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Comment faire un design en permaculture (en 5 étapes) ?

Comment faire un design en permaculture (en 5 étapes) ?


Dans cet article, vous allez découvrir les 5 étapes faciles à suivre pour faire votre premier design en permaculture.

Après avoir passé des années à lire des livres.

A faire des stages (dont un Cours Certifié de Permaculture).

Et après avoir travaillé sur plusieurs designs.

Je me considère légitime pour vous partager ma méthode complète de design en permaculture.

...

Qui suis-je pour prétendre avoir trouvé LA voie du design ?

Je suis juste un apprenti-débutant-passionné de permaculture qui en a chié pour trouver sa propre méthode.

Et, dans cet article, je ne vais pas uniquement vous filer un résumé de tous les livres que j'ai lu et stages auxquels j'ai participé.

Non.

Je vous rappelle que sur ce blog, je ne partage que le fruit de mon expérience.

...

J'ai déjà fait plusieurs designs.

Trois pour être précis.
Un pendant mon Cours Certifié de permaculture (cas réel sur un terrain de 10 000 m²), un pour ma terrasse (8 m²) et un autre pour un jardin partagé (100 m²)

Ce que je tire de ces 3 expériences ?

Et bien c'est simple, ce sont les 5 grandes étapes que vous êtes sur le point de découvrir...

Mais avant de passer au vif du sujet, peut-être que vous vous posez cette question :

Pourquoi faire un design en permaculture ?

Se poser cette question, c'est comme se demander pourquoi un marin navigue avec une boussole.

...

Votre design, c'est votre objectif.

C'est le cap à atteindre.

C'est lui qui vous dit où aller et pourquoi.

Vous ne le savez peut-être pas, mais la permaculture n'est pas juste une méthode de jardinage.
Comme la légendaire culture en lasagnes dans le carré potager au fond de votre jardin par exemple...

Non.

La permaculture, c'est une refonte de votre vie et de votre jardin en fonction de vous et de toutes les personnes qui vivent avec vous (ou toutes les personnes qui participent au projet).

Avec un design, votre jardin avance lentement, mais sûrement.

Avec un design, votre jardin est de mieux en mieux chaque année.

Avec un design, vous n'avez pas besoin de vous adapter à votre jardin parce que vous faite partie de votre jardin...

Avec un design, vous avancez vite et bien.

N'oubliez pas qu'il n'y a pas de méthode de jardinage miracle.

Jardiner en permaculture, c'est difficile..

..et vous allez devoir vous armer de bon sens, de connaissances, de patience et.. d'un bon design...

Le design de ma terrasse

quoi-faire-jardin-automne-permaculture

Ca ☝

C'est ma terrasse (si vous voulez en savoir plus, c'est par ici)

Elle se situe sur le pas de porte de mon appartement.

Oui je sais, c'est chargé (le facteur doit faire une sorte d'escape game pour trouver le chemin jusqu'à ma porte 🤣).

Cette terrasse, je l'ai aménagé en 2016.

C'était mon premier design.

Je vous avoue qu'à l'époque, je l'ai fait à l'arrache.

Je n'avais aucune méthode.

Rien.

Nada.

Seulement quelques principes, quelques éthiques et quelques notions piochées par-ci par-là.

J'avais beau avoir découvert la permaculture depuis déjà une demi-douzaine d'années...

Visité énormément de jardins inspirés de la permaculture...

Fais de nombreux stages...

Assisté à de multiples conférences...

Etc...

Je n'avais trouvé aucune méthode claire et concise pour faire un design.


Du coup, j'y suis allé au feeling.

Et j'ai perdu énormément de temps.

Mais, mine de rien, j'ai réussi à tout optimiser en fonction de mes habitudes, mes besoins, mes envies et mes valeurs.

Bref.

Je ne vais pas vous faire tout le topo ici (ce serait bien trop long...).


Maintenant, une dernière chose avant de passer aux choses sérieuses..

..le jardin partagé...

Le design du jardin partagé

Après la terrasse, en 2019, j'ai lancé un jardin partagé dans mon village.

