Comment faire une culture en lasagne en pot de fleurs ?

Dans l'univers fascinant du jardinage urbain, une pratique ancestrale refait surface, promettant de transformer radicalement notre manière d'approcher la nature, même depuis l'étroitesse de nos balcons : la culture en lasagne. Cette technique, empruntée à la permaculture, offre une méthode ingénieuse et écologique pour créer un sol riche et fertile dans les pots de fleurs, permettant ainsi aux citadins de cultiver leur propre nourriture ou d'embellir leur espace extérieur avec une profusion de plantes. À travers cet article, nous explorerons les fondements, les avantages et les techniques de la culture en lasagne, guidés par les expériences personnelles et les conseils d'un passionné de permaculture. Et si tu veux directement commencer ton premier pot, c'est par ici.

Qu'est-ce que la Culture en Lasagne ?

La culture en lasagne, bien que son nom puisse évoquer des images de cuisine italienne, est en réalité une technique de jardinage qui consiste à superposer différentes couches de matériaux organiques compostables dans un pot de fleurs, créant ainsi un environnement riche en nutriments pour les plantes. Cette méthode tire son nom de la ressemblance avec le plat lasagne, en raison des strates superposées de matériaux verts (azotés) et bruns (carbonés) qui composent le substrat. Originellement conçue pour les jardins de pleine terre, sa transposition aux pots de fleurs sur balcons ou terrasses représente une innovation significative, rendant la permaculture accessible à tous, même à ceux qui ne disposent que d'un espace réduit.

Expériences Personnelles et Avantages de la Culture en Lasagne

Mon aventure avec la culture en lasagne a débuté comme une expérimentation, une tentative de contourner les contraintes d'espace et de sol de mon balcon. À ma grande surprise, non seulement la technique a fonctionné, mais elle a transformé mon approche du jardinage. Ce que j'ai observé, c'est que la culture en lasagne offre bien plus qu'un simple gain de temps et d'énergie : elle crée un micro-écosystème autosuffisant où les plantes prospèrent dans un sol enrichi, sans avoir besoin de le renouveler chaque année. La sensation de cultiver dans un "vrai jardin", avec la complexité et la diversité que cela implique, est véritablement atteinte, même dans les limites d'un pot de fleurs.

L'un des avantages majeurs de cette méthode est sa capacité à démarrer rapidement un jardin fertile. En superposant des couches de matériaux organiques, on crée instantanément un sol riche en nutriments, prêt à accueillir des plantes. Cela est particulièrement bénéfique pour les jardiniers urbains qui souhaitent éviter les longs délais associés à la création d'un compost traditionnel ou à l'amélioration du sol.

En outre, la culture en lasagne favorise un écosystème vivant dans le pot, où la symbiose entre les plantes et les micro-organismes, notamment les mycorhizes, joue un rôle clé. Ces associations bénéfiques augmentent significativement l'absorption d'eau et de nutriments par les plantes, ce qui se traduit par un meilleur rendement et une croissance plus vigoureuse. Les expériences menées, comme celles de Marc-André Selosse mentionnées dans le podcast, illustrent parfaitement comment la présence de mycorhizes peut améliorer les conditions de croissance dans les pots de fleurs, même dans un espace confiné comme un balcon.

En pratiquant la culture en lasagne, je ne me suis pas contenté de jardiner ; j'ai initié une véritable révolution sur mon balcon. La permaculture en pot est devenue non seulement une source de nourriture et de beauté mais aussi un acte de résilience écologique, une manière de renouer avec les cycles naturels de la vie et de participer activement à la création d'un avenir plus durable.

Dans la prochaine section, nous plongerons plus profondément dans les principes de la succession écologique et son application dans la culture en lasagne pour le jardinage en pot, explorant comment cette méthode s'intègre harmonieusement dans le cycle de vie d'un jardin urbain, permettant une évolution constante et un enrichissement du sol année après année.

La Succession Écologique et la Permaculture en Pot

La succession écologique, un concept central en écologie et en permaculture, décrit le processus graduel par lequel un écosystème évolue et se transforme. Appliqué au jardinage en pot grâce à la culture en lasagne, ce principe permet de créer un environnement dynamique où chaque saison apporte son lot de changements et d'améliorations.

Dans un pot de fleurs traditionnel, le terreau peut s'appauvrir rapidement, nécessitant un renouvellement régulier pour maintenir la fertilité. Cependant, avec la culture en lasagne, la succession écologique joue en notre faveur. La décomposition des couches organiques imite le processus naturel de formation du sol en forêt, où les feuilles mortes et autres débris végétaux se transforment progressivement en humus riche. En reproduisant ce cycle dans nos pots, nous créons un sol vivant qui s'enrichit d'année en année, réduisant ainsi le besoin de renouveler le substrat ou d'ajouter des engrais chimiques.

Ce sol vivant, abritant une communauté florissante de micro-organismes, devient le théâtre d'une interaction constante entre les plantes et leur environnement. Les racines des plantes, en se développant, aèrent le sol et favorisent la circulation de l'eau et des nutriments. En retour, le sol nourrit les plantes, soutenant leur croissance et leur santé. Cette interaction dynamique contribue à la stabilité et à la résilience du jardin en pot, permettant aux plantes de mieux résister aux maladies et aux aléas climatiques.


Pratiques et Techniques de la Culture en Lasagne

Pour démarrer une culture en lasagne dans un pot de fleurs, quelques étapes simples suffisent. Commencez par choisir un récipient suffisamment grand pour permettre aux différentes couches de matériaux organiques de se décomposer et nourrir les plantes au fil du temps. Une bonne profondeur est cruciale pour que les racines disposent de l'espace nécessaire à leur développement et pour favoriser la présence d'une biodiversité microbienne riche.

La première couche, posée directement sur le fond du pot, peut être constituée de branches et de morceaux de bois grossiers, créant un drainage naturel. Ensuite, alternez les couches de matériaux verts (déchets de cuisine, tontes de gazon) et bruns (feuilles mortes, carton non traité), en veillant à maintenir un équilibre entre matériaux azotés et carbonés. La dernière couche doit être un mélange de terreau et de compost, prêt à accueillir les semences ou les plants.

Au fil des saisons, il est possible d'ajouter de nouvelles couches de matériaux organiques à la surface, imitant ainsi le processus naturel de formation du sol. Cette méthode de compostage en surface contribue à maintenir le sol vivant et fertile, sans perturber les racines des plantes établies.

En adoptant la culture en lasagne pour votre jardin en pot, vous vous engagez dans une démarche à la fois écologique et gratifiante. Ce mode de culture permet de recycler les déchets organiques, de réduire la dépendance aux produits chimiques et d'observer de près les merveilles de la nature à l'œuvre. Plus qu'une simple technique de jardinage, la culture en lasagne est une invitation à repenser notre relation avec la terre et à prendre part activement à la préservation de notre environnement.

Conclusion

La culture en lasagne en pot de fleurs représente bien plus qu'une simple alternative au jardinage traditionnel. Elle incarne une approche révolutionnaire du jardinage urbain, permettant de créer des écosystèmes durables et productifs sur nos balcons et terrasses. En s'inspirant des principes de la permaculture et de la succession écologique, cette technique nous offre la possibilité de cultiver des plantes dans un sol vivant, riche et auto-entretenu, tout en contribuant à un mode de vie plus vert et responsable.

L'expérience de la culture en lasagne est une aventure fascinante, un voyage à la découverte de la richesse insoupçonnée de la nature, même dans les espaces les plus restreints. Elle nous enseigne l'importance de chaque organisme dans l'équilibre de notre environnement et nous rappelle que, même à petite échelle, nos choix de jardinage peuvent avoir un impact profond sur la santé de notre planète.

En intégrant la culture en lasagne à notre routine de jardinage, nous adoptons une pratique qui respecte les cycles naturels, favorise la biodiversité et transforme nos déchets organiques en ressources précieuses. C'est une manière concrète de contribuer à un avenir plus durable, où chaque balcon fleuri devient un bastion de la permaculture urbaine, un témoignage vivant de ce que nous pouvons accomplir lorsque nous travaillons de concert avec la nature.

