L'autonomie alimentaire, un concept qui résonne avec une pertinence accrue dans nos sociétés modernes, trouve ses racines dans une pratique à la fois simple et essentielle : le semis. Comme l'évoque Ananda Cochet, président de Kokopelli, « une graine de laitue, quand vous la laissez monter en graine, va vous donner entre 8000 et 12000 graines ». Ce pouvoir multiplicateur des graines n'est pas seulement fascinant, il est également fondamental pour comprendre pourquoi le semis est au cœur de l'autonomie véritable en jardinage.
Kokopelli, une association connue pour sa défense des semences libres et reproductibles, symbolise cette lutte pour l'indépendance alimentaire. À travers la préservation des semences anciennes, Kokopelli nous rappelle que le choix des graines que nous semons détermine non seulement la qualité de notre alimentation mais aussi notre capacité à être autonomes et résilients face aux systèmes agro-industriels dominants.
L'autonomie par les graines
Parler d'autonomie par les graines, c'est reconnaître un pouvoir immense logé dans de petits embryons végétaux. Chaque graine plantée est une promesse d'abondance future, une assurance contre les aléas du marché et une porte vers l'expérimentation et la diversité cultivée. Comme le montre l'exemple de la multiplication des graines de laitue, partir d'une seule graine et aboutir à des milliers représente non seulement une économie substantielle mais aussi une expansion de notre liberté de cultiver ce que nous désirons.
Choisir ses graines devient alors un acte de résistance et d'émancipation. En sélectionnant des variétés anciennes et reproductibles, le jardinier se dote des outils pour renouveler ses cultures année après année, sans dépendre de fournisseurs externes. Le stockage des graines est également crucial : savoir les conserver dans des conditions optimales garantit leur viabilité sur le long terme et sécurise une indépendance vis-à-vis des cycles commerciaux des semenciers.
La permaculture et les pratiques de semis naturel viennent enrichir cette démarche. En adoptant des méthodes qui favorisent la biodiversité et qui s'adaptent aux cycles naturels, les jardiniers peuvent optimiser leurs récoltes et réduire leur impact sur l'environnement. Le semis, loin d'être une simple étape technique, est un engagement vers un mode de vie qui respecte et valorise les cycles de la nature, tout en nous rendant maîtres de notre alimentation.
Dans les prochaines sections, nous explorerons plus en détail les distinctions entre les semences F1 et les semences anciennes, et nous offrirons des conseils pratiques pour les jardiniers amateurs désireux de se lancer dans cette aventure vers l'autonomie par le semis. Restons donc à l'écoute de la terre et des trésors qu'elle nous offre, un semis à la fois.
Les semences F1 versus les semences anciennes
Dans le monde du jardinage, la distinction entre les semences F1 et les semences anciennes reproductibles n'est pas qu'une question de terminologie, mais un choix fondamental qui influence la durabilité et l'autonomie des pratiques de jardinage. Les semences F1, issues de la première génération de plantes hybrides obtenues par croisement contrôlé de deux variétés différentes, sont souvent vantées pour leur vigueur et uniformité. Cependant, elles présentent un inconvénient majeur : elles ne sont pas stables sur plusieurs générations, ce qui signifie que les graines qu'elles produisent ne conservent pas les caractéristiques désirables de la première génération.
En revanche, les semences anciennes, aussi appelées semences reproductibles, permettent aux jardiniers de récolter leurs propres graines année après année, avec l'assurance que les plantes futures porteront les mêmes traits. Ce type de semence favorise la biodiversité, l'adaptation aux conditions locales et le développement de variétés plus résilientes aux changements climatiques et aux maladies. En choisissant des semences anciennes, les jardiniers non seulement soutiennent la diversité génétique des plantes, mais ils participent aussi à un mouvement plus large de souveraineté alimentaire et de résistance contre l'homogénéisation de l'agro-industrie.
L'utilisation de semences anciennes est donc un pilier de l'autonomie en jardinage : elle permet aux individus de se libérer des cycles d'achat annuels imposés par les grands semenciers et de cultiver une relation plus intime et informée avec le cycle de vie de leurs plantations. Cela renforce la connaissance écologique et le lien entre le jardinier et son environnement, rendant chaque jardin unique et profondément connecté à son écosystème local.
Conseils pratiques pour constituer son stock de graines
Pour le jardinier amateur souhaitant explorer l'autonomie par le semis, voici quelques conseils pratiques qui peuvent faciliter cette aventure :
Choisir les bonnes graines : Privilégiez les semences anciennes et reproductibles provenant de sources fiables comme Kokopelli ou d'autres associations qui garantissent la qualité et la traçabilité des graines. Lisez bien les descriptions pour choisir des variétés adaptées à votre climat et à vos conditions de sol.
Planification des semis : Organisez vos semis en fonction des saisons et des cycles de croissance spécifiques à chaque plante. Utilisez un calendrier de semis pour planifier à l'avance et assurez-vous d'avoir un espace adéquat pour les jeunes plants à mesure qu'ils grandissent.
Techniques de semis et de culture : Informez-vous sur les techniques spécifiques à chaque type de graine. Certaines peuvent nécessiter des conditions particulières comme le trempage préalable ou des températures spécifiques pour la germination. La rotation des cultures et l'association de plantes compatibles peuvent également améliorer la santé et la productivité de votre jardin.
Apprendre de chaque cycle : Chaque saison de croissance est une opportunité d'apprendre. Notez ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, et ajustez vos méthodes en conséquence. L'observation directe et régulière de vos plantes est cruciale pour détecter rapidement les problèmes et intervenir efficacement.
Partage et communauté : Engagez-vous dans des réseaux de jardiniers locaux ou en ligne pour échanger des conseils, des graines et des expériences. Les communautés de jardinage sont d'excellentes ressources pour l'apprentissage et le soutien, surtout pour les débutants.
En suivant ces conseils et en s'engageant activement dans le processus de semis, chaque jardinier peut progressivement développer une autonomie alimentaire et contribuer à une culture plus durable et résiliente face aux défis environnementaux et économiques contemporains. Le chemin vers l'autonomie par le semis est à la fois un retour aux sources et une exploration novatrice de nouvelles pratiques de jardinage.
Conclusion
Le voyage vers l'autonomie par le semis est non seulement un engagement envers une agriculture plus durable et respectueuse de l'environnement, mais également un acte d'empowerment personnel. En prenant le contrôle de la production de nos propres graines, nous reprenons en main notre alimentation, notre santé, et notre impact sur la planète. Ce processus n'est pas juste une série de techniques de jardinage; il s'agit d'une philosophie de vie qui encourage l'indépendance, la résilience et la créativité.
Tu rêves d'avoir un jardin luxuriant mais tu vis en appartement avec juste un petit balcon à ta disposition ? Ne t'inquiète pas, il est tout à fait possible de transformer cet espace restreint en un véritable écrin de verdure grâce à la succession écologique. Cette méthode, inspirée directement de la nature, te permet de créer un jardin qui non seulement survit mais prospère au fil des saisons, tout en demandant moins d'eau et d'entretien. Dans cet article, nous allons explorer comment utiliser les principes de la succession écologique pour maximiser l'efficacité de ton jardin de balcon et en faire un véritable oasis urbain.
