'a la campagne (sa souche résiste à -10°C).

Donc on peut le semer une fois dans un pot, chaque année il va ressortir et va recommencer quoi !

...

Donc je réponds un peu à côté mais bon, t'as des pistes de réflexions 🙂

Les dernières questions...


Fabrice : Merci !

Pour les dix ans de la graine indocile, tu étais aux "rencontres nationales de la permaculture".

J'aurais voulu y être mais je n'ai pas pu... enfin bref, j'irais peut-être l'année prochaine !

Je voulais savoir à qui tu conseillerais ce genre d’événement... ?

Bon, on sait très bien que c'est pour les gens qui s'intéressent à la permaculture mais qu'est ce qu'on peut découvrir là-bas... ?


Damien Dekarz : Je dirais... cet événement ça plaît à certains et à d'autres ça ne plaît pas.

Il y en a qui vont vouloir voir des techniques de jardinage.

Ils vont aller aux rencontres de la permaculture et ils vont se dire mais ils font des rockets stoves, ils proposent des trucs sur l'énergie, les relations humaines, sur l'éco-construction.

...

Donc si l'on vient ne chercher que du jardinage, on peut être perdu dans ce genre de rencontres.

Par contre, si l'on n'arrive pas bien à comprendre en quoi la permaculture c'est autre chose que du jardinage...

...

Moi j'ai rencontré des gens qui comprennent que c'est une philosophie qui va plus loin que le jardinage mais concrètement ils n'ont pas saisi le truc !

Et le fait d'aller à ces rencontres nationales de la permaculture, ça permet de bien voir la globalité de la permaculture.

Peut-être que tu n'apprendras pas grand-chose sur le jardinage, mais t'auras vraiment une vision globale et en quoi la permaculture peut s'appliquer à tous les domaines qui entourent notre vie quoi !

C'est à la fois l'énergie, l'habitat, le sauvage et tout un tas d'autres choses que le jardinage.

Donc je le conseillerais à quelqu'un qui a envie de découvrir la globalité de la permaculture et qui a envie de passer un bon moment, parce que c'est sympa aussi 😉


Ok, on arrive sur les dernières questions...


Ok


Voilà, je voulais parler de ton livre rapidement.

Tu as sorti ton livre cette année qui s'appelle "la permaculture au jardin : mois par mois" et je voulais juste te dire que j'avais aimé le concept... en faite on n'avait jamais entendu "la permaculture au jardin" et je trouve que c'est vraiment le mot qui va bien !


Merci 🙂


Je voulais aussi parler de ton association qui propose des formations chez toi (au jardin du château d'eau) sur justement la permaculture en général et pas seulement sur le jardinage.

Où est-ce que l'on peut voir toutes les infos ?


Alors les infos pour tout ce qui est stage ou pour venir nous rencontrer et enfin tout ce qui est en rapport avec notre activité c'est sur le site de "la graine indocile".

Il y a un agenda que l'on met à jour régulièrement et on sort de temps en temps des petits articles...

Avant j'écrivais beaucoup d'articles et depuis que je fais des vidéos, j'ai arrêté d'écrire des articles mais il y en a encore de temps en temps mais c'est surtout des liens qui mènent vers des vidéos 🙂


Et c'est quoi le programme pour 2020 🙂 ?


Pour la saison 2020 on n'a pas bien réfléchi, généralement on prépare le programme de l'année en janvier...

On va essayer de faire plein de trucs gratos.

Des journées rencontres, des chantiers participatifs et d'autres trucs pour pouvoir échanger gratuitement avec des gens.

On va aussi faire un stage ou deux, parce que les stages on aime ça, c'est génial.

Heu... voilà, je n'ai pas le programme exact mais c'est un mélange de journées rencontres, de chantiers participatifs, de stages... et on va essayer de s'amuser...

Prendre soin de l'homme et prendre soin de la planète en s'amusant un peu quoi !


Ok...

...

et tu as quelque chose à ajouter ?


Heu je dirais... merci de cette interview c'était sympa et puis bonne continuation !

...

Moi ce que j'aime bien c'est qu'on fasse des choses en s'amusant et qu'on ne soit pas toujours dans la contrainte.

La vie nous impose souvent des trucs galères.

On nous dit qu'il faut travailler dur, que la vie est dure, etc.

Moi j'aime bien regarder le bon côté et de profiter de chaque instant.

Donc voilà, essayez de profiter de tout ce qui est beau dans la vie !