Le jardinage en lasagne nous invite à redécouvrir le plaisir simple de cultiver, de voir grandir et de récolter, tout en nous inscrivant dans une démarche écologique profonde. Il nous offre une pause bienvenue dans le rythme effréné de la vie urbaine, un lien tangible avec le cycle de la vie qui nourrit à la fois notre corps et notre esprit.

Pour ceux qui souhaitent se lancer dans cette aventure, l'essentiel est de commencer petit, d'expérimenter et d'observer. La nature est un professeur patient et généreux, toujours prête à nous révéler ses secrets à ceux qui sont disposés à écouter. La culture en lasagne est une invitation à entrer dans ce dialogue, à apprendre et à grandir aux côtés de nos jardins, quelle que soit la taille de notre espace vert.

En fin de compte, cultiver un jardin en lasagne sur notre balcon ou notre terrasse est un acte de foi en l'avenir, une déclaration d'optimisme et de résilience. C'est une façon de dire que, malgré les défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés, nous avons le pouvoir de créer des îlots de verdure et de vie, de faire fleurir la beauté et la biodiversité dans les coins les plus inattendus de notre monde urbain.

Ainsi, la culture en lasagne n'est pas seulement une technique de jardinage ; c'est une philosophie de vie, un engagement envers un avenir où l'harmonie avec la nature n'est pas seulement possible, mais essentielle. Elle représente l'espoir que, même dans les espaces les plus petits, nous pouvons tous être des jardiniers du changement, semant les graines d'un monde plus vert et plus vivant pour les générations futures.

Comment désherber (en permaculture)

Tu te demandes peut-être pourquoi désherber de manière consciente et stratégique est si crucial en permaculture. Laisse-moi te dire que le désherbage va bien au-delà de la simple élimination des herbes indésirables ; il s'agit d'un élément fondamental qui influence la santé et la productivité de ton jardin. Dans cet article, je vais te guider à travers les principes du désherbage en permaculture, te révéler des techniques efficaces et te fournir des conseils pratiques pour transformer ton approche du jardinage. Prépare-toi à découvrir comment une gestion réfléchie des herbes peut améliorer ton jardin de manière écologique et durable.

Comprendre le désherbage en permaculture

Le désherbage en permaculture ne se limite pas à arracher des herbes au hasard. C'est une approche réfléchie qui demande de comprendre le rôle de chaque plante dans ton écosystème jardin. En permaculture, chaque élément doit contribuer à l'équilibre général. Tu ne désherbes pas simplement pour esthétiser ton jardin, mais pour renforcer sa santé et sa biodiversité.

La philosophie du désherbage : pourquoi moins peut être plus

En permaculture, "moins est souvent plus". Cette philosophie s'applique parfaitement au désherbage. Plus tu interfères avec la terre, plus tu risques de perturber son équilibre naturel. Chaque intervention doit être pensée et stratégique. Plutôt que d'arracher systématiquement toute herbe à vue, pose-toi les questions suivantes : Cette plante est-elle vraiment nuisible ? Contribue-t-elle d'une certaine manière à l'écosystème de mon jardin ? Sa présence peut-elle favoriser la biodiversité ou aider à la structure du sol ?

Les types de jardiniers : de l'exubérance à la maîtrise

Il existe deux types de jardiniers. D'un côté, ceux qui plantent exubéramment, ajoutant de nouvelles plantes sans cesse, souvent guidés par l'enthousiasme mais manquant de stratégie. De l'autre, les jardiniers qui planifient soigneusement leurs plantations et leurs interventions. Ces derniers tendent à avoir des jardins qui reflètent l'expérience et une compréhension profonde de leur environnement. Si tu es au début de ton aventure en permaculture, n'hésite pas à expérimenter, mais garde en tête que l'objectif est d'atteindre un jardin qui maintient son propre équilibre avec le moins d'intervention possible.

Techniques de désherbage

En permaculture, le désherbage est moins une lutte qu'une danse avec la nature. Chaque technique que tu emploies doit renforcer la santé du sol et favoriser un écosystème diversifié et résilient. Voici quelques techniques fondamentales pour désherber de manière écologique et efficace.

Prévention par le paillage : avantages et inconvénients

Le paillage est l'une des méthodes les plus efficaces pour contrôler la croissance des herbes indésirables. En couvrant le sol avec des matériaux organiques comme de la paille, des feuilles mortes ou du bois broyé, tu limites l'exposition à la lumière, ce qui empêche les mauvaises herbes de pousser. Le paillage a également l'avantage de conserver l'humidité du sol, de fournir des nutriments à mesure qu'il se décompose et de protéger le sol contre l'érosion. Toutefois, il est important de noter que si le paillage est trop épais ou appliqué sur un sol humide, il peut retarder le réchauffement du sol au printemps et abriter des parasites.

Le choix des plantes : comment la sélection naturelle aide à contrôler les herbes indésirables

Plutôt que de voir chaque herbe indésirable comme un ennemi à éradiquer, considère-les comme des indicateurs de l'état de ton sol. Certaines herbes peuvent en effet révéler un déséquilibre ou une carence dans le sol. En choisissant de cultiver des plantes adaptées à ton type de sol et au climat local, tu encourageras un jardin plus résistant et moins susceptible d'être envahi par les herbes indésirables. De plus, en pratiquant la rotation des cultures et en utilisant des plantes couvre-sol, tu peux naturellement supprimer la croissance des herbes moins désirées par compétition pour l'espace et les ressources.

Méthodes de désherbage écologique

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Utiliser des méthodes de désherbage écologique signifie adopter des techniques qui respectent la vie du sol et minimisent les perturbations. Ces méthodes contribuent à la santé globale du jardin tout en contrôlant efficacement les herbes indésirables.

La méthode douce : privation de lumière et autres astuces simples

La méthode douce repose sur la privation de lumière pour inhiber la croissance des herbes indésirables. Cette technique peut inclure l'utilisation de matériaux opaques comme du carton ou des couches denses de paillis organique. Une autre astuce consiste à "étouffer" les herbes indésirables en les recouvrant délicatement de compost ou d'autres matériaux, ce qui limite leur accès à la lumière et les empêche de photosynthétiser. Cette méthode est particulièrement efficace pour les jeunes pousses et les herbes moins vigoureuses.

La méthode néolithique : gestion des racines sans perturber le sol

Cette méthode tire son nom des pratiques agricoles primitives qui minimisaient les perturbations du sol. En permaculture, cela se traduit par le "chop and drop" (couper et laisser tomber). Tu coupes l'herbe au ras du sol et laisses les racines en terre, ce qui aide à maintenir la structure du sol tout en recouvrant les coupes avec du paillis. Les racines laissées en place se décomposeront naturellement, enrichissant ainsi le sol en matières organiques et en nutriments.

La méthode barbare : quand et pourquoi elle peut être nécessaire

Parfois, malgré toutes les meilleures intentions, une approche plus agressive peut être nécessaire, en particulier pour les herbes tenaces comme le liseron ou le chiendent. Dans ces cas, retirer les racines peut être la seule solution viable pour prévenir une réinfestation. Cette méthode implique d'arracher l'herbe avec ses racines, en veillant à perturber le moins possible le sol environnant. C'est souvent un dernier recours, utilisé seulement après avoir épuisé les autres options moins invasives.

comment désherber en permaculture

La gestion après désherbage

Une fois que tu as effectué le désherbage, il est important de réfléchir à la manière dont tu peux utiliser les herbes arrachées de façon bénéfique pour ton jardin. Voici quelques stratégies pour intégrer ces herbes dans le cycle de vie de ton jardin, renforçant ainsi la santé et la fertilité de ton sol.

Utilisation des herbes arrachées : paillage, compostage, etc.

Les herbes que tu as arrachées ne doivent pas être vues comme des déchets. Au contraire, elles peuvent être transformées en ressources précieuses. Une pratique courante est le compostage, qui permet de recycler les nutriments contenus dans les herbes. Alternativement, tu peux utiliser les herbes fraîchement arrachées comme paillage directement sur le sol. Cela aide à conserver l'humidité, supprime les mauvaises herbes restantes et se décompose lentement pour nourrir le sol.

Conseils pour une intégration efficace des herbes dans le cycle du jardin

Lorsque tu utilises des herbes comme paillage ou pour le compost, assure-toi qu'elles ne sont pas en graines pour éviter la propagation de nouvelles herbes indésirables. De plus, en périodes chaudes et humides, surveille la possibilité de développement de maladies fongiques, surtout si le matériel est très dense. Une bonne aération et un positionnement judicieux des herbes arrachées permettront d'éviter ces problèmes et de maximiser les avantages pour ton jardin.

