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Jardins partagés : quelles subventions pour obtenir du terreau gratuit ?

Jardins partagés : quelles subventions pour obtenir du terreau gratuit ?

Dans cet article, nous allons voir comment détourner des subventions grâce à la permaculture (votre jardin partagé vous en remerciera !).

Si vous avez atterri ici c'est certainement parce que les carrés potagers de votre jardin partagé sont finis et qu'il ne reste plus qu'a les remplir de terre.

Ca fait peut-être des semaines ou des mois que vous vous attelez au lancement de ce jardin et c'est la toute dernière étape avant de "vraiment" être libre de jardiner !
Je sais ce que c'est, j'ai moi-même lancé un jardin partagé et ça m'a demandé beaucoup plus d'énergie que ce que je croyais.

Dans cet article, j'aimerais vous éviter l'erreur de précipitation que font toutes les personnes que j'ai rencontrées dans les nombreux jardins partagés que j'ai visités à Lyon et dans d'autres villes françaises.

Cette erreur c'est la demande de subvention pour du terreau (ou de la terre)

Certes, une subvention c'est une solution rapide et peu coûteuse.

Tiens, ça me fait penser à un truc. Connaissez-vous le triangle QCD ?
Ce triangle dit que dans un projet, on ne peut pas allier qualité, rapidité et coût.

Allez, je vous fais un petit schéma, ce sera plus simple à comprendre...

Le triangle QCD (Qualité/Coût/Délai)

triangle-qualité-permaculture-projet
Ce schéma ne m'a rien coûté et a été rapide à faire, mais pour ce qui est de la qualité... il en est loin !

🤭

Le principe est de positionner votre projet (le point) dans le triangle.

Plus il sera près d'une de ces 3 "conditions" plus ce sera soit qualitatif (chacun sa vision de la qualité, pour moi, c'est un résultat le plus naturel possible ou écolo si vous préférez), le moins coûteux (près de coût) ou, plus ce serait rapide à faire (près de délai).

Quoi que vous fassiez, il y a très peu de chance que vous obteniez du terreau de qualité, pas cher et tout de suite

Comme vous pouvez le voir sur le schéma, votre big bag de terre subventionné se situe près du coût (gratuit en l’occurrence) et du délai (livré directement sur place ^^).

Le problème c'est qu'il est très loin de la qualité !

Et ouais, vous ne connaissez ni la provenance, ni comment il a été fabriqué et vous ne contrôlez pas non plus la manière dont il a été emmené jusqu’à votre jardin.

Pour faire simple, au niveau de la qualité c'est zéro !

On peut dire que ce n'est pas très "étique" et, dans cet article, je vais vous proposer de déplacer le curseur un peu plus près de "qualité" tout en restant du côté "coût" (et oui ça vous prendra un peu plus de temps mais vous verrez, ce ne sera pas du temps de perdu !).

Pour résumer, on va faire en sorte que vous ayez une terre de meilleure qualité tout en restant très peu cher. Par contre c'est un peu plus long que de se faire livrer un big bag (quoique les subventions ça ne tombe pas du ciel...).


Bref...

Petite remarque avant de passer à la suite..
J'ai aussi remarqué que dans la plupart des jardins partagés, on préfère cultiver en jardinières surélevées (carrés potagers par exemple).

Pourquoi a votre avis ?

Il y a plein de raisons à ça.

C'est plus pratique parce qu'on peut jardiner debout, on peut numéroter les bacs (ça permet de s'organiser pour les semis, les plantations et les récoltes...), c'est plus esthétique, etc...

Et puis dans d'autres cas c'est aussi parce que le terrain n'est pas du tout "jardinable" (sol pollué ou en mauvais état) et à ce moment-là on évite même que les racines puissent pénétrer dans le sol en mettant une bâche au fond du bac...

Mon conseil
Quelque soit votre cas, si vous avez la possibilité de jardiner en pleine terre, faites-le ! C'est nettement plus avantageux.
Et si le sol est pollué ou inexistant, prenez le temps de le réactiver en ramenant de la matière organique et des plantes adaptées !

Le burnout du jardin partagé 😂

Vous êtes probablement passé par le burnout du jardin partagé !
Ne serait-ce que par la lenteur administrative, par des problèmes d'ententes entre les "humains" ou pour trouver des subventions par exemple 😉

En faite, si j'aborde ce sujet c'est parce que le weekend dernier j'ai discuté avec une personne du jardin partagé de Vol'terre (quartier Part-Dieu à Lyon).

