Avez-vous déjà remarqué qu'il y a toujours pleins de petits chemins en forêt ?
Je ne parle pas des chemins principaux, mais des petits chemins de traverse.
Ce sont ceux qui sont un peu plus étroits et pas toujours faciles à emprunter.
Ce genre de petits chemins broussailleux dans lesquels il est impossible de circuler sans une machette à la main 😂
Des chemins comme ça, il y en a de partout dans la nature (même dans les forêts les moins fréquentées)
Ce sont généralement des passages d'animaux.
Ca peut aller du petit sentier qu'empruntent les sangliers pour se rendre à leurs plus beaux spots de boue..
.. jusqu'aux sentiers qu'empruntent les chevreuils pour se poster à leurs meilleurs points d'observations.
A force d'être pratiqués, ils sont défrichés et de plus en plus d'animaux peuvent les emprunter.
Parfois, ces chemins se croisent et s’entremêlent.
Parfois, un arbre ou un éboulement viennent à les modifier.
Et bien chez vous c'est pareil.
Que vous soyez dans un petit appartement avec un balcon ou dans une grande maison de campagne avec grand jardin, vous avez vos propres chemins naturels..
.. et il est bon de les repérer (quit à les baliser).
Mine de rien, ça permet de limiter votre empiétement sur le jardin et de laisser plus de place pour les zones les plus sauvages (pour rappel, ce sont les zones 4 et 5 en permaculture).
Sur un balcon (ou une terrasse), ça permet aussi d'optimiser considérablement vos surfaces de culture.
Comment j'ai gagné de l'espace en optimisant les lignes de désirs
Sur ma terrasse j'ai pu gagner de l'espace rien qu'en transformant un peu le chemin qui la traverse.
A la base, c'était une ligne droite et je lui ai fait faire un "S".
Ca m'a permis de rajouter des pots de fleurs et de gagner de l'accès sur certaines zones.
Travailler sur les chemins dans votre design c'est optimiser vos déplacements et les rendre plus naturels.
C'est aussi un moyen d'élargir vos zones et/ou de rajouter des lieux sauvages ou des lieux de stockage par exemple.
C'est souvent en mettant les choses sur papier que vous découvrez les incohérences de vos chemins.
Ca vous permet de supprimer des étapes, de rajouter des chemins... de les séparer ou de les connecter...
Par exemple, pourquoi ne travailleriez-vous pas un peu sur votre chemin de compostage ?
Son point de départ principal, c'est la cuisine (la zone 0).
Ensuite, l'aire de compostage doit se trouver en zone 1 (ou 2 grand maximum).
Bon, si vous avez un lombricomposteur dans votre cuisine, le chemin est vite fait..
..mais rien ne vous empêche d'avoir une deuxième aire de compostage (comme un composteur collectif ou quelques pots de fleurs en lasagnes par exemple).
Bref, je vous laisse travailler là-dessus et n'oubliez pas ces 3 mots : optimiser - connecter - séparer.
Dans cet article, vous allez découvrir les 7 étapes qui m'ont permis d'installer un bidon pour capter et stocker l'eau de pluie en toute sécurité. Vous y trouverez des méthodes et astuces pour hacker votre gouttière ou, au contraire, pour réussir à récupérer de l'eau de pluie sans gouttière.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, j'aimerais m'arrêter sur 2 points.
1.Les îlots de chaleur urbains
5 juillet 2017, 12h20.
Le satellite américain "Landsat 8" prend une photo thermique de la ville de Lyon, et voici le résultat
Les zones bleutées (dont les cours d'eau que l'on arrive bien à distinguer) ont des températures se situant entre 10 et 32°C (du plus foncé au plus clair).
Les zones jaunes, orangées et rouge ont des températures allant de 32 et 54°C !
Alors je précise tout de suite que ce ne sont pas les températures de l'air mais les températures des "matériaux de surface".
Je m'explique.
Lorsque l'on compare en détail cette photo avec une photo réelle, on se rend compte que toutes les zones jaunes, orangées et rouges sont des surfaces minéralisées (goudron, béton, etc..) et que toutes les zones bleutées sont des cours d'eau ou des espaces verts.
Routes, trottoirs, bâtiments, toits, balcons, terrasses... toutes ces surfaces minérales accumulent de la chaleur et se transforment littéralement en plaques chauffantes et en four à pizza.
...
Certains endroits sont tellement minéralisés que les températures restent insupportables même la nuit.
On appelle ça des îlots de chaleur urbains.
Si le potager de votre terrasse est entouré de goudron et de béton, j'ai une mauvaise nouvelle..
..cet été vous allez devoir arroser..
..beaucoup arroser ! Sauf si vous avez des cactus et des plantes en plastique
2.La gestion de l'eau de pluie
Bon.
