Qu’est-ce qui se cache derrière le potager minimaliste ? (et par quoi commencer en permaculture)
Dans cet article, j'ouvre le capot du potager minimaliste pour vous expliquer en quoi c'est un système de fertilité permaculturel…
(suite…)
Dans cet article, j'ouvre le capot du potager minimaliste pour vous expliquer en quoi c'est un système de fertilité permaculturel…
(suite…)Aujourd'hui, je réponds à la question que m'a posé Mathieu :
"J'ai un balcon avec des plantes grasses et des arbustes. Comment exploiter au mieux mon bokashi qui se rempli très vite ?"
Merci Mathieu pour cette question. Ca fait longtemps que je voulais aborder le sujet du bokashi.
Presque 2 ans que j'en utilise un quand même...
Un bokashi est une sorte de sceau hermétique dans lequel on ajoute des épluchures de fruits et légumes dans le but de les composter.
Sauf que, comparé à un lombricomposteur ou un composteur classique, il y a 3 grandes différences.
Au lieu d'ajouter de la matière sèche à chaque apport comme dans un composteur, on y ajoute un mélange de micro-organismes spécifiques qu'il faut acheter à part.
Pour faire simple, il n'y a pas d'air dans un bokashi.
C'est la raison pour laquelle on utilise des micro-organismes spécifiques.
Pourquoi ?
Et bien tout simplement parce qu'il n'y a pas de vers de terre (pas de vers : pas de chocolat)
Du coup, on se retrouve avec un (riche) mélange bien gluant d’épluchures de fruits et légumes.
Et quand on habite en ville, dur dur de le réutiliser...
Comme dans un lombricomposteur, il est possible de récupérer le jus dans un bokashi.
C'est un puissant engrais naturel.
Et comme pour le jus de lombrics, il faut le diluer à 10 % (dans de l'eau de pluie de préférence).
Tes arbustes vont adorer ça et tes plantes grasses aussi (pour les plantes grasses, ne leur donne pas d'engrais pendant l'hiver.. elles n’apprécieront pas).
Et si tu cultives des plantes potagères, elles apprécieront tout autant !
Mélangé avec un peu de terreau (ou une bonne lasagne bien mûre), il apportera tous les nutriments nécessaire à tes arbustes et ce, pendant plusieurs années !
Les plantes grasses se bouturent bien.
Donc, tu peux essayer de faire une sorte de lasagne où tu prends en sandwich ton mélange bokashi dans une jardinière (3 couches : terreau - mélange bokashi - terreau).
Comme je te le disais, l'hiver approche..
.. et les plantes grasses n'ont pas faim..
.. attends le printemps pour tester cette super jardinière (et tiens-moi au courant du résultat) !
Bien évidemment, c'est un peu du "gaspillage d'énergie" mais, tôt au tard, tes arbustes en profiteront... même l'hiver !
J'allais oublier.
Si tu as la possibilité de le faire, enterre ton mélange dans un jardin (chez des amis ou le jardin partagé de ta ville).
Et oui, à la base, c'est l'utilité qu'on donne principalement à un bokashi.
Il faut l'enterrer assez profond (environ à la profondeur d'une bêche) afin que les micro-organismes puissent survivre (sans air) et continuer à faire leur boulot.
Voilà tout pour mes conseils Mathieu.
Ah, dernier des derniers conseils.
Si tu as accès à un composteur ou un lombricomposteur, tu peux en mettre à l'intérieur (en gardant en tête que ce n'est pas la meilleure des solutions).
Voilà tout.
Pour finir, j'ai une question pour vous qui me lisez.
Pratiquez-vous le compostage bokashi ?
Si oui, je serais curieux de savoir ce que vous en faites ?
Dites-le moi en commentaire 😉
PS : mon bokashi.
