Imaginez à quoi ressemblerai la ville de demain si votre collectivité avait les bons outils et les bonnes méthodes entre les mains...
Imaginez à quoi ressemblerai vos dimanches si votre ville était plus verte, plus vivante et plus centrée sur le bien-être de ses habitants.
Imaginez des villes où, non seulement, le bien-être humain serait au centre, mais où l'on ferait aussi en sorte d’accueillir et nourrir les animaux.
Et imaginez que certains de ces animaux cohabitent avec vous. Qu'ils aient besoin de vous.
Imaginez un poulailler partagé où chaque habitant du quartier aurait la responsabilité, à un moment ou à un autre, de venir rentrer les poules en échange de quelques œufs...
Imaginez un jardin public où l'herbe ne serait plus entretenue par des machines, mais par des moutons.
...
Et si ?
Et si tous les espaces verts de votre ville étaient transformés en des terrains fertiles et comestibles ?
Et si on réhabilitait le métier de maraîcher, de pépiniériste et d'horticulteur au sein de votre ville ?
Et si tout le marc de café usagé des bars servait à réhabiliter des sous-sols oubliés en champignonnière ?
Et si on faisait plus de haies ?
Et si on faisait de grandes autoroutes végétales pour nos amis les animaux (avec des mares et des mini-forêts en guises d'aire de repos) ?
Et si je vous disais que tout ça existe déjà ?
Que ça se trouve dans notre inconscient et qu'il suffit de le révéler ?
En fait, il suffit juste de faire quelques pas en arrière pour se rendre compte que c'est comme ça que fonctionnaient nos villes, il y a quelques décennies..
.. à l'époque où le transport de marchandise coûtait cher...
Le pouvoir public peut créer la ville de demain !
Il suffit simplement qu'on lui donne les moyens techniques, humains et financiers.
Pour le moment, nous vivons encore dans l'ancien modèle.
Celui de l'hyper-centre-ville.
Là où les espaces verts sont sur-entretenu de sorte à ce qu'ils restent propres et esthétiques.
De grandes avenues minérales dépourvues d'arbres et où les températures montent en flèche en période estivale.
...
On ne peut pas leur en vouloir.
Après tout, ils font de la politique.
Et la politique, c'est l'art de plaire.
L'art de donner aux gens ce dont ils ont envie, ce qu'ils demandent.
Et si les gens veulent des villes propres, minérales et touristiques, alors la ville de demain sera propre, minérale et touristique...
Heureusement, les mentalités changent
Et oui.
De plus en plus de citoyens urbains votent écolo.
De plus en plus de jardins partagés, de composteurs et de projets d’agriculture urbaine voient le jour.
De plus en plus de tiers lieux et d'espaces partagés.
Et les politiques sont conscients de ça.
Ils savent qu'aujourd'hui, un discours politique sans la partie écolo/réchauffement climatique, est un discours qui perd des voix.
Beaucoup de voix.
Alors ils essaient de faire avancer le truc.
Ils redonnent de la place à la nature.
Ils laissent tout un tas de projet d'agriculture urbaine reprendre l'espace public..
..mais, il y a un hic.
Ce hic, c'est qu'ils ne sont pas prêt.
La plupart des fonctionnaires font partie de l'ancienne génération, l'ancienne mentalité.
Celle qui fait en sorte que les rues soient agréables, minérales et propres.
Celle qui voit les choses d'une certaine façon...
D'une façon linéaire...
...
Un exemple.
Imaginez qu'un collectif de quartier demande à la mairie de leur aménager un composteur collectif et qu'elle accepte.
Pensez-vous que ce composteur fasse partie d'un plan ?
Pensez-vous que son emplacement soit minutieusement choisi et en fonction du contexte ?
Pensez-vous qu'une partie des feuilles mortes ramassées à 2 coins de rue par les jardiniers municipaux finiront dans ce composteur ?
La réponse est claire : non...
Si la ville de demain est écologique, nous devons penser en systèmes
Le paradigme de la pensée linéaire (ou la pensée unique) règne sur le pouvoir public.
Chaque chose à sa place.
D'ailleurs, qu'est-ce qu'un fonctionnaire ?
C'est une personne qui travaille pour une ville (ou l'état) et qui a une seule et unique fonction.
Qu'est-ce qu'un service de la fonction publique ?