Finalement il n'y a rien de nouveau à dire que les villes sont de plus en plus chaudes en été et que le seul moyen d'y remédier c'est de casser du goudron et de faire pousser des plantes.
Mais il y a autre chose qui cloche..
..c'est la gestion de l'eau.
Avez-vous remarqué qu'en ville tout est fait pour que l'eau s'évacue le plus rapidement possible ?
Les routes, les trottoirs, les balcons, les terrasses, les toits..
..TOUT est pensé pour que l'eau rejoigne les canalisations souterraines le plus rapidement possible.
Et ça aussi c'est un facteur qui accentue les effets d'îlots de chaleur urbains (en plus d'assécher l'air...).
Imaginez qu'il y ait un peu plus de points d'eau, de fontaines, de mares, d'espaces verts et d'autres moyens de retenir l'eau..
..vous ne pensez pas que les rues seraient un poil plus agréable ?
...
Pourquoi récupérer l'eau de pluie pour arroser vos plantes ?
L'eau de pluie, c'est gratuit.
Et comparé à l'eau du robinet, c'est plus propre et plus nutritif pour vos plantes. Sauf si vous habitez à 50 mètres du périphérique et que votre toiture ressemble à celle d'une raffinerie réformée
Personnellement, sur ma terrasse je récupère l'eau de pluie depuis un peu plus d'un an.
Je n'ai pas eu de soucis d'eau souillée ou quoi que ce soit (c'est aussi parce que je n'habite pas dans une grande métropole).
Bon, pour être franc l'eau n'est pas toujours limpide (mousse végétal, feuilles mortes, crottes d'oiseaux, etc...).
Mais c'est normal, les toitures se salissent un peu avec le temps.
Du coup, il suffit de ne pas récupérer les premiers litres d'eau de pluie (surtout quand il n'a pas plus depuis longtemps).
Pas d'inquiétudes, vous n'êtes pas à quelques litres près.
Selon la surface de votre toiture, ça peut aller très très vite.
Pour prendre mon exemple, je ne connais pas la superficie du toit de mon bâtiment, mais je dirais qu'elle se situe entre 200 et 300 m².
Et c'est impressionnant la quantité d'eau que je récupère avec une si petite toiture (environ 200 litres d'eau pour une pluie moyenne de 15 minutes).
...
Pour terminer, j'aimerais ajouter que stocker l'eau de pluie à même la terrasse, ça fait gagner du temps !
L'eau étant déjà sur place, vous n'avez plus qu'à plonger votre arrosoir dans la cuve pour faire le plein.
Et ça, c'est la classe !
Bref.
7 étapes pour réutiliser l'eau de pluie sur votre terrasse
Voici les 7 étapes pour bien capter, stocker et utiliser l'eau de pluie sur votre terrasse ou votre balcon avec un simple bidon (et si vous ne pouvez pas le faire, lisez jusqu'à la fin, je vous donne quelques astuces pour remplir votre arrosoir sans utiliser de gouttières 😉)
1.Le poids
Avant toute chose vous devez être vigilant si votre terrasse est suspendue (balcon, loggia, toit, etc...).
Si vous avez déjà quelques bacs et pots de fleurs, n'oubliez pas qu'ils pèsent leur poids (et qu'il peut tripler, voire bien plus, une fois qu'ils sont imbibés d'eau !).
Réfléchissez bien à ça avant de vous lancer dans le stockage d'eau de pluie...
La norme actuelle des terrasses suspendues est de 350 kg/m² mais il se peut que votre bâtiment ne soit pas aux normes alors renseignez-vous avant de vous écrouler chez le voisin !
Je ne rigole pas !
Des histoires de balcons qui s’effondrent, il y en a pas mal et je ne voudrais pas que ça vous arrive pour quelques pots de fleurs et quelques bidons d'eau en trop. Si vous avez le moindre doute, renseignez-vous auprès de votre propriétaire ou d'un professionnel
Pour vous aider, voici 3 conseils pour alléger le poids de votre potager de balcon :
Utilisez des matériaux légers (sacs de culture, pots de fleurs en plastique chinés dans les poubelles des cimetières ou sur le bon coin, etc...).
Évitez la terre de jardin, c'est lourd. Préférez la méthode de culture sur terre vivante en pots qui est beaucoup plus légère (et nutritive 😉).
Répartissez le poids au lieu de tout concentrer sur le même mètre carré (oubliez votre mini jardin-forêt de balcon et préférez les petits îlots).
Veillez aussi à ce que l'eau ne stagne pas sur le sol ou un coin de votre terrasse de balcon (au risque d'engendrer un dégât des eaux ou une fragilisation de votre terrasse). Si c'est le cas, faites en sorte que l'eau puisse de nouveau rejoindre le siphon d'évacuation
2.Le point de collecte
C'est la base.