En adoptant des techniques de désherbage écologiques et en intégrant de manière judicieuse les résidus végétaux dans ton jardin, tu contribues non seulement à la santé de ton jardin mais aussi à celle de l'écosystème environnant. Le désherbage en permaculture n'est pas simplement une tâche de maintenance ; c'est une partie intégrante d'une stratégie globale qui respecte et soutient la vie du sol. En pratiquant ces méthodes, tu découvriras peut-être que moins d'interventions manuelles et plus d'observation et d'adaptation aux cycles naturels peuvent transformer ton jardin en un lieu plus résilient et productif.

La vraie autonomie c’est le semis

L'autonomie alimentaire, un concept qui résonne avec une pertinence accrue dans nos sociétés modernes, trouve ses racines dans une pratique à la fois simple et essentielle : le semis. Comme l'évoque Ananda Cochet, président de Kokopelli, « une graine de laitue, quand vous la laissez monter en graine, va vous donner entre 8000 et 12000 graines ». Ce pouvoir multiplicateur des graines n'est pas seulement fascinant, il est également fondamental pour comprendre pourquoi le semis est au cœur de l'autonomie véritable en jardinage.

Kokopelli, une association connue pour sa défense des semences libres et reproductibles, symbolise cette lutte pour l'indépendance alimentaire. À travers la préservation des semences anciennes, Kokopelli nous rappelle que le choix des graines que nous semons détermine non seulement la qualité de notre alimentation mais aussi notre capacité à être autonomes et résilients face aux systèmes agro-industriels dominants.

L'autonomie par les graines

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Parler d'autonomie par les graines, c'est reconnaître un pouvoir immense logé dans de petits embryons végétaux. Chaque graine plantée est une promesse d'abondance future, une assurance contre les aléas du marché et une porte vers l'expérimentation et la diversité cultivée. Comme le montre l'exemple de la multiplication des graines de laitue, partir d'une seule graine et aboutir à des milliers représente non seulement une économie substantielle mais aussi une expansion de notre liberté de cultiver ce que nous désirons.

Choisir ses graines devient alors un acte de résistance et d'émancipation. En sélectionnant des variétés anciennes et reproductibles, le jardinier se dote des outils pour renouveler ses cultures année après année, sans dépendre de fournisseurs externes. Le stockage des graines est également crucial : savoir les conserver dans des conditions optimales garantit leur viabilité sur le long terme et sécurise une indépendance vis-à-vis des cycles commerciaux des semenciers.

La permaculture et les pratiques de semis naturel viennent enrichir cette démarche. En adoptant des méthodes qui favorisent la biodiversité et qui s'adaptent aux cycles naturels, les jardiniers peuvent optimiser leurs récoltes et réduire leur impact sur l'environnement. Le semis, loin d'être une simple étape technique, est un engagement vers un mode de vie qui respecte et valorise les cycles de la nature, tout en nous rendant maîtres de notre alimentation.

Dans les prochaines sections, nous explorerons plus en détail les distinctions entre les semences F1 et les semences anciennes, et nous offrirons des conseils pratiques pour les jardiniers amateurs désireux de se lancer dans cette aventure vers l'autonomie par le semis. Restons donc à l'écoute de la terre et des trésors qu'elle nous offre, un semis à la fois.

Les semences F1 versus les semences anciennes

Dans le monde du jardinage, la distinction entre les semences F1 et les semences anciennes reproductibles n'est pas qu'une question de terminologie, mais un choix fondamental qui influence la durabilité et l'autonomie des pratiques de jardinage. Les semences F1, issues de la première génération de plantes hybrides obtenues par croisement contrôlé de deux variétés différentes, sont souvent vantées pour leur vigueur et uniformité. Cependant, elles présentent un inconvénient majeur : elles ne sont pas stables sur plusieurs générations, ce qui signifie que les graines qu'elles produisent ne conservent pas les caractéristiques désirables de la première génération.

En revanche, les semences anciennes, aussi appelées semences reproductibles, permettent aux jardiniers de récolter leurs propres graines année après année, avec l'assurance que les plantes futures porteront les mêmes traits. Ce type de semence favorise la biodiversité, l'adaptation aux conditions locales et le développement de variétés plus résilientes aux changements climatiques et aux maladies. En choisissant des semences anciennes, les jardiniers non seulement soutiennent la diversité génétique des plantes, mais ils participent aussi à un mouvement plus large de souveraineté alimentaire et de résistance contre l'homogénéisation de l'agro-industrie.

L'utilisation de semences anciennes est donc un pilier de l'autonomie en jardinage : elle permet aux individus de se libérer des cycles d'achat annuels imposés par les grands semenciers et de cultiver une relation plus intime et informée avec le cycle de vie de leurs plantations. Cela renforce la connaissance écologique et le lien entre le jardinier et son environnement, rendant chaque jardin unique et profondément connecté à son écosystème local.

Conseils pratiques pour constituer son stock de graines

Pour le jardinier amateur souhaitant explorer l'autonomie par le semis, voici quelques conseils pratiques qui peuvent faciliter cette aventure :

  1. Choisir les bonnes graines : Privilégiez les semences anciennes et reproductibles provenant de sources fiables comme Kokopelli ou d'autres associations qui garantissent la qualité et la traçabilité des graines. Lisez bien les descriptions pour choisir des variétés adaptées à votre climat et à vos conditions de sol.
  2. Planification des semis : Organisez vos semis en fonction des saisons et des cycles de croissance spécifiques à chaque plante. Utilisez un calendrier de semis pour planifier à l'avance et assurez-vous d'avoir un espace adéquat pour les jeunes plants à mesure qu'ils grandissent.
  3. Techniques de semis et de culture : Informez-vous sur les techniques spécifiques à chaque type de graine. Certaines peuvent nécessiter des conditions particulières comme le trempage préalable ou des températures spécifiques pour la germination. La rotation des cultures et l'association de plantes compatibles peuvent également améliorer la santé et la productivité de votre jardin.
  4. Apprendre de chaque cycle : Chaque saison de croissance est une opportunité d'apprendre. Notez ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, et ajustez vos méthodes en conséquence. L'observation directe et régulière de vos plantes est cruciale pour détecter rapidement les problèmes et intervenir efficacement.
  5. Partage et communauté : Engagez-vous dans des réseaux de jardiniers locaux ou en ligne pour échanger des conseils, des graines et des expériences. Les communautés de jardinage sont d'excellentes ressources pour l'apprentissage et le soutien, surtout pour les débutants.

En suivant ces conseils et en s'engageant activement dans le processus de semis, chaque jardinier peut progressivement développer une autonomie alimentaire et contribuer à une culture plus durable et résiliente face aux défis environnementaux et économiques contemporains. Le chemin vers l'autonomie par le semis est à la fois un retour aux sources et une exploration novatrice de nouvelles pratiques de jardinage.

Conclusion

Le voyage vers l'autonomie par le semis est non seulement un engagement envers une agriculture plus durable et respectueuse de l'environnement, mais également un acte d'empowerment personnel. En prenant le contrôle de la production de nos propres graines, nous reprenons en main notre alimentation, notre santé, et notre impact sur la planète. Ce processus n'est pas juste une série de techniques de jardinage; il s'agit d'une philosophie de vie qui encourage l'indépendance, la résilience et la créativité.

Comment utiliser la succession écologique pour démarrer un jardin sur son balcon ou sa terrasse en ville ?

Tu rêves d'avoir un jardin luxuriant mais tu vis en appartement avec juste un petit balcon à ta disposition ? Ne t'inquiète pas, il est tout à fait possible de transformer cet espace restreint en un véritable écrin de verdure grâce à la succession écologique. Cette méthode, inspirée directement de la nature, te permet de créer un jardin qui non seulement survit mais prospère au fil des saisons, tout en demandant moins d'eau et d'entretien. Dans cet article, nous allons explorer comment utiliser les principes de la succession écologique pour maximiser l'efficacité de ton jardin de balcon et en faire un véritable oasis urbain.