Dans cet article vous allez découvrir comment faire de l'ombre naturelle sur votre potager de balcon ou de terrasse en utilisant la permaculture. Et pour ça, commençons par le commencement...
Le soleil..
..c'est la base pour faire pousser des tomates sur votre balcon.
Le problème c'est que si vous n'en avez pas assez, vos tomates restent vertes vos plants de tomates ne font pas de fruits.
Et si vous en avez trop, c'est carrément le plant qui grille sur place (et adieu les tomates, j'en parle plus en détails dans cet article).
...
Avant d'enter dans le vif du sujet, laissez-moi vous parler des 3 grands facteurs qui empêchent vos plantes de bien pousser en période de canicule.
Routes, trottoirs, bâtiments... les villes sont recouvertes de surfaces minérales (goudron, béton, etc...).
Exposées au soleil, ces surfaces minérales chauffent et accumulent de la chaleur toute la journée (surtout si elles sont de couleur sombre).
A la tombée de la nuit, la plupart d'entre elles n'ont pas le temps de "refroidir". Elles restent chaudes et même pire, elles émettent de la chaleur.
Ce phénomène accentue la chaleur des villes la journée et même la nuit ! Ce qui a pour conséquence d'empêcher les plantes (et les humains) de profiter d'un peu de fraîcheur et parfois même d'une bonne nuit de sommeil.
En plus d'accumuler la chaleur, la plupart de ces surfaces reflètent les rayons du soleil, surtout les surfaces blanches et/ou brillantes (les pires de toutes, ce sont les vitres).
Ce phénomène crée un effet de serre qui peut emprisonner la chaleur.
Mais le pire, c'est l'augmentation considérable des reflets des rayons du soleil sur les plantes. J'ai remarqué que c'est ce qu'elles supportent le moins (ce qui est logique, depuis la nuit des temps, elles ont évolué pour capter les rayons du soleil venant du ciel et non de tous les sens).
L'air des villes est de plus en plus sec justement à cause de ces 2 phénomènes que sont les îlots de chaleur et les effets de serre.
De plus, c'est accentué lorsque la différence de températures entre le jour et la nuit est quasi nulle (chose récurrente en période de canicule).
Pourquoi ?
Et bien parce que cela empêche de former cette petite rosée du matin qui fait du bien...
Et ça, c'est le coup de grâce.
Car plus l'air est sec et plus la plante transpire (et perd de l'eau en définitive !).
Bon. Vous l'aurez compris. Vous avez tout intérêt à faire un peu d'ombre en période de canicule sur votre potager de balcon. Ne serait-ce que pour limiter ces 3 facteurs.
Et ne croyez pas être à l'abri si vous avez la chance d'avoir l'arbre du voisin qui fait de l'ombre sur votre terrasse une partie de la journée. Rien n'empêche qu'il ne soit coupé ou élagué d'une journée à l'autre... ça va très vite aujourd'hui !
Et l'année où ça se produit, si vous n'avez pas prévu ça dans votre design, je ne donne pas cher de vos plantes ! (je dis ça parce que c'est ce qui m'est arrivé l'année dernière).
...
Allez, c'est parti !
Il a tout un tas de façon de faire de l'ombre.
Parasol, store et voile d'ombrage c'est bien. Mais ça demande d'intervenir s'il y a de l'orage ou de fortes rafales de vent.
La solution que j'utilise et que je vous invite fortement à mettre en place, c'est l'ombre végétale.
En plus d'être un élément essentiel en permaculture, le végétal reste la solution la plus pérenne et efficace pour faire de l'ombre.
Et il a plusieurs fonctions :
Il y a deux types de plantes que vous pouvez utiliser pour faire de l'ombre sur votre terrasse : les plantes hautes et les plantes grimpantes.
Personnellement, j'utilise un peu des deux :
Le bambou