C'est un service qui a un seul et unique but (jusqu'à en oublier le bon sens).
Tout est pensé pour que chaque demande ait une seule et unique réponse.
Croiser les fonctions en reviendrait à déresponsabiliser les "responsables".
...
Bon, je ne vais pas régler mon compte avec la fonction publique ici (haha, en tant qu'ex jardinier public, j'ai beaucoup de critiques à faire, croyez-moi !).
Mais vous l'aurez compris.
Nous devons trouver un nouveau modèle.
Un modèle qui s'inspire de la nature.
De l'écologie.
Et surtout, de la permaculture.
Un modèle où chaque élément à plusieurs fonctions et où chaque fonction est rempli par plusieurs éléments.
Et où les déchets des uns deviennent les ressources des autres.
C'est ça la pensée en système !
Et c'est de ce nouveau paradigme qu'a besoin la ville de demain.
Votre ville de demain.
...
C'est justement le but du nouveau projet dont je voulais vous parler.
Le projet : "la ville de demain"
Si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez que ce n'est pas un partenariat, ni un placement de produit (sinon, je vous aurai averti).
Vous savez que c'est ce genre de sujet qui m'anime (ce qui est logique avoir travaillé près d'une quinzaine d'années en tant que jardinier public...).
Bref, si je vous parle de ça, c'est parce que j'ai eu un coup de cœur pour ce projet.
Des permaculteurs qui parlent des villes de demain ? C'était obligé que j'apporte mon soutien...
Bref.
Surtout que, pour une fois, le projet est loin d'être utopique.
En général, quand un permaculteur se met à imaginer la ville de demain, il imagine un modèle unique.
Une sorte de ville à répliquer.
Et lorsque l'on confronte ça à la réalité..
..et bien le concept reste vague..
..si on les écoutait, il faudrait tout casser et recommencer à zéro...
Mais cette fois-ci, Pascal Depienne (qui est à l'origine du projet), parle de solution systémique.
Et plus qu'une solution, c'est une méthode.
Une méthode qui est censée s'adapter à tous les contextes.
Et c'est exactement ce dont a besoin le pouvoir public.
Exactement ce dont ont besoin les nouveaux maires écolos !
Bon.
Pour le moment, le projet est encore au stade d'embryon.
(d'ailleurs, voici quelques informations et quelques images)
Alors ?
Convaincu ?
Alors oui, on parle toujours de la même chose :
+ de jardins partagés
+ de maraîchers urbains
+ d'agriculture urbaine
+ de moutons sur les surfaces engazonnés
+ de liens entre les citoyens, les collectivités, les propriétaires et les professionnels
Etc...
Ce qui nous mène aux mêmes conclusions :
+ de biodiversité
+ d'emplois
+ de plantes comestibles
+ de nourriture locale
+ d’îlots de fraîcheurs
Etc...
Mais la grande différence, c'est que ce projet a pour ambition d'aller plus loin.
Il a pour ambition d'apporter des méthodes concrètes pour nos politiques.
Des méthodes qui prennent en compte l'écosystème.
Qui mettent tout ça en synergie :
Chaque parcelle de terre doit être occupée
Ce n'est pas en ajoutant 2 ou 3 massifs de fleurs sauvages qu'on va changer le monde.
Il faut cultiver chaque parcelle avec le maximum de plantes comestibles et avec le maximum de gîtes pour la biodiversité.
On entend de plus en plus parler d'agriculture urbaine, de jardins partagés, de potagers sur les toits, etc...
Et c'est une bonne nouvelle !
Mais la production alimentaire n'est que l'une des conséquences de la végétalisation de la ville...
Entre parenthèses, c'est une conséquence que la ville de Nantes a décidé d'intégrer dans ses espaces verts cette année.
Et oui, lors de ma petite virée dans le Nord Ouest de la France, j'ai été surpris de voir que la ville était littéralement en train d'intégrer du maraîchage (très inspiré de la permaculture) dans ses massifs d'espaces verts !
Ce ne sont pas moins de 50 potagers solidaires qui ont été dispatchés dans la ville de Nantes suite à la crise du covid !
Fini les fleurs surdimensionnées et dépourvues de pollen..
..la nouvelle mode à Nantes, c'est la permaculture urbaine !
Dans ces massifs, les récoltes sont en "libre-service" (en tout cas, je n'ai pas hésité à goûter la marchandise).