Là-bas, ils ont attendu plusieurs semaines avant d'obtenir une subvention pour s'acheter un big bag de terre.
Ils se plaignaient aussi du nombre d'allers retours à la brouette pour charger leurs bacs potagers une fois le sac livré 😅

Pour moi, se faire livrer et brasser de la terre en ville, c'est une aberration !

Et ouais, en général tous les jardins partagés situés en "hypercentre" des grandes agglomérations choisissent la solution du big bag (tout simplement parce qu'il y a peu de terre à disposition et c'est ce que leur proposent les communes).

Pourtant, dans certains quartiers le flux de matière organique est énorme !

Les subventions inspirées de la permaculture

Ce que propose la permaculture c'est de revaloriser les ressources (qui sont la plupart du temps considérées comme des déchets).
D'ailleurs, on peut aussi parler d'économie circulaire.

Dans la forêt, ce sont la faune et la flore qui produisent la plus grande partie des déchets. En ville, ce sont les humains (pour le moment).

Et quand on voit la quantité de matières organiques que sont capables de produire les villes, il y a peu de soucis à se faire !
Il suffit de pratiquer un peu de déchétarisme pour se rendre compte du gaspillage alimentaire.

Mais ne faites pas les poubelles de votre quartier (laissez y aux déchétarien.nes), utilisez les déchets qui ne sont plus "consommables"...

Pourquoi et comment revaloriser les déchets en ville ?

Ah oui j'allais oublier !

Si je vous parle de tout ça, c'est par rapport à la culture en lasagne !

Si vous ne connaissez pas cette méthode, c'est ce que je vous invite à tester dans cet article. Ca marche assez bien pour créer une zone de culture rapidement.

C'est simple, on mélange tout un tas de matières organiques azotées et carbonées et on y fait pousser des plantes potagères gourmandes (tomates, courgettes, aubergines, etc...).

C'est un peu comme un grand compost, ça fonctionne en pleine terre et même dans des bacs ou des jardinières !

Du coup, au lieu de demander des subventions pour acheter de la terre, des pelles et des brouettes, vous n'avez qu'à demander autour de vous !

Un exemple.
Chaque personne impliquée au projet du jardin quelque soit ses capacités physiques ou le temps qu'elle a à disposition peut aider.

Soit en rapportant régulièrement ses déchets de cuisine (épluchures de fruits et légumes, marc de café, coquilles d’œufs, etc..).

Elles peuvent aussi aussi créer du lien avec les commerçants du quartier comme par exemple les bars pour le marc de café ou les restaurants pour les épluchures.

A la fin des marchés, il y a toujours quelques "déchets" de fruits et légumes qui peuvent très bien terminer dans vos cultures en lasagnes.

Dans les parcs publics, rien ne vous empêche de récupérer quelques sacs de feuilles mortes (les jardiniers des espaces verts cherchent à s'en débarrasser en ce moment).

D'ailleurs en parlant des jardiniers communaux, vous pouvez aussi leur demander de vous refiler de la tonte de pelouse relativement "propre". Ils cherchent aussi à s'en débarrasser et peuvent même la déposer au jardin !

Conclusion

Si vous m'avez lu jusqu'ici c'est que le jardinage et la permaculture urbaine vous intéressent... et j'en suis très heureux 🙂

Oubliez les subventions, regardez autour de vous, utilisez les ressources que vous avez déjà à disposition et créez du lien !
Vous en ressortirez heureux vous aussi 😉


Au faite, dans mes pots de fleurs je fais de la culture en lasagne et ça marche tout aussi bien qu'au jardin.
Si ça vous intéresse, j'ai un guide pdf (avec la possibilité d'avoir un accompagnement téléphonique) où vous êtes guidé de A à Z dans la création de votre première culture en lasagne en pot de fleurs (au cas où vous auriez peur de vous lancer seul.e 😉 ).


Voilà tout.

jardin-partage-subvention-terreau-bigbag-pinterest

Alors, vous avez d'autres idées pour récupérer de la matière organique en ville ? Dites-le nous dans les commentaires 👇

Damien Dekarz et la permaculture urbaine, l’interview (2 ème partie)

Damien Dekarz et la permaculture urbaine, l’interview (2 ème partie)

Voici la deuxième partie de l'interview de Damien Dekarz et ça se passe toujours au jardin du château d'eau. Bonne lecture 😉

Avant de commencer la lecture, je vous invite à lire la première partie de l'interview (à moins que ce soit déjà fait !).

Et si vous préférez l'audio, c'est juste en-dessous 👇

Permaculture urbaine (suite)


Fabrice : En permaculture, on dit que les déchets des uns sont les ressources des autres.

Est-ce que tu aurais des idées à donner aux personnes qui sont en ville pour récupérer des déchets comme par exemple du marc de café pour faire pousser des champignons.