Le bambou est l'une des premières plantes hautes que j'ai installée sur la terrasse. L’inconvénient c'est que c'est super long à pousser ! En fait, c'est long parce que je suis parti du "ryzhome" (et d'une variété qui met du temps à s'installer, le bambou noir).

Le turion apparaît au printemps.
C'est à ce moment-là qu'il est le plus facile de prélever et replanter un morceau de rhizome. Mais je vous préviens tout de suite, prélever quoi que ce soit sur du bambou n'est jamais une partie de plaisir ! C'est une plante quasiment impossible à déterrer à la main.
Le but du jeu c'est de prélever le turion avec le rhizome et des racines.
Après avoir planté le rhizome (en veillant à ne pas casser le turion qui est très fragile), il faudra 2 ou 3 ans pour que le bambou ne commence à faire une bonne barrière au soleil. Mais une fois installé, il ne demande pas beaucoup d'arrosage (il est même capable de renaître de ses cendres s'il sèche un peu).
(Juste pour info, le bambou est une plante envahissante et il est impossible de s'en débarrasser. Si vous prévoyez de le mettre en pleine terre après qu'il est passé quelques années en pot de fleurs, réfléchissez bien à l'endroit où vous allez le planter)
Et pour finir, notez qu'une fois adulte, il fait partie des plantes qui deviennent une ressource pour fabriquer des tuteurs pour vos tomates ou des pergolas pour vos plantes grimpantes !
Le miscanthus

Comme pour le bambou, je suis parti du rhizome.
D’ailleurs, le miscanthus est un peu comme le bambou. C'est-à-dire qu'il est long à s'installer mais très prolifique, envahissant et résistant à la sécheresse (par contre, c'est rare d'en trouver à l'état naturel en France).
Il pousse très bien en pot (j'ai déjà vu des miscanthus monter à plus de 3 mètres dans une grande jardinière).
A terme, il fera certainement une ombre plus dense que le bambou.
Attention, le miscanthus est lui aussi une plante envahissante (réfléchissez bien à l'endroit où vous le plantez le jour où vous voulez vous en débarrasser).
Mais j'ai tout de même une bonne nouvelle pour vous.
Personnellement, j'ai choisi une variété hybride non envahissante pour pouvoir les réutiliser sans crainte au jardin le jour où je ne les veux plus sur la terrasse.
Cette variété c'est le "miscanthus giganteus".
Ce n'est pas une pub mais pour être certain de récupérer la bonne variété, je vous conseille de les prendre sur le site rizosfer. C'est ici que je les ai commandé (en commande groupée). Le souci, c'est qu'il faut commander 50 rhizomes au minimum ! Si vous avez la possibilité de faire une commande groupée, vous pouvez y aller les yeux fermés (organisez-vous dans les commentaires de cet article si vous le souhaitez).
Cette variété est donc non envahissante en pleine terre. A terme, elle prend environ 1 m² de surface par rhizome et elle peut dépasser les 3 mètres de hauteur !
L'avantage du miscanthus c'est que vous pouvez le tailler l'hiver et vous en servir de paillage pour vos pots de fleurs ! C'est l'une des plantes les plus prolifiques en matière de biomasse ! (elle peut aussi servir à alimenter les poêles à bois)
Il y a tout un tas de plantes grimpantes qui poussent en pot de fleurs. Le haricot par exemple. Le truc, c'est que le haricot grimpant est une plante annuelle que vous devez ressemer d'année en année. Il existe tout de même une variété vivace qui repousse du pied chaque année. C'est le haricot "orteil de prêcheur".
Moi, j'ai choisi de planter de la vigne. C'est une plante qui ne craint pas trop le gel, ni la sécheresse. En pot de fleurs, c'est parfait.
J'ai donc choisis de l'installer dans un pot de 50 x 50 cm (ce qui est pas mal pour un arbuste qui va rester plusieurs années). La première année, ne comptez pas trop dessus pour faire de l'ombre. C'est plutôt le moment de la guider sur votre structure (ou pergolas).
Pour ce qui est de la structure, le bois de bambou c'est pas mal. Solide et long à la fois, il endurera plusieurs années sans broncher.