Et, en plus de ça, les agents des espaces verts (qui s'occupent de ces massifs), récoltent, pèsent et redistribuent les légumes à des associations caritatives.
Ce qu'il manque dans la plupart des grandes villes de France ?
Ce sont des lieux vivants, des lieux de rencontre.
Personnellement, quand j'arrive dans une nouvelle ville, je suis friand de ce genre de lieux.
Vous savez, c'est un peu comme la place du village ou la place du marché.
Ce sont ces lieux où ne se rend pas d'un point A à un point B.
Mais ce sont plutôt des lieux où l'on pose l'ancre.
On n'est pas pressé.
On ne court pas.
On a le temps.
On prend le temps.
Repenser la ville pour favoriser l'interaction
Et ça peut paraître bête (pour rester poli), mais l'infrastructure d'une ville joue énormément sur ce point.
Regardez. Ce n'est pas sur les trottoirs, les passages piétons ou les lignes de tramway que vous allez le plus souvent trouver ce genre de lieux vivants non ?
C'est plus souvent au pied d'un arbre centenaire, au bord d'une mare à canard, près d'un petit massif de fleurs ou même sur un pas-de-porte aménagé avec quelques jardinières...
Ca peut paraître bête, mais je vous invite à le vérifier à votre prochaine virée en ville.
Regardez quels sont les endroits où les gens sont ancrés, immobiles, ils discutent...
Vous verrez, il y a souvent un bout de nature pas très loin... (ou un arrêt de bus 😂)
Notre monde a besoin de sortir un peu de cette société de consommation.
Les gens ont besoin de ralentir, de se rencontrer.
Certes, le changement doit se faire au niveau écologique. La permaculture urbaine, le zéro déchet, etc...
Mais pas que. La santé, l'éducation, etc.. sont aussi des points sur lesquels nous devons nous transformer.
Bref.
Et pour faire tout ça en même temps, nous devons sortir du modèle "communautaire" et faire diverger les idées.
Il y a pleins de gens intéressants ailleurs que dans la permaculture urbaine !
Il ne faut forcément pas partager les mêmes passions pour changer le monde.
Le plus important, ce sont les valeurs, la vision.
Et, croyez-le ou non, beaucoup de gens partagent les mêmes valeurs que celles de la permaculture.
Pleins de gens ont envie que ça change.
Le truc, c'est qu'on travaille chacun de notre côté depuis trop longtemps..
..et que ce n'est pas comme ça qu'on fera avancer le schmilblick.
Créer des lieux où l'on peut s'ancrer
Pour moi, l'un des moyens de faire diverger tout ça, c'est de créer des espaces de vie, des lieux d'ancrage en ville, à l'extérieur.
Et c'est, je pense, l'un des rôles de la permaculture urbaine, de l'agriculture urbaine ou de la végétalisation de la ville (appelez ça comme vous le voulez).
Pour rester dans le thème "permaculture/écologie", je pense qu'en donnant de la place à la nature en ville, on crée des interfaces (en permaculture, on appelle ça "les bordures").
Les interfaces (ou les "bordures") sont de lieux de rencontres entre plusieurs types de biodiversité.
...
Allez, un dernier exemple pour illustrer ça.
Imaginez que vous avez côte à côte une mare et un potager.
Et maintenant imaginez que vous mettez une petite haie (de petits fruits par exemple) entre eux.
Grâce à votre petite haie, la faune de la mare et celle du potager ont un lieu pour se "mélanger", se rencontrer. Sans oublier que la haie a aussi sa propre faune !
Bref.
Je suis persuadé que créer des lieux de vie fait partir de notre rôle.
De votre rôle.
Alors, mes cher.es ami.es..
..enfilez vos bottes, plantez des arbres, jetez des bombes de graines et réappropriez-vous l'espace urbain !
Aujourd'hui, je réponds à la question que m'a posé Mathieu :
"J'ai un balcon avec des plantes grasses et des arbustes. Comment exploiter au mieux mon bokashi qui se rempli très vite ?"
Merci Mathieu pour cette question. Ca fait longtemps que je voulais aborder le sujet du bokashi. Presque 2 ans que j'en utilise un quand même...
Qu'est-ce qu'un bokashi ?
Un bokashi est une sorte de sceau hermétique dans lequel on ajoute des épluchures de fruits et légumes dans le but de les composter.