...

A Lyon, je sais qu'il y a une champignonnière qui donne ses substrats quand ils arrivent en fin de culture.

C'est de la paille mélangée à du marc de café.

...

C'est un grand défi de trouver de la matière organique en ville.


...

Est-ce que tu aurais des idées ?


Damien Dekarz : comme tu dis, en ville c'est difficile de trouver de la matière organique mais je pense qu'il y a des personnes qui voudraient faire du compost mais qui ne sauraient pas quoi en faire !

Quand on mange des bananes, des pommes, des pommes de terre et tout un tas de légumes, on a des épluchures et en ville on ne sait pas forcément quoi en faire.

Je pense que si on en parle à tous les gens de son immeuble (si par exemple on habite dans un immeuble), il y a probablement des gens sympas et, dans ces gens sympas, il y en a peut-être qui ne savent pas quoi faire de leur compost et qui seraient contents d'avoir quelqu'un qui vient récupérer toutes ces épluchures.

...

Ouais, tous ces déchets de cuisine qui n'en sont pas en faite.

...

Un déchet de cuisine c'est une ressource de ouf pour jardiner !

Tu mets tes déchets de cuisine au fond d'un pot et t'as ta lasagne !

Donc je dirais d'aller voir les voisins, recréer du lien avec eux pour essayer de récupérer leurs déchets de cuisine ça peut être une solution.


Il y a aussi ce qu'on appelle les "lombricomposteurs" qui peuvent très bien se développer en ville.

Si l'on veut un terreau fertile et bien on peut très bien mettre ses déchets de cuisine dans un lombricomposteur et créer un terreau de très très bonne qualité.

Voilà.

Potentiellement on peut aussi aller voir les espaces verts quand ils tondent les parcs pour voir si la tonte est récupérable.

On peut aussi récupérer les feuilles mortes qui tombent au pied des arbres.

Voilà...

Il y a tout un tas de petits trucs que l'on peut mettre en place...


Fabrice : OK, merci !

J'ai une question "jardinage".

Il y a une lectrice du blog qui essaie de faire pousser des tomates et de la menthe sur son balcon.


Sa terre est bonne, elle arrose bien et c'est bien exposé mais, ça ne pousse pas.

Elle m'a dit qu'elle habitait près de la plage (mer Méditerranée) et du coup est ce que tu penses que l'air marin peut..., en gros est-ce que tu as déjà vu des potagers près de la mer qui fonctionne bien ?


Damien Dekarz : alors j'essaie de réfléchir... effectivement il y a plein de plantes qui ne supportent pas les embruns ou l'atmosphère salée de la mer... ça peut être un facteur très limitant...

Il faudrait se tourner vers des végétaux qui sont résistants à ces embruns.

Je pense qu'il y a pas mal de choux comme le chou maritime notamment qui est une plante perpétuelle qu'on peut très bien cultiver et qui résiste très bien aux embruns.

Une autre plante que je connais et que l'on peut cultiver en pot c'est l'éléagnus qui fait des baies comestibles et qui résiste très bien aux embruns.

Et...

Heu...

Comme ce n'est pas une problématique avec laquelle je me suis confronté, je n'ai pas beaucoup de réponses mais je pense qu'il faudrait se retourner vers ces plantes qui résistent bien à ces ambiances très salées.

Mais, effectivement, il n'y a pas beaucoup de légumes qui aiment l'air marin.

C'est un des problèmes quand on vit près de la côte... après on peut peut-être se protéger de ces embruns en faisant des haies mais bon ce n'est pas évident vu que c'est une atmosphère globale...


Fabrice : oui, son balcon est dos à la mer et comme tu dis, c'est global...


Damien Dekarz : Alors justement c'est l'occasion d'être hyper créatif, de sortir des légumes classiques et d'aller voir dans son coin, dans sa ville ou dans son quartier des gens qui ont des potagers et observer ce qui pousse bien.

Il y a probablement des gens qui font pousser quelques légumes...

Et sinon il y a des plantes qui résistent bien aux embruns et je pense qu'en faisant quelques recherches sur internet...

Chou maritime, éléagnus, et il doit y en avoir plein d'autres !


Fabrice : J'avais vu dans une de tes vidéos que tu associais le haricot grimpant avec la tomate (pour que le haricot tuteur la tomate sans avoir à le faire soi-même...).

J'ai essayé et ça marche plutôt bien mais je pense qu'il faut bien gérer le moment où tu sèmes le haricot.

J'ai semé un peu tard (il faut de la chaleur et du soleil pour que le haricot germe bien)...

Est-ce qu'il y a des variétés de haricots mieux adaptées à certaines tomates ?

