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Dans cet article je vais vous donner la raison pour laquelle vous ne devriez pas installer d’hôtel à insectes sur votre petit potager de terrasse ou balcon !


Note mars 2023 : mon avis sur le sujet a évolué, je vous laisse découvrir ça dans cette vidéo :

L’une des choses les plus importantes pour que votre jardin en pots de fleurs s’épanouisse sainement d’année en année, c’est d’attirer un maximum de biodiversité.

Sans insectes, la matière organique (voir les articles sur le paillage et le compostage de surface) est moins riche et met plus de temps à se dégrader.

Sans insectes pollinisateurs il y a moins de pollinisation, donc moins de fructifications et donc moins de récolte.

Et, bien entendu, sans biodiversité vous laissez une porte ouverte à la prolifération de « parasites ».

Les proliférations sont rarement bénéfiques pour vos plantes comme pour la nature (#sujetadebat 🙂 )


Vous vous demander pourquoi je vante l’intérêt d’attirer un maximum de biodiversité alors que le titre de cet article laisse penser totalement l’inverse ?

D’ailleurs, en lisant cet article vous vous êtes dit : « Super ! Une méthode miracle pour ne pas avoir à poser d’hôtel à insectes sur ma terrasse ! »

J’ai le regret de vous annoncer que vous vous êtes trompé !

Mais pas de panique ! Laissez-moi vous expliquer le fond de ma pensée….


L’inconvénient des hôtels à insectes

Comme son nom l’indique, un hôtel à insectes sert à héberger des insectes (wouah la punchline !).

Dans cet hôtel, ils sont censés pouvoir y dormir, se reproduire, déposer leurs cocons (ou leurs larves) et hiberner à l’abri des intempéries et des prédateurs.

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Les hôtels de ce genre on en voit de partout ! Dans les jardineries, les jardins publics, les ronds-points, etc… Leur rôle est davantage pédagogique que de réellement attirer et héberger la biodiversité.

Je ne dis pas qu’ils sont inutiles, mais tout au long de ma carrière de jardinier dans les espaces verts, j’en ai observé plusieurs et sincèrement ça ne grouille pas énormément là-dedans !

80% de l’installation n’est pas ou peu utilisée. Mais la plupart du temps les abeilles solitaires pondent quand même dans le 20% restant !


Vous vous dites que ce n’est pas grave et que même s’ils fonctionnent à moitié, au moins ça sert à quelques espèces et c’est déjà pas mal non ?

Et bien oui et non, quand vous mettez ça sur un rond-point ou un immense jardin public c’est ok (quoique ce soit un peu ridicule dans certains cas !). Mais, pour que ce soit vraiment efficace, il en faudrait des centaines et des centaines éparpillés stratégiquement dans la ville…

Sur un petit jardin ou une terrasse, il faut penser différemment…


Quel hôtel à insectes choisir ?

Vous vous êtes aussi posé ce genre de questions ?

  • Quelle forme d’hôtel choisir ?
  • Quels genres d’insectes faut-il attirer ?
  • Vont-ils réussir à cohabiter ?
  • Faut-il le fabriquer soi-même ?
  • Si oui quel bois utiliser ?
  • Est-ce que le bois de palette n’est pas nocif ?
  • Ou trouver des pommes de pins ?
  • Des bûches de bois?
  • Des tuiles ?
  • Etc, etc…

Il y a de quoi se décourager non ?


Pourquoi les hôtels à insectes n’ont rien à faire dans votre jardin en pots de fleurs ?

C’est du gaspillage de place !

Le moindre mètre carré compte sur votre petit potager ! Ne vous amusez pas à les gaspiller en y mettant des hôtels à insectes volumineux et trop peu efficaces !

Positionnez plutôt quelques abris à insectes de manière stratégique.


Un hébergement compliqué

Si les insectes se retrouvent tous au même endroit pour marquer leur territoire et déposer leurs larves, il risque d’y avoir pas mal de conflits ! Pas la peine de vous faire un dessin, les plus faibles vont se faire manger (ou exclure) alors qu’ils n’ont même pas eu le temps de s’installer !