Comprendre la succession écologique
La succession écologique est un processus naturel par lequel un écosystème évolue de manière progressive et prévisible. Dans la nature, ce processus peut débuter par une simple accumulation de lichens sur une roche et évoluer jusqu'à une forêt mature. Chaque étape attire et soutient différents types de vie végétale et animale, chacune préparant le terrain pour la suivante, jusqu'à ce que l'écosystème atteigne un état d'équilibre stable.
Appliquer ce concept à ton jardin de balcon signifie observer et comprendre comment les différentes plantes peuvent s'entraider, se succéder et créer un micro-écosystème durable. Par exemple, démarrer avec des espèces qui enrichissent le sol en nutriments essentiels peut préparer l'espace pour des plantes plus exigeantes plus tard dans la saison. Cela permet de créer un jardin qui s'auto-soutient largement, réduisant le besoin de fertilisants chimiques et d'interventions constantes.
Pourquoi est-ce bénéfique pour ton balcon ? En planifiant ton espace pour imiter ces progressions naturelles, tu peux:
Maximiser l'utilisation de l'espace : en superposant des plantes de différentes hauteurs et types, tu utilises chaque centimètre carré disponible, verticalement et horizontalement.
Réduire la maintenance : les plantes adaptées à un modèle de succession écologique sont souvent plus résilientes aux maladies et aux fluctuations climatiques, car elles font partie d'un système qui se régule naturellement.
Améliorer la santé du sol : les plantes de début de succession peuvent améliorer la structure et la fertilité du sol, ce qui bénéficie aux plantes qui suivent.
En utilisant la succession écologique, tu n'es pas simplement en train de planter un jardin; tu crées un écosystème miniature qui, avec le temps, deviendra de plus en plus riche et autonome. Ce processus enrichissant te permet non seulement de cultiver des plantes, mais aussi de soutenir un microcosme vibrant sur ton balcon, apportant une touche de nature directement à ta porte.
Premiers Pas : Observation et Planification
Avant de mettre la main à la terre, la clé pour réussir ton jardin de balcon est de commencer par observer et planifier minutieusement. Chaque balcon a ses propres caractéristiques uniques : orientation, exposition au soleil, abri contre le vent, et même des microclimats spécifiques qui peuvent influencer quel type de plante s'y épanouira le mieux.
Importance de l'observation
L'observation est ton meilleur outil pour comprendre les dynamiques spécifiques de ton balcon. Prends le temps de noter où et quand le soleil frappe directement, où l'ombre persiste, et comment les conditions changent avec les saisons. Si tu observes que certaines zones reçoivent moins de pluie ou sont plus exposées au vent, ces informations seront cruciales pour décider quelles plantes placent où. Par exemple, des plantes résistantes à la sécheresse peuvent être idéales pour les zones les plus arides, tandis que des espèces aimant l'humidité préféreront les recoins plus ombragés et frais.
Planification basée sur l'espace et les ressources
Une fois que tu as une bonne compréhension de l'environnement de ton balcon, il est temps de planifier. Utiliser la verticalité est une astuce précieuse : des structures comme des treillis ou des étagères peuvent te permettre de cultiver vers le haut, libérant de l'espace au sol pour d'autres plantes ou pour des activités de loisirs. Planifie aussi en fonction des ressources que tu peux fournir régulièrement, comme l'eau et le compost. La mise en place de systèmes pour récupérer l'eau de pluie peut être un atout majeur pour maintenir ton jardin hydraté sans gaspiller de l'eau potable.
Choix des végétaux et aménagement
La sélection des plantes et l'aménagement de ton balcon doivent être guidés par les observations et les plans que tu as réalisés (si t'as besoin d'un coup de main là-dessus, je te conseille cet article). Il est essentiel de choisir des plantes adaptées aux conditions spécifiques de ton espace pour assurer leur croissance et leur survie.
Conseils pour le choix des plantes
Opte pour des espèces qui non seulement s'adaptent bien à ton climat local et aux conditions spécifiques de ton balcon mais qui contribuent également à l'équilibre écologique que tu souhaites créer. Par exemple, les plantes indigènes sont souvent mieux adaptées et nécessitent moins de soins. De plus, pense à des plantes qui se complètent en termes de besoins et de bénéfices, comme celles qui attirent des pollinisateurs nécessaires à d'autres plantes pour la pollinisation. Pour commencer, tu peux aussi te tourner vers des plantes faciles à cultiver en pots.
Techniques pour optimiser l'espace et la fertilité
Pour maximiser l'espace et la fertilité de ton jardin de balcon, considère les arrangements qui permettent à plusieurs plantes de coexister harmonieusement. L'utilisation de pots de différentes tailles et hauteurs peut aider à créer un environnement diversifié, imitant la stratification naturelle d'un écosystème. Par exemple, tu peux planter des herbes basses devant des légumes plus grands, permettant à chaque plante d'accéder à la lumière et à l'air dont elle a besoin. Penser à la fertilité du sol est aussi crucial ; intégrer des plantes qui fixent l'azote dans le sol peut aider d'autres plantes à se développer plus vigoureusement.
En appliquant ces stratégies d'observation, de planification, de choix de plantes et d'aménagement, ton jardin de balcon ne sera pas seulement un espace de verdure, mais un véritable écosystème en miniature, où chaque élément joue un rôle crucial pour soutenir l'ensemble. Cette approche te permettra non seulement d'avoir un jardin beau et productif mais aussi d'apprendre et d'expérimenter continuellement avec la nature.
L'impact de la gestion de l'eau
L'eau est une ressource précieuse, surtout en milieu urbain où les surfaces imperméabilisées empêchent sa percolation naturelle. Une gestion efficace de l'eau est essentielle pour maintenir un jardin de balcon prospère, surtout pendant les périodes de sécheresse ou de restrictions d'eau.
Techniques pour maximiser l'efficacité de l'utilisation de l'eau
L'une des premières étapes dans la gestion de l'eau est de comprendre comment l'eau circule sur ton balcon. Observe où et comment l'eau de pluie s'accumule ou s'évapore rapidement. Utiliser des bacs à réserve d'eau ou installer un système de récupération de l'eau de pluie peut grandement améliorer la disponibilité de l'eau pour tes plantes. Pense aussi à des solutions comme le paillage, qui réduit l'évaporation de l'eau du sol, et à l'utilisation de substrats de culture qui retiennent mieux l'humidité.
Systèmes de récupération d'eau et leur importance pour la durabilité
L'installation d'un système de récupération d'eau peut être simple, comme l'utilisation de récipients pour collecter l'eau de pluie, ou plus élaborée, comme connecter des gouttières à des barils. Cela non seulement aide à réduire ta dépendance à l'eau du réseau mais encourage également une pratique de jardinage plus écologique. Dans certains contextes urbains, utiliser l'eau de manière responsable peut également contribuer à réduire les charges sur les systèmes municipaux de gestion des eaux pluviales.