Comprendre la succession écologique

La succession écologique est un processus naturel par lequel un écosystème évolue de manière progressive et prévisible. Dans la nature, ce processus peut débuter par une simple accumulation de lichens sur une roche et évoluer jusqu'à une forêt mature. Chaque étape attire et soutient différents types de vie végétale et animale, chacune préparant le terrain pour la suivante, jusqu'à ce que l'écosystème atteigne un état d'équilibre stable.

Appliquer ce concept à ton jardin de balcon signifie observer et comprendre comment les différentes plantes peuvent s'entraider, se succéder et créer un micro-écosystème durable. Par exemple, démarrer avec des espèces qui enrichissent le sol en nutriments essentiels peut préparer l'espace pour des plantes plus exigeantes plus tard dans la saison. Cela permet de créer un jardin qui s'auto-soutient largement, réduisant le besoin de fertilisants chimiques et d'interventions constantes.

Pourquoi est-ce bénéfique pour ton balcon ? En planifiant ton espace pour imiter ces progressions naturelles, tu peux:

  • Maximiser l'utilisation de l'espace : en superposant des plantes de différentes hauteurs et types, tu utilises chaque centimètre carré disponible, verticalement et horizontalement.
  • Réduire la maintenance : les plantes adaptées à un modèle de succession écologique sont souvent plus résilientes aux maladies et aux fluctuations climatiques, car elles font partie d'un système qui se régule naturellement.
  • Améliorer la santé du sol : les plantes de début de succession peuvent améliorer la structure et la fertilité du sol, ce qui bénéficie aux plantes qui suivent.

En utilisant la succession écologique, tu n'es pas simplement en train de planter un jardin; tu crées un écosystème miniature qui, avec le temps, deviendra de plus en plus riche et autonome. Ce processus enrichissant te permet non seulement de cultiver des plantes, mais aussi de soutenir un microcosme vibrant sur ton balcon, apportant une touche de nature directement à ta porte.

Premiers Pas : Observation et Planification

Avant de mettre la main à la terre, la clé pour réussir ton jardin de balcon est de commencer par observer et planifier minutieusement. Chaque balcon a ses propres caractéristiques uniques : orientation, exposition au soleil, abri contre le vent, et même des microclimats spécifiques qui peuvent influencer quel type de plante s'y épanouira le mieux.

Importance de l'observation

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L'observation est ton meilleur outil pour comprendre les dynamiques spécifiques de ton balcon. Prends le temps de noter où et quand le soleil frappe directement, où l'ombre persiste, et comment les conditions changent avec les saisons. Si tu observes que certaines zones reçoivent moins de pluie ou sont plus exposées au vent, ces informations seront cruciales pour décider quelles plantes placent où. Par exemple, des plantes résistantes à la sécheresse peuvent être idéales pour les zones les plus arides, tandis que des espèces aimant l'humidité préféreront les recoins plus ombragés et frais.

Planification basée sur l'espace et les ressources

Une fois que tu as une bonne compréhension de l'environnement de ton balcon, il est temps de planifier. Utiliser la verticalité est une astuce précieuse : des structures comme des treillis ou des étagères peuvent te permettre de cultiver vers le haut, libérant de l'espace au sol pour d'autres plantes ou pour des activités de loisirs. Planifie aussi en fonction des ressources que tu peux fournir régulièrement, comme l'eau et le compost. La mise en place de systèmes pour récupérer l'eau de pluie peut être un atout majeur pour maintenir ton jardin hydraté sans gaspiller de l'eau potable.

Choix des végétaux et aménagement

La sélection des plantes et l'aménagement de ton balcon doivent être guidés par les observations et les plans que tu as réalisés (si t'as besoin d'un coup de main là-dessus, je te conseille cet article). Il est essentiel de choisir des plantes adaptées aux conditions spécifiques de ton espace pour assurer leur croissance et leur survie.

Conseils pour le choix des plantes

Opte pour des espèces qui non seulement s'adaptent bien à ton climat local et aux conditions spécifiques de ton balcon mais qui contribuent également à l'équilibre écologique que tu souhaites créer. Par exemple, les plantes indigènes sont souvent mieux adaptées et nécessitent moins de soins. De plus, pense à des plantes qui se complètent en termes de besoins et de bénéfices, comme celles qui attirent des pollinisateurs nécessaires à d'autres plantes pour la pollinisation. Pour commencer, tu peux aussi te tourner vers des plantes faciles à cultiver en pots.

Techniques pour optimiser l'espace et la fertilité

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Pour maximiser l'espace et la fertilité de ton jardin de balcon, considère les arrangements qui permettent à plusieurs plantes de coexister harmonieusement. L'utilisation de pots de différentes tailles et hauteurs peut aider à créer un environnement diversifié, imitant la stratification naturelle d'un écosystème. Par exemple, tu peux planter des herbes basses devant des légumes plus grands, permettant à chaque plante d'accéder à la lumière et à l'air dont elle a besoin. Penser à la fertilité du sol est aussi crucial ; intégrer des plantes qui fixent l'azote dans le sol peut aider d'autres plantes à se développer plus vigoureusement.

En appliquant ces stratégies d'observation, de planification, de choix de plantes et d'aménagement, ton jardin de balcon ne sera pas seulement un espace de verdure, mais un véritable écosystème en miniature, où chaque élément joue un rôle crucial pour soutenir l'ensemble. Cette approche te permettra non seulement d'avoir un jardin beau et productif mais aussi d'apprendre et d'expérimenter continuellement avec la nature.

L'impact de la gestion de l'eau

L'eau est une ressource précieuse, surtout en milieu urbain où les surfaces imperméabilisées empêchent sa percolation naturelle. Une gestion efficace de l'eau est essentielle pour maintenir un jardin de balcon prospère, surtout pendant les périodes de sécheresse ou de restrictions d'eau.

Techniques pour maximiser l'efficacité de l'utilisation de l'eau

L'une des premières étapes dans la gestion de l'eau est de comprendre comment l'eau circule sur ton balcon. Observe où et comment l'eau de pluie s'accumule ou s'évapore rapidement. Utiliser des bacs à réserve d'eau ou installer un système de récupération de l'eau de pluie peut grandement améliorer la disponibilité de l'eau pour tes plantes. Pense aussi à des solutions comme le paillage, qui réduit l'évaporation de l'eau du sol, et à l'utilisation de substrats de culture qui retiennent mieux l'humidité.

Systèmes de récupération d'eau et leur importance pour la durabilité

L'installation d'un système de récupération d'eau peut être simple, comme l'utilisation de récipients pour collecter l'eau de pluie, ou plus élaborée, comme connecter des gouttières à des barils. Cela non seulement aide à réduire ta dépendance à l'eau du réseau mais encourage également une pratique de jardinage plus écologique. Dans certains contextes urbains, utiliser l'eau de manière responsable peut également contribuer à réduire les charges sur les systèmes municipaux de gestion des eaux pluviales.

Cultiver un potager avec succès sur un balcon

Faire pousser des plantes sur un balcon peut sembler défiante, mais avec les bonnes stratégies, tu peux créer un jardin florissant qui résiste aux défis du climat urbain et apporte de la beauté et de la biodiversité à ton espace extérieur.

Stratégies pour une croissance saine des plantes malgré les contraintes climatiques

Les plantes sur un balcon sont souvent exposées à des conditions plus extrêmes que celles du jardin terrestre — températures élevées dues à la réflexion du soleil sur les bâtiments, vents forts, et variabilité de l'humidité. Choisis des plantes résistantes et adapte les soins que tu leur apportes. Par exemple, des plantes qui peuvent tolérer des périodes de sécheresse sont préférables dans des zones exposées. D'autre part, l'utilisation de structures pour créer de l'ombre ou des barrières contre le vent peut aider à protéger les plantes plus vulnérables.

L'importance de la diversité des plantes pour la résilience du jardin

Un jardin diversifié n'est pas seulement plus agréable à voir; il est aussi plus résilient. La diversité des espèces végétales peut réduire les risques de maladies et de ravageurs, tout en favorisant un écosystème plus équilibré. Essaie de mélanger des fleurs, des herbes, et des légumes, en utilisant des plantes qui se complètent mutuellement en termes de besoins en nutriments et d'attraction pour les pollinisateurs. L'ajout de plantes qui attirent des insectes utiles peut aider à contrôler naturellement les populations de nuisibles et à améliorer la pollinisation de tes plantes.