Sauf que, comparé à un lombricomposteur ou un composteur classique, il y a 3 grandes différences.
1) Il n'y a pas de vers de terre
Au lieu d'ajouter de la matière sèche à chaque apport comme dans un composteur, on y ajoute un mélange de micro-organismes spécifiques qu'il faut acheter à part.
2) C'est du compostage hermétique (anaérobique)
Pour faire simple, il n'y a pas d'air dans un bokashi.
C'est la raison pour laquelle on utilise des micro-organismes spécifiques.
3) Un bokashi ne produit pas de terreau (contrairement au lombricompost ou au compost classique)
Pourquoi ?
Et bien tout simplement parce qu'il n'y a pas de vers de terre (pas de vers : pas de chocolat)
Du coup, on se retrouve avec un (riche) mélange bien gluant d’épluchures de fruits et légumes.
Et quand on habite en ville, dur dur de le réutiliser...
Comment utiliser son bokashi pour ses pots ?
Réutiliser le jus de bokashi
Comme dans un lombricomposteur, il est possible de récupérer le jus dans un bokashi.
C'est un puissant engrais naturel.
Tu peux le diluer à 1 % voir un peu plus (dans de l'eau de pluie de préférence).
Tes arbustes vont adorer ça et tes plantes grasses aussi (pour les plantes grasses, ne leur donne pas d'engrais pendant l'hiver.. elles n’apprécieront pas).
Et si tu cultives des plantes potagères, elles apprécieront tout autant !
Rempoter les plantes avec le bokashi
Mélangé avec un peu de terreau (ou une bonne lasagne bien mûre), il apportera tous les nutriments nécessaire à tes arbustes et ce, pendant plusieurs années !
Créer une super jardinière à boutures !
Les plantes grasses se bouturent bien.
Donc, tu peux essayer de faire une sorte de lasagne où tu prends en sandwich ton mélange bokashi dans une jardinière (3 couches : terreau - mélange bokashi - terreau).
Comme je te le disais, l'hiver approche..
.. et les plantes grasses n'ont pas faim..
.. attends le printemps pour tester cette super jardinière (et tiens-moi au courant du résultat) !
Du paillage pour tes arbustes.
Bien évidemment, c'est un peu du "gaspillage d'énergie" mais, tôt au tard, tes arbustes en profiteront... même l'hiver !
J'allais oublier.
Si tu as la possibilité de le faire, enterre ton mélange dans un jardin (chez des amis ou le jardin partagé de ta ville).
Et oui, à la base, c'est l'utilité qu'on donne principalement à un bokashi.
Il faut l'enterrer assez profond (environ à la profondeur d'une bêche) afin que les micro-organismes puissent survivre (sans air) et continuer à faire leur boulot.
Voilà tout pour mes conseils Mathieu.
Ah, dernier des derniers conseils.
Si tu as accès à un composteur ou un lombricomposteur, tu peux en mettre à l'intérieur (en gardant en tête que ce n'est pas la meilleure des solutions).
Voilà tout.
Pour finir, j'ai une question pour vous qui me lisez.
Pratiquez-vous le compostage bokashi ?
Si oui, je serais curieux de savoir ce que vous en faites ?
Dans cet article vous allez découvrir comment faire de l'ombre naturelle sur votre potager de balcon ou de terrasse en utilisant la permaculture. Et pour ça, commençons par le commencement...
Le soleil..
..c'est la base pour faire pousser des tomates sur votre balcon.
Le problème c'est que si vous n'en avez pas assez, vos tomates restent vertes vos plants de tomates ne font pas de fruits.
Avant d'enter dans le vif du sujet, laissez-moi vous parler des 3 grands facteurs qui empêchent vos plantes de bien pousser en période de canicule.
1. Les îlots de chaleurs
Routes, trottoirs, bâtiments... les villes sont recouvertes de surfaces minérales (goudron, béton, etc...).
Exposées au soleil, ces surfaces minérales chauffent et accumulent de la chaleur toute la journée (surtout si elles sont de couleur sombre).
A la tombée de la nuit, la plupart d'entre elles n'ont pas le temps de "refroidir". Elles restent chaudes et même pire, elles émettent de la chaleur.