Cultiver un potager avec succès sur un balcon
Faire pousser des plantes sur un balcon peut sembler défiante, mais avec les bonnes stratégies, tu peux créer un jardin florissant qui résiste aux défis du climat urbain et apporte de la beauté et de la biodiversité à ton espace extérieur.
Stratégies pour une croissance saine des plantes malgré les contraintes climatiques
Les plantes sur un balcon sont souvent exposées à des conditions plus extrêmes que celles du jardin terrestre — températures élevées dues à la réflexion du soleil sur les bâtiments, vents forts, et variabilité de l'humidité. Choisis des plantes résistantes et adapte les soins que tu leur apportes. Par exemple, des plantes qui peuvent tolérer des périodes de sécheresse sont préférables dans des zones exposées. D'autre part, l'utilisation de structures pour créer de l'ombre ou des barrières contre le vent peut aider à protéger les plantes plus vulnérables.
L'importance de la diversité des plantes pour la résilience du jardin
Un jardin diversifié n'est pas seulement plus agréable à voir; il est aussi plus résilient. La diversité des espèces végétales peut réduire les risques de maladies et de ravageurs, tout en favorisant un écosystème plus équilibré. Essaie de mélanger des fleurs, des herbes, et des légumes, en utilisant des plantes qui se complètent mutuellement en termes de besoins en nutriments et d'attraction pour les pollinisateurs. L'ajout de plantes qui attirent des insectes utiles peut aider à contrôler naturellement les populations de nuisibles et à améliorer la pollinisation de tes plantes.
En intégrant ces éléments de gestion de l'eau et de culture adaptée, tu optimises les chances de succès de ton jardin de balcon. Cela te permet non seulement de jouir d'un espace vert esthétique et productif mais aussi de participer activement à la création d'un environnement urbain plus durable et plus agréable à vivre.
Conclusion
En récapitulant les étapes et les stratégies que nous avons explorées, il devient évident que créer un jardin de balcon prospère en utilisant les principes de la succession écologique n'est pas seulement une activité agréable, mais aussi une contribution importante à un mode de vie plus durable. Voici les points essentiels à retenir et quelques encouragements pour continuer à expérimenter et à apprendre dans ton jardin de balcon.
Vous n'en avez pas marre de cette société individualiste ?
Nous sommes bientôt en 2024 et il n'a jamais été aussi urgent de faire bouger les choses.
Ça tombe bien. Le pouvoir d'action des communes s'affaiblit et les communautés de communes ont de plus en plus de responsabilités.
Une fenêtre de tir s'ouvre pour renverser le système.
Et si la transition écologique devait passer par la gestion citoyenne des espaces publics ?
Dans cet article, vous allez découvrir comment quelques artistes tentent de reprendre leur indépendance grâce à l'un des plus grands lieux abandonnés de France.
Aujourd'hui, les rues de nos villes ne servent plus qu'à se rendre d'un point A à un point B.
Trouver un espace public calme et ressourçant pour lire, pique-niquer ou se détendre est presque devenu mission impossible.
Et je ne vous parle même pas de la bizarrerie que c'est de parler ou même de sourire à un inconnu dans la rue !
Vers quelle société se dirige-t-on ?
Heureusement, il y a des citoyens qui ont le courage de se réapproprier l'espace public et des politiques qui leur laisse le libre accès en échange de l'entretien.
Je parle d'initiatives citoyennes comme les bibliothèques de rue, les composteurs partagés, les plantations citoyennes de forêts, les jardins partagés, les tiers lieux, etc…
Mais d'où vient ce besoin de s'approprier l'espace public ?
Appartenir à une communauté
Comme je vous le disais, plus personne ne se parle dans la rue.
Pourtant, depuis la nuit des temps, l'humain agit en communauté. C'est ainsi qu'il a réussi, entre autres, à se hisser au sommet de la chaîne alimentaire (rien que ça !).
La société moderne est si grande et si puissante qu'un individu n'a plus besoin d'appartenir à une communauté pour survivre. Chaque personne peut avoir son propre travail, son propre "rôle dans la société" et avoir, en contrepartie, la sécurité, une maison et de la nourriture (presque) sans dépendre de personne.
Mais je pense que tout ceci n'est qu'une illusion et ne tient qu'à un fil.
Je pense qu'il est vital de réapproprier les espaces publics pour, de nouveau, retrouver notre puissance d'action communautaire.
S'exprimer et communiquer
La deuxième raison pour laquelle nous avons besoin de nous approprier l'espace public, c'est parce que nous somme des animaux sociaux.
Mettre à disposition des lieux d'expressions dans les espaces publics participe à notre bien-être et notre santé mentale.
Nous avons besoin de réhabiliter l'art, sous toutes ses formes, dans l'espace public.
Nous avons également besoin d'inventer des lieux où la communication est libre.
Se ressourcer
L'humain moderne n'est pas une machine.
Il a besoin de repos. Physiquement et mentalement.
Il a besoin d'avoir accès à des lieux où il se sent connecté aux autres et à la nature.
Une vision de la gestion citoyenne
Des lieux où le citoyen s'installe pour tenter de développer une activité communautaire où l'on s'exprime et se ressource en rafistolant le truc avec 2 bouts de ficelles, j'en ai vu des dizaines et des dizaines.
Des friches artistiques, des jardins partagés, des poulaillers partagés (et oui, ça existe), des sites de compostage citoyens, des tiers lieux, des cafés solidaires, des salles de jeux, etc…
Parfois, je leur ai même donné un petit coup de pouce.
Parmi eux, il y en a un qui m'a définitivement donné envie d'écrire cet article, c'est le cas du sanatorium de Bergesserin.
Non pas que ce soit un exemple qui soit au-dessus des autres en termes de qualité ou de résultats, mais uniquement parce que j'ai un attachement particulier à ce lieu (et que j'y suis allé plusieurs fois cette année).
Le cas Bergersserin
Construit au début du 20e siècle, le sanatorium de Bergesserin était destiné aux femmes atteintes d'une maladie respiratoire très répandue à cette époque : la tuberculose.
Avec ces 10 000 m² de bâti, c'est le plus grand sanatorium de France.
Sa mise en fonction (dans les années 1950) fut retardée par sa longue construction et aussi par la deuxième guerre mondiale.
Et le comble, c'est qu'aussitôt fonctionnel, on découvre le remède contre la tuberculose !
Ce qui lui voudra d'être transformé et d'évoluer sous plusieurs formes d'établissements médicaux pour être finalement abandonné, presque du jour au lendemain, en 2008.
Personnellement, c'est en 2014 que je découvre le sanatorium.
A une période où je pratiquais l'exploration urbaine (l'urbex).
Moi qui adore la nature, c'est l'une des explorations les plus impressionnantes que j'ai pu faire à ce moment-là.
C'est presque 10 ans plus tard (en 2023) que je redécouvre le lieu sous une sorte de projet qui ressemble à ma vision de la gestion citoyenne.
Effectivement, en 2022, le sanatorium est revendu par la ville de Mâcon à l'Établissement public foncier de Bourgogne-Franche-Comté.
Et aujourd'hui, c'est la communauté de communes qui le met à disposition de 2 compagnies de théâtre et d'un brasseur sous le programme "Territoires d'Engagement".
C'est cool non ?