Si vous choisissez d'utiliser du bambou bien gros, pensez à le faire sécher un peu avant de l'installer en plein soleil (environ 3-4 mois de séchage). Ca évitera qu'il ne se fende.
Il n'y a pas que le haricot et la vigne comme plante grimpante qui pousse bien en pots de fleurs. Il y a aussi le kiwi, le petit pois, le passiflore, le houblon, etc... A vous de choisir !
Pour terminer, gardez en tête qu'il y a différentes sortes de plantes grimpantes et qu'il est bon de connaître la "technique" de la plante que vous choisissez.
Il y a les plantes volubiles qui grimpent en s'entourant autour de la structure comme le haricot ou le petit pois. Il y a d'autres plantes grimpantes qui créent des sortes de crochets qui vont l'aider à grimper (comme les courges ou la vigne par exemple). Et d'autres, comme le lierre, vont carrément se cramponner sur une surface (mur, écorce, etc...).
Conclusion
Prendre de la hauteur sur votre balcon c'est cool, mais penser à la prise au vent. Ancrez bien vos pots de fleurs au sol et pour vos plantes grimpantes, utilisez des structures solides et vérifiez régulièrement qu'elles y sont bien attachées !
Et si vos plantes ont besoin d'ombre là tout de suite et de toute urgence, sortez le parasol ! (et n'oubliez pas que vous pouvez aussi déplacer vos pots de fleurs dans le coin le plus ombragé de votre terrasse).
✌

La semaine dernière, je suis parti quelques jours en Corrèze pour voir des amis.
Je suis parti de Lyon, avec le van d'une amie.
Et tout comme l'année dernière, quand je suis parti chez Damien pour passer le CCP, j'ai eu un choc hydrique.
Non, je ne parle pas de sur-hydratation, mais de climat.
Je ne sais pas dans quel coin de la France (ou du monde) vous vivez, mais je peux vous dire que du côté de Lyon ça fait longtemps que nous n'avons pas vu la pluie, la vraie.
Les espaces verts sont jaunes, les arbres sèchent un par un et la terre se transforme en pierre.
Chaque année la sécheresse s'empire dans notre région...
A mon arrivée, j'ai donc été surpris par une nature assez verdoyante !
Ce n'est pas qu'il fait moins chaud là-bas (c'est la même canicule que dans le Rhône, voire même pire)..., mais vous allez voir que c'est vraiment une histoire de quantité d'eau.
Petit rappel, une plante a besoin de ces 3 choses pour vivre :
Ce sont les 3 fondamentaux de la vie. Quand il en manque un, la plupart des plantes meurent (et sur terre, on manque rarement de soleil ou d'oxygène... la plupart du temps, et de plus en plus à certains endroits, c'est l'eau qui fait défaut).
En dessous de 500 mm, pas de forêt (la végétation reste à l'étape de steppe)..
..et pour info, en Corrèze la moyenne annuelle des précipitations se situe entre 900 et 1 000 mm.
Ce qui est bien assez pour entretenir la forêt !
Et c'est donc pour ça aussi que ça reste bien vert.
Puis je ne sais plus dans quel livre j'ai lu ça, mais apparemment la Corrèze serait la région de France qui ressemble le plus à un climat tropical !
Et si vous ne le saviez pas, le climat tropical c'est celui qui est le plus productif en matière végétale (entre 2 et 3 kg de matière végétale par m² et par année)
Et pour information (ça fait beaucoup d'informations là non ? 🤭), un climat tropical c'est une température stable entre 20 et 25°C tout au long de l'année et une moyenne de précipitations annuelle de 1900 mm.
On est donc loin du climat de la Corrèze, mais j'ai tout de même remarqué une chose qui confirme ça.