En intégrant ces éléments de gestion de l'eau et de culture adaptée, tu optimises les chances de succès de ton jardin de balcon. Cela te permet non seulement de jouir d'un espace vert esthétique et productif mais aussi de participer activement à la création d'un environnement urbain plus durable et plus agréable à vivre.

Conclusion

En récapitulant les étapes et les stratégies que nous avons explorées, il devient évident que créer un jardin de balcon prospère en utilisant les principes de la succession écologique n'est pas seulement une activité agréable, mais aussi une contribution importante à un mode de vie plus durable. Voici les points essentiels à retenir et quelques encouragements pour continuer à expérimenter et à apprendre dans ton jardin de balcon.

Reprendre possession de l’espace public grâce à la gestion citoyenne ?

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Vous n'en avez pas marre de cette société individualiste ?

Nous sommes bientôt en 2024 et il n'a jamais été aussi urgent de faire bouger les choses.

Ça tombe bien. Le pouvoir d'action des communes s'affaiblit et les communautés de communes ont de plus en plus de responsabilités.

Une fenêtre de tir s'ouvre pour renverser le système.

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Dans cet article, vous allez découvrir comment quelques artistes tentent de reprendre leur indépendance grâce à l'un des plus grands lieux abandonnés de France.

Aujourd'hui, les rues de nos villes ne servent plus qu'à se rendre d'un point A à un point B.

Trouver un espace public calme et ressourçant pour lire, pique-niquer ou se détendre est presque devenu mission impossible.

Et je ne vous parle même pas de la bizarrerie que c'est de parler ou même de sourire à un inconnu dans la rue !

Vers quelle société se dirige-t-on ?

Heureusement, il y a des citoyens qui ont le courage de se réapproprier l'espace public et des politiques qui leur laisse le libre accès en échange de l'entretien.

Je parle d'initiatives citoyennes comme les bibliothèques de rue, les composteurs partagés, les plantations citoyennes de forêts, les jardins partagés, les tiers lieux, etc…

happy male gardener picking red coffee beans from bush in farm

Mais d'où vient ce besoin de s'approprier l'espace public ?

Appartenir à une communauté

Comme je vous le disais, plus personne ne se parle dans la rue.

Pourtant, depuis la nuit des temps, l'humain agit en communauté. C'est ainsi qu'il a réussi, entre autres, à se hisser au sommet de la chaîne alimentaire (rien que ça !).

La société moderne est si grande et si puissante qu'un individu n'a plus besoin d'appartenir à une communauté pour survivre. Chaque personne peut avoir son propre travail, son propre "rôle dans la société" et avoir, en contrepartie, la sécurité, une maison et de la nourriture (presque) sans dépendre de personne.

Mais je pense que tout ceci n'est qu'une illusion et ne tient qu'à un fil.

Je pense qu'il est vital de réapproprier les espaces publics pour, de nouveau, retrouver notre puissance d'action communautaire.

S'exprimer et communiquer

La deuxième raison pour laquelle nous avons besoin de nous approprier l'espace public, c'est parce que nous somme des animaux sociaux.

Mettre à disposition des lieux d'expressions dans les espaces publics participe à notre bien-être et notre santé mentale.

Nous avons besoin de réhabiliter l'art, sous toutes ses formes, dans l'espace public.

Nous avons également besoin d'inventer des lieux où la communication est libre.

Se ressourcer

L'humain moderne n'est pas une machine.

Il a besoin de repos. Physiquement et mentalement.

Il a besoin d'avoir accès à des lieux où il se sent connecté aux autres et à la nature.

woman taking picture using camera

Une vision de la gestion citoyenne

Des lieux où le citoyen s'installe pour tenter de développer une activité communautaire où l'on s'exprime et se ressource en rafistolant le truc avec 2 bouts de ficelles, j'en ai vu des dizaines et des dizaines.

Des friches artistiques, des jardins partagés, des poulaillers partagés (et oui, ça existe), des sites de compostage citoyens, des tiers lieux, des cafés solidaires, des salles de jeux, etc…

Parfois, je leur ai même donné un petit coup de pouce.

Parmi eux, il y en a un qui m'a définitivement donné envie d'écrire cet article, c'est le cas du sanatorium de Bergesserin.

Non pas que ce soit un exemple qui soit au-dessus des autres en termes de qualité ou de résultats, mais uniquement parce que j'ai un attachement particulier à ce lieu (et que j'y suis allé plusieurs fois cette année).

Le cas Bergersserin

Construit au début du 20e siècle, le sanatorium de Bergesserin était destiné aux femmes atteintes d'une maladie respiratoire très répandue à cette époque : la tuberculose.

Avec ces 10 000 m² de bâti, c'est le plus grand sanatorium de France.

Sa mise en fonction (dans les années 1950) fut retardée par sa longue construction et aussi par la deuxième guerre mondiale.

Et le comble, c'est qu'aussitôt fonctionnel, on découvre le remède contre la tuberculose !

Ce qui lui voudra d'être transformé et d'évoluer sous plusieurs formes d'établissements médicaux pour être finalement abandonné, presque du jour au lendemain, en 2008.

Personnellement, c'est en 2014 que je découvre le sanatorium.

A une période où je pratiquais l'exploration urbaine (l'urbex).

Moi qui adore la nature, c'est l'une des explorations les plus impressionnantes que j'ai pu faire à ce moment-là.

bergesserin-cluny-clunisois-sanatorium

C'est presque 10 ans plus tard (en 2023) que je redécouvre le lieu sous une sorte de projet qui ressemble à ma vision de la gestion citoyenne.

Effectivement, en 2022, le sanatorium est revendu par la ville de Mâcon à l'Établissement public foncier de Bourgogne-Franche-Comté.

Et aujourd'hui, c'est la communauté de communes qui le met à disposition de 2 compagnies de théâtre et d'un brasseur sous le programme "Territoires d'Engagement".

C'est cool non ?

Mais il y a d'autres modèles qui permettent de se réapproprier l'espace public. Exemple : les tiers-lieux.

Les tiers-lieux

Les tiers-lieux sont "des espaces de compétences qui réunissent des collectifs de citoyens engagés pour leur territoire".

Encore une histoire de collaboration entre les citoyens et les politiques me direz-vous.

Un modèle qui fonctionne bien finalement !

La plupart du temps, un tiers-lieu est quasi quotidiennement ouvert au public.

C'est comme un bar où l'on va boire un verre en fin de journée.

Sauf que c'est géré en gouvernance partagée par les fondateurs (associations, entreprises, etc..) et les futurs usagers.

C'est un concept qui vient des États-Unis et qui fait un carton en France depuis quelques années.

Parfois, ce sont des bâtiments publics (à l'abandon ou construit uniquement dans ce but) et d'autres fois ce sont des bâtiments privés mis à disposition des fondateurs (moyennant date d'échéance, contribution financière ou autre…).

Les jardins partagés

Les jardins partagés s'inspirent aussi du même modèle, mais souvent à une échelle différente.

Un espace vert en friche qui appartient à la mairie. Des citoyens qui veulent jardiner. Et paf, ça fait des chocapic !

Je ne suis ni dans la tête d'un politique, ni dans ces affaires..

..mais ce que je comprends dans tout ça, c'est que tout le monde y gagne.

Comme vous l'avez certainement remarqué, dans cet article, je ne partage que mon ressenti par rapport à tout ça.

D'ailleurs, le terme de "gestion citoyenne" n'existe pas..

..on devrait plutôt parler de gestion participative. Mais que voulez-vous, j'aime bien inventer des mots !

Pourquoi les politiques favorisent la "gestion citoyenne" des espaces publics ?

Pourquoi les mairies, les communautés de communes, les communautés d'agglomérations, etc.. qui confient la gestion d'une partie de leurs espaces publics aux citoyens sont gagnants ?

1) L'entretien est moindre
En échange d'avoir le droit d'y faire leurs activités, les collectifs entretiennent ces lieux, ou au moins une partie.

2) Ils sont moins responsables de la sécurité du lieu
La plupart du temps, un lieu abandonné attire les squatteurs, les casseurs, les urbexeurs, etc…

En faisant revivre ces lieux, il y a potentiellement moins de visites clandestines et donc moins de risques d'accidents.