Mais il y a d'autres modèles qui permettent de se réapproprier l'espace public. Exemple : les tiers-lieux.
Les tiers-lieux
Les tiers-lieux sont "des espaces de compétences qui réunissent des collectifs de citoyens engagés pour leur territoire".
Encore une histoire de collaboration entre les citoyens et les politiques me direz-vous.
Un modèle qui fonctionne bien finalement !
La plupart du temps, un tiers-lieu est quasi quotidiennement ouvert au public.
C'est comme un bar où l'on va boire un verre en fin de journée.
Sauf que c'est géré en gouvernance partagée par les fondateurs (associations, entreprises, etc..) et les futurs usagers.
C'est un concept qui vient des États-Unis et qui fait un carton en France depuis quelques années.
Parfois, ce sont des bâtiments publics (à l'abandon ou construit uniquement dans ce but) et d'autres fois ce sont des bâtiments privés mis à disposition des fondateurs (moyennant date d'échéance, contribution financière ou autre…).
Les jardins partagés
Les jardins partagés s'inspirent aussi du même modèle, mais souvent à une échelle différente.
Un espace vert en friche qui appartient à la mairie. Des citoyens qui veulent jardiner. Et paf, ça fait des chocapic !
Je ne suis ni dans la tête d'un politique, ni dans ces affaires..
..mais ce que je comprends dans tout ça, c'est que tout le monde y gagne.
Comme vous l'avez certainement remarqué, dans cet article, je ne partage que mon ressenti par rapport à tout ça.
D'ailleurs, le terme de "gestion citoyenne" n'existe pas..
..on devrait plutôt parler de gestion participative. Mais que voulez-vous, j'aime bien inventer des mots !
Pourquoi les politiques favorisent la "gestion citoyenne" des espaces publics ?
Pourquoi les mairies, les communautés de communes, les communautés d'agglomérations, etc.. qui confient la gestion d'une partie de leurs espaces publics aux citoyens sont gagnants ?
1) L'entretien est moindre En échange d'avoir le droit d'y faire leurs activités, les collectifs entretiennent ces lieux, ou au moins une partie.
2) Ils sont moins responsables de la sécurité du lieu La plupart du temps, un lieu abandonné attire les squatteurs, les casseurs, les urbexeurs, etc…
En faisant revivre ces lieux, il y a potentiellement moins de visites clandestines et donc moins de risques d'accidents.
3) Ils créent des projets pour les citoyens Et.. quoi qu'on en disent.. les politiciens sont là pour divertir le peuple, non ?
Comment obtenir la gestion d'un lieu abandonné ?
Être porteur de projet demande beaucoup de temps et d'énergie.
J'ai moi-même lancé un "petit" jardin partagé dans mon "petit" village en 2019.
C'était long à démarrer et ça n'a pas du tout fonctionné comme je l'imaginais (merci le PFH).
Pour être franc avec vous, à l'heure où j'écris ces lignes, je ne sais pas encore si je vais publier cet article.
Avec mes histoires de gestion citoyenne, je vous promets monts et merveilles tout en sachant à quel point il est difficile de lancer ce genre de projet.
Tout en sachant que vous pourriez investir énormément de temps et d'énergie dans des projets qui pourraient vous passer le nez parce qu'un politique a décidé de récupérer le lieu pour faire un parking, des logements ou un centre commercial.
Mais si vous me lisez encore, c'est que tout ça vous parle.
Alors, permettez-moi de vous donner LE conseil à suivre pour mettre un projet de ce genre sur les bons rails.
Un collectif solide
Si vous avez repéré un lieu qui ferait l'affaire sur votre territoire et que l'aventure vous tente, commencez par créer une communauté.
Seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin.
Dans 5 ou 10 ans, quand on voudra vous reprendre le lieu, c'est grâce à votre solide communauté que vous pourrez faire la transition en douceur.
Alors, la première chose à faire, c'est de constituer un collectif SO-LIDE et MO-TI-VÉ.
C'est le meilleur conseil que je puisse vous donner.
Maintenant, c'est à vous de jouer.
Si vous voulez un petit coup de pouce, vous pouvez m'écrire ou intervenir dans l'espace des commentaires.
Si vous avez besoin d'un gros coup de pouce, vous retrouverez, en fin d'article, quelques liens vers des organisations qui peuvent vous accompagner.
Conclusion
A l'heure où j'écris ces lignes, nous sommes à quelques semaines de la généralisation du tri à la source des biodéchets (loi AGEC).
C'est-à-dire que les communautés de communes sont dans l'obligation de mettre à disposition des citoyens, des moyens de recycler leurs biodéchets (épluchures, restes d'assiettes, etc…).
Si dans votre projet, vous ajoutez une notion de compostage au service du citoyen ou des communes, vous leur apportez de la valeur.
En faisant preuve d'imagination, vous pouvez rapidement vous rendre indispensable.
Rien ne vous empêche de commencer par faire une demande auprès de votre communauté de communes pour installer un composteur partagé au pied de votre bâtiment.
Et rien ne vous empêchera de trouver des locaux par la suite, etc…
C'est Cyril Dion qui disait que la transition écologique se fera entre une étroite collaboration avec les citoyens, les politiques et les entreprises.
Et ce n'est pas parce que tout commence entre une étroite collaboration avec les politiques qu'il n'est pas possible de voir plus grand (rêvons un peu pour terminer cet article).
C'est justement ce que vient de nous démontrer L'Ecrevis à Annecy.
Cette association de bénévoles pour la transition écologique vient d'évoluer en SASU et a réussi à rassembler un peu plus d'un million d'euros pour devenir propriétaire de la maison dans laquelle elle était hébergée depuis 2018.
Certes, cette maison n'appartenait pas à l'État, mais à un particulier.
Rassembler autant d'argent pour continuer à avancer..
..elle est probablement là, la force du collectif.
Un bel exemple de réussite, vous ne trouvez pas ?
Quelques ressources pour se faire accompagner dans la gestion citoyenne
J'ai enregistré une version podcast de cet article, je te laisse découvrir ça juste en-dessous.
Vous avez un balcon, une terrasse ou un petit terrain ?
Vous songez à y aménager un jardin d'Éden, mais vous ne savez pas par quoi commencer pour faire le design ?
Vous passez des heures à réfléchir à l'endroit où vous allez mettre vos pots de fleurs et votre table à manger et vous n'arrivez pas à prendre de décision ?
Pourtant, vous aimeriez rapidement mettre en place votre petit jardin pour retrouver l'émerveillement et profiter de votre terrasse.
Dans cet article, vous allez découvrir comment vous mettre dans le bon état d'esprit, pour démarrer l'aménagement d'un petit jardin en pots ou en pleine terre, grâce au design en permaculture.
1/ Pourquoi faire un petit jardin ?
Un jardin désigné pour tous
Aménager un petit jardin en ville ou à la campagne est à la portée de tous.
Que ce soit pour jardiner avec vos enfants.
Que ce soit parce que vous n'avez pas le temps.
Parce que vous n'avez qu'une petite terrasse ou qu'un simple rebord de fenêtre.
Parce que vous êtes trop vieux ou vous avez des problèmes de santé.