Vu que chaque tomate à un port différent...

Ou est-ce que pour toi ça a toujours bien marché ?


Damien Dekarz : Alors c'est vrai que des fois il y a des haricots grimpants qui sont trop volumineux.

Là, j'en ai un que j'aime bien et qui est très très productif.

C'est le haricot "sabre" et il fait de très beaux haricots un peu grands.

Il a tendance à être très "envahissant" mais par contre il peut être bien pour attacher une tomate et, quand il devient "trop grand", on peut le guider pour qu'il sorte du pot et qu'il monte sur le mur, sur un grillage ou sur une autre plante de la terrasse ou du balcon.

Il n'est pas obligé de faire toute sa vie sur la tomate, il peut juste "l'enrouler" un peu et après, avec un bambou ou un tuteur, on l'envoie à l'extérieur.

...

Donc, j'aurais tendance à dire que le haricot sabre est un chouette haricot !

...

Et là ça me fait penser à un autre truc qui est un haricot vivace !

Peut être que tout le monde ne le connaît pas, c'est le haricot "orteil de précheur".

C'est un haricot à rames, grimpant et qui repart de sa souche... surtout quand on habite en ville ça peut être intéressant parce qu'il fait souvent moins froid qu'a la campagne (sa souche résiste à -10°C).

Donc on peut le semer une fois dans un pot, chaque année il va ressortir et va recommencer quoi !

...

Donc je réponds un peu à côté mais bon, t'as des pistes de réflexions 🙂

Les dernières questions...


Fabrice : Merci !

Pour les dix ans de la graine indocile, tu étais aux "rencontres nationales de la permaculture".

J'aurais voulu y être mais je n'ai pas pu... enfin bref, j'irais peut-être l'année prochaine !

Je voulais savoir à qui tu conseillerais ce genre d’événement... ?

Bon, on sait très bien que c'est pour les gens qui s'intéressent à la permaculture mais qu'est ce qu'on peut découvrir là-bas... ?


Damien Dekarz : Je dirais... cet événement ça plaît à certains et à d'autres ça ne plaît pas.

Il y en a qui vont vouloir voir des techniques de jardinage.

Ils vont aller aux rencontres de la permaculture et ils vont se dire mais ils font des rockets stoves, ils proposent des trucs sur l'énergie, les relations humaines, sur l'éco-construction.

...

Donc si l'on vient ne chercher que du jardinage, on peut être perdu dans ce genre de rencontres.

Par contre, si l'on n'arrive pas bien à comprendre en quoi la permaculture c'est autre chose que du jardinage...

...

Moi j'ai rencontré des gens qui comprennent que c'est une philosophie qui va plus loin que le jardinage mais concrètement ils n'ont pas saisi le truc !

Et le fait d'aller à ces rencontres nationales de la permaculture, ça permet de bien voir la globalité de la permaculture.

Peut-être que tu n'apprendras pas grand-chose sur le jardinage, mais t'auras vraiment une vision globale et en quoi la permaculture peut s'appliquer à tous les domaines qui entourent notre vie quoi !

C'est à la fois l'énergie, l'habitat, le sauvage et tout un tas d'autres choses que le jardinage.

Donc je le conseillerais à quelqu'un qui a envie de découvrir la globalité de la permaculture et qui a envie de passer un bon moment, parce que c'est sympa aussi 😉


Ok, on arrive sur les dernières questions...


Ok


Voilà, je voulais parler de ton livre rapidement.

Tu as sorti ton livre cette année qui s'appelle "la permaculture au jardin : mois par mois" et je voulais juste te dire que j'avais aimé le concept... en faite on n'avait jamais entendu "la permaculture au jardin" et je trouve que c'est vraiment le mot qui va bien !


Merci 🙂


Je voulais aussi parler de ton association qui propose des formations chez toi (au jardin du château d'eau) sur justement la permaculture en général et pas seulement sur le jardinage.

Où est-ce que l'on peut voir toutes les infos ?


Alors les infos pour tout ce qui est stage ou pour venir nous rencontrer et enfin tout ce qui est en rapport avec notre activité c'est sur le site de "la graine indocile".

Il y a un agenda que l'on met à jour régulièrement et on sort de temps en temps des petits articles...

Avant j'écrivais beaucoup d'articles et depuis que je fais des vidéos, j'ai arrêté d'écrire des articles mais il y en a encore de temps en temps mais c'est surtout des liens qui mènent vers des vidéos 🙂


Et c'est quoi le programme pour 2020 🙂 ?


Pour la saison 2020 on n'a pas bien réfléchi, généralement on prépare le programme de l'année en janvier...

On va essayer de faire plein de trucs gratos.