Bon, outre les difficultés dues à la mise en place trop rapide et soudaine du jardin, je peux vous dire que ça a été une sacrée aventure niveau design (et ça l'est encore, car je suis en train de tout reprendre à zéro).

Bon.

La première chose que j'ai faite, c'est d'intégrer le jardin au design de la terrasse (normal, vu qu'il ne se trouve qu'à une centaine de mètres l'un de l'autre).

Pour ça, j'ai fait une "carte de zonage".

(qu'est-ce qu'une carte de zonage ?..

..c'est un plan qui délimite des zones sur votre jardin en fonction de la fréquence à laquelle vous vous y rendez de façon quasi "naturelle"..

..pour reprendre l'exemple de ma terrasse, elle fait partie d'une zone que je fréquente quotidiennement..

..mon pas de porte..

..donc, sur cette carte, je l'ai mise en zone 1..

..puis le trajet jusqu'au jardin, je l'ai mis en zone 2..

..etc)

Bref.

C'est à peu près tout ce que j'ai fait pour commencer.

Ah non.

J'ai aussi réalisé une carte temporaire pour délimiter les planches de cultures et les allées (le potager quoi).

Bref.

Pour le reste, j'ai (presque) respecté la règle numéro 1 du design en permaculture qui est : le "1 an d'observation".

Et oui, Bill Mollison et David Homgren (les fondateurs de la permaculture) conseillent une phase d'observation d'un cycle complet..

..soit un an !

4 saisons pour vivre et observer les phénomènes qui se passent dans votre jardin et son environnement.

...

Pendant cette année d'observation, j'ai passé mon CCP (chez Damien).

Le CCP, c'est le Cours Certifié de Permaculture sur 2 semaines chez un permaculteur expérimenté.

C'est là-bas que j'ai fait mon premier vrai grand design.

Bon.

Je vais arrêter de parler de moi..

..passons aux choses sérieuses...

Ma méthode de design en permaculture

Au fil du temps, j'ai remarqué qu'il y avait 5 grandes étapes avant qu'un design n'arrive à maturité.

Pourquoi j'ai choisi 5 grandes étapes ?

Et bien parce que chacune d'entre elles demande un temps de maturation.

Alors oui vous devez les suivre dans l'ordre chronologique, mais rien ne vous empêche de sauter, de temps en temps, d'une étape à l'autre.

A vous de voir.

Si je vous donne ces 5 étapes, c'est pour que vous ayez enfin une vue d'ensemble sur ce qu'il se passe pendant une phase de design...

sablier-temps-observation

1. Observer

C'est l'étape qui est censée être la plus longue (et la plus importante).

Mais la plupart des gens la zappent.

Ils préfèrent démarrer rapidement.

Faire un potager le plus vite et le plus grand possible.

Et on ne pas leur en vouloir.

On est tous pareil.

C'est humain (surtout chez l'Homme moderne).

Ce dont vous devez être conscient, c'est que plus vous démarrez vite et grand, plus vos erreurs vous coûteront chères.

C'est comme ça.

C'est le prix à payer.

Je ne dis pas que vous devez attendre et ne rien faire, mais commencez petit.

Surtout si c'est votre premier design.

Par exemple.

Pour trouver le meilleur emplacement de votre potager, il y a une multitude de paramètres à prendre en compte.

L'exposition au soleil.

Le cycle de l'eau.

L'environnement voisin.

Le temps et l'énergie que vous avez à lui consacrer.

Vos habitudes.

Votre budget.

Etc...

Et c'est pareil pour chaque élément que vous allez ajouter (une serre, un compost, un poulailler, un point d'eau, etc...).

Alors, allez-y doucement avant de voir grand et de mettre en place votre échiquier...


Un conseil si vous voulez quand même démarrer quelque chose dès la première année : faites des éléments facilement déplaçables.

On ne sait jamais..

...

L'observation, c'est la partie que je préfère.

Parce que ça ne s'arrête jamais.

Même après plusieurs années, il y a toujours de quoi observer (et de quoi corriger).