Pas de point de collecte, pas d'eau de pluie !
Ca peut paraître bête mais j'ai une question : est-ce que vous avez un chéneau sur votre terrasse ? Vous savez, c'est un tube en acier ou en plastique (généralement gris) qu'on appelle "une gouttière" et qui traverse votre terrasse de haut en bas (ou de gauche à droite)
Allez, je vous laisse 30 secondes pour aller voir.
...
C'est bon vous en avez un ?
Cool !
Et bien c'est ici que s'écoule l'eau de pluie et si cette gouttière se trouve dans l'enceinte de votre terrasse ou de votre cour (et qu'elle est facilement accessible), c'est une très bonne nouvelle.
Si vous n'en avez pas, j'ai le regret de vous annoncer que vous ne pouvez pas récupérer l'eau de pluie..
..quoique, n'oubliez pas que je vous ai mis quelques astuces en fin d'article 😉
C'est vraiment dommage que ce ne soit pas pensé dès la construction des bâtiments.
On devrait avoir un robinet à chaque chéneau et ce sur chaque balcon afin de pouvoir récupérer de l'eau de pluie (ne serait-ce que pour les usages qui ne nécessitent pas d'eau potable comme tirer la chasse ou arroser les plantes !).
3.La façon de collecter
Si votre gouttière est verticale, regardez si vous avez une jointure démontable... ça ressemble à ça :
Si vous avez ça, c'est parfait.
Il suffit de relever la partie du haut (et même supprimer la partie du bas uniquement si vous êtes au rez-de-chaussée) puis d'installer un coude en PVC (relevez le diamètre avant de passer à la caisse, généralement c'est inscrit quelque part sur le tube ou il suffit de le mesurer).
Si vous ne trouvez pas de jointure, il va falloir refaire l’installation et là, je vous invite à voir avec votre propriétaire si vous êtes locataire...
Si vous êtes sur une terrasse au RDC, il y a de fortes chances que votre gouttière soit à l'horizontale.
A ce moment-là, et si vous êtes bricoleur, vous pouvez faire une installation spécialement dédiée à votre système de récupération d'eau de pluie en ajoutant des tubes et des raccords en PVC (et je vous invite là-aussi à voir avec votre propriétaire).
C'est une sorte de chaîne que vous raccordez à votre gouttière et qui redirige l'eau par gravité dans votre arrosoir ou votre bidon
Je n'ai pas pu constater l'efficacité des chaines de pluie mais j'imagine que c'est une bonne alternative (si vous avez déjà essayé, je vous invite à en parler dans l'espace des commentaires).
Et pour terminer avec la collecte, veillez tout de même à la gestion du flux d'eau..
..une fois que votre bidon est plein, vous devez avoir la possibilité de rediriger l'eau ailleurs si vous ne voulez pas être inondé et provoquer un dégât des eaux...
Pas d'inquiétudes, on en parle à l'étape suivante !
4.Le bouton on/off
Imaginez que vous installiez un bidon sans couvercle.
Une fois plein, l'eau va déborder (ce qui peut créer des inondations et des dégâts des eaux chez vous ou chez vos voisins).
C'est la raison pour laquelle vous devez trouver une solution pour, soit rediriger cet excès d'eau vers le chéneau (ou une bouche d'évacuation), soit arrêter de faire venir l'eau dans votre bidon.
Pour rediriger l'excès d'eau vers le chéneau, je vous invite à vous inspirer de ce système de réflecteur :
Le tuyau du haut fait entrer l'eau qui vient de la gouttière et le tuyau du bas redirige l’excédent d'eau de la cuve vers le chéneau du bas
La solution la plus simple et sans découpe est d'utiliser ce robinet que vous avez juste à insérer dans un joint de votre chéneau. Notez que ce genre de robinet peut aussi servir à couper l'eau souillée des premiers litres d'eau de pluie comme j'en ai parlé un peu plus haut dans cet article
Personnellement, j'ai la chance de pouvoir laisser l'eau déborder de mon bidon sans causer de problèmes.
J'ai simplement mis une cale à l'arrière du bidon pour le faire pencher vers l'extérieur afin de ne pas mouiller le mur et engendrer un excès d'humidité sur la façade. L'eau finit sa course dans une plaque d'égout un peu plus loin...
5.Le stockage
Il va falloir trouver un moyen de stocker l'eau.
A vous de trouver ce qui convient à votre contexte.
Moi, j'ai utilisé ce bidon bleu de 200 litres que j'ai pu récupérer facilement (ça se trouve dans les coopératives agricoles).
Mais, vous pourriez très bien utiliser une cuve de 1000 litres (si vous êtes au rez-de-chaussée) ou un simple arrosoir si votre balcon est déjà bien chargé...