Des journées rencontres, des chantiers participatifs et d'autres trucs pour pouvoir échanger gratuitement avec des gens.

On va aussi faire un stage ou deux, parce que les stages on aime ça, c'est génial.

Heu... voilà, je n'ai pas le programme exact mais c'est un mélange de journées rencontres, de chantiers participatifs, de stages... et on va essayer de s'amuser...

Prendre soin de l'homme et prendre soin de la planète en s'amusant un peu quoi !


Ok...

...

et tu as quelque chose à ajouter ?


Heu je dirais... merci de cette interview c'était sympa et puis bonne continuation !

...

Moi ce que j'aime bien c'est qu'on fasse des choses en s'amusant et qu'on ne soit pas toujours dans la contrainte.

La vie nous impose souvent des trucs galères.

On nous dit qu'il faut travailler dur, que la vie est dure, etc.

Moi j'aime bien regarder le bon côté et de profiter de chaque instant.

Donc voilà, essayez de profiter de tout ce qui est beau dans la vie !

Voilà, c'est tout !


Ben merci 🙂


Merci à toi


 👋


Voilà, c'est fini !

Merci encore à Damien pour sa simplicité et pour l'inspiration qu'il partage depuis toutes ces années.


La chaîne Youtube de Damien Dekarz (pour les tutos et réflexions permaculturelles)


Son livre "La permaculture au jardin - mois par mois" (pour jardiner son potager toute l'année) > et par ici pour soutenir la librairie permaculturelle !


Le site de la graine indocile (pour les stages et les rencontres au jardin du château d'eau)

damien-dekarz-permaculture-urbaine-interview-pinterest


Partagez cet article à votre réseau de permaculteurs urbains !

Damien Dekarz et la permaculture urbaine, l’interview (1 ère partie)

Damien Dekarz et la permaculture urbaine, l’interview (1 ère partie)

A l'occasion du "PDC permaculture" auquel j'ai participé au jardin du château d'eau avec "la graine indocile", j'ai posé quelques questions à Damien Dekarz.

Si vous préférez l'audio, c'est juste en-dessous 👇


Si vous ne connaissez pas Damien Dekarz il serait temps d'aller faire un tour sur sa chaîne youtube "permaculture, agrécologie, etc..." !

C'est une mine d'or d'informations sur la permaculture et plus particulièrement sur la permaculture au jardin.

De mon côté, ça fait un bon moment que je suis sa chaîne et c'était important pour moi d'aller passer mon premier PDC à la graine indocile !


C'est avec grand plaisir que j'ai passé une quinzaine de jours à approfondir la permaculture au jardin du château d'eau et j'ai pensé que ça ferait plaisir à plus d'un.e d'entre vous si je ramenais une petite interview...

Et c'est chose faite !

Pour le moment c'est une retranscription à l'écrit mais je compte bien partager l'audio un peu plus tard (le temps que je trouve comment faire 🙂 ).

Pour moi qui ai l'habitude de travailler dans l'ombre derrière mon clavier cette interview audio fut l'occasion de sortir de ma zone de confort et je suis très heureux de partager ce moment avec vous.

Sur ce, bonne lecture !

Si vous préférer écouter la version audio, rendez-vous sur mon canal Telegram et recherchez "Damien Dekarz".

jardin-chateau-eau-graine-indocile
Le jardin du château d'eau...

Les présentations


Fabrice : Salut.


Damien Dekarz : Salut.


Fabrice : Heu... je suis super content de d'interviewer et en même temps je suis un peu stressé, impressionné...

Je te suis depuis un bon moment...

En faite, j'ai commencé à m’intéresser à la permaculture aux alentours de 2012.
A cette époque, sur internet, je lisais quelques articles et il n'y avait pas grand sur Youtube mis à part la chaîne de "
Permalocale"...


Damien Dekarz : Exact...


Fabrice : Ensuite, j'ai découvert tes vidéos et j'ai tout de suite adhéré à ta pédagogie et je te suis depuis tout ce temps, du coup c'est un peu stressant mais voilà c'est cool... 🙂

Heu... et bah du coup je te laisse te présenter Damien !


Damien Dekarz : Ok et bien moi je m'appelle Damien, Damien Dekarz.

Généralement les gens me connaissent par rapport aux vidéos Youtube.

Je fais pas mal de vidéo sur ma chaîne "Permaculture, Agroécologie, etc..".
Je fais tout un tas de tuto ou juste des réflexions autour du jardinage et tout ce qui est permaculture (les énergies, etc...).

Donc les gens me connaissent surtout par ce biais là quoi.