Moins qu'au départ.

Mais toujours.

Souvenez-vous juste de la règle d'or qui est d'observer au minimum 4 saisons consécutives avant d'agir...

Autre chose.

Observer le jardin c'est bien, mais il faut aussi observer toute les personnes impliquées dans le projet (humains et animaux compris !).

...

Quels sont vos besoins ?

Vos préférences ?

Vos rêves ?

Vos compétences ?

Vos limitations ?

Etc...

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2. Cueillir

Observer, c'est bien.

Mais il faut aussi récolter les informations.

Les cueillir..

..et les stocker.

Vous savez tous comment fonctionne notre cerveau.

(spoil : il oublie vite)

Alors un conseil.

N'attendez pas d'avoir fini la phase d'observation pour cueillir et commencer à faire des plans au brouillon.

C'est pendant la phase d'observation que vos premières idées vont naître..

..mais ce ne seront pas forcément les meilleures.

Pourquoi ?

Parce que pour faire un bon design, il faut alterner entre la pensée globale et la pensée détail.

...

Pour avoir une pensée globale, vous devez travailler sur plan.

Pas le choix.

Ce que je vous conseille pour commencer, c'est de faire un plan de base minimaliste.

Dans ce plan, mettez tous les éléments fixes (arbre, terrasse, maison, etc...).

Et, par la suite, il y aura toute sorte de plans sur lesquels vous pourrez travailler.

Secteurs, zonage, etc...

Mais je ne vais pas entrer dans les détails ici, car ça dépend de votre contexte.

Donc, pour résumer, les plans, c'est la pensée globale.

Pour ce qui est de la pensée détail, vous avez besoin de vos notes (celle que vous avez commencé à prendre pendant la phase d'observation).

Des notes qui déterminent toutes sortes de choses comme une zone de micro-climat, une zone humide, un regroupement de limaces, un tas de pierre, un courant d'air, des plantes bio-indicatrices, etc, etc...

Notez aussi toutes les ressources que vous avez à disposition.

Que ce soit sur votre terrain, et même au-delà !

Parlez à votre voisinage.

Baladez-vous autour de chez vous.

Créez du lien avec les maraîchers, les artisans, les épiceries, les associations environnementales, etc...

Faites du troc.

Etc...

Etc...

En connaissant les ressources que vous avez à disposition, vous prendrez de meilleures décisions.

Par exemple, il n'est peut-être pas si judicieux que ça que de lombricomposter s'il y a déjà un lombricomposteur collectif au pied de votre immeuble ?

Ou d'élever des abeilles si votre voisin est déjà un grand apiculteur ?

plan-observation-note-cahier-automne

3. Interroger

Une fois toutes ces informations récoltées, il est temps de faire le point.

(à ce stade, vous n'êtes pas loin de terminer la fameuse période d'observation d'un an)

Faire le point c'est trier les informations.

C'est virer celles qui n'ont plus d'importance et mettre en valeur celles qui sont primordiales.

Les classer.

Les regrouper par catégories.

Les mettre en lien.

Etc...

Bon.

Je vais vous avouer un truc.

Jusqu'ici, c'était facile.

Vous avez fait vos plans, découvert vos ressources et pris vos notes.

Pas spécialement besoin de réfléchir.

Ce sont juste des faits.

De la récolte d'information.

Des outils que vous vous êtes forgés...

C'est maintenant que ça se complique.

(et c'est ici que la plupart des gens ont besoin d'aide).

...

Cette étape, c'est celle qui consiste à vous fixer des objectifs.

Vous devez être capable de savoir où vous allez..

..et de mesurer si tout se passe bien en route.

Souvenez-vous du marin et de son cap.

Sans objectifs, vous allez faire 50 000 détours avant d'arriver à destination (bon après rien ne vous empêche de jouer au pirate de temps en temps histoire de récupérer un ou deux trésors sur la route...).

...

Bon.

Pour ne pas vous tromper de cap, vous allez devoir creuser en vous (et en tous ceux qui participent au projet, même le chat 🐈).