A vous de voir.
Jetez un œil sur le bon coin en tapant "bidon", "cuve", "fut", "jerrican" ou "tonneau".
Téléphonez aussi aux établissements qui utilisent des fontaines à eau (ce sont les distributeurs d'eau dans les salles d'attente ou les salles de réunion). Il y a moyen de récupérer ces bidons d'une vingtaine de litres je crois...
(veillez à récupérer des bidons qui n'ont pas été utilisé pour stocker des produits chimiques ou de l'essence)
6.La récolte
La récolte c'est le moment où vous venez prendre l'eau.
Personnellement, j'enlève légèrement la moustiquaire et je plonge mon arrosoir dans la cuve.
Si ce n'est pas possible, vous pourriez très bien envisager de surélever votre moyen de stockage et y installer un robinet sur le bas si ce n'est pas déjà le cas.
Pour ça, à l'aide d'une perceuse, utilisez une scie cloche au diamètre du robinet.
7.L'hivernage
L'hiver, ne continuez pas la collecte.
Démontez tout, nettoyez au vinaigre et mettez ça à l'abri du gel.
L'avantage d'avoir un système "démontable" c'est que vous pouvez le déplacer si nécessaire ou l'emporter avec vous si vous déménagez (en tout cas, c'est toujours utile de faire des installations déplaçables).
Et si ce n'est vraiment pas possible pour vous de le stocker à l'abri, coupez l'eau, videz et nettoyez votre bidon ! C'est le minimum que vous puissiez faire...
La méthode "balcon fragile" pour remplir votre arrosoir
Si c'est impossible pour vous de mettre un gros bidon sur votre balcon, voici un système pour tout de même avoir accès à l'eau de pluie et remplir quelques arrosoirs à l'occasion 😉
Attention tout de même les jours de grosses pluies vous risquez de perdre le contrôle et inonder votre terrasse 🤣
(notez que la technique de la bouteille découpée peut être remplacée par un coude en PVC ou un robinet).
Pas besoin de chéneau pour récupérer l'eau de pluie
Il est possible que vous ne puissiez pas hacker une gouttière, c'est la raison pour laquelle je vous ai déniché quelques idées chez des amis et sur le net...
Ici, un simple pot de fleurs (non percé) placé sous une fuite d'eau de pluie.
Un autre système similaire mais un poil plus ingénieux et à portée de tous.
Une soucoupe de jardinière percée, un tuyau raccordé à un bidon. Simple, rapide et efficace.
Capter, rediriger et stocker...
Un autre système simple rapide et efficace mais qui, je trouve, prends beaucoup de place !
Dans cet article, je vous parle de forêt Miyawaki.. laissez-vous guider sur son chemin au travers de mon expérience de chantier participatif au parc de Parilly à Lyon...
Pour faire simple, c'est une méthode de reforestation régénérative et ultra rapide (SPOIL : on s'est inspiré de la nature pour inventer ça 😉)
D'ailleurs, c'est un botaniste japonais expert en écologie végétale du nom d'Akira Miyawaki qui a créé cette méthode à la fin du 20 ème siècle.
Aujourd'hui, Akira est reconnu internationalement pour être un spécialiste de la restauration naturelle des sols dégradés. Le genre de sols industriels qu'on trouve en milieu urbain et périurbain.
En quelque sorte, c'est un pro de l'aggradation des sols en ville !
Ce qui me parle dans son approche, c'est qu'il préconise avant tout d'utiliser des espèces indigènes...
Planter une forêt avec des espèces indigènes ?
Oui.
Une espèce indigène, c'est une espèce qui apparaît spontanément sur un territoire, sans l'intervention de l'homme.
On peut appeler ça aussi des espèces autochtones. En fait, ce sont les arbres qui sont les plus adaptés au contexte du lieu dans lequel on va planter la forêt Miyawaki (principalement au climat, au relief et au sol).
...
Et concrètement, une forêt Miyawaki ça pousse beaucoup plus vite et c'est beaucoup plus résilient que les méthodes de reforestation actuelles...
Comment a-t-il créé cette méthode de reforestation Miyawaki ?
C'est dans les années 70 qu'Akira Miyawaki s'est rendu compte que la grande majorité des arbres forestiers du Japon n'étaient pas indigènes.
Ils avaient été introduits, entre autres, pour l'exploitation de leur bois.
Son parcours de botaniste l'a donc mené à faire de nombreuses recherches sur les véritables arbres indigènes du Japon.
Et c'est grâce à la mise en application de ses recherches, qu'il a pu créer et démontrer que sa méthode de reforestation est l'une des plus efficaces jamais utilisées (testée et approuvée sur plus de 1200 sites industriels en moins d'une vingtaine d'années).