Moi, je me considère plutôt comme un jardinier... heu... ouais... j'aime bien jardiner quoi, je suis un amoureux de la nature et j'aime bien jardiner.

Donc, je me considère comme un jardinier, voilà 🙂 !


Fabrice : Super.
Du coup moi aussi je me présente un petit peu.


Voilà, moi c'est Fabrice.
Il y a 2 ans j'ai commencé à écrire quelques articles sur un blog et comme je le disais ça fait longtemps que je m’intéresse à la permaculture.


En 2016, je n'avais pas de terrain et j'ai décidé de passer à l'action sur ma terrasse en construisant une petite serre et des jardinières en bois de palette, un lombricomposteur et j'ai ajouté plein de pots de fleurs.


Depuis, j'essaie de cultiver un peu de la graine à l'assiette...


J'aime bien jardiner moi aussi du coup !


...

Bon bah je vais commencer à te poser une première question.


Damien Dekarz : OK, 🙂


Fabrice : T'as récemment déménagé du sud de la France pour t'installer en Corrèze.

Quelles sont les nouvelles difficultés que tu as rencontrées ici par rapport à...


Damien Dekarz : A où j'étais avant ?


Fabrice : Oui 🙂


Damien Dekarz : Heu, bah pour le moment je trouve que c'est beaucoup plus facile en faite.

J'étais dans le sud (plus précisément dans le Var) et c'est un des départements les plus secs de France.

L'eau c'est un des éléments les plus importants et là où je suis maintenant (même si partout en France c'est de plus en plus sec), j'ai quand même plus d'eau que dans le Var.

Donc, du côté de l'eau c'est plus facile et j'ai aussi plus d'espace.

...

En faite dans le Var, le jardin était plus petit, etc...

...

Donc ici j'ai plus d'espace, plus de bâti et je trouve que j'ai plus de facilité en Corrèze que dans le Var !

...

Et si je devais réfléchir à des difficultés, je dirais qu'ici j'ai moins d'ensoleillement (moins d'heure de soleil) et du coup je dois adapter mes légumes (qui étaient aussi habitués à la sécheresse), à leur nouvel environnement.

Par exemple là on est mi-septembre, hier il y a eu des gelées et mes courgettes sont mortes de froid.

Ce sont de nouveaux petits problèmes que je n'avais pas avant.

Mais on va dire que si je dois peser le pour et le contre, il y a plus d'avantages maintenant à être ici quoi.


Fabrice : D'accord, super.

Et je me souviens dans tes vidéos où tu montres un peu ta maison dans le Var, on y voit qu'elle était plus ou moins connectée avec l’environnement.


Il y avait la serre qui réchauffait la maison l'hiver quand le soleil était bas et la forêt qui offrait un microclimat été comme hiver.


Du coup c'était super sympa !


Est-ce qu'en Corrèze tu comptes aussi créer des connexions entre ton habitat et l'environnement ?


Damien Dekarz : Alors, effectivement comme tout était petit dans un petit milieu, tout était très rapidement connecté (comme tu dis la serre, la maison, les arbres autour qui protègent du vent et le potager était collé et tout ça...).

Là, comme c'est plus grand et plus espacé, les connexions sont plus longues à faire.

Et heu... ouais je pense qu'à termes...

...

En faite sur ma maison on va refaire la toiture et une fois que ce sera fait, je vais faire courir des vignes et du kiwi sur les murs.

Je vais garder l'eau de pluie pour faire des mares et, à terme, j'aimerais qu'il y ait autant de connexions, voire plus, mais effectivement c'est plus long à mettre en place et ça ne fait qu'un an (presque 2) qu'on est là.

A terme, le rêve c'est que tout soit interconnecté et que le moindre centimètre de maison soit utile pour produire quelque chose au jardin ou récolter de l'eau.

Il y a plus de chose à faire, on attaque plein de petits trucs en même temps et avant que tout soit connecté...

Mais quand ce sera tout connecté on arrivera sur quelque chose qui sera encore plus résiliant et efficace.

En tout cas j'espère !

Permaculture urbaine


Fabrice : En tout cas pour avoir vu le jardin du château d'eau, il y a quand même de bonnes choses de faites et surtout beaucoup de choses de faites 🙂 en si peu de temps !

...

Y'a-t-il eu un moment où tu n'avais pas de terrain et où tu cultivais dans des pots de fleurs ou des jardins partagés ?


Damien Dekarz : Oui, j'ai vécu en ville pas mal de temps et j'avais des plantes en pots mais très très peu.

Et depuis que je m'intéresse vraiment à la permaculture et à la production alimentaire en général, j'ai toujours eu des jardins.