3) Ils créent des projets pour les citoyens
Et.. quoi qu'on en disent.. les politiciens sont là pour divertir le peuple, non ?

chinese puppet

Comment obtenir la gestion d'un lieu abandonné ?

Être porteur de projet demande beaucoup de temps et d'énergie.

J'ai moi-même lancé un "petit" jardin partagé dans mon "petit" village en 2019.

C'était long à démarrer et ça n'a pas du tout fonctionné comme je l'imaginais (merci le PFH).

Pour être franc avec vous, à l'heure où j'écris ces lignes, je ne sais pas encore si je vais publier cet article.

Avec mes histoires de gestion citoyenne, je vous promets monts et merveilles tout en sachant à quel point il est difficile de lancer ce genre de projet.

Tout en sachant que vous pourriez investir énormément de temps et d'énergie dans des projets qui pourraient vous passer le nez parce qu'un politique a décidé de récupérer le lieu pour faire un parking, des logements ou un centre commercial.

Mais si vous me lisez encore, c'est que tout ça vous parle.

Alors, permettez-moi de vous donner LE conseil à suivre pour mettre un projet de ce genre sur les bons rails.

Un collectif solide

Si vous avez repéré un lieu qui ferait l'affaire sur votre territoire et que l'aventure vous tente, commencez par créer une communauté.

Seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin.

Dans 5 ou 10 ans, quand on voudra vous reprendre le lieu, c'est grâce à votre solide communauté que vous pourrez faire la transition en douceur.

people doing group hand cheer

Alors, la première chose à faire, c'est de constituer un collectif SO-LIDE et MO-TI-VÉ.

C'est le meilleur conseil que je puisse vous donner.

Maintenant, c'est à vous de jouer.

Si vous voulez un petit coup de pouce, vous pouvez m'écrire ou intervenir dans l'espace des commentaires.

Si vous avez besoin d'un gros coup de pouce, vous retrouverez, en fin d'article, quelques liens vers des organisations qui peuvent vous accompagner.

Conclusion

A l'heure où j'écris ces lignes, nous sommes à quelques semaines de la généralisation du tri à la source des biodéchets (loi AGEC).

C'est-à-dire que les communautés de communes sont dans l'obligation de mettre à disposition des citoyens, des moyens de recycler leurs biodéchets (épluchures, restes d'assiettes, etc…).

Si dans votre projet, vous ajoutez une notion de compostage au service du citoyen ou des communes, vous leur apportez de la valeur.

En faisant preuve d'imagination, vous pouvez rapidement vous rendre indispensable.

Rien ne vous empêche de commencer par faire une demande auprès de votre communauté de communes pour installer un composteur partagé au pied de votre bâtiment.

Et rien ne vous empêchera de trouver des locaux par la suite, etc…

C'est Cyril Dion qui disait que la transition écologique se fera entre une étroite collaboration avec les citoyens, les politiques et les entreprises.

Et ce n'est pas parce que tout commence entre une étroite collaboration avec les politiques qu'il n'est pas possible de voir plus grand (rêvons un peu pour terminer cet article).

C'est justement ce que vient de nous démontrer L'Ecrevis à Annecy.

Cette association de bénévoles pour la transition écologique vient d'évoluer en SASU et a réussi à rassembler un peu plus d'un million d'euros pour devenir propriétaire de la maison dans laquelle elle était hébergée depuis 2018.

Certes, cette maison n'appartenait pas à l'État, mais à un particulier.

Rassembler autant d'argent pour continuer à avancer..

..elle est probablement là, la force du collectif.

Un bel exemple de réussite, vous ne trouvez pas ?

Quelques ressources pour se faire accompagner dans la gestion citoyenne

Vous pouvez aussi faire appel à mes services pour aménager un jardin en permaculture dans votre projet.

Sources

Comment aménager un petit jardin naturel sur son balcon grâce au design en permaculture ?

Comment aménager un petit jardin naturel sur son balcon grâce au design en permaculture ?

J'ai enregistré une version podcast de cet article, je te laisse découvrir ça juste en-dessous.

Vous avez un balcon, une terrasse ou un petit terrain ?

Vous songez à y aménager un jardin d'Éden, mais vous ne savez pas par quoi commencer pour faire le design ?

Vous passez des heures à réfléchir à l'endroit où vous allez mettre vos pots de fleurs et votre table à manger et vous n'arrivez pas à prendre de décision ?

Pourtant, vous aimeriez rapidement mettre en place votre petit jardin pour retrouver l'émerveillement et profiter de votre terrasse.

Dans cet article, vous allez découvrir comment vous mettre dans le bon état d'esprit, pour démarrer l'aménagement d'un petit jardin en pots ou en pleine terre, grâce au design en permaculture.

1/ Pourquoi faire un petit jardin ?

Un jardin désigné pour tous

Aménager un petit jardin en ville ou à la campagne est à la portée de tous.

Que ce soit pour jardiner avec vos enfants.

Que ce soit parce que vous n'avez pas le temps.

Parce que vous n'avez qu'une petite terrasse ou qu'un simple rebord de fenêtre.

Parce que vous êtes trop vieux ou vous avez des problèmes de santé.

Sachez une chose, la nature n'aura aucun mal à reprendre ses droits, même avec seulement quelques pots de fleurs.

À condition que vous lui laissiez un peu de champ libre !

Du champ libre ?

Moi-même, j'ai mis longtemps à intégrer cette notion de champ libre.

Pourtant, je jardine depuis tout petit et j'en ai même fait mon métier à une période de ma vie.

Le problème, c'est que j'ai appris à jardiner dans le contrôle.

Le contrôle des mauvaises herbes.

Le contrôle des mauvais insectes.

Le contrôle des maladies.

Etc...

Mais, je ne me suis jamais vraiment épanoui dans cette façon de faire..

..jusqu'au jour où j'ai lâché prise avec mon ancienne manière de jardiner.

Le champ libre comme premier pas pour faire le design votre petit jardin

C'est parce qu'il y a de l'espace vide et de la nourriture en abondance qu'une plante ou un animal s'installe à un endroit et prospère.

Lorsque vous laissez un champ libre sur votre terrasse ou votre jardin, il y a toujours des plantes, puis des animaux (abeilles, papillons ou autres) qui viennent s'installer, ou du moins, visiter.

La seule condition pour créer ce champ libre : le non-agir.

Si vous êtes constamment dans le contrôle de votre jardin ou de ce qu'il se passe dans vos pots, vous créez un déséquilibre en votre faveur.

Et la nature ne peut pas reprendre ses droits...

C'est simple, si vous voulez voir un peu plus de nature sauvage sur votre terrasse ou votre jardin :

1/ Délimitez et végétalisez un ou plusieurs espaces

2/ Décidez de ne plus intervenir

3/ Observez

Vous serez surpris de voir la nature reprendre ses droits !

jardinage-fenetre-oiseau-permaculture
Même un simple rebord de fenêtre peut vous aider à "jardiner"

Retrouver son rapport au vivant

Au-delà de vite végétaliser votre terrasse, j'aimerais vous inviter à avoir une réflexion sur votre "pourquoi".

Que ce soit en ville ou à la campagne, la nature a tendance à se faire de plus en plus rare.

Chaque jour qui passe, on construit et bétonne toujours plus de surfaces.

Aujourd'hui, débétonner pour jardiner n'est plus un luxe, mais un besoin (et d'autant plus en ville).

Avoir de la nature autour de nous, c'est ce qui nous ramène à qui nous sommes.

C'est ce qui nous ramène sur Terre quoi ^^

Faire un coin potager sur son balcon, son petit terrain ou rejoindre un jardin partagé nous reconnecte au vivant, mais aussi à la réalité du travail que c'est que de produire sa propre nourriture.

Connaitre le bon moment pour semer telle ou telle plante.

Faire germer et pousser les graines.

Repiquer, planter, arroser, prendre soin de…

Avoir des fruits et des légumes toute l'année en abondance au supermarché n'est qu'une illusion.

Un besoin d'ensauvager

Produire de la nourriture en ville est, selon moi, une utopie à l'heure où j'écris ces lignes.

Ce dont nous avons vraiment besoin, c'est un réensauvagement.

Pourquoi me direz-vous ?

Pour se reconnecter à qui nous sommes, mais aussi pour ne serait-ce que mieux comprendre le monde qui nous entoure et l'interdépendance qui nous y lie.