Sachez une chose, la nature n'aura aucun mal à reprendre ses droits, même avec seulement quelques pots de fleurs.
À condition que vous lui laissiez un peu de champ libre !
Du champ libre ?
Moi-même, j'ai mis longtemps à intégrer cette notion de champ libre.
Pourtant, je jardine depuis tout petit et j'en ai même fait mon métier à une période de ma vie.
Le problème, c'est que j'ai appris à jardiner dans le contrôle.
Mais, je ne me suis jamais vraiment épanoui dans cette façon de faire..
..jusqu'au jour où j'ai lâché prise avec mon ancienne manière de jardiner.
Le champ libre comme premier pas pour faire le design votre petit jardin
C'est parce qu'il y a de l'espace vide et de la nourriture en abondance qu'une plante ou un animal s'installe à un endroit et prospère.
Lorsque vous laissez un champ libre sur votre terrasse ou votre jardin, il y a toujours des plantes, puis des animaux (abeilles, papillons ou autres) qui viennent s'installer, ou du moins, visiter.
La seule condition pour créer ce champ libre : le non-agir.
Si vous êtes constamment dans le contrôle de votre jardin ou de ce qu'il se passe dans vos pots, vous créez un déséquilibre en votre faveur.
Et la nature ne peut pas reprendre ses droits...
C'est simple, si vous voulez voir un peu plus de nature sauvage sur votre terrasse ou votre jardin :
1/ Délimitez et végétalisez un ou plusieurs espaces
2/ Décidez de ne plus intervenir
3/ Observez
Vous serez surpris de voir la nature reprendre ses droits !
Même un simple rebord de fenêtre peut vous aider à "jardiner"
Retrouver son rapport au vivant
Au-delà de vite végétaliser votre terrasse, j'aimerais vous inviter à avoir une réflexion sur votre "pourquoi".
Que ce soit en ville ou à la campagne, la nature a tendance à se faire de plus en plus rare.
Chaque jour qui passe, on construit et bétonne toujours plus de surfaces.
Aujourd'hui, débétonner pour jardiner n'est plus un luxe, mais un besoin (et d'autant plus en ville).
Avoir de la nature autour de nous, c'est ce qui nous ramène à qui nous sommes.
C'est ce qui nous ramène sur Terre quoi ^^
Faire un coin potager sur son balcon, son petit terrain ou rejoindre un jardin partagé nous reconnecte au vivant, mais aussi à la réalité du travail que c'est que de produire sa propre nourriture.
Connaitre le bon moment pour semer telle ou telle plante.
Faire germer et pousser les graines.
Repiquer, planter, arroser, prendre soin de…
Avoir des fruits et des légumes toute l'année en abondance au supermarché n'est qu'une illusion.
Un besoin d'ensauvager
Produire de la nourriture en ville est, selon moi, une utopie à l'heure où j'écris ces lignes.
Ce dont nous avons vraiment besoin, c'est un réensauvagement.
Pourquoi me direz-vous ?
Pour se reconnecter à qui nous sommes, mais aussi pour ne serait-ce que mieux comprendre le monde qui nous entoure et l'interdépendance qui nous y lie.
Je crois que nous sommes la seule société à avoir inventé cette idée que nous ne sommes pas tenus à avoir des égards envers le monde qui nous a fait. Le monde vivant nous a façonné dans toutes nos puissances. Notre corps, notre esprit, nos capacités émotionnelles, sensorielles, nos capacités à aimer nos proches, nos capacités d'émancipation proviennent de notre coévolution avec les autres espèces vivantes, avec nos milieux.Ces milieux nous ont fait et la quasi-totalité des cultures du monde sont au courant et conséquemment, elles ont des égards à l'égard de ce monde.Alors ce sont des égards qui prennent différentes formes et qui n'excluent absolument pas la possibilité de détruire son environnement.
Baptiste Morizot
La nature rend heureux et emphatique 😀
Selon une étude que j'ai découverte dans un livre de Rob Hopkins, le sentiment d'émerveillement qui donne généralement la chair de poule et que l'on peut ressentir face à un coucher de soleil, un arbre majestueux ou un monument, stimule la générosité, le comportement éthique, l'altruisme et la compassion.
Il a aussi pour effet d'améliorer notre santé.
Une autre étude (toujours découverte dans son livre) issue d'une célèbre revue mensuelle américaine démontre que le contact avec la nature apporte de nombreux bienfaits :
Diminution du stress
Amélioration du sommeil
Amélioration de la santé mentale
Réduction de la dépression
Réduction de l'anxiété
Sentiment de bonheur, de bien-être et de satisfaction de vivre
Diminution des comportements agressifs
Amélioration du développement de l'enfant (diminution du TDAH)
Augmentation du comportement prosocial (empathie vers les personnes en difficulté) et des liens sociaux
Baisse de la tension artérielle
Amélioration de la récupération après une opération
Résultats de naissance améliorés
Amélioration de l'insuffisance cardiaque congestive
Amélioration du développement de l'enfant (cognitif et moteur)
Amélioration du contrôle de la douleur
Réduction de l'obésité
Réduction du diabète
Amélioration de la santé générale
Réduction de la mortalité
Amélioration de l'asthme et des allergies
Amélioration de la vue
Amélioration des fonctions immunitaires
Une autre étude, complètement folle, démontre qu'un États-unien moyen passe 93 % de son temps soit entre quatre murs, soit dans un véhicule et que 75 % des enfants au Royaume-Uni passent moins d'une heure à l'extérieur.
En sachant que la directive de l'ONU préconise 60 min de temps passé dehors, chaque jour, pour un détenu de prison, on peut dire qu'un États-unien moyen et que la plupart des enfants du Royaume-Uni passent moins de temps dehors qu'un détenu de prison 😯
Bon.
Tout ça, c'est bien beau.
Mais vous n'avez pas rejoint cet article pour découvrir que la nature fait du bien non ?
Entre nous, vous le saviez déjà ?
Et si nous allions creuser dans cette grande discipline pleine de sagesse qu'est la permaculture pour vous aménager une oasis de verdure et retrouver votre pleine santé ?
Et plus précisément, dans le design en permaculture.
2/ Utiliser le design en permaculture pour aménager son jardin de balcon
Un design sur-mesure
Quand j'ai fait mon premier design en permaculture sur ma terrasse de 8m² en 2018, j'avais un premier objectif qui était de créer un espace intime et riche où je peux reconnecter avec le vivant.
À ça, se sont ajoutées mes valeurs minimalistes et écologiques, la permaculture, la transition écologique, etc...
Et même si mon élan de départ était de faire pousser des plantes potagères, de la graine à l'assiette, mon goût pour l'esthétique et mon amour pour la nature m'a aussi dirigé sur de belles plantes à fleurs et parfois comestibles comme l'ipomée, la capucine ou le cosmos.
À l'heure où j'écris ces lignes (été 2023), ça donne ça :
Un jardin en pots de fleurs, unique et qui me correspond.
Qui évolue et n'est jamais le même année après année.