Pour vous simplifier la tâche, voici 5 choses sur lesquelles vous pouvez creuser :

Les valeurs et les principes.

Les désirs.

Les besoins.

La vision.

Le budget.

...

Une fois que c'est fait, vous devez définir 4 ou 5 grands objectifs.

Attention !

Vos objectifs doivent être S.M.A.R.T (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réaliste et Temporel).

Par exemple.

Au lieu de mettre comme objectif, "je veux atteindre l'autonomie alimentaire", mettez "je veux être autonome en tomates pour septembre 2023" par exemple.

Ou, au lieu de mettre, "je veux créer un jardin pédagogique pour les enfants de l'école", mettez "je veux pouvoir organiser la première cueillette pédagogique du jardin pour juin 2022".

Etc...

objectif-smart-permaculture-design-carnet

4. Composter

Bon.

Mine de rien, à cette étape-là, vous avez déjà pas mal avancé !

En fait, le plus dur est fait.

(et la fin de la période d'observation est censée être terminée)

J'ai choisi d'appeler cette étape le compostage parce que c'est ici que vous allez jouer avec vos idées.. les mélanger et les fusionner.

C'est aussi à ce moment-là que vous allez créer des systèmes écologiques et peaufiner votre design final.

Pour ça, vous allez ajouter des bordures, faire circuler l'eau, l'humain, la biodiversité, la fertilité, etc...

A vous de creuser un peu le sujet et n'oubliez pas le principe de permaculture n°7 de David Holmgren :

"La conception, des grandes structures au détail"

toile-araignée-permaculture-principe-7

5. Récolter

C'est la dernière étape.

Le design final.

C'est le plan de votre jardin ou de votre terrasse.

Votre cap.

Plus il rentre dans les détails, mieux c'est.

En fonction de votre travail et de vos besoins, il se peut que vous ayez plusieurs plans (stratégie pour attirer la biodiversité, circulation de l'eau, gestion des courants d'air, etc..).

Après ça, il ne vous restera plus qu'une seule chose à faire avant de déployer les grands moyens et passer aux travaux (aménagements, constructions, plantations, etc...).

Cette chose, c'est la planification.

C'est ici que vous devez optimiser l'avancée des travaux en fonction de vos objectifs S.M.A.R.T.

...

Bref.

Vous avez toutes les clés en mains pour votre design..

..à vous de jouer !

En résumé

  1. Observer
    Découvrez votre nouvel environnement au fil des 4 saisons. Commencez à creuser en vous-même...
  2. Cueillir
    Pendant cette découverte, travaillez sur les détails. Commencez à récolter des informations sur votre environnement et sur vous-même. Ensuite, faites des cartes pour travailler sur votre pensée globale...
  3. Interroger
    Une fois arrivé à maturité de la phase d'observation, creusez encore plus profond dans vos tripes et fixer des objectifs S.M.A.R.T.
  4. Composter
    Sortez vos papiers, vos stylos, du scotch et quelques morceaux de carton.. puis utilisez les principes de la permaculture pour faire travailler vos idées.. créez des systèmes.. des courbes.. des formes.. faites circuler l'énergie.. etc...
  5. Récolter
    Une fois votre premier jet de design final terminé, planifiez les travaux et passez à l'action !

Besoin d'un accompagnement pour votre design ?

C'est un grand plaisir de partager cet article avec vous.

J'ai mis des années à conceptualiser cette méthode et j'espère vraiment que ça va vous aider.

J'ai volontairement évité de trop rentrer dans les détails pour que vous ayez une vision globale.

Si vous voulez vous lancer vous-même dans cette aventure, je vous invite à télécharger gratuitement cet ebook qui vous guidera pas à pas dans la réalisation de votre premier jet de design.

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Le secret d’un bon design en permaculture (pensée globale/pensée détail)

Dans cet article, je vous invite à réfléchir à votre design.

A faire votre premier plan sur papier.

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas besoin d'avoir un joli coup de crayon.

Le but, c'est de travailler sur un plan cohérent avec la réalité.

Et d'y placer les bons éléments.

Ni plus.