Une cohabitation difficile

Chaque insecte à des besoins différents mais aussi plusieurs insectes peuvent avoir des besoins semblables… Agencer un hôtel à insectes afin que chacun y trouve sont compte relève de l’ingéniosité !

S’il y avait un réceptionniste spécialisé en zoologie ainsi qu’une équipe de sécurité dans chaque hôtel, les insectes prospéreraient sans problème !


Trop de vis-à-vis et pas d’assurance habitation !

Imaginez qu’un gros prédateur (chat, oiseau, etc…) remarque votre hôtel à insectes. En quelques coups de patte ou quelques coups de bec, il pourrait décimer une grande partie de la biodiversité de votre potager !

C’est la même chose si un coup de vent, une grosse pluie ou la chute d’un pot de fleurs venait à endommager l’hôtel…


Alors, que faire pour héberger la biodiversité sur votre terrasse ?

Ca va vous paraître fou mais nous allons nous inspirer des pièges à phéromones (que je vous déconseille d’utiliser à moins que vous ne vouliez saboter votre potager !).

Les pièges à phéromones sont des pièges (souvent mortels) utilisés pour attirer les insectes « nuisibles ». Chaque piège a des caractéristiques différentes.

Ils ont pour but d’attirer un seul et unique insecte.

Ils ont une couleur et une odeur spécifique et ils doivent être disposés stratégiquement (là où l’insecte concerné passe la plupart de son temps…).

Ces pièges sont étudiés pour ne leur laisser aucune chance…


A votre avis, pourquoi sont-ils si redoutables ?

Pourquoi inondent-ils le marché et remplissent leur rôle aussi bien voir même mieux que certains insecticides ?


Si l’on regarde bien, ils ont tous ce point commun : ils doivent être installés à un endroit bien précis !

On ne met pas mettre un nid d’oiseau à raz terre !


De plus, si l’on mettait tous les pièges au même endroit, les couleurs et les odeurs se confondraient et il ne serait plus du tout efficace !


Pour conclure, ma solution est simple et vous la connaissez peut-être déjà si vous m’avez suivi cet été sur les réseaux sociaux… C’est la chambre ou la cabane à insectes !

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Une chambre à perce-oreille !
Cliquez ici pour le tuto sur Instagram

Une chambre à insectes est individuelle, adaptée à la morphologie de l’insecte et, elle doit être mise au bon endroit !

Dans certains cas, on peut la « customiser » afin qu’elle puisse attirer 2 ou 3 types d’insectes capables de cohabiter mais pas plus !


Les avantages de la chambre à insectes

Pas besoin de permis de construire

Pour la construction il suffit de laisser marcher son imagination et de l’installer derrière un pot de fleurs ou de l’accrocher à une banche par exemple. Plus elle s’intègre naturellement au décor, mieux c’est !

Imaginer une chambre à insectes devient un jeu !


Un simple paillage c’est déjà une chambre à insectes. Vous pouvez aussi faire un tas de banches ou un tas de cailloux à la surface d’un pot de fleurs.

Chacun a le droit à sa chambre individuelle avec vue sur la montagne !


Un cocon discret

La cohabitation n’est pas toujours facile et les espèces les plus faibles sont toujours perdantes…

Avec plusieurs chambres à insectes disséminées un peu partout sur votre potager, vous leur offrez plus de sécurité et plus de chance de se développer.

Et s’il y a un problème (intempéries, attaque du chat ou des oiseaux, etc…), vous ne perdez qu’une seule partie de la biodiversité du potager.


Pas de tapage nocturne !

Chaque espèces a une « horloge interne » différente. Certains insectes dorment la journée et d’autres la nuit. Ils ne se reproduisent pas tous à la même période et ils n’entrent pas en même temps en hibernation !


A chacun son étage !

Certains insectes vivent sous terre, d’autres à la surface, et d’autres sur différentes hauteurs.

Grâce aux chambres à insectes, vous vous adaptez au milieu de vie de chaque insecte et vos chances de réussite sont multipliées !


Les 3 abris à insectes à installer en priorité sur votre terrasse !