Je crois que nous sommes la seule société à avoir inventé cette idée que nous ne sommes pas tenus à avoir des égards envers le monde qui nous a fait. Le monde vivant nous a façonné dans toutes nos puissances. Notre corps, notre esprit, nos capacités émotionnelles, sensorielles, nos capacités à aimer nos proches, nos capacités d'émancipation proviennent de notre coévolution avec les autres espèces vivantes, avec nos milieux. Ces milieux nous ont fait et la quasi-totalité des cultures du monde sont au courant et conséquemment, elles ont des égards à l'égard de ce monde. Alors ce sont des égards qui prennent différentes formes et qui n'excluent absolument pas la possibilité de détruire son environnement.

Baptiste Morizot
egards-ajustes-reconnexion-nature

La nature rend heureux et emphatique 😀

Selon une étude que j'ai découverte dans un livre de Rob Hopkins, le sentiment d'émerveillement qui donne généralement la chair de poule et que l'on peut ressentir face à un coucher de soleil, un arbre majestueux ou un monument, stimule la générosité, le comportement éthique, l'altruisme et la compassion.

Il a aussi pour effet d'améliorer notre santé.

Une autre étude (toujours découverte dans son livre) issue d'une célèbre revue mensuelle américaine démontre que le contact avec la nature apporte de nombreux bienfaits :

  • Diminution du stress
  • Amélioration du sommeil
  • Amélioration de la santé mentale
  • Réduction de la dépression
  • Réduction de l'anxiété
  • Sentiment de bonheur, de bien-être et de satisfaction de vivre
  • Diminution des comportements agressifs
  • Amélioration du développement de l'enfant (diminution du TDAH)
  • Augmentation du comportement prosocial (empathie vers les personnes en difficulté) et des liens sociaux
  • Baisse de la tension artérielle
  • Amélioration de la récupération après une opération
  • Résultats de naissance améliorés
  • Amélioration de l'insuffisance cardiaque congestive
  • Amélioration du développement de l'enfant (cognitif et moteur)
  • Amélioration du contrôle de la douleur
  • Réduction de l'obésité
  • Réduction du diabète
  • Amélioration de la santé générale
  • Réduction de la mortalité
  • Amélioration de l'asthme et des allergies
  • Amélioration de la vue
  • Amélioration des fonctions immunitaires

Une autre étude, complètement folle, démontre qu'un États-unien moyen passe 93 % de son temps soit entre quatre murs, soit dans un véhicule et que 75 % des enfants au Royaume-Uni passent moins d'une heure à l'extérieur.

En sachant que la directive de l'ONU préconise 60 min de temps passé dehors, chaque jour, pour un détenu de prison, on peut dire qu'un États-unien moyen et que la plupart des enfants du Royaume-Uni passent moins de temps dehors qu'un détenu de prison 😯

Bon.

Tout ça, c'est bien beau.

Mais vous n'avez pas rejoint cet article pour découvrir que la nature fait du bien non ?

Entre nous, vous le saviez déjà ?

Et si nous allions creuser dans cette grande discipline pleine de sagesse qu'est la permaculture pour vous aménager une oasis de verdure et retrouver votre pleine santé ?

Et plus précisément, dans le design en permaculture.

2/ Utiliser le design en permaculture pour aménager son jardin de balcon

Un design sur-mesure

Quand j'ai fait mon premier design en permaculture sur ma terrasse de 8m² en 2018, j'avais un premier objectif qui était de créer un espace intime et riche où je peux reconnecter avec le vivant.

À ça, se sont ajoutées mes valeurs minimalistes et écologiques, la permaculture, la transition écologique, etc...

Et même si mon élan de départ était de faire pousser des plantes potagères, de la graine à l'assiette, mon goût pour l'esthétique et mon amour pour la nature m'a aussi dirigé sur de belles plantes à fleurs et parfois comestibles comme l'ipomée, la capucine ou le cosmos.

À l'heure où j'écris ces lignes (été 2023), ça donne ça :

potager-minimaliste-permaculture-pots-fleurs

Un jardin en pots de fleurs, unique et qui me correspond.

Qui évolue et n'est jamais le même année après année.

Avec des plantes à fleurs, des plantes à fruits, des plantes aromatiques et une myriade de pollinisateurs aussi surprenant l'un que l'autre que je peux observer sur mes plantes en toutes saisons...

À quoi ça sert le design en permaculture ?

Ce que le design permet d'obtenir, c'est une notion artisanale.

Une notion de "fait à la main".

Une notion d'unicité.

Et c'est cette unicité-là qui crée un espace pour toute la biodiversité.

S'il existait qu'un seul modèle de jardin adapté à tous les endroits du monde, déjà ça se saurait, mais qu'en serait-il de la biodiversité si tous les jardins étaient les mêmes ?

Si tous les balcons étaient les mêmes ?

Je vous pose la question...


Quand je fais un design, je fais en sorte de créer une véritable connexion avec la personne à qui il s'adresse.

Je veux découvrir ce qu'elle recherche au-delà de simplement faire pousser des plantes.

Je m'intéresse à ses goûts, à ses besoins.

Souvent, ce sont des personnes qui veulent créer une oasis riche de vie dans laquelle elles peuvent retrouver le calme, l'inspiration et l'émerveillement.

Elles ont compris qu'elles ne deviendront pas autonomes en faisant pousser des tomates sur leur balcon.

C'est uniquement lorsque j'ai mis le doigt là-dessus que je passe à la conception.

Et c'est ça le superpouvoir du design.

Jardiner en permaculture c'est jouer à un jeu infini

À l'inverse du jardinage conventionnel où tous les jardins se ressemblent et se répètent, un jardin designé en permaculture est unique et résiliant.

Mais pourquoi les jardins conventionnels se ressemblent tous ?

Parce que le jardinage conventionnel vous fait jouer à un jeu fini qui consiste à vous battre contre la nature pour arriver à vos fins.

Lutter contre les mauvaises herbes et contre les pucerons pour protéger les plantes.

Mettre de l'engrais chimique régulièrement et changer de terreau chaque année pour nourrir la terre et nourrir la plante.

Utiliser des plantes F1 pour encaisser toutes ses "maltraitances".

Etc…

Rappelez-vous de ma façon de jardiner dans le contrôle dont je vous parlais au début de cet article.

Ici, on est en plein dedans.

...

Contrôler la nature dans le but d'avoir toujours plus de récoltes.

C'est bien, quand on est dans l'urgence et qu'on doit nourrir des millions de personnes..

..mais est-ce bien sérieux quand on veut juste faire un petit jardin sur son balcon en plein cagnard ?


Avec la permaculture, tout est différent.

Que ce soit dans une ferme ou sur un balcon, vous jouez à un jeu infini.

Vous ne vous battez pas contre la nature pour arriver à vos fins, mais vous mettez en place et entretenez des écosystèmes interdépendants qui vous mènent naturellement vers l'abondance.

Jardiner en permaculture c'est comme naviguer au fil de l'eau

Dans son livre Permaculture, David Holmgren défend cette idée :

Tout le monde pense que plus, c'est mieux. Pourtant, ce n'est pas toujours vrai. Par exemple, l'idée de mettre toujours plus d'engrais s'est révélée fausse. Ça a tué nos sols

David Homgren

Le jardinage n'est pas une science exacte.

Ce n'est pas parce que chaque année, vous semez, plantez et nourrissez vos plantes au même moment et de la même façon que vous aurez les mêmes résultats.

La météo change.

Le climat change.

L'état de nos sols aussi change...

Jardiner en permaculture n'est pas une énième méthode miracle, c'est juste une autre philosophie.

C'est comme si vous étiez sur une rivière, à bord d'un kayak, avec une pagaie.

Vous ne pouvez pas choisir la vitesse ni la direction du courant.

Pour vous diriger, vous pouvez seulement anticiper au mieux les événements qui se présentent à vous...

Pour résumer cet article jusqu'ici, commencez par créer un champ libre pour pratiquer l'observation et laisser de la place à la nature. Ensuite, déterminez pourquoi vous voulez un jardin sur votre balcon. Enfin, oubliez les méthodes de jardinage. Ce qui compte, c'est qui vous voulez devenir. C'est la façon dont vous allez jardiner. C'est vous qui êtes au centre de votre design et de votre jardin. Vous voulez devenir un simple consommateur de jardinerie ou un véritable jardinier en permaculture ?