Il y en a de partout ! (même à l'état sauvage).
Et j'ai remarqué que certains d'entre eux font même quelques bananes ! (surtout en ville)
Bref, si vous cherchez un semblant de climat tropical pour cultiver de la banane en France, allez en Corrèze !
Avez-vous déjà remarqué qu'il y a toujours pleins de petits chemins en forêt ?
Je ne parle pas des chemins principaux, mais des petits chemins de traverse.
Ce sont ceux qui sont un peu plus étroits et pas toujours faciles à emprunter.
Ce genre de petits chemins broussailleux dans lesquels il est impossible de circuler sans une machette à la main 😂
Des chemins comme ça, il y en a de partout dans la nature (même dans les forêts les moins fréquentées)
Ce sont généralement des passages d'animaux.
Ca peut aller du petit sentier qu'empruntent les sangliers pour se rendre à leurs plus beaux spots de boue..
.. jusqu'aux sentiers qu'empruntent les chevreuils pour se poster à leurs meilleurs points d'observations.
A force d'être pratiqués, ils sont défrichés et de plus en plus d'animaux peuvent les emprunter.
Parfois, ces chemins se croisent et s’entremêlent.
Parfois, un arbre ou un éboulement viennent à les modifier.
Et bien chez vous c'est pareil.
Que vous soyez dans un petit appartement avec un balcon ou dans une grande maison de campagne avec grand jardin, vous avez vos propres chemins naturels..
.. et il est bon de les repérer (quit à les baliser).
Mine de rien, ça permet de limiter votre empiétement sur le jardin et de laisser plus de place pour les zones les plus sauvages (pour rappel, ce sont les zones 4 et 5 en permaculture).
Sur un balcon (ou une terrasse), ça permet aussi d'optimiser considérablement vos surfaces de culture.
Sur ma terrasse j'ai pu gagner de l'espace rien qu'en transformant un peu le chemin qui la traverse.
A la base, c'était une ligne droite et je lui ai fait faire un "S".
Ca m'a permis de rajouter des pots de fleurs et de gagner de l'accès sur certaines zones.
Travailler sur les chemins dans votre design c'est optimiser vos déplacements et les rendre plus naturels.
C'est aussi un moyen d'élargir vos zones et/ou de rajouter des lieux sauvages ou des lieux de stockage par exemple.
C'est souvent en mettant les choses sur papier que vous découvrez les incohérences de vos chemins.
Ca vous permet de supprimer des étapes, de rajouter des chemins... de les séparer ou de les connecter...
Par exemple, pourquoi ne travailleriez-vous pas un peu sur votre chemin de compostage ?
Son point de départ principal, c'est la cuisine (la zone 0).
Ensuite, l'aire de compostage doit se trouver en zone 1 (ou 2 grand maximum).
Bon, si vous avez un lombricomposteur dans votre cuisine, le chemin est vite fait..
..mais rien ne vous empêche d'avoir une deuxième aire de compostage (comme un composteur collectif ou quelques pots de fleurs en lasagnes par exemple).
Bref, je vous laisse travailler là-dessus et n'oubliez pas ces 3 mots : optimiser - connecter - séparer.
Dans cet article, vous allez découvrir les 7 étapes qui m'ont permis d'installer un bidon pour capter et stocker l'eau de pluie en toute sécurité. Vous y trouverez des méthodes et astuces pour hacker votre gouttière ou, au contraire, pour réussir à récupérer de l'eau de pluie sans gouttière.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, j'aimerais m'arrêter sur 2 points.
5 juillet 2017, 12h20.
Le satellite américain "Landsat 8" prend une photo thermique de la ville de Lyon, et voici le résultat