Avec des plantes à fleurs, des plantes à fruits, des plantes aromatiques et une myriade de pollinisateurs aussi surprenant l'un que l'autre que je peux observer sur mes plantes en toutes saisons...
À quoi ça sert le design en permaculture ?
Ce que le design permet d'obtenir, c'est une notion artisanale.
Une notion de "fait à la main".
Une notion d'unicité.
Et c'est cette unicité-là qui crée un espace pour toute la biodiversité.
S'il existait qu'un seul modèle de jardin adapté à tous les endroits du monde, déjà ça se saurait, mais qu'en serait-il de la biodiversité si tous les jardins étaient les mêmes ?
Si tous les balcons étaient les mêmes ?
Je vous pose la question...
Quand je fais un design, je fais en sorte de créer une véritable connexion avec la personne à qui il s'adresse.
Je veux découvrir ce qu'elle recherche au-delà de simplement faire pousser des plantes.
Je m'intéresse à ses goûts, à ses besoins.
Souvent, ce sont des personnes qui veulent créer une oasis riche de vie dans laquelle elles peuvent retrouver le calme, l'inspiration et l'émerveillement.
Elles ont compris qu'elles ne deviendront pas autonomes en faisant pousser des tomates sur leur balcon.
C'est uniquement lorsque j'ai mis le doigt là-dessus que je passe à la conception.
Et c'est ça le superpouvoir du design.
Jardiner en permaculture c'est jouer à un jeu infini
À l'inverse du jardinage conventionnel où tous les jardins se ressemblent et se répètent, un jardin designé en permaculture est unique et résiliant.
Mais pourquoi les jardins conventionnels se ressemblent tous ?
Parce que le jardinage conventionnel vous fait jouer à un jeu fini qui consiste à vous battre contre la nature pour arriver à vos fins.
Lutter contre les mauvaises herbes et contre les pucerons pour protéger les plantes.
Utiliser des plantes F1 pour encaisser toutes ses "maltraitances".
Etc…
Rappelez-vous de ma façon de jardiner dans le contrôle dont je vous parlais au début de cet article.
Ici, on est en plein dedans.
...
Contrôler la nature dans le but d'avoir toujours plus de récoltes.
C'est bien, quand on est dans l'urgence et qu'on doit nourrir des millions de personnes..
..mais est-ce bien sérieux quand on veut juste faire un petit jardin sur son balcon en plein cagnard ?
Avec la permaculture, tout est différent.
Que ce soit dans une ferme ou sur un balcon, vous jouez à un jeu infini.
Vous ne vous battez pas contre la nature pour arriver à vos fins, mais vous mettez en place et entretenez des écosystèmes interdépendants qui vous mènent naturellement vers l'abondance.
Jardiner en permaculture c'est comme naviguer au fil de l'eau
Tout le monde pense que plus, c'est mieux. Pourtant, ce n'est pas toujours vrai. Par exemple, l'idée de mettre toujours plus d'engrais s'est révélée fausse. Ça a tué nos sols
David Homgren
Le jardinage n'est pas une science exacte.
Ce n'est pas parce que chaque année, vous semez, plantez et nourrissez vos plantes au même moment et de la même façon que vous aurez les mêmes résultats.
La météo change.
Le climat change.
L'état de nos sols aussi change...
Jardiner en permaculture n'est pas une énième méthode miracle, c'est juste une autre philosophie.
C'est comme si vous étiez sur une rivière, à bord d'un kayak, avec une pagaie.
Vous ne pouvez pas choisir la vitesse ni la direction du courant.
Pour vous diriger, vous pouvez seulement anticiper au mieux les événements qui se présentent à vous...
Pour résumer cet article jusqu'ici, commencez par créer un champ libre pour pratiquer l'observation et laisser de la place à la nature. Ensuite, déterminez pourquoi vous voulez un jardin sur votre balcon. Enfin, oubliez les méthodes de jardinage. Ce qui compte, c'est qui vous voulez devenir. C'est la façon dont vous allez jardiner. C'est vous qui êtes au centre de votre design et de votre jardin. Vous voulez devenir un simple consommateur de jardinerie ou un véritable jardinier en permaculture ?
Fabrice, pour le potager minimaliste.
3) C'est quoi être un bon jardinier en permaculture ?
Les 5 compétences techniques du permaculteur
Le semis de graines
La plantation
L'arrosage
La taille
La multiplication végétale
Ce sont ces compétences qui m'ont permis et vont vous permettre de devenir un bon jardinier.
Pas les graines F1, les désherbant et les engrais chimiques.
Pourquoi elles sont si importantes ?
Parce qu'elles donnent des retours réguliers, précis et rapides sur ce que vous faites.
C'est simple : plus vous les pratiquez et les améliorez, plus vous progressez.
Les égards envers la nature
Nous sommes dans une société où nous avons inventé l'idée que nous ne devons rien à la nature.
Ni aucune considération, ni aucun respect, ni même aucun égard…
Pour retrouver votre place au sein du vivant, vous voulez retrouver cet égard envers la nature.
Vous voulez lui redonner de la place.
Mais attention ! Il ne suffit pas d'avoir un égard.
"Faire un geste pour la nature" ne suffit pas.
L'égard n'est qu'un premier pas.
Certains égards peuvent avoir des effets collatéraux néfastes pour l'environnement.
Par exemple, mettre des ruches en ville par d'un bon postulat.
Mais aujourd'hui, on se rend compte que ces abeilles font de la concurrence aux abeilles sauvages et les mènent à leur déclin...
En fait, vous voulez ajuster ces égards pour qu'ils soient en cohérences avec l'écosystème et qu'ils l'aident à aller vers la régénération et les objectifs que vous vous êtes fixés pour votre design...
Ce qui nous mène enfin au chapitre 4 :
4) 3 notions clés en design pour démarrer l'aménagement de votre petit jardin
I) Mettre en valeur l'imperfection
Comme vous l'avez certainement remarqué, le but de cet article n'est pas de vous transmettre une méthode de design en permaculture ou "15 astuces miracles" pour aménager votre balcon ou votre petit terrain (si vous êtes curieux, j'ai déjà écrit un article dédié à ma méthode de design en 5 étapes), mais plutôt de vous inviter à ralentir et de vous donner quelques pistes pour appréhender l'aménagement de votre petit jardin différemment.
Il existe une ribambelle de méthodes de design en permaculture et j'ai remarqué qu'elles avaient toutes un point commun : la première étape qui consiste toujours à observer.
Observer avec vos yeux, avec vos oreilles et avec votre nez (et à moindre mesure avec vos mains et votre bouche).
Pour vous inviter à faire vos premières observations, on va s'inspirer d'un mouvement japonais qui s'appelle le wabisabi (pas le wasabi hein !).
Le "wabi-sabi" est un concept qui célèbre la beauté imparfaite, éphémère et naturelle des choses, en mettant l'accent sur la simplicité, l'austérité et l'acceptation de l'usure et de l'imperfection.
Exemple concret.
Imaginez que vous avez une grosse gouttière moche qui traverse votre balcon.
Maintenant, imaginez que cette gouttière vous empêche de mettre une table, une chaise ou un bac à fleurs.
Vous pourriez très bien la maudire et tout faire pour la cacher ou même la supprimer.