Mais je me suis beaucoup intéressé à la permaculture urbaine parce que je sais qu'il y a beaucoup de gens qui vivent en ville.

Et si en ville on pourrait produire ne serait-ce qu'un tout petit peu d'alimentation...

Si on a un balcon, une terrasse ou un tout petit bout d'extérieur c'est génial !

Même si on ne va pas devenir autonome au niveau alimentaire avec une terrasse de 20 m², ne serait que si l'on produit un peu de tomate, d'aromatique (basilic, persil, etc...), c'est déjà ça de gagné !

Si en plus on met un hôtel à insecte, on va protéger la biodiversité en ville.

...

Il y a des gens qui font de l'apiculture en ville.

Il y a aussi de plus en plus de jardins partagés, des parcs...

Ca vaut le coup, à mon avis, d'avoir une réflexion sur tous ces parcs pour les rendre plus permacols et productifs.

Donc, c'est un sujet qui m'intéresse énormément mais pour le moment je ne suis pas forcément des plus efficaces vu que j'ai accès à la terre.

J'ai d'autre chose à faire que cultiver dans des pots de fleurs mais pour moi c'est un sujet hyper important.

C'est même un sujet clé !

En ville, il y a moyen de faire de la permaculture et plus il y aura de gens qui en font et mieux ce sera.

Produire sur des petits espaces, à mon avis c'est un des trucs important que la permaculture peut permettre de faire !

...

🙂 je ne sais pas si j'ai bien répondu à ta question...


Je ne sais pas non plus 🙂

Et ouais, moi aussi ça me parle beaucoup et pour en revenir à mon exemple, j'habitais en ville et je m’intéressais beaucoup à la permaculture.

Je n'avais pas de terrain pour expérimenter et (la terrasse), ça a été un bon moyen pour faire mes premières expériences...

En tout cas, je pense que c'est un bon moyen pour voir si le jardinage ça vous plaît !

Et je trouve que plus j'avance, plus je me rend compte qu'en mettant en place un système plus ou moins autonome, plus j'ai de temps pour partager.

C'est ce qui m'a permis cette année de lancer un jardin partagé parce que j'ai un peu plus de temps et j'ai envie de faire davantage.

...

C'est un cercle vertueux...

...


Carrément, ça se développe de plus en plus avec les jardins partagés et en plus de produire de l'alimentation, on crée (ou en tout cas on "recrée") du lien en ville.

En ville, il y a du monde mais les gens ne se parlent pas forcément.

Dans un jardin partagé, les gens se parlent donc c'est une façon de refaire le monde en discutant autour d'un plant de tomate qui pousse.

Je pense que c'est tout aussi important ( en plus de la production alimentaire ) de remettre du lien humain dans les villes, de faire les choses ensemble.

Ca me paraît vraiment un des trucs clés ces jardins partagés.


Ouais...

J'ai aussi l'impression qu'il y en a de plus en plus.


Les gens ont envie de jardiner et de se reparler un peu plus...


....


Et du coup, comment as-tu découvert la permaculture ?


Euh, en faite j'ai toujours été passionné par le jardinage, l'environnement, l'écologie, tout ça tout ça...

J'ai découvert le mot "permaculture" en 2009 quand ma compagne est tombée enceinte.

On a eu envie de faire un retour à la terre, de se poser quelque part et de produire notre alimentation.

Donc je me suis intéressé aux modes de culture qui étaient le plus écologique on va dire... et je suis vite tombé sur les cultures sur buttes.

Et quand on commence à tomber sur la culture sur butte il y a le mot permaculture qui arrive assez vite !

Donc au début on s'imagine que la permaculture c'est de la culture sur butte et en faite c'est bien plus grand que ça.

...

Mais en tout cas, ma première découverte c'était en recherchant un truc comme : "comment jardiner de façon écolo" et j'ai lu des articles, des bouquins, etc...

...

En tout cas c'était aux alentours des années 2009 où j'ai découvert le mot permaculture.

Mais j'avais beaucoup voyagé, en Amazonie notamment, où des gens pratiquent déjà la permaculture sans forcément connaître le mot...


Ok.

Merci.

...

Si tu n'avais qu'un balcon ou une terrasse, comment tu t'y prendrais pour faire du jardinage dans l'esprit "permaculture" ?


Quelles seraient tes "préférences"... ?


Déjà, je cultiverais des plantes que j'aime bien manger.

Donc je ferais probablement des tomates parce que je sais que ça pousse bien en pot et c'est un truc sympa à manger.

Et quand on les produit soit-même c'est chouette.

Et je pense que je ferais aussi pas mal d'aromatiques parce que ça n'a pas besoin de grands espaces.