En gros, avec cette méthode, on est capable d'implanter une forêt primaire mature et ultra régénératrice en 20 ans (au lieu de 500 à 700 ans en fonction des dégâts causés selon Francis Hallé).
Cette croissance spectaculaire est dû à 2 raisons.
D'une, on utilise des espèces d'arbres qui font partie du dernier cycle de maturité d'une forêt primaire (et oui, une forêt primaire commence par un simple pissenlit.. s'en suit les ronces.. les arbres pionniers, etc... et ça, ça prend du temps).
Et de deux, on plante très très serré (minimum 3 arbres au mètre carré !).
Le fait de planter serré va stimuler la croissance des arbres au niveau aérien (pour la course à la lumière) et au niveau racinaire.
Du coup, on obtient une forêt qui pousse super vite !
Bref.
Non seulement ça pousse vite..
..mais en plus, ça ne demande pas beaucoup d'entretien.
Il suffit juste de planter, arroser et désherber pendant 3 ans.
Et, au-delà de ces 3 années, la forêt est autonome.
Vous l'aurez compris, sur le papier, cette méthode, c'est le top du top en terme de reforestation efficace et écologique !
Où se situe cette forêt Miyawaki à Lyon ?
Elle se trouve dans le parc de Parilly à Bron (toutes les infos sont en fin d'article).
Mais ce n'est pas la seule.
Il y a d'autres projets qui devraient se concrétiser non seulement à Lyon (comme celui de la Duchère et de ses 4 500 arbres !), mais aussi dans d'autres grandes villes de France (comme le chantier actuel de Mulhouse avec ses 24 000 arbres !!).
(Mise à jour : la forêt de Mulhouse n'utilise finalement pas la technique de reforestation Miyawaki dans le choix de ses espèces, et pour ce qui est de la mairie de Lyon, elle plante effectivement de plus en plus de forêt Miyawaki dans sa ville)
En fait, je ne sais pas ce qui est en train de se passer, mais depuis 2 ou 3 ans, il y a plein de projets Miyawaki qui fleurissent un peu partout en France !
Bref.
C'est cool.
Comme quoi, les prises de conscience ne servent pas à rien...
A qui appartient-elle et pourquoi au parc de Parilly ?
Le terrain où nous avons planté cette forêt appartient à l'agglomération lyonnaise, mais je ne saurais pas vous dire dans les détails comment l'association Boomforest à obtenu l'accord et le partenariat pour planter à cet endroit.
Le seul "conseil" que je peux vous donner pour lancer ce genre de projet, c'est de trouver un particulier ou une collectivité d'accord pour planter des arbres sur leur terrain (sauf si vous êtes déjà l'heureux propriétaire d'une friche ou d'un simple terrain de quelques centaines de mètres carrés !).
Parfois, il suffit de faire un appel sur vos réseaux sociaux. Apparemment, ça fonctionne assez bien. Il y a plein de gens qui serait d'accord qu'on vienne planter une forêt chez eux.
Pour faire bien, je vous conseille de mettre les choses au clair dès le départ (on parle d'une forêt.. c'est un projet sur le long terme).
Le mieux, c'est de faire une convention pour savoir qui joue le rôle de quoi dans cette histoire (droits et obligations de chacun).
(apparemment, en créant une "Obligation Réelle Environnementale" par parcelle cadastrale, vous pouvez protéger un terrain de toutes interventions pour une durée de 99 ans !... je vous laisse vous renseigner sur le sujet...) 👇
Bon.
A ce que je me suis laissé entendre dire, le choix de l'emplacement (200 m² sur un parc d'un peu moins de 200 hectares) aurait été prit car il se trouvait à mi-chemin entre le fumier et l'eau nécessaire à la plantation (#bonsens).
Pour information, la taille minimum conseillée pour créer une forêt Miyawaki efficace est de 100 m².
Et en sachant qu'il faut planter environ 3 arbres au mètre carré (parfois 5 !), ce ne sont pas moins de 700 bébés arbres qui ont été rapporté pour ce chantier de 200 m².
700 arbres répartis en une trentaine d'espèces différentes
Comment ont été choisi les espèces indigènes ?
Il ne suffit pas de faire quelques boutures ou d'arracher quelques rejets dans la forêt avoisinante (quoique..).
La sélection des espèces est une étape primordiale dans la création d'une forêt Miyawaki.
Pour commencer, il faut faire une recherche sur les végétaux qui poussent naturellement dans la région (on appelle ça, la végétation naturelle potentielle).
Ces végétaux sont naturellement adaptés à l'environnement du terrain et produiront une forêt primaire résiliente.