Et bien, en suivant la philosophie du wabisabi, vous êtes invité à la mettre en valeur en peignant quelques symboles colorés dessus (comme des fleurs par exemple).
Ou en faisant carrément grimper des plantes tout du long...
Vous pourriez faire la même chose si vous avez une fissure contre le mur ou une rambarde toute rouillée.
(attention tout de même à ce que votre balcon ou votre barrière ne s'écroule pas !)
Vous avez capté le truc ?
Le but des premières observations que je vous invite à faire ici, c'est de lister les imperfections et essayer de trouver des moyens de les mettre en valeurs au lieu de vouloir les cacher systématiquement.
II) Poser les limites de votre petit espace
Dans ce deuxième exercice, vous allez chercher les limites.
Souvent, on s'imagine que les limites entravent la liberté, alors que c'est tout le contraire : sans limites, il n'y a pas de liberté.
...
Quand je parle de limites, je parle bien évidemment des limites géographiques de votre jardin, mais aussi de ses contraintes (que ce soient celles de votre jardin ou les vôtres d'ailleurs !).
Lister les limites nous aide à trouver des idées et des solutions.
Exercice :
Faites la liste de toutes les contraintes et limites de votre espace de jardin (et pareil pour vos contraintes et limites personnelles).
...
C'est bon ?
Maintenant, essayez de trouver une ou plusieurs solutions à chaque limite et contrainte.
Se poser des limites et des contraintes n'est pas quelque chose de négatif, au contraire, ça vous donne un cadre pour avancer.
Dernière chose...
La prochaine fois que vous vous surprenez à vous demander ce que vous voulez faire pour végétaliser votre balcon, demandez-vous ce que vous ne voulez pas ou plus faire..
..et vous me donnerez des nouvelles de toutes les idées qui en ont découlé.
Voici une des façons dont j'ai appliqué ce concept sur ma terrasse : la terre de ce bac que j'ai récupéré d'occasion sèche très vite. Au lieu de me plaindre que rien n'y pousse et de m'en débarrasser, j'y ai planté de la vigne et du thym et je suis très content de l'ombre et des condiments qu'ils m'apportent
III) Faire circuler les flux d'énergie dans votre petit jardin
En tant que designer en permaculture, notre travail est de retenir l'énergie dans l'écosystème et de la faire circuler jusqu'à ce que tous les besoins fondamentaux soient satisfaits et de manière à assurer la croissance, l'entretien et la reproduction de tous les composants vivants.
Bill Mollison, co-créateur de la permaculture.
La manière dont nous parlons de l'énergie outrepasse les lois physiques.
On parle souvent de production ou de consommation d'énergie.
C'est une mauvaise manière de parler de l'énergie.
L'énergie est un flux qui ne peut pas être stocké.
Un flux que vous devez faire circuler au sein de votre petit jardin, notamment grâce à son design.
Quelques exemples d'énergies :
L'eau
La fertilité
La lumière
Le vent
Le végétal
La production de nourriture
L'émerveillement...
On pourrait dire que récupérer l'eau de pluie dans un bidon est une manière de stocker l'énergie..
..mais c'est faux.
Ce n'est qu'une manière de retenir l'énergie...
De la ralentir.
Vous ne pouvez pas retenir l'énergie de l'eau indéfiniment dans votre bidon !
5) Démarrez l'aménagement de votre petit jardin dès que possible !
Mettez de la vie autour de vous
Comme je le disais un peu plus haut dans cet article, c'est parce qu'il y a de l'espace vide ou de la nourriture en abondance qu'une plante ou un animal s'installe à un endroit et prospère.
Le problème si vous commencez l'aménagement de votre petit jardin sur un balcon, c'est qu'il n'y a quasiment pas de vie !
Réfléchir au design d'un jardin dans lequel il n'y a pas un peu de vie, c'est comme vouloir faire un design de jardin sur la lune.
On manque d'informations sur l'écosystème déjà présent.
Pour démarrer la phase d'observation et en tirer des conclusions, vous avez besoin de ces informations.
Et pour avoir ces informations, vous devez mettre de la vie.
...
Ne serait-il pas temps d'ajouter un premier pot de fleurs, un premier abri à insectes et de semer vos premières graines ?
Mais attention, n'oubliez pas de commencer petit !
Sur ce, si vous avez des questions ou juste envie de me remercier pour ce loong article, il y a l'espace des commentaires un peu plus bas.
Merci pour votre temps !
Faites appel à mes services pour designer votre petit jardin en permaculture
La nature a besoin de temps, pensez à débuter vite et n'oubliez pas de commencer à petite échelle.
Le principe de permaculture n°9 de David Holmgren dit : "Utiliser des solutions lentes et à petite échelle".
Si vous êtes vraiment pressé, pensez minimalisme et mobilité.
Les éléments démontables et mobiles sont la clé pour débuter rapidement.
Et pour que je vous accompagne dans cette belle aventure qu'est le design en permaculture, vous pouvez me contacter ici.
Cet article peut aider un ami ? Pensez à le lui partager et à laisser un commentaire pour soutenir mon travail.
Au travers de cet article, je répond à une question de François posée dans cet article au sujet de l'arrosage en temps de pluie…
Sa question est la suivante :
"À part l’évaporation, quelle est la raison pour laquelle il est contre-productif d’arroser quand il y a du soleil ? merci"
Alors il y a plusieurs points que j'aimerais développer par rapport à votre question et je vais essayer d'être pédagogue tout en allant à l'essentiel.
L'inconvénient principal de l'arrosage en plein soleil..
..c'est le risque de cramer vos plantes !
Lorsque vous arrosez vos plantes, il y a généralement de l'eau qui va se déposer sur les feuilles.
En plein soleil, cette eau va provoquer un "effet loupe".
Ce qui peut provoquer des brûlures sur vos plantes.
Au fur et à mesure du temps, ces brûlures deviennent fatales pour vos plantes car elles court-circuitent leur fonctionnement (blocage de la photosynthèse, de la circulation de la sève, etc…).
Mais ce n'est pas tout, il y a un autre problème quand on arrose en plein soleil.
Ce problème, c'est le lessivage.
Est-ce qu'une plante boit au soleil ?
Quand je parle de lessivage, je parle de perte de nutriments et de minéraux qui sont présents dans le sol et qui se dissoudent dans l'eau d'arrosage.
(on reviendra plus tard sur cette histoire de dissolution)
Ce que j'aimerais pointer du doigt ici, c'est l'incapacité de la plante à boire quand il fait soleil..
..et plus précisément quand il fait chaud.
Ne me demandez pas pourquoi, mais j'ai remarqué que quand il fait chaud, les plantes sont presque incapables de boire.
Elles rentrent dans une sorte de méditation transcendantale et attendent généralement que les températures baissent (la nuit) pour mettre en marche leurs racines.
C'est la raison pour laquelle, en été, il est conseillé d'arroser le matin ou la nuit.
Ce sont à ces moments-là qu'elles ont le plus de facilité à absorber de l'eau et qu'il y a beaucoup moins d'évaporation (ça doit aussi être lié à la température de la terre qui doit jouer sur le fonctionnement des racines).