Voilà, c'est tout !


Ben merci 🙂


Merci à toi


 👋


Voilà, c'est fini !

Merci encore à Damien pour sa simplicité et pour l'inspiration qu'il partage depuis toutes ces années.


La chaîne Youtube de Damien Dekarz (pour les tutos et réflexions permaculturelles)


Son livre "La permaculture au jardin - mois par mois" (pour jardiner son potager toute l'année) > et par ici pour soutenir la librairie permaculturelle !


Le site de la graine indocile (pour les stages et les rencontres au jardin du château d'eau)

damien-dekarz-permaculture-urbaine-interview-pinterest


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Damien Dekarz et la permaculture urbaine, l’interview (1 ère partie)

Damien Dekarz et la permaculture urbaine, l’interview (1 ère partie)

A l'occasion du "PDC permaculture" auquel j'ai participé au jardin du château d'eau avec "la graine indocile", j'ai posé quelques questions à Damien Dekarz.

Si vous préférez l'audio, c'est juste en-dessous 👇


Si vous ne connaissez pas Damien Dekarz il serait temps d'aller faire un tour sur sa chaîne youtube "permaculture, agrécologie, etc..." !

C'est une mine d'or d'informations sur la permaculture et plus particulièrement sur la permaculture au jardin.

De mon côté, ça fait un bon moment que je suis sa chaîne et c'était important pour moi d'aller passer mon premier PDC à la graine indocile !


C'est avec grand plaisir que j'ai passé une quinzaine de jours à approfondir la permaculture au jardin du château d'eau et j'ai pensé que ça ferait plaisir à plus d'un.e d'entre vous si je ramenais une petite interview...

Et c'est chose faite !

Pour le moment c'est une retranscription à l'écrit mais je compte bien partager l'audio un peu plus tard (le temps que je trouve comment faire 🙂 ).

Pour moi qui ai l'habitude de travailler dans l'ombre derrière mon clavier cette interview audio fut l'occasion de sortir de ma zone de confort et je suis très heureux de partager ce moment avec vous.

Sur ce, bonne lecture !

Si vous préférer écouter la version audio, rendez-vous sur mon canal Telegram et recherchez "Damien Dekarz".

jardin-chateau-eau-graine-indocile
Le jardin du château d'eau...

Les présentations


Fabrice : Salut.


Damien Dekarz : Salut.


Fabrice : Heu... je suis super content de d'interviewer et en même temps je suis un peu stressé, impressionné...

Je te suis depuis un bon moment...

En faite, j'ai commencé à m’intéresser à la permaculture aux alentours de 2012.
A cette époque, sur internet, je lisais quelques articles et il n'y avait pas grand sur Youtube mis à part la chaîne de "
Permalocale"...


Damien Dekarz : Exact...


Fabrice : Ensuite, j'ai découvert tes vidéos et j'ai tout de suite adhéré à ta pédagogie et je te suis depuis tout ce temps, du coup c'est un peu stressant mais voilà c'est cool... 🙂

Heu... et bah du coup je te laisse te présenter Damien !


Damien Dekarz : Ok et bien moi je m'appelle Damien, Damien Dekarz.

Généralement les gens me connaissent par rapport aux vidéos Youtube.

Je fais pas mal de vidéo sur ma chaîne "Permaculture, Agroécologie, etc..".
Je fais tout un tas de tuto ou juste des réflexions autour du jardinage et tout ce qui est permaculture (les énergies, etc...).

Donc les gens me connaissent surtout par ce biais là quoi.

Moi, je me considère plutôt comme un jardinier... heu... ouais... j'aime bien jardiner quoi, je suis un amoureux de la nature et j'aime bien jardiner.

Donc, je me considère comme un jardinier, voilà 🙂 !


Fabrice : Super.
Du coup moi aussi je me présente un petit peu.


Voilà, moi c'est Fabrice.
Il y a 2 ans j'ai commencé à écrire quelques articles sur un blog et comme je le disais ça fait longtemps que je m’intéresse à la permaculture.


En 2016, je n'avais pas de terrain et j'ai décidé de passer à l'action sur ma terrasse en construisant une petite serre et des jardinières en bois de palette, un lombricomposteur et j'ai ajouté plein de pots de fleurs.


Depuis, j'essaie de cultiver un peu de la graine à l'assiette...


J'aime bien jardiner moi aussi du coup !


...

Bon bah je vais commencer à te poser une première question.