Les zones bleutées (dont les cours d'eau que l'on arrive bien à distinguer) ont des températures se situant entre 10 et 32°C (du plus foncé au plus clair).
Les zones jaunes, orangées et rouge ont des températures allant de 32 et 54°C !
Alors je précise tout de suite que ce ne sont pas les températures de l'air mais les températures des "matériaux de surface".
Je m'explique.
Lorsque l'on compare en détail cette photo avec une photo réelle, on se rend compte que toutes les zones jaunes, orangées et rouges sont des surfaces minéralisées (goudron, béton, etc..) et que toutes les zones bleutées sont des cours d'eau ou des espaces verts.
Routes, trottoirs, bâtiments, toits, balcons, terrasses... toutes ces surfaces minérales accumulent de la chaleur et se transforment littéralement en plaques chauffantes et en four à pizza.
...
Certains endroits sont tellement minéralisés que les températures restent insupportables même la nuit.
On appelle ça des îlots de chaleur urbains.
Si le potager de votre terrasse est entouré de goudron et de béton, j'ai une mauvaise nouvelle..
..cet été vous allez devoir arroser..
..beaucoup arroser !
Sauf si vous avez des cactus et des plantes en plastique
Bon.
Finalement il n'y a rien de nouveau à dire que les villes sont de plus en plus chaudes en été et que le seul moyen d'y remédier c'est de casser du goudron et de faire pousser des plantes.
Mais il y a autre chose qui cloche..
..c'est la gestion de l'eau.
Avez-vous remarqué qu'en ville tout est fait pour que l'eau s'évacue le plus rapidement possible ?
Les routes, les trottoirs, les balcons, les terrasses, les toits..
..TOUT est pensé pour que l'eau rejoigne les canalisations souterraines le plus rapidement possible.
Et ça aussi c'est un facteur qui accentue les effets d'îlots de chaleur urbains (en plus d'assécher l'air...).
Imaginez qu'il y ait un peu plus de points d'eau, de fontaines, de mares, d'espaces verts et d'autres moyens de retenir l'eau..
..vous ne pensez pas que les rues seraient un poil plus agréable ?
...
L'eau de pluie, c'est gratuit.
Et comparé à l'eau du robinet, c'est plus propre et plus nutritif pour vos plantes.
Sauf si vous habitez à 50 mètres du périphérique et que votre toiture ressemble à celle d'une raffinerie réformée
Personnellement, sur ma terrasse je récupère l'eau de pluie depuis un peu plus d'un an.
Je n'ai pas eu de soucis d'eau souillée ou quoi que ce soit (c'est aussi parce que je n'habite pas dans une grande métropole).
Bon, pour être franc l'eau n'est pas toujours limpide (mousse végétal, feuilles mortes, crottes d'oiseaux, etc...).
Mais c'est normal, les toitures se salissent un peu avec le temps.
Du coup, il suffit de ne pas récupérer les premiers litres d'eau de pluie (surtout quand il n'a pas plus depuis longtemps).
Pas d'inquiétudes, vous n'êtes pas à quelques litres près.
Selon la surface de votre toiture, ça peut aller très très vite.
Pour prendre mon exemple, je ne connais pas la superficie du toit de mon bâtiment, mais je dirais qu'elle se situe entre 200 et 300 m².
Et c'est impressionnant la quantité d'eau que je récupère avec une si petite toiture (environ 200 litres d'eau pour une pluie moyenne de 15 minutes).
...
Pour terminer, j'aimerais ajouter que stocker l'eau de pluie à même la terrasse, ça fait gagner du temps !
L'eau étant déjà sur place, vous n'avez plus qu'à plonger votre arrosoir dans la cuve pour faire le plein.
Et ça, c'est la classe !
Bref.
Voici les 7 étapes pour bien capter, stocker et utiliser l'eau de pluie sur votre terrasse ou votre balcon avec un simple bidon (et si vous ne pouvez pas le faire, lisez jusqu'à la fin, je vous donne quelques astuces pour remplir votre arrosoir sans utiliser de gouttières 😉)
Avant toute chose vous devez être vigilant si votre terrasse est suspendue (balcon, loggia, toit, etc...).
Si vous avez déjà quelques bacs et pots de fleurs, n'oubliez pas qu'ils pèsent leur poids (et qu'il peut tripler, voire bien plus, une fois qu'ils sont imbibés d'eau !).
Réfléchissez bien à ça avant de vous lancer dans le stockage d'eau de pluie...
La norme actuelle des terrasses suspendues est de 350 kg/m² mais il se peut que votre bâtiment ne soit pas aux normes alors renseignez-vous avant de vous écrouler chez le voisin !
Je ne rigole pas !
Des histoires de balcons qui s’effondrent, il y en a pas mal et je ne voudrais pas que ça vous arrive pour quelques pots de fleurs et quelques bidons d'eau en trop.
Si vous avez le moindre doute, renseignez-vous auprès de votre propriétaire ou d'un professionnel
Pour vous aider, voici 3 conseils pour alléger le poids de votre potager de balcon :
Veillez aussi à ce que l'eau ne stagne pas sur le sol ou un coin de votre terrasse de balcon (au risque d'engendrer un dégât des eaux ou une fragilisation de votre terrasse).
Si c'est le cas, faites en sorte que l'eau puisse de nouveau rejoindre le siphon d'évacuation
C'est la base.
Pas de point de collecte, pas d'eau de pluie !
Ca peut paraître bête mais j'ai une question : est-ce que vous avez un chéneau sur votre terrasse ?
Vous savez, c'est un tube en acier ou en plastique (généralement gris) qu'on appelle "une gouttière" et qui traverse votre terrasse de haut en bas (ou de gauche à droite)
Allez, je vous laisse 30 secondes pour aller voir.
...
C'est bon vous en avez un ?
Cool !
Et bien c'est ici que s'écoule l'eau de pluie et si cette gouttière se trouve dans l'enceinte de votre terrasse ou de votre cour (et qu'elle est facilement accessible), c'est une très bonne nouvelle.
Si vous n'en avez pas, j'ai le regret de vous annoncer que vous ne pouvez pas récupérer l'eau de pluie..
..quoique, n'oubliez pas que je vous ai mis quelques astuces en fin d'article 😉
C'est vraiment dommage que ce ne soit pas pensé dès la construction des bâtiments.
On devrait avoir un robinet à chaque chéneau et ce sur chaque balcon afin de pouvoir récupérer de l'eau de pluie (ne serait-ce que pour les usages qui ne nécessitent pas d'eau potable comme tirer la chasse ou arroser les plantes !).
Si votre gouttière est verticale, regardez si vous avez une jointure démontable... ça ressemble à ça :