Ce phénomène accentue la chaleur des villes la journée et même la nuit ! Ce qui a pour conséquence d'empêcher les plantes (et les humains) de profiter d'un peu de fraîcheur et parfois même d'une bonne nuit de sommeil.
2. L'effet de serre
En plus d'accumuler la chaleur, la plupart de ces surfaces reflètent les rayons du soleil, surtout les surfaces blanches et/ou brillantes (les pires de toutes, ce sont les vitres).
Ce phénomène crée un effet de serre qui peut emprisonner la chaleur.
Mais le pire, c'est l'augmentation considérable des reflets des rayons du soleil sur les plantes. J'ai remarqué que c'est ce qu'elles supportent le moins (ce qui est logique, depuis la nuit des temps, elles ont évolué pour capter les rayons du soleil venant du ciel et non de tous les sens).
3. L'assèchement de l'air
L'air des villes est de plus en plus sec justement à cause de ces 2 phénomènes que sont les îlots de chaleur et les effets de serre.
De plus, c'est accentué lorsque la différence de températures entre le jour et la nuit est quasi nulle (chose récurrente en période de canicule).
Pourquoi ?
Et bien parce que cela empêche de former cette petite rosée du matin qui fait du bien...
Et ça, c'est le coup de grâce.
Car plus l'air est sec et plus la plante transpire (et perd de l'eau en définitive !).
Avec une bonne dose d'ombre, vous pouvez renverser le problème !
Bon. Vous l'aurez compris. Vous avez tout intérêt à faire un peu d'ombre en période de canicule sur votre potager de balcon. Ne serait-ce que pour limiter ces 3 facteurs.
Et ne croyez pas être à l'abri si vous avez la chance d'avoir l'arbre du voisin qui fait de l'ombre sur votre terrasse une partie de la journée. Rien n'empêche qu'il ne soit coupé ou élagué d'une journée à l'autre... ça va très vite aujourd'hui !
Et l'année où ça se produit, si vous n'avez pas prévu ça dans votre design, je ne donne pas cher de vos plantes ! (je dis ça parce que c'est ce qui m'est arrivé l'année dernière).
...
Allez, c'est parti !
L'ombre végétale
Il a tout un tas de façon de faire de l'ombre.
Parasol, store et voile d'ombrage c'est bien. Mais ça demande d'intervenir s'il y a de l'orage ou de fortes rafales de vent.
La solution que j'utilise et que je vous invite fortement à mettre en place, c'est l'ombre végétale.
En plus d'être un élément essentiel en permaculture, le végétal reste la solution la plus pérenne et efficace pour faire de l'ombre.
Et il a plusieurs fonctions :
C'est une ressource Il fournit de la matière organique que vous pouvez recycler en paillage ou en structure pour vos constructions (tuteurs, abris à abeilles sauvages, etc...). En lui-même, le végétal est aussi un abri pour les insectes (dont les pollinisateurs). Et, bien évidemment, il peut aussi produire des ressources comestibles !
Il ne fait pas une ombre totale A la manière d'un voile de camouflage, le végétal laisse passer quelques rayons de soleil ce qui permet aux plantes du dessous de capter de l'énergie tout en profitant de l'ombre.
Il dégage un peu d'humidité En plus de l'ombre, le végétal crée une atmosphère légèrement plus humide grâce à sa transpiration naturelle (l'évapotranspiration).
Il filtre le vent En ville, et surtout sur les balcons, il y a beaucoup de courant d'air. Si vous placez stratégiquement votre plante d'ombrage, vous pouvez filtrer ces courants d'air et ainsi diminuer le dessèchement de vos plantes.
Il crée de l'intimité C'est plus sympa pour la bronzette du dimanche non ?
Il attire l'attention Pour faire de l'ombre vous allez devoir prendre de la hauteur. Ce qui vous rendra plus visible pour la faune sauvage. Et c'est ça qu'on aime 😉
Quelles plantes utiliser pour ombrager votre terrasse ?
Il y a deux types de plantes que vous pouvez utiliser pour faire de l'ombre sur votre terrasse : les plantes hautes et les plantes grimpantes.
Personnellement, j'utilise un peu des deux :
Les plantes hautes
Le bambou
Je ne sais pas ce qui s'est passé avec mon bambou cette année, mais il a fait une pousse de + de 2m50 ! (du coup j'ai fait grimper du haricot comme vous pouvez le voir 😉)
Le bambou est l'une des premières plantes hautes que j'ai installée sur la terrasse. L’inconvénient c'est que c'est super long à pousser ! En fait, c'est long parce que je suis parti du "ryzhome" (et d'une variété qui met du temps à s'installer, le bambou noir).