Damien Dekarz : OK, 🙂


Fabrice : T'as récemment déménagé du sud de la France pour t'installer en Corrèze.

Quelles sont les nouvelles difficultés que tu as rencontrées ici par rapport à...


Damien Dekarz : A où j'étais avant ?


Fabrice : Oui 🙂


Damien Dekarz : Heu, bah pour le moment je trouve que c'est beaucoup plus facile en faite.

J'étais dans le sud (plus précisément dans le Var) et c'est un des départements les plus secs de France.

L'eau c'est un des éléments les plus importants et là où je suis maintenant (même si partout en France c'est de plus en plus sec), j'ai quand même plus d'eau que dans le Var.

Donc, du côté de l'eau c'est plus facile et j'ai aussi plus d'espace.

...

En faite dans le Var, le jardin était plus petit, etc...

...

Donc ici j'ai plus d'espace, plus de bâti et je trouve que j'ai plus de facilité en Corrèze que dans le Var !

...

Et si je devais réfléchir à des difficultés, je dirais qu'ici j'ai moins d'ensoleillement (moins d'heure de soleil) et du coup je dois adapter mes légumes (qui étaient aussi habitués à la sécheresse), à leur nouvel environnement.

Par exemple là on est mi-septembre, hier il y a eu des gelées et mes courgettes sont mortes de froid.

Ce sont de nouveaux petits problèmes que je n'avais pas avant.

Mais on va dire que si je dois peser le pour et le contre, il y a plus d'avantages maintenant à être ici quoi.


Fabrice : D'accord, super.

Et je me souviens dans tes vidéos où tu montres un peu ta maison dans le Var, on y voit qu'elle était plus ou moins connectée avec l’environnement.


Il y avait la serre qui réchauffait la maison l'hiver quand le soleil était bas et la forêt qui offrait un microclimat été comme hiver.


Du coup c'était super sympa !


Est-ce qu'en Corrèze tu comptes aussi créer des connexions entre ton habitat et l'environnement ?


Damien Dekarz : Alors, effectivement comme tout était petit dans un petit milieu, tout était très rapidement connecté (comme tu dis la serre, la maison, les arbres autour qui protègent du vent et le potager était collé et tout ça...).

Là, comme c'est plus grand et plus espacé, les connexions sont plus longues à faire.

Et heu... ouais je pense qu'à termes...

...

En faite sur ma maison on va refaire la toiture et une fois que ce sera fait, je vais faire courir des vignes et du kiwi sur les murs.

Je vais garder l'eau de pluie pour faire des mares et, à terme, j'aimerais qu'il y ait autant de connexions, voire plus, mais effectivement c'est plus long à mettre en place et ça ne fait qu'un an (presque 2) qu'on est là.

A terme, le rêve c'est que tout soit interconnecté et que le moindre centimètre de maison soit utile pour produire quelque chose au jardin ou récolter de l'eau.

Il y a plus de chose à faire, on attaque plein de petits trucs en même temps et avant que tout soit connecté...

Mais quand ce sera tout connecté on arrivera sur quelque chose qui sera encore plus résiliant et efficace.

En tout cas j'espère !

Permaculture urbaine


Fabrice : En tout cas pour avoir vu le jardin du château d'eau, il y a quand même de bonnes choses de faites et surtout beaucoup de choses de faites 🙂 en si peu de temps !

...

Y'a-t-il eu un moment où tu n'avais pas de terrain et où tu cultivais dans des pots de fleurs ou des jardins partagés ?


Damien Dekarz : Oui, j'ai vécu en ville pas mal de temps et j'avais des plantes en pots mais très très peu.

Et depuis que je m'intéresse vraiment à la permaculture et à la production alimentaire en général, j'ai toujours eu des jardins.

Mais je me suis beaucoup intéressé à la permaculture urbaine parce que je sais qu'il y a beaucoup de gens qui vivent en ville.

Et si en ville on pourrait produire ne serait-ce qu'un tout petit peu d'alimentation...

Si on a un balcon, une terrasse ou un tout petit bout d'extérieur c'est génial !

Même si on ne va pas devenir autonome au niveau alimentaire avec une terrasse de 20 m², ne serait que si l'on produit un peu de tomate, d'aromatique (basilic, persil, etc...), c'est déjà ça de gagné !

Si en plus on met un hôtel à insecte, on va protéger la biodiversité en ville.

...

Il y a des gens qui font de l'apiculture en ville.

Il y a aussi de plus en plus de jardins partagés, des parcs...