Ensuite, il faut déterminer quelles sont les variétés d'arbres du stade définitif du cycle de cette "forêt indigène" (c'est un peu brouillon dit comme ça, mais l'idée est là.. et si vous voulez aller plus loin, on appelle ça le "cycle sylvigénétique").
Bref, une fois ce travail fait, il "suffit' de trouver les variétés et le nombre de végétaux nécessaires pour le projet (utilisez des végétaux locaux bien évidemment).
La préparation du sol et la plantation
Le chantier de plantation de la forêt Miyawaki du parc de Parilly a eu lieu le 5,6 et 7 mars 2021 près de l'allée des Robiniers.
Le jour où j'écris ces lignes, n'importe qui peut se rendre sur cette petite forêt.
Même les chevreuils.
Mais heureusement, il parait qu'il n'y en a pas dans ce parc.
Ouf !
Parce que les chevreuils et les lapins (il n'y en a pas non plus), sont vos pires ennemis dans ce genre de chantier..
..en une nuit, ils peuvent mettre sans dessus-dessous votre forêt fraîchement plantée..
Bref.
Le terrain a donc été préparé quelques semaines avant la plantation.
Pour préparer le sol à ce genre de chantier, il suffit de l'aérer et de faire un apport de matières organiques adaptées à sa composition (ici du fumier)
La plantation d'une forêt Miyawaki se fait collectivement et "festivement" !
Et c'est la raison pour laquelle j'ai pu participer à ce chantier.
"La philosophie de Miyawaki veut que la plantation prenne la forme d’un festival afin d’impliquer les populations locales et les sensibiliser à l’environnement"
"J'ai vu des projets très bien attentionnés, comme des vergers communautaires, mais qui sont créés sans consultation des résidents locaux, ou très peu. Inévitablement, par la suite, ils font l'objet de vandalisme parce que les habitants du quartier n'ont aucun lien avec cette "chose" qui vient de débarquer chez eux"
...
A mon arrivé sur le chantier, j'ai vu des enfants en train de planter !
Certainement un groupe scolaire du quartier...
Bref.
Un bénévole nous accueil et nous fait un mini-briefing sur la méthode et le déroulé des plantations.
"Il faut planter un arbre tous les 30 cm !".
Ca étonne la plupart des gens, mais on n'est pas là pour discuter. Au boulot !
Ah oui.
J'oublie quelque chose.
La notion d'arbres de bordures et d'arbres d'intérieurs.
Je n'ai pas plus d'informations à vous donner pour le moment, mais sachez qu'il est important de prendre ça en compte lors du choix de vos variétés. Les arbres de bordures sont censés protéger les arbres d'intérieurs des perturbations extérieurs (animaux, vents, soleil, etc...).
A vos fourche-bêche !
C'est l'heure de planter.
Super, ils ont pensé au pralinage !
Le pralinage consiste à tremper les racines des arbres dans une mélasse d'eau, de terre, de terreau et/ou de compost afin de favoriser la reprise de l'arbre
Armé de ma fourche-bêche, je fais des trous.
Tous les 30 cm.
...
Une fois tous les arbres plantés, il est temps d'arroser tout ça, et bien au pied s'il vous plaît ! (s'il y a des arbres trop petit, aidez-les à se faire remarquer en plantant un bout de bâton bien grand et bien droit, juste à côté !).
Pour terminer, nous rajoutons un peu de fumier, de compost et de paillage sur l'ensemble de la surface...
Les prochains rendez-vous jusqu'à la forêt primaire...
1 mois plus tard
Comme je vous le disais, une forêt Miyawaki nécessite un peu d'entretien jusqu'à ce qu'elle devienne autonome au bout de 3 ans.
Vu que ce chantier à eu lieu en mars, il faut rapidement intervenir pour arracher les "mauvaises herbes".
Elles resteront sur place pour faire guise de paillage.
Cette action sera à renouveler avec un suivi de l'arrosage pendant 2 à 3 ans.
5 ans plus tard (août 2025)
Je suis retourné sur place pour vous faire quelques images de la forêt :
Voilà tout..
J'espère que cet article vous aura donné envie de vous retrousser les manches et voici mes 2 derniers conseils si vous êtes amené à participer à ce genre de chantier de plantations participatives :
N'oubliez pas le pralinage et pensez à ramener quelques vers de votre lombricomposteur que vous déposerez délicatement sous le paillage 😉
Bonjour, j'ai un petit potager dans un jardin de banlieue parisienne. La partie réservée aux légumes est d'environ 30 m². Lorsque les gastéropodes épargnent les cultures, j'arrive sans problème à faire pousser des tomates, courges et courgettes (à condition de les polliniser à la main...) ainsi que des haricots, pois, blettes, salades et choux. Par contre je n'ai jamais réussi à faire pousser de légumes racines, ni de poireaux qui restent de la grosseur d'un stylo. Pourtant mon sol n'est pas lourd, je ne sais pas comment faire... Mon jardin n'a connu aucun traitement depuis 14 ans que j'y suis, je recycle tous mes déchets végétaux. Le potager a été recouvert des feuilles de 3 gros tilleuls cet hiver... Bref normalement les conditions sont favorables. Si tu as une idée, merci pour ton aide ! Et dans tous les cas, merci pour tes articles /mails. Anonyme.