Ni moins.

Plus votre plan est minimaliste.

Mieux vous aurez d'espace pour votre créativité.

Mais dis-moi Jamy, qu'est-ce que la pensée globale ?

La pensée globale, c'est le fait d'avoir une vue d'ensemble.

C'est de prendre du recul.

De la hauteur sur votre jardin.

(même si l'on parle d'un balcon de 5 m²).

Avec la pensée globale, vous travaillez sur le zonage, les chemins, les formes, etc...

C'est grâce à ça que vous allez faire circuler l'énergie dans votre jardin.

...

A contrario, avec la pensée détail, vous allez travailler sur les détails.

(super intelligent comme explication)

Le détail, ça va être un courant d'air à l'angle de votre terrasse.

Une zone de micro-climat au pied d'un mur.

Une flaque d'eau récurrente sur votre balcon (ou une zone "marécageuse" dans votre jardin).

Etc...

La pensée globale c'est le plan de votre jardin..

..et la pensée détail, c'est votre jardin..

..et plus particulièrement, les informations que vous avez de votre jardin.

(c'est la raison pour laquelle, en permaculture, on dit qu'il faut au minimum un an d'observation avant de commencer quoi que ce soit)

...

Travailler sur un design, c'est constamment alterner entre ces 2 pensées.

Et c'est aussi la raison pour laquelle vous devez avoir d'une :

Une bonne connaissance de votre jardin..

..et de deux :

Un plan de base.

...

Et oui.

Comment voulez-vous avoir une pensée globale sans plan ?

Exercice de design en permaculturte

Mettez-vous dans votre jardin (ou votre terrasse), et essayez d'en avoir une vision globale.

Ce n'est pas impossible, mais ce qui est sûr, c'est que ça va être difficile.

Vous avez trop de stimulation devant vous.

Trop de "pensées détails".

...

Maintenant, mettez-vous devant le plan de votre jardin.

Comment voulez-vous avoir une pensée détail, sans avoir pris un temps d'observation ?

Sans avoir pris de notes sur les courants d'air, l'exposition, etc... ?

Prenons un exemple.

Imaginez que vous ayez envie de savoir à quoi ressemble la rue du gîte que vous avez loué pour les prochaines vacances.

Quel est le meilleur outil pour ça ?

Google maps jusqu'à preuve du contraire, non ?

Et bien, c'est comme si la pensée globale, c'était la vision satellite de google maps..

..et que la pensée détail, c'était le mode "street view".

Impossible de travailler l'un sans l'autre pour arriver à bon port.

(bon, j'avoue que mon exemple est un peu fané, mais l'idée est là)

Lancez vous !

Vous voilà donc (presque) convaincu de l'importance de travailler sur plan et d'annoter les observations de votre jardin.

Le défi que je vous lance maintenant, c'est d'abord de faire en sorte de vous rendre régulièrement dans votre jardin (pour travailler votre pensée détail).

Même l'hiver !

Vous avez besoin d'observer le plus régulièrement possible.

Pour ça, vous pouvez installer un composteur ou un lombricomposteur par exemple.

La deuxième chose, c'est de prendre des mesures de votre jardin et de faire ce foutu plan !

Vous n'avez plus d'excuses.

Pour résumer, il vous reste 2 étapes :

Etape numéro 1 : prendre les mesures de votre jardin (un jour de beau temps).

Etape numéro 2 : faire un plan (un jour de pluie).

C'est aussi simple que ça.

A vous de jouer !

(et si vous souhaitez que je vous accompagne dans cette aventure, c'est par ici).

Comment attirer des insectes dans un hôtel à insectes ?

Comment attirer des insectes dans un hôtel à insectes ?


Installer un hôtel à insectes, c'est bien. Attirer la faune sauvage c'est mieux. Dans cet article, vous allez découvrir comment repeupler votre terrasse, votre balcon ou votre petit jardin de ville.

Question de base..

..pourquoi un hôtel à insectes..

..et pourquoi pas plusieurs abris à insectes ?