Ca vaut le coup, à mon avis, d'avoir une réflexion sur tous ces parcs pour les rendre plus permacols et productifs.

Donc, c'est un sujet qui m'intéresse énormément mais pour le moment je ne suis pas forcément des plus efficaces vu que j'ai accès à la terre.

J'ai d'autre chose à faire que cultiver dans des pots de fleurs mais pour moi c'est un sujet hyper important.

C'est même un sujet clé !

En ville, il y a moyen de faire de la permaculture et plus il y aura de gens qui en font et mieux ce sera.

Produire sur des petits espaces, à mon avis c'est un des trucs important que la permaculture peut permettre de faire !

...

🙂 je ne sais pas si j'ai bien répondu à ta question...


Je ne sais pas non plus 🙂

Et ouais, moi aussi ça me parle beaucoup et pour en revenir à mon exemple, j'habitais en ville et je m’intéressais beaucoup à la permaculture.

Je n'avais pas de terrain pour expérimenter et (la terrasse), ça a été un bon moyen pour faire mes premières expériences...

En tout cas, je pense que c'est un bon moyen pour voir si le jardinage ça vous plaît !

Et je trouve que plus j'avance, plus je me rend compte qu'en mettant en place un système plus ou moins autonome, plus j'ai de temps pour partager.

C'est ce qui m'a permis cette année de lancer un jardin partagé parce que j'ai un peu plus de temps et j'ai envie de faire davantage.

...

C'est un cercle vertueux...

...


Carrément, ça se développe de plus en plus avec les jardins partagés et en plus de produire de l'alimentation, on crée (ou en tout cas on "recrée") du lien en ville.

En ville, il y a du monde mais les gens ne se parlent pas forcément.

Dans un jardin partagé, les gens se parlent donc c'est une façon de refaire le monde en discutant autour d'un plant de tomate qui pousse.

Je pense que c'est tout aussi important ( en plus de la production alimentaire ) de remettre du lien humain dans les villes, de faire les choses ensemble.

Ca me paraît vraiment un des trucs clés ces jardins partagés.


Ouais...

J'ai aussi l'impression qu'il y en a de plus en plus.


Les gens ont envie de jardiner et de se reparler un peu plus...


....


Et du coup, comment as-tu découvert la permaculture ?


Euh, en faite j'ai toujours été passionné par le jardinage, l'environnement, l'écologie, tout ça tout ça...

J'ai découvert le mot "permaculture" en 2009 quand ma compagne est tombée enceinte.

On a eu envie de faire un retour à la terre, de se poser quelque part et de produire notre alimentation.

Donc je me suis intéressé aux modes de culture qui étaient le plus écologique on va dire... et je suis vite tombé sur les cultures sur buttes.

Et quand on commence à tomber sur la culture sur butte il y a le mot permaculture qui arrive assez vite !

Donc au début on s'imagine que la permaculture c'est de la culture sur butte et en faite c'est bien plus grand que ça.

...

Mais en tout cas, ma première découverte c'était en recherchant un truc comme : "comment jardiner de façon écolo" et j'ai lu des articles, des bouquins, etc...

...

En tout cas c'était aux alentours des années 2009 où j'ai découvert le mot permaculture.

Mais j'avais beaucoup voyagé, en Amazonie notamment, où des gens pratiquent déjà la permaculture sans forcément connaître le mot...


Ok.

Merci.

...

Si tu n'avais qu'un balcon ou une terrasse, comment tu t'y prendrais pour faire du jardinage dans l'esprit "permaculture" ?


Quelles seraient tes "préférences"... ?


Déjà, je cultiverais des plantes que j'aime bien manger.

Donc je ferais probablement des tomates parce que je sais que ça pousse bien en pot et c'est un truc sympa à manger.

Et quand on les produit soit-même c'est chouette.

Et je pense que je ferais aussi pas mal d'aromatiques parce que ça n'a pas besoin de grands espaces.

...

J'essaierais de réfléchir à comment capter l'eau de pluie.

Tout le monde ne peut pas mais parfois on peut capter un peu d'eau de pluie avec les gouttières... ça dépend comment est agencée la terrasse...


Et il faut aussi prendre en compte le poids qu'elle peut supporter...


Exactement.

Il y a des limites de poids à ne pas dépasser (se renseigner auprès du propriétaire ou de l'architecte).

Mais je pense que je ferais des cultures en jardinières et en "cultures en lasagnes" parce que ça ne pèse pas très lourd.