Tout d'abord, félicitation pour l'apport de feuilles de tilleul.
Non seulement parce que c'est difficile de trouver de la matière organique en milieu urbain, mais aussi parce que le tilleul fait un très bon paillage (il se décompose beaucoup plus rapidement que la plupart des autres feuillages et en plus il est très productif et mellifère).
D'ailleurs, en parlant d'abeilles, pourquoi ne pas en héberger quelques-unes ?
Elles ne sont pas dangereuses et ça t'éviterait de polliniser tes cucurbitacées à la main.
Pas la peine de te transformer en apiculteur (ou apicultrice ?).
Je vais avoir du mal à te répondre avec si peu de précisions.
Ca peut venir de plein de facteurs comme l'exposition ou de la façon dont tu prépares ton sol par exemple.
Mais apparemment le problème ne vient pas de là vu que tu recycles tout des déchets organiques sur place et depuis de nombreuses années (ce qui doit rendre ton sol très meuble).
Peut-être que tu pailles trop.
Les semis directs de légumes racines ont généralement du mal à passer au travers des paillages épais.
Le problème peut aussi venir des gastéropodes qui sont assez présents à ce que je vois.
Il y a aussi les fourmis !
Je ne sais pas si tu en as mais sache qu'elles peuvent te chaparder tes graines... (les campagnols aussi).
Bref, j'ai tout de même 2 conseils.
Tu peux essayer de faire pré-germer tes graines dans l'eau quelques heures ou quelques jours avant de les semer.
Sinon (et c'est ce que je fais), c'est de tout semer en godet avant de mettre en pleine terre.
Pour ce qui est des poireaux je ne suis pas un grand connaisseur..
..en fait, c'est la première année que je réussis le semis et pour le moment j'en suis au stade du repiquage.
Tout ce que je sais c'est que je les ai semé à la volée dans un godet de 10.
Il faut bien enterrer la graine (au moins 1 centimètre) et lorsque tu les repiques en pleine terre, il faut leur faire une coupe assez radicale au niveau du feuillage et des racines.
Et toutes limaces du jardin sont sorties pour dévorer les quelques plantations que j'avais commencées (salade, tomate et courge..).
Arf, pendant un mois je n'avais pas assez d'eau pour arroser mes jeunes pousses (+ de 40 jours sans pluie) et voilà que maintenant j'ai de l'eau en abondance dans mes barils mais je n'ai plus rien à arroser ! Sacrée loi de la nature...
Les invasions de limaces c'est une catastrophe et j'imagine que vous en avez aussi payé les pots cassés la semaine dernière.. Sinon soyez conscient de votre chance s'il vous plaît 😊
Lutter contre les limaces en semant des laitues
Bref, comme je vous en parlais il y a quelques semaines, cette année j'ai optimisé mes semis et j'ai produit énormément de laitues (+ d'une centaine..).
C'est pas mal de boulot pour finalement me retrouver au pied du mur presque 2 mois plus tard avec zéro laitue..
..et ça fait mal, très mal (j'en ai quelques-unes qui tiennent dans les pots de la terrasse mais plus aucune au jardin partagé).
Comme d'habitude, je ne me décourage pas et je continue à en semer.. ça finira bien par passer !
Bref.
Dans ce moment de solitude j'ai eu de l'empathie pour les personnes qui choisissent d'utiliser un anti-limace (surtout les maraîchers qui vivent de leur production..). Et ouf que ce n'est pas mon cas..
Mais ça n'a duré qu'une fraction de seconde.
Moi, j'ai choisi de jardiner avec la nature.
De m'insérer dans un écosystème en acceptant de ne pas tout contrôler.
Et, à travers cette voie, je veux être un exemple et démontrer qu'on peut faire un potager en permaculture n'importe où, sans utiliser d'engrais, de fongicides, d'herbicides et d'insecticides (même en ville et dans des pots de fleurs !)
D'ailleurs, je suis en train de constater que ça fonctionne ! Sur la terrasse pour le moment.
Et oui, si vous vous souvenez bien, l'année dernière j'ai eu une magnifique laitue (ce qui a ramené mon taux de 0 laitue récoltée pour 10 laitues plantées à (presque) 1 laitue récoltée pour 10 laitues plantées).