La partie verte s'appelle le turion et la partie horizontale c'est le rhizome (et en dessous du rhizome il y a les racines)
Le turion apparaît au printemps.
C'est à ce moment-là qu'il est le plus facile de prélever et replanter un morceau de rhizome. Mais je vous préviens tout de suite, prélever quoi que ce soit sur du bambou n'est jamais une partie de plaisir ! C'est une plante quasiment impossible à déterrer à la main.
Le but du jeu c'est de prélever le turion avec le rhizome et des racines.
Après avoir planté le rhizome (en veillant à ne pas casser le turion qui est très fragile), il faudra 2 ou 3 ans pour que le bambou ne commence à faire une bonne barrière au soleil. Mais une fois installé, il ne demande pas beaucoup d'arrosage (il est même capable de renaître de ses cendres s'il sèche un peu).
(Juste pour info, le bambou est une plante envahissante et il est impossible de s'en débarrasser. Si vous prévoyez de le mettre en pleine terre après qu'il est passé quelques années en pot de fleurs, réfléchissez bien à l'endroit où vous allez le planter)
Et pour finir, notez qu'une fois adulte, il fait partie des plantes qui deviennent une ressource pour fabriquer des tuteurs pour vos tomates ou des pergolas pour vos plantes grimpantes !
Le miscanthus
C'est la première année que j'ai installé du miscanthus sur ma terrasse. Il fait déjà quelques pousses mais n'est pas encore très bien développé
Comme pour le bambou, je suis parti du rhizome.
D’ailleurs, le miscanthus est un peu comme le bambou. C'est-à-dire qu'il est long à s'installer mais très prolifique, envahissant et résistant à la sécheresse (par contre, c'est rare d'en trouver à l'état naturel en France).
Il pousse très bien en pot (j'ai déjà vu des miscanthus monter à plus de 3 mètres dans une grande jardinière).
A terme, il fera certainement une ombre plus dense que le bambou.
Attention, le miscanthus est lui aussi une plante envahissante (réfléchissez bien à l'endroit où vous le plantez le jour où vous voulez vous en débarrasser).
Mais j'ai tout de même une bonne nouvelle pour vous.
Personnellement, j'ai choisi une variété hybride non envahissante pour pouvoir les réutiliser sans crainte au jardin le jour où je ne les veux plus sur la terrasse.
Cette variété c'est le "miscanthus giganteus".
Ce n'est pas une pub mais pour être certain de récupérer la bonne variété, je vous conseille de les prendre sur le site rizosfer. C'est ici que je les ai commandé (en commande groupée). Le souci, c'est qu'il faut commander 50 rhizomes au minimum ! Si vous avez la possibilité de faire une commande groupée, vous pouvez y aller les yeux fermés (organisez-vous dans les commentaires de cet article si vous le souhaitez).
Cette variété est donc non envahissante en pleine terre. A terme, elle prend environ 1 m² de surface par rhizome et elle peut dépasser les 3 mètres de hauteur !
L'avantage du miscanthus c'est que vous pouvez le tailler l'hiver et vous en servir de paillage pour vos pots de fleurs ! C'est l'une des plantes les plus prolifiques en matière de biomasse ! (elle peut aussi servir à alimenter les poêles à bois)
Les plantes grimpantes
Il y a tout un tas de plantes grimpantes qui poussent en pot de fleurs. Le haricot par exemple. Le truc, c'est que le haricot grimpant est une plante annuelle que vous devez ressemer d'année en année. Il existe tout de même une variété vivace qui repousse du pied chaque année. C'est le haricot "orteil de prêcheur".
Moi, j'ai choisi de planter de la vigne. C'est une plante qui ne craint pas trop le gel, ni la sécheresse. En pot de fleurs, c'est parfait.
J'ai donc choisis de l'installer dans un pot de 50 x 50 cm (ce qui est pas mal pour un arbuste qui va rester plusieurs années). La première année, ne comptez pas trop dessus pour faire de l'ombre. C'est plutôt le moment de la guider sur votre structure (ou pergolas).
Pour ce qui est de la structure, le bois de bambou c'est pas mal. Solide et long à la fois, il endurera plusieurs années sans broncher.