Si vous avez ça, c'est parfait.
Il suffit de relever la partie du haut (et même supprimer la partie du bas uniquement si vous êtes au rez-de-chaussée) puis d'installer un coude en PVC (relevez le diamètre avant de passer à la caisse, généralement c'est inscrit quelque part sur le tube ou il suffit de le mesurer).
Si vous ne trouvez pas de jointure, il va falloir refaire l’installation et là, je vous invite à voir avec votre propriétaire si vous êtes locataire...
Si vous êtes sur une terrasse au RDC, il y a de fortes chances que votre gouttière soit à l'horizontale.
A ce moment-là, et si vous êtes bricoleur, vous pouvez faire une installation spécialement dédiée à votre système de récupération d'eau de pluie en ajoutant des tubes et des raccords en PVC (et je vous invite là-aussi à voir avec votre propriétaire).
Et, si vous êtes moins bricoleur, il y a les chaines de pluie.

Je n'ai pas pu constater l'efficacité des chaines de pluie mais j'imagine que c'est une bonne alternative (si vous avez déjà essayé, je vous invite à en parler dans l'espace des commentaires).
Et pour terminer avec la collecte, veillez tout de même à la gestion du flux d'eau..
..une fois que votre bidon est plein, vous devez avoir la possibilité de rediriger l'eau ailleurs si vous ne voulez pas être inondé et provoquer un dégât des eaux...
Pas d'inquiétudes, on en parle à l'étape suivante !
Imaginez que vous installiez un bidon sans couvercle.
Une fois plein, l'eau va déborder (ce qui peut créer des inondations et des dégâts des eaux chez vous ou chez vos voisins).
C'est la raison pour laquelle vous devez trouver une solution pour, soit rediriger cet excès d'eau vers le chéneau (ou une bouche d'évacuation), soit arrêter de faire venir l'eau dans votre bidon.
Pour rediriger l'excès d'eau vers le chéneau, je vous invite à vous inspirer de ce système de réflecteur :

La solution la plus simple et sans découpe est d'utiliser ce robinet que vous avez juste à insérer dans un joint de votre chéneau.
Notez que ce genre de robinet peut aussi servir à couper l'eau souillée des premiers litres d'eau de pluie comme j'en ai parlé un peu plus haut dans cet article
Personnellement, j'ai la chance de pouvoir laisser l'eau déborder de mon bidon sans causer de problèmes.