...

Tu mets un peu de paille avec de la tonte par-dessus, ça pèse pas très lourd et ça marche bien bien en pot.

J'essayerais aussi de faire une place pour la biodiversité avec par exemple un bout de bois percé pour accueillir les abeilles solitaires et des fleurs pour les butineurs.

En tout cas, j'essayerais de "produire" aussi de la biodiversité !

...

En gros c'est ça quoi.

Après c'est au cas par cas car chaque lieu est unique...


Penses-tu qu'il y a des plantes mieux adaptées à la culture en pot de fleurs ?


En pot, ce que moi j'ai essayé et qui fonctionne bien c'est tout ce qui est légume feuille, la salade quoi.

Blette ça marche bien.

Tomate aussi.

Dans des grands pots on peut aussi faire courir des courges mais il faut vraiment avoir un pot plus important on va dire.

Et puis tous les aromates, basilic, thym, romarin, persil, etc...

Ca n'a pas besoin de grands espaces et la tomate pour moi c'est un classique qui marche bien en pot.

On peut même faire des tomates suspendues si on a peu de place au sol.

On fait pendre une tomate à un pot suspendu ça marche très bien.


Effectivement, optimiser la culture à la verticale c'est important.


Oui, utiliser un maximum la verticale en utilisant du grillage.
Un mur ça peut permettre de faire grimper une plante.


Et ça fait de l'ombre...

Oui, ça dépend comment c'est agencé mais effectivement on peut faire une petite tonnelle.

...

J'ai une question un peu technique... je sais pas si ça vaut la peine mais on va essayer, allez !


Comme tu en as parlé, j'ai essayé la culture en lasagne en pot de fleurs et ça fonctionne bien.


Ca donne un pot de fleurs "vivant" avec des vers de terre et ça pousse super bien.
Il y a quand même un problème.


C'est au niveau des mycorhizes (le réseau de champignons dans le sol).


C'est important d'en avoir.


Ca permet de mieux retenir l'eau et de faire des échanges entre les plantes, etc..
Et je me pose a question "comment faire des liens mycorhiziens entre les pots" ? (ce qui est peu probable).


...

Je sais que la famille des rosacées favorise un peu plus les mycorhizes que les autres familles...


En faite les mycorhizes connectent les racines de 2 façons : soit en "entourant" la racine, soit en pénétrant légèrement à l'intérieur.


Ceux qui pénètrent les racines sont dit "endomychorizes" et ce sont généralement les plantes de la famille des rosacées qui connectent avec ces champignons.


Et c'est justement la famille des fraisiers.


...

Du coup cette année j'ai essayé de faire courir des fraises des bois entre mes pots pour voir le résultat mais j'ai malheureusement eu quelques problèmes avec des fourmis ce qui a un peu fossé mon expérience....


Voilà, je voulais savoir ce que tu en pensais, surtout au niveau des endomychorizes.


Est-ce que tu en saurais un peu plus que moi ? (#questionpiege).


Je pense que pour qu'il y est une bonne connexion mycorhizienne, il faut quand même que ça passe par le sol.

Même si ton fraisier est connecté aux mycorhizes, il n'y a pas de sol qui relit tes pots.

Donc potentiellement, ce que je ferais pour connecter toutes mes plantes en pots, je fabriquerais une jardinière en longueur et j'y planterais tous les pots que j'ai déjà.

Et du coup ça ferait une jardinière où tout est connecté.

Mon fraisier serait connecté à ma tomate parce que c'est dans la même grande jardinière au lieu d'être en pot et séparé.

Et pour ramener les mycorhizes, j'irais en forêt pour ramener des poignées d'humus, des poignées de bois pour ensemencer tout ça et même pourquoi pas mettre une ronce sans épines avec les fraisiers.

...

Ouais...

Je pense que je ferais de grandes jardinières pour connecter tout ça.

Elle peut être très fine, par exemple le long de la terrasse ou le long d'un mur avec quelques planches de coffrage.

En tout cas c'est comme ça que je ferais...

En sachant bien sûr que c'est limité vu qu'on est en pot mais c'est quand même un petit plus !


Pour la suite de l'interview, c'est par ici...

damien-dekarz-permaculture-urbaine-agroecologie-pinterest


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Comment cueillir les fruits et les légumes sans abîmer la plante ? (#tomate)

Comment cueillir les fruits et les légumes sans abîmer la plante ? (#tomate)

Vos plants de tomates et vos haricots arrivent à maturité et il est temps de les cueillir. Si vous ne savez pas comment vous y prendre, on va voir ça ensemble.