Vous voilà convaincu j’espère ! Ca peut paraître compliqué et pourtant c’est bien plus simple et efficace ! En faites, l’hôtel à insectes vous l’avez déjà, ! C’est votre terrasse entière ! A vous d’aménager les chambres de votre hôtel…

Voici quelles sont, selon moi, les premières chambres que vous devriez installer…


Coccinelles

Au printemps et à la fin de l’été, la coccinelle sera votre plus grande alliée ! Chacune d’entre elles peut dévorer une cinquantaine de pucerons par jour !


Abeilles solitaires

L’abeille solitaire qui est en voie de disparition (parce que ce n’est pas une abeille que l’on peut domestiquer pour faire du miel).

C’est aussi la première pollinisatrice au printemps !

Pour en savoir + sur ces abeilles et les héberger sur votre terrasse, c’est par ici.


Vers de terre

Le ver de terre est le meilleur allié du permaculteur (ou de la permacultrice) urbain(e).

Grâce à lui, vous n’aurez plus besoin d’acheter de terreau. Comment ça se passe ? Je vous explique tout ça ici !

Conclusion

Héberger la biodiversité c’est bien, à condition de savoir l’attirer.

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Pour en savoir + sur les insectes au jardin :

👉 Jardinez avec les insectes – Vincent Albouy
Comprendre, prévenir, attirer et contrôler les invertébrés au jardin.


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Fabrice

Démarre ton jardin en pot avec une terre vivante !

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6 Commentaires

  1. Zoé

    J’ai construit un hôtel à insectes en utilisant du bois récupéré et divers matériaux naturels, pour créer un refuge accueillant pour nos amis insectes. C’est une manière gratifiante de favoriser la biodiversité dans mon jardin tout en réutilisant des matériaux. J’ai bien fait attention à suivre les longueurs recommandées ici https://www.myrmecofourmis.fr/Comment-construire-le-meilleur-hotel-a-insectes pour être sur de fournir le meilleur habitat pour les petites abeilles de mon jardin.

    Réponse
  2. Laura

    Si je peux me permettre, un point que tu n’as pas développé mais qui est présent également pour les gîtes individuels que tu appelles « chambres » c’est la problématique sanitaire.
    En effet les nichoirs de toutes sortes, contrairement aux nids naturels, sont « trop » biens construits. Les matériaux ne se dégradent pas assez, et donc sont changés trop peu régulièrement. Cela semblerait être un avantage mais pas du tout, c’est comme si on emménageait dans un logement ou personne n’avait jamais fait le ménage. Comme les individus se succèdent, ils peuvent amener dans ce gîte des maladies et parasites qui vont se transmettre aux prochains habitants. Il est donc encore plus intéressant de laisser des matériaux à disposition et qui se dégraderons naturellement ou renouveler les matériaux de nos gîtes régulièrement (mais ce n’est pas facile de savoir quand intervenir pour ne pas avoir une action néfaste envers ces merveilleuses petites bêtes).

    Autre détail, tu parle de l’abeille solitaire, qu’elle est en danger et qu’elle est la première pollinisatrice au printemps. Ce n’est pas tout à fait vrai, il existe pas moins de 1000 espèces d’abeilles sauvages rien qu’en France, et dont les cycles de vie s’étalent de février (on voit les premiers bourdons en ce moment) à novembre.

    Réponse
    • Fabrice

      Merci pour tous ces détails Laura. La plupart du temps, j’essai de créer un maximum d’abris éphémère avec du paillage, de la végétation spontané et du non-agir 🙂

      Réponse
  3. Mae

    merci ! je me demandais justement comment tous ces insectes pouvaient cohabiter sans se manger les uns les autres. Des chambres disséminées ! Mais bien sûr ! quelle bonne idée ! merci de nous l’avoir donnée. Maintenant, ce serait vraiment génial si vous nous donniez plusieurs exemples de chambres les plus confortables pour chacune des espèces 🙂

    Réponse

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Je suis Fabrice Maira.

Je m'appuie sur ma solide expérience de terrain et sur la permaculture pour concevoir des espaces naturels durables.

 

 

🌱 30 ans de jardinage dans les pattes

🐞 7 ans à pratiquer la permaculture en pots de fleurs

👨‍🌾 4 ans dans un jardin partagé dont je suis à l'origine

👨‍🎓 Formé à la conception et au design en permaculture par Damien Dekarz

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