Fabrice, pour le potager minimaliste.
champ-libre-permaculture


3) C'est quoi être un bon jardinier en permaculture ?

Les 5 compétences techniques du permaculteur

  • Le semis de graines
  • La plantation
  • L'arrosage
  • La taille
  • La multiplication végétale

Ce sont ces compétences qui m'ont permis et vont vous permettre de devenir un bon jardinier.

Pas les graines F1, les désherbant et les engrais chimiques.

Pourquoi elles sont si importantes ?

Parce qu'elles donnent des retours réguliers, précis et rapides sur ce que vous faites.

C'est simple : plus vous les pratiquez et les améliorez, plus vous progressez.

Les égards envers la nature

Nous sommes dans une société où nous avons inventé l'idée que nous ne devons rien à la nature.

Ni aucune considération, ni aucun respect, ni même aucun égard…

Pour retrouver votre place au sein du vivant, vous voulez retrouver cet égard envers la nature.

Vous voulez lui redonner de la place.

Mais attention ! Il ne suffit pas d'avoir un égard.

"Faire un geste pour la nature" ne suffit pas.

L'égard n'est qu'un premier pas.

Certains égards peuvent avoir des effets collatéraux néfastes pour l'environnement.

Par exemple, mettre des ruches en ville par d'un bon postulat.

Mais aujourd'hui, on se rend compte que ces abeilles font de la concurrence aux abeilles sauvages et les mènent à leur déclin...

En fait, vous voulez ajuster ces égards pour qu'ils soient en cohérences avec l'écosystème et qu'ils l'aident à aller vers la régénération et les objectifs que vous vous êtes fixés pour votre design...

Ce qui nous mène enfin au chapitre 4 :

4) 3 notions clés en design pour démarrer l'aménagement de votre petit jardin

I) Mettre en valeur l'imperfection

Comme vous l'avez certainement remarqué, le but de cet article n'est pas de vous transmettre une méthode de design en permaculture ou "15 astuces miracles" pour aménager votre balcon ou votre petit terrain (si vous êtes curieux, j'ai déjà écrit un article dédié à ma méthode de design en 5 étapes), mais plutôt de vous inviter à ralentir et de vous donner quelques pistes pour appréhender l'aménagement de votre petit jardin différemment.

Il existe une ribambelle de méthodes de design en permaculture et j'ai remarqué qu'elles avaient toutes un point commun : la première étape qui consiste toujours à observer.

Observer avec vos yeux, avec vos oreilles et avec votre nez (et à moindre mesure avec vos mains et votre bouche).

Pour vous inviter à faire vos premières observations, on va s'inspirer d'un mouvement japonais qui s'appelle le wabisabi (pas le wasabi hein !).

Le "wabi-sabi" est un concept qui célèbre la beauté imparfaite, éphémère et naturelle des choses, en mettant l'accent sur la simplicité, l'austérité et l'acceptation de l'usure et de l'imperfection.

Exemple concret.

Imaginez que vous avez une grosse gouttière moche qui traverse votre balcon.

Maintenant, imaginez que cette gouttière vous empêche de mettre une table, une chaise ou un bac à fleurs.

Vous pourriez très bien la maudire et tout faire pour la cacher ou même la supprimer.

Et bien, en suivant la philosophie du wabisabi, vous êtes invité à la mettre en valeur en peignant quelques symboles colorés dessus (comme des fleurs par exemple).

Ou en faisant carrément grimper des plantes tout du long...

Vous pourriez faire la même chose si vous avez une fissure contre le mur ou une rambarde toute rouillée.

(attention tout de même à ce que votre balcon ou votre barrière ne s'écroule pas !)

Vous avez capté le truc ?

Le but des premières observations que je vous invite à faire ici, c'est de lister les imperfections et essayer de trouver des moyens de les mettre en valeurs au lieu de vouloir les cacher systématiquement.

II) Poser les limites de votre petit espace

Dans ce deuxième exercice, vous allez chercher les limites.

Souvent, on s'imagine que les limites entravent la liberté, alors que c'est tout le contraire : sans limites, il n'y a pas de liberté.

...

Quand je parle de limites, je parle bien évidemment des limites géographiques de votre jardin, mais aussi de ses contraintes (que ce soient celles de votre jardin ou les vôtres d'ailleurs !).

Lister les limites nous aide à trouver des idées et des solutions.

Exercice :

Faites la liste de toutes les contraintes et limites de votre espace de jardin (et pareil pour vos contraintes et limites personnelles).

...

C'est bon ?

Maintenant, essayez de trouver une ou plusieurs solutions à chaque limite et contrainte.

Se poser des limites et des contraintes n'est pas quelque chose de négatif, au contraire, ça vous donne un cadre pour avancer.

Dernière chose...

La prochaine fois que vous vous surprenez à vous demander ce que vous voulez faire pour végétaliser votre balcon, demandez-vous ce que vous ne voulez pas ou plus faire..

..et vous me donnerez des nouvelles de toutes les idées qui en ont découlé.

Voici une des façons dont j'ai appliqué ce concept sur ma terrasse :
la terre de ce bac que j'ai récupéré d'occasion sèche très vite. Au lieu de me plaindre que rien n'y pousse et de m'en débarrasser, j'y ai planté de la vigne et du thym et je suis très content de l'ombre et des condiments qu'ils m'apportent

III) Faire circuler les flux d'énergie dans votre petit jardin

En tant que designer en permaculture, notre travail est de retenir l'énergie dans l'écosystème et de la faire circuler jusqu'à ce que tous les besoins fondamentaux soient satisfaits et de manière à assurer la croissance, l'entretien et la reproduction de tous les composants vivants.

Bill Mollison, co-créateur de la permaculture.

La manière dont nous parlons de l'énergie outrepasse les lois physiques.

On parle souvent de production ou de consommation d'énergie.

C'est une mauvaise manière de parler de l'énergie.

L'énergie est un flux qui ne peut pas être stocké.

Un flux que vous devez faire circuler au sein de votre petit jardin, notamment grâce à son design.

Quelques exemples d'énergies :

  • L'eau
  • La fertilité
  • La lumière
  • Le vent
  • Le végétal
  • La production de nourriture
  • L'émerveillement...

On pourrait dire que récupérer l'eau de pluie dans un bidon est une manière de stocker l'énergie..

..mais c'est faux.

Ce n'est qu'une manière de retenir l'énergie...

De la ralentir.

Vous ne pouvez pas retenir l'énergie de l'eau indéfiniment dans votre bidon !

5) Démarrez l'aménagement de votre petit jardin dès que possible !

Mettez de la vie autour de vous

Comme je le disais un peu plus haut dans cet article, c'est parce qu'il y a de l'espace vide ou de la nourriture en abondance qu'une plante ou un animal s'installe à un endroit et prospère.

Le problème si vous commencez l'aménagement de votre petit jardin sur un balcon, c'est qu'il n'y a quasiment pas de vie !

Réfléchir au design d'un jardin dans lequel il n'y a pas un peu de vie, c'est comme vouloir faire un design de jardin sur la lune.

On manque d'informations sur l'écosystème déjà présent.

Pour démarrer la phase d'observation et en tirer des conclusions, vous avez besoin de ces informations.

Et pour avoir ces informations, vous devez mettre de la vie.

...

Ne serait-il pas temps d'ajouter un premier pot de fleurs, un premier abri à insectes et de semer vos premières graines ?

Mais attention, n'oubliez pas de commencer petit !

Sur ce, si vous avez des questions ou juste envie de me remercier pour ce loong article, il y a l'espace des commentaires un peu plus bas.

Merci pour votre temps !

Faites appel à mes services pour designer votre petit jardin en permaculture

La nature a besoin de temps, pensez à débuter vite et n'oubliez pas de commencer à petite échelle.

Le principe de permaculture n°9 de David Holmgren dit : "Utiliser des solutions lentes et à petite échelle".

Si vous êtes vraiment pressé, pensez minimalisme et mobilité.

Les éléments démontables et mobiles sont la clé pour débuter rapidement.

Et pour que je vous accompagne dans cette belle aventure qu'est le design en permaculture, vous pouvez me contacter ici.

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