Pour commencer, vous pouvez vous équiper d'un récipient spécialement désigné pour ça (panier, saladier, assiette, etc...). Et, idéalement, faite en sorte qu'il soit toujours à portée de main (dans la cuisine par exemple).

Le but c'est d'y déposer vos fruits et légumes au fur et à mesure de votre cueillette afin d'avoir vos 2 mains de libres (et d'éviter les allers-retours en cas de grosse cueillette).

Comment cueillir ?

Soyez subtil, tel un ninja en mission. La plante ne doit presque pas se rendre compte de votre passage.

Bien entendu, pour avoir la conscience tranquille, vous pouvez lui parler pour la prévenir de votre passage (ça peut paraître con mais pourquoi pas !).

Vous pouvez aussi lui donner quelques signaux d'alertes en touchant son feuillage et/ou en farfouillant à l'intérieur.

Une fois que la plante est prête (et que vous l'êtes aussi), cueillez (toujours sans faire de casse 😉 ).

Ce n'est pas difficile d'avoir la main verte. Avant de jardiner, prenez quelques minutes pour calmer votre esprit et vous reconnecter à l'instant présent. Le reste suivra !

Chaque fruit a sa manière d'être cueilli

Déjà, il faut que vous sachiez que la plante fait des fruits uniquement pour qu'ils soient cueilli et mangé.

C'est donc dans son intérêt qu'il soit facile à cueillir.

Les animaux sont attirés par l'aspect appétissant des fruits. Ils viennent les manger et, via leurs fientes, ils dispersent les graines un peu plus loin.

C'est de cette façon que les plantes se "déplacent"pour découvrir le monde et trouver LE coin de paradis où sa descendance prospérera (et ainsi de suite).

Comment bien cueillir les tomates ?

Allez, un peu de concret.

Pour ne pas changer, je vais prendre l'exemple de la tomate 😆🍅✋

La tomate se cueille très bien à la main. Cueillez-les une par une (évitez la cueillette en grappe).


Pour commencer, cueillez toutes celles qui sont extra mûres !

Puis, si la quantité ne vous suffit pas, continuez avec les moins mûres, puis les encore moins mûres, etc... c'est toujours mieux de procéder ainsi, ça évite le gaspillage (même s'il n'y a jamais de gaspillage dans la nature).

Cueillez uniquement ce dont vous avez besoin à l'instant présent et dites-vous que les tomates se portent mieux sur le plant que dans votre frigo !


Pas facile d'expliquer ça à l'écrit.

Voici un petit visuel.

cueillir-tomate-permaculture-jardinage-potager
Vous voyez au niveau de la tige (pédoncule), on voit nettement qu'il y a une sorte de "coude" ?

C'est ici que tout se joue, c'est un coude détachable !


En faite, plus la tomate arrive à maturité, plus ce coude est "fragile" (jusqu'à ce qu'elle tombe au sol d'elle-même si personne ne la cueille).

Pour que ça vous parle plus, je vous ai fait une vidéo sur Instagram.

Comment cueillir la plupart des fruits et légumes ?

Oui je sais, tous mes exemples sont à base de tomates XD

Mais qu'est-ce que vous voulez, je suis devenu expert-tomate à force XD

Pour cueillir la plupart des fruits et légumes c'est la même chose. Plus le fruits est mûr, plus vous pouvez le cueillir avec une simple pichenette.

C'est comme au judo, il suffit de trouver la "bonne prise".


Et pour découvrir cette prise, le secret réside une nouvelle fois dans l'observation...


Certaines fois ce sera simple et évident. D'autres fois se sera plus difficile (haricot, aubergine, etc...). Du coup vous aurez besoin de couper.

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Si vous tirez là-dessus, vous risquez de faire de la casse sur la tige principale du plant ! Du coup, pour les aubergines, coupez.

Pour résumer,

  • Il vous faut un récipient pour garder les mains libres.
  • Ayez de quoi couper à portée de main "au cas où".
  • Mettez-vous en mode "main verte".
  • Observez le fruit s'il est mûr et comment il est "attaché" à la plante.
  • Titillez le et, si c'est le bon moment, ça vient assez facilement.
  • Si c'est un fruit difficile à cueillir à mains nues, coupez !

Voilà !

Pour terminer, tu peux retrouver mon sécateur ici.

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