Et cette année (la 3 ème année) je constate que le ratio est en train de se rapprocher des 2-3 laitues récoltées pour 10 laitues plantées !
Vous vous demandez pourquoi j'ai atteint ce genre de résultat ?
Fab aurait-il craqué pour du ferramol sans rien nous dire ?
...
Non bien évidement !
C'est juste l'équilibre qui commence à s'installer et je suis en train de découvrir pourquoi ! (et si j'avais su ça avant j'aurai sûrement gagné un an ou deux !).
Viser une certaine stabilité
Dans un jardin en permaculture, que ce soit sur une terrasse en permaculture urbaine ou un jardin de campagne, on ne lutte pas contre la nature mais on l'utilise pour créer un équilibre.
C'est de la systémie.
Une recherche constante d'équilibre. D'ailleurs, la nature le fait très bien sans nous...
Un équilibre dans lequel il n'y a pas de place pour les "invasions" (ou du moins pour que les invasions ne soient pas trop importantes et éternelles..).
Les prédateurs de la limace
Il est souvent conseillé d'attirer des prédateurs comme le hérisson, le carabe, le crapaud, etc...
Et pour ça, il est nécessaire de leur créer une niche, un abri...
Bref je ne vais pas vous refaire un cours là-dessus.
J'aimerais mettre la lumière sur un prédateur dont on parle peut.
Ce prédateur, c'est le lézard des murailles (c'est le lézard classique que vous voyez de partout, il mesure environ 20 cm).
Et ouais, j'ai bien l'impression qu'il a régulé la population de limaces sur ma terrasse !
Chaque année, je vois de plus en plus de lézards et de moins en moins de limaces.. coïncidence ?
J'ai fait quelques recherches et effectivement le lézard des murailles se nourrit des œufs des escargots et des limaces ! J'ai aussi le sentiment qu'il les mange aussi à l'âge adulte mais ça fait plus d'un an que je surveille ça et je ne l'ai toujours pas pris la main dans le sac !
Sacrée découverte non ?
Du coup, j'ai décidé d'inviter le lézard au jardin partagé..
..et pour ça, j'ai simplement fait un tas de pierre en plein soleil à l'endroit où j'aimerais qu'il s'installe. (l'avantage du tas de pierres c'est qu'il est un abri pour les limaces la journée au même moment où le lézard prend le soleil... du coup, pour lui c'est le gîte et le couvert !).
Et, croyez-le ou non, le lendemain même j'ai vu qu'il y avait déjà un lézard qui faisait bronzette sur une de ces pierres !
Voilà, je vais continuer à observer tout ça et je vous prendrais une belle photo le jour où j'en verrai un dévorer une limace.
Si vous aussi vous êtes en ville ou dans un jardin clos sans point d'eau et que vous ne voyez pas comment attirer les hérissons, les crapauds et autres prédateurs de la limace, je vous invite à installer des abris à lézards.. (attention tout de même au poids si vous êtes sur un balcon).
D'ici un an ou deux vous serez certainement surpris de voir la population de limace diminuer.. du moins c'est ce que j'ai constaté sur ma terrasse et que je vais tester au jardin.
Trouver des godets pour semis en pleine période de confinement c'est chaud ! (sauf si vous avez un stock de papier toilette 🤣)
Blague à part.
S'il vous reste quelques semis à faire (comme les cucurbitacées, les laitues d'été ou les haricots par exemple) mais que vous n'avez plus de godets à disposition, c'est le moment de faire marcher votre imagination (et vos petites mains).
C'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'écrire cet article !
Non seulement je vais vous donner ma liste d'idées pour fabriquer vos godets pour semis avec 3 fois rien mais je compte aussi sur vous pour m'aider !
En fait, j'aimerais que ce soit une liste participative pour que chacun.es puissent apporter sa pierre à l'édifice.
Donc je compte sur vous dans les commentaires tout en bas de l'article 👇👇
La liste d'idées pour faire vos propres godets à semis maison (DIY)
Rouleau papier toilette/essuie-tout.
Papier journal (soit fait à la main, soit en le moulant dans un vrai godet).
Bouteille/boîte/barquette/verre en plastique (et carton).
Brique de lait/jus de fruits.
Demi-agrume (orange, pamplemousse, etc..) séché (ça marche aussi avec un melon ou une petite pastèque).
Boîte à œufs.
Coquilles d’œufs.
Morceau de tissu (si vous avez une machine à coudre).
Filtre à café.
Feuille de bananier.
Cagette + feuille de journal/papier kraft.
Petites jardinières.
Assiette à soupe/bol/plat à gâteau.
Partagez vos idées de pots à semis dans les commentaires !
Pour que cette liste évolue, faites vos propositions et partagez l'article (il y a aussi le #godetchallenge sur Instagram) 😉