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J'essaierais de réfléchir à comment capter l'eau de pluie.

Tout le monde ne peut pas mais parfois on peut capter un peu d'eau de pluie avec les gouttières... ça dépend comment est agencée la terrasse...


Et il faut aussi prendre en compte le poids qu'elle peut supporter...


Exactement.

Il y a des limites de poids à ne pas dépasser (se renseigner auprès du propriétaire ou de l'architecte).

Mais je pense que je ferais des cultures en jardinières et en "cultures en lasagnes" parce que ça ne pèse pas très lourd.

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Tu mets un peu de paille avec de la tonte par-dessus, ça pèse pas très lourd et ça marche bien bien en pot.

J'essayerais aussi de faire une place pour la biodiversité avec par exemple un bout de bois percé pour accueillir les abeilles solitaires et des fleurs pour les butineurs.

En tout cas, j'essayerais de "produire" aussi de la biodiversité !

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En gros c'est ça quoi.

Après c'est au cas par cas car chaque lieu est unique...


Penses-tu qu'il y a des plantes mieux adaptées à la culture en pot de fleurs ?


En pot, ce que moi j'ai essayé et qui fonctionne bien c'est tout ce qui est légume feuille, la salade quoi.

Blette ça marche bien.

Tomate aussi.

Dans des grands pots on peut aussi faire courir des courges mais il faut vraiment avoir un pot plus important on va dire.

Et puis tous les aromates, basilic, thym, romarin, persil, etc...

Ca n'a pas besoin de grands espaces et la tomate pour moi c'est un classique qui marche bien en pot.

On peut même faire des tomates suspendues si on a peu de place au sol.

On fait pendre une tomate à un pot suspendu ça marche très bien.


Effectivement, optimiser la culture à la verticale c'est important.


Oui, utiliser un maximum la verticale en utilisant du grillage.
Un mur ça peut permettre de faire grimper une plante.


Et ça fait de l'ombre...

Oui, ça dépend comment c'est agencé mais effectivement on peut faire une petite tonnelle.

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J'ai une question un peu technique... je sais pas si ça vaut la peine mais on va essayer, allez !


Comme tu en as parlé, j'ai essayé la culture en lasagne en pot de fleurs et ça fonctionne bien.


Ca donne un pot de fleurs "vivant" avec des vers de terre et ça pousse super bien.
Il y a quand même un problème.


C'est au niveau des mycorhizes (le réseau de champignons dans le sol).


C'est important d'en avoir.


Ca permet de mieux retenir l'eau et de faire des échanges entre les plantes, etc..
Et je me pose a question "comment faire des liens mycorhiziens entre les pots" ? (ce qui est peu probable).


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Je sais que la famille des rosacées favorise un peu plus les mycorhizes que les autres familles...


En faite les mycorhizes connectent les racines de 2 façons : soit en "entourant" la racine, soit en pénétrant légèrement à l'intérieur.


Ceux qui pénètrent les racines sont dit "endomychorizes" et ce sont généralement les plantes de la famille des rosacées qui connectent avec ces champignons.


Et c'est justement la famille des fraisiers.


...

Du coup cette année j'ai essayé de faire courir des fraises des bois entre mes pots pour voir le résultat mais j'ai malheureusement eu quelques problèmes avec des fourmis ce qui a un peu fossé mon expérience....


Voilà, je voulais savoir ce que tu en pensais, surtout au niveau des endomychorizes.


Est-ce que tu en saurais un peu plus que moi ? (#questionpiege).


Je pense que pour qu'il y est une bonne connexion mycorhizienne, il faut quand même que ça passe par le sol.

Même si ton fraisier est connecté aux mycorhizes, il n'y a pas de sol qui relit tes pots.

Donc potentiellement, ce que je ferais pour connecter toutes mes plantes en pots, je fabriquerais une jardinière en longueur et j'y planterais tous les pots que j'ai déjà.

Et du coup ça ferait une jardinière où tout est connecté.

Mon fraisier serait connecté à ma tomate parce que c'est dans la même grande jardinière au lieu d'être en pot et séparé.

Et pour ramener les mycorhizes, j'irais en forêt pour ramener des poignées d'humus, des poignées de bois pour ensemencer tout ça et même pourquoi pas mettre une ronce sans épines avec les fraisiers.

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Ouais...

Je pense que je ferais de grandes jardinières pour connecter tout ça.

Elle peut être très fine, par exemple le long de la terrasse ou le long d'un mur avec quelques planches de coffrage.

En tout cas c'est comme ça que je ferais...

En sachant bien sûr que c'est limité vu qu'on est en pot mais c'est quand même un petit plus !


Pour la suite de l'interview, c'est par ici...

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