MISE À JOUR : Tout ça n'est que mon ressenti après des années d'observation.
Quand bien même, lorsqu'une plante se trouve toute flétrie en plein soleil à 35°C dans un terreau complètement sec, un bon coup d'arrosage peut lui sauver la vie !
La capacité de rétention du terreau
Autre chose sur laquelle j'aimerais revenir par rapport à l'arrosage en pot de fleurs :
La qualité de la terre.
Le problème avec les jardins en pots c'est l'utilisation de terreau.
Le terreau, ce n'est pas de la terre.
C'est de l'assemblage de matières organiques (tourbe, compost, etc…).
Ce mélange est beaucoup plus sensible au lessivage que la terre (la terre est le résultat de la décomposition des matières organiques de la vie du sol).
C'est la raison pour laquelle je vous conseille de faire attention à vos arrosages.
Des excès d'arrosages (que ce soit au soleil ou pas) peuvent rapidement entraîner le lessivage des nutriments et des minéraux de votre terreau.
Ce qui le rend plus rapidement obsolète et vide de nutriments.
C'est la raison pour laquelle les terreaux ne sont plus aussi efficaces dès la deuxième année.
…
Et pour en finir sur les conseils d'arrosages..
..les eaux stagnantes dans les soucoupes de vos pots de fleurs accélèrent encore ce phénomène de lessivage (que l'on parle maintenant de terreau ou de terre vivante).
Je ne vais pas entrer dans les détails ici, mais il faut savoir qu'une terre change de structure lorsqu'elle baigne dans l'eau plusieurs semaines voir plusieurs mois (comme c'est le cas en hiver sur les balcons).
Ce changement de structure va transformer les nutriments en minéraux et les rendre ainsi obsolètes et lessivables (voire "évaporables").
Donc, attention aussi aux excès d'eau !
Voilà, j'espère avoir répondu à votre question François.
Je vous invite à réagir de nouveau dans les commentaires !
Les réseaux sociaux, c'est comme la cigarette : addictif et mauvais pour la santé.
Je les ai tous désinstallés de mon téléphone depuis quelques années (ça fait un bien fou, vous devriez essayer).
Le problème, c'est que j'en ai besoin pour faire connaître Le potager minimaliste et pour guider les jeunes permaculteurs sur la voie de la connaissance et de la sagesse.
Alors, j'y fais un tour de temps en temps.
Le sujet de cet article, il m'a été inspiré par un post Facebook auquel j'ai répondu.
C'était le post d'Alexandra.
Elle demandait des conseils pour planifier ses semis.
Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que moi et la planification des semis, c'est une looongue histoire !
Alors, ni une ni deux, j'ai dégainé mon meilleur conseil argumenté : "il vaut mieux planifier ses semis à la semaine plutôt qu'au mois".
Tout ça, bien évidemment accompagné d'un lien argumenté vers mon article sur le sujet.
Et voici une réponse auquel j'ai eu droit :
Oui.
On peut suivre son instinct pour déterminer quel va être le moment idéal pour faire ses semis.
Oui.
On peut jardiner avec la lune et avec les étoiles pourquoi pas.
Oui.
Moi aussi il m'a fallu 5 bonnes minutes pour comprendre son message.
😅
Dans son message, il me semble que cette personne a confondu les semis précoces et sous serre avec les semis de printemps directement dehors...
Bref, on va faire comme s'il avait bien compris.
Trouver la date idéale des semis sous serre
Premièrement, quand notre objectif c'est de faire tous ses semis soi-même et ne plus dépendre des jardineries, il faut bien s'organiser à un moment donné.
Quand on veut faire plusieurs dizaines de semis et être capable d'en donner à ses voisins, d'alimenter un jardin partagé ou de faire tourner une activité de maraîcher, il faut avoir un plan.
Si vous voulez avoir des plantes bien diversifiées, bien robustes et bien développées pour les plantations de mai, vous devez déterminer le moment idéal de vos semis.
5 conditions pour réussir ses semis comme un maraîcher
Pour chaque plante, il y a 5 conditions à respecter et sur lesquelles on peut avoir une influence (sauf une) afin qu'une graine germe et que le plant se développe bien :
1. La richesse du terreau
2. L'absence de parasite dans le terreau (ou le compost)
3. L'humidité du terreau
4. La température environnante
5. L'ensoleillement
Pour l'ensoleillement, il y a 2 variables : L'intensité et la durée.
On peut réussir à avoir un impact sur ces 2 variables en plaçant les semis et les plants aux bons endroits de la maison ou de la serre.
Par contre, la chose sur laquelle nous n'avons pas le contrôle c'est la longueur des cycles jours/nuits car cela dépend de la position de la terre par rapport au soleil (on peut utiliser des lampes de croissances pour déjouer ça).
Les cycles jours/nuits
Ils ont une grande influence sur le bon développement d'une plante, notamment sur la production des différents phytohormones produit en journée (substances chimiques nécessaires à la germination de la graine et à la croissance des tiges, des feuilles, des racines, des fleurs et des fruits).
En gros, plus il fait jour longtemps, plus la graine et le jeune plant produisent de phytohormones et plus ils vont pouvoir germer et se développer.
(oui je sais, je fais le scientifique mais continuer la lecture, vous allez comprendre où je veux en venir)
A la fin de l'hiver et au début du printemps, c'est la période où la durée des journées commence à se rallonger assez rapidement.
C'est la raison pour laquelle tout se joue à cette période pour les semis d'intérieur et sous serre.
Si on sème trop tôt, la plante ne germe pas.
Parfois elle germe, mais les journées ne sont pas assez longues pour assurer un bon développement et elle fane.
Par contre, si on sème au bon moment, elle germe et se développe correctement.
C'est l'une des raisons pour laquelle il y a une date idéale d'un semis pour chaque plante quasiment à la semaine près.
Le mieux, c'est de commencer à semer un peu tard la première année où vous faites vos semis.
Ensuite, chaque année vous essayez de semer une partie de vos graines une semaine plus tôt pour voir si ça convient jusqu'au moment où vous trouver la bonne date à la semaine près (comme tente de le faire votre maraîcher du coin).
Ne soyez pas trop précoce
Le but n'est pas non plus de trouver la date la plus avancée.
Il faut aussi prendre en compte le temps de développement idéal de la plante jusqu'au moment où elle est prête à être planté en pleine terre (c'est le moment avant qu'elle ne se sente trop à l'étroit dans d'un godet) et faire correspondre cette période avec vos saints de glace.
Vous me suivez ?
(n'hésitez pas à relire ce passage plusieurs fois, c'est un concept primordial)
Quand vous maitrisez ça, vous êtes capable d'étalonner vos cultures sur l'année entière sans avoir à passer vos après-midi à tout planifier.
Chaque semaine ou toutes les 2 semaines, vous n'aurez plus qu'à prévoir une petite heure pour déballer votre petit atelier de semis sur votre terrasse.
Même pour un simple petit balcon c'est primordial !
Le but, c'est de devenir autonome en graines et en plants pour créer un jardin forêt en pots.
De devenir un véritable producteur de végétaux sur son balcon 🙂