J'ai simplement mis une cale à l'arrière du bidon pour le faire pencher vers l'extérieur afin de ne pas mouiller le mur et engendrer un excès d'humidité sur la façade.
L'eau finit sa course dans une plaque d'égout un peu plus loin...
Il va falloir trouver un moyen de stocker l'eau.
A vous de trouver ce qui convient à votre contexte.
Moi, j'ai utilisé ce bidon bleu de 200 litres que j'ai pu récupérer facilement (ça se trouve dans les coopératives agricoles).
Mais, vous pourriez très bien utiliser une cuve de 1000 litres (si vous êtes au rez-de-chaussée) ou un simple arrosoir si votre balcon est déjà bien chargé...
A vous de voir.
Jetez un œil sur le bon coin en tapant "bidon", "cuve", "fut", "jerrican" ou "tonneau".
Téléphonez aussi aux établissements qui utilisent des fontaines à eau (ce sont les distributeurs d'eau dans les salles d'attente ou les salles de réunion).
Il y a moyen de récupérer ces bidons d'une vingtaine de litres je crois...
(veillez à récupérer des bidons qui n'ont pas été utilisé pour stocker des produits chimiques ou de l'essence)
La récolte c'est le moment où vous venez prendre l'eau.
Personnellement, j'enlève légèrement la moustiquaire et je plonge mon arrosoir dans la cuve.
Si ce n'est pas possible, vous pourriez très bien envisager de surélever votre moyen de stockage et y installer un robinet sur le bas si ce n'est pas déjà le cas.
Pour ça, à l'aide d'une perceuse, utilisez une scie cloche au diamètre du robinet.
L'hiver, ne continuez pas la collecte.
Démontez tout, nettoyez au vinaigre et mettez ça à l'abri du gel.
L'avantage d'avoir un système "démontable" c'est que vous pouvez le déplacer si nécessaire ou l'emporter avec vous si vous déménagez (en tout cas, c'est toujours utile de faire des installations déplaçables).
Et si ce n'est vraiment pas possible pour vous de le stocker à l'abri, coupez l'eau, videz et nettoyez votre bidon ! C'est le minimum que vous puissiez faire...
Si c'est impossible pour vous de mettre un gros bidon sur votre balcon, voici un système pour tout de même avoir accès à l'eau de pluie et remplir quelques arrosoirs à l'occasion 😉

(notez que la technique de la bouteille découpée peut être remplacée par un coude en PVC ou un robinet).
Il est possible que vous ne puissiez pas hacker une gouttière, c'est la raison pour laquelle je vous ai déniché quelques idées chez des amis et sur le net...
Ici, un simple pot de fleurs (non percé) placé sous une fuite d'eau de pluie.

Un autre système similaire mais un poil plus ingénieux et à portée de tous.
Une soucoupe de jardinière percée, un tuyau raccordé à un bidon. Simple, rapide et efficace.

Un autre système simple rapide et efficace mais qui, je trouve, prends beaucoup de place !

Et si vous avez un esprit créatif, voici un modèle de système à base de bambous (parfait pour les balcons zen 😉).

Conclusion
Pour terminer, j'aimerais parler un peu du moustique (vous savez c'est ce petit insecte volant avec lequel vous avez passé les milles et une nuit).
Si comme moi vous mettez un bidon sans couvercle, n'oubliez pas de le couvrir pour empêcher les moustiques d'aller pondre dans l'eau.
Comme vous avez pu le voir, j'utilise un simple morceau de moustiquaire fixé avec un tendeur.
Pas besoin de l'enlever quand il pleut.
Simple, rapide, efficace.

Voilà tout.
J'espère que cet article vous aura aidé et inspiré.
Je vous invite à le partager à au moins une personne à qui ça pourrait servir.
Et pour finir, une petite citation qui, je crois, vient de David Holmgren :
Une eau de pluie de qualité est une eau de pluie qui a très peu circulé.
Certaines communauté de communes proposent, soit une aide financière, soit de vous mettre à disposition gratuitement des récupérateurs d'eau de pluie.
N'hésitez pas à contacter la votre et à poser la question 😉