Personnellement, j'ai tendance à déconseiller l'utilisation d'hôtel à insectes pour ces 4 raisons simples :

1. L'inefficacité
Pendant des années, j'ai pu observer l'évolution de quelques dizaines d'hôtels à insectes et j'ai constaté une chose : ça ne fonctionne pas (ou presque) ! La plupart du temps (et avec un peu de chance), ce sont les araignées qui y élisent domicile. Les rares fois où ça fonctionne, ce sont les abeilles solitaires qui s'y installent. Mais j'ai rarement vu un hôtel à insectes fourmiller de vie...

2. La cohabitation difficile des espèces
En général, un hôtel à insectes est fait pour attirer différentes espèces d'insectes. Mais le problème c'est que chaque espèce à des besoins différents. Exposition, cycle de vie, etc.. et il y a les insectes qui vivent la nuit, d'autres la journée.. tout ça c'est compliqué à mettre en place dans un seul et unique hôtel à insectes. Sans parler du fait que certains insectes mangent d'autres insectes ! (ce qui transforme votre hôtel à insectes en un champ de bataille).

3. La résilience en cas de problème
Le principe de permaculture N°10 dit qu'il faut "utiliser et valoriser la diversité". J'ai longtemps essayé de trouver l'hôtel à insectes parfait où toutes ces petites bébêtes pourraient vivre en harmonie. Et ma conclusion est claire. C'est impossible ! Par contre, construire plusieurs abris spécifiques à chaque insecte est beaucoup plus simple. En plus de ça, en cas de pépins sur un abri spécifique, à cause du vent ou du chat par exemple, les autres abris ne sont pas touchés. Ce qui rend votre "plan stratégique d’accueil de la biodiversité" résilient !

4. La perte de place
En ville, que ce soit sur une terrasse, un balcon, un toit ou un jardin partagé, le nerd de la guerre c'est l'espace disponible. Et mine de rien, un grand hôtel à insecte peut vite grappiller quelques précieux centimètres carrés. Alors qu'un abri à insecte se greffe assez facilement dans le décor... Vous pouvez facilement le suspendre à un arbuste, l'intégrer à un tuteur, une rambarde de balcon, un rebord de fenêtre, etc...

    Et pourquoi pas plusieurs abris à insectes ?

    Vous l'aurez compris.

    Mon premier grand message ici, ça va être d'oublier les hôtels à insectes hypercompliqués type "club med".

    Je vous invite à penser léger.

    A penser "bivouac".

    abris-abeille-solitaire-biodiversite-permaculture


    Gains de place, résilience en cas de casse, tranquillité des espèces, facilité d'utilisation, etc...

    Les abris à insectes offrent de nombreux avantages comparés aux hôtels à insectes (découvre les 3 abris les plus utiles pour ton potager en pots).

    Mais attention !

    Ce n'est pas parce que vous utilisez des abris que vous allez attirer plus d'insectes.

    Je vous rappelle qu'on essaye de travailler avec la nature.

    Et le truc avec la nature, c'est qu'il y a toujours une multitude de facteurs à prendre en compte.

    Mais ne vous inquiétez pas.

    C'est ce que nous allons voir dans la suite de cet article.

    Comment transformer votre potager urbain en un zoo sans cages, ni barrières ?

    Et oui, les insectes ne viendront pas dans vos abris par la force ou juste pour vous faire plaisir.

    Il va falloir leur donner envie de venir (et surtout, de rester !).

    Pour commencer, vous devez leur faire savoir que vous avez de quoi les nourrir et les héberger.

    Et voici quelques astuces :

    Donnez-leur à manger

    Qui dit insectes, dit plantes.

    Je vous rappelle qu'à l'échelle de la vie, le monde végétal est apparu bien plus tôt que le monde animal.

    D'ailleurs, je vous rappelle également que, la plupart du temps, ce sont les plantes qui utilisent les insectes et non l'inverse !

    A votre avis, pourquoi les insectes (et les animaux plus généralement) mangent les plantes ?

    Et bien tout simplement parce qu'elles font en sorte qu'on en meurt d'envie ! (et oui, j'utilise le "on", car si vous l'aviez oublié, nous faisons partie du monde animal).