Le seul truc qui m'inquiète, c'est que contrairement à ce que l'on pourrait croire, la vigne n'est pas une plante de plein soleil... je vous donnerais des nouvelles l'année prochaine 😉
Si vous choisissez d'utiliser du bambou bien gros, pensez à le faire sécher un peu avant de l'installer en plein soleil (environ 3-4 mois de séchage). Ca évitera qu'il ne se fende.
Il n'y a pas que le haricot et la vigne comme plante grimpante qui pousse bien en pots de fleurs. Il y a aussi le kiwi, le petit pois, le passiflore, le houblon, etc... A vous de choisir !
Pour terminer, gardez en tête qu'il y a différentes sortes de plantes grimpantes et qu'il est bon de connaître la "technique" de la plante que vous choisissez.
Il y a les plantes volubiles qui grimpent en s'entourant autour de la structure comme le haricot ou le petit pois. Il y a d'autres plantes grimpantes qui créent des sortes de crochets qui vont l'aider à grimper (comme les courges ou la vigne par exemple). Et d'autres, comme le lierre, vont carrément se cramponner sur une surface (mur, écorce, etc...).
Conclusion
Prendre de la hauteur sur votre balcon c'est cool, mais penser à la prise au vent. Ancrez bien vos pots de fleurs au sol et pour vos plantes grimpantes, utilisez des structures solides et vérifiez régulièrement qu'elles y sont bien attachées !
Et si vos plantes ont besoin d'ombre là tout de suite et de toute urgence, sortez le parasol ! (et n'oubliez pas que vous pouvez aussi déplacer vos pots de fleurs dans le coin le plus ombragé de votre terrasse).
Non, je ne parle pas de sur-hydratation, mais de climat.
Je ne sais pas dans quel coin de la France (ou du monde) vous vivez, mais je peux vous dire que du côté de Lyon ça fait longtemps que nous n'avons pas vu la pluie, la vraie.
Les espaces verts sont jaunes, les arbres sèchent un par un et la terre se transforme en pierre.
Chaque année la sécheresse s'empire dans notre région...
La Corrèze, un climat exceptionnel
A mon arrivée, j'ai donc été surpris par une nature assez verdoyante !
Ce n'est pas qu'il fait moins chaud là-bas (c'est la même canicule que dans le Rhône, voire même pire)..., mais vous allez voir que c'est vraiment une histoire de quantité d'eau.
Petit rappel, une plante a besoin de ces 3 choses pour vivre :
Du soleil (qu'elle capte par le dessus de ses feuilles)
De l'oxygène (qu'elle capte par le dessous de ses feuilles)
De l'eau (qu'elle capte par ses racines)
Ce sont les 3 fondamentaux de la vie. Quand il en manque un, la plupart des plantes meurent (et sur terre, on manque rarement de soleil ou d'oxygène... la plupart du temps, et de plus en plus à certains endroits, c'est l'eau qui fait défaut).
Une forêt a besoin d'au moins 500 mm de précipitations annuelles pour naître
En dessous de 500 mm, pas de forêt (la végétation reste à l'étape de steppe)..
..et pour info, en Corrèze la moyenne annuelle des précipitations se situe entre 900 et 1 000 mm.
Ce qui est bien assez pour entretenir la forêt !
Et c'est donc pour ça aussi que ça reste bien vert.
Puis je ne sais plus dans quel livre j'ai lu ça, mais apparemment la Corrèze serait la région de France qui ressemble le plus à un climat tropical ! Et si vous ne le saviez pas, le climat tropical c'est celui qui est le plus productif en matière végétale (entre 2 et 3 kg de matière végétale par m² et par année)
Et pour information (ça fait beaucoup d'informations là non ? 🤭), un climat tropical c'est une température stable entre 20 et 25°C tout au long de l'année et une moyenne de précipitations annuelle de 1900 mm.
On est donc loin du climat de la Corrèze, mais j'ai tout de même remarqué une chose qui confirme ça.
Le bananier se plaît bien en Corrèze !
Il y en a de partout ! (même à l'état sauvage).
Et j'ai remarqué que certains d'entre eux font même quelques bananes ! (surtout en ville)
Bref, si vous cherchez un semblant de climat tropical pour cultiver de la banane en France, allez en Corrèze !