    Bon.

    Si les plantes font de belles fleurs chargées de pollen, c'est pour le plaisir des abeilles.

    Et si elles font de belles tomates, c'est pour éveiller nos papilles...

    "Mais dis-moi Jamy, pourquoi les plantes font tout pour attirer les animaux ?"

    Et bien c'est simple.

    D'une elles le font pour se reproduire..

    ..et de deux, pour se déplacer !

    Le monde végétal est sédentaire, et les deux seuls moyens qu'ont trouvés les végétaux pour se déplacer et coloniser l'espace sont :

    1. Le vent
    Le vent est le premier vecteur par lequel le monde végétal a colonisé la terre. Aujourd'hui encore, il reste de nombreux végétaux qui se servent du vent pour se rencontrer et pour disséminer leurs graines.. mais de nos jours, ce sont les animaux qui font le plus gros du travail...

    2. Les animaux
    Grâce aux abeilles pollinisatrices, les plantes peuvent se rencontrer et se reproduire plus facilement. Mais pas que. Prenons l’exemple du geai des chênes. Cet oiseau est un excellent reboiseur de forêt. Chaque année, on estime qu'il récolte et cache plus de 4 600 glands de chêne. Bien évidemment, il en oubli une grande partie.. qui finissent par germer et à donner place à de nouveaux chênes... ce qui fait de lui le plus grand reboiseur de chênes du monde ! Bref, sans parler des centaines de milliers de pépins qui passent par le système digestif des mammifères chaque année... c'est indéniable, le monde animal est le plus grand vecteur d’expansion du monde végétal...

    geai-chene-reboiseur-foret-permaculture
    De nos jours, la plupart des végétaux utilisent les animaux pour coloniser l'espace

    Bref, tout ça pour dire que la base pour attirer les insectes sur votre terrasse, c'est la nourriture.

    Utilisez les stratégies de base.

    Celles qui fonctionnent naturellement.

    C'est-à-dire : les stratégies de colonisation du monde végétal... (pour faire simple, mettez des plantes et laissez-les faire leur boulot).

    Choisissez les bonnes plantes

    J'ai une question.

    Vous voyez ce genre de ville où il y a de grands et "beaux" massif de fleurs ?

    Ce genre de ville avec de grandes cascades de fleurs sur les lampadaires et sur les barrières du centre-ville ?

    Ces grands bouquets de fleurs multicolores paraissent être une poule aux œufs d'or pour la faune sauvage.

    Mais ce n'est pas du tout le cas.

    En fait, c'est tout le contraire (et je sais de quoi je parle, je me suis occupé de ce genre de massif pendant une quinzaine d'années).

    Je peux vous affirmer que la majorité de ces fleurs ne contiennent pas de pollen.

    Certes, elles attirent les abeilles par leur aspect.

    Mais nos butineuses font vite demi-tour lorsqu'elles se rendent compte qu'il n'y a rien à manger.

    ...

    "Mais dis-moi Jamy, pourquoi il n'y a rien à manger dans les plantes que l'on voit dans les massifs de fleurs du centre-ville ?"

    Et bien c'est parce que ce sont des plantes hybridées par l'homme pour qu'elles produisent un maximum de bouquets floraux..

    ..au détriment du pollen...

    Et c'est pareil pour les plantes de votre jardinerie préférée..

    .ne croyez pas faire un geste pour l'environnement en achetant un magnifique géranium rouge écarlate.

    Certes, c'est mieux ça que de mettre des fleurs en plastique, mais rien ne vaut un bon pissenlit sauvage pour attirer les butineurs.

    Mes conseils pour choisir les bonnes plantes (celles qui sont naturellement chargées en pollen) ?

    ...

    Pas si vite...

    Laissez-moi finir sur le deuxième grand principe pour attirer plus d'insectes sur votre terrasse.

    Donnez-leur à boire

    Bon, maintenant que vous savez que pour attirer la faune sauvage il faut mettre des plantes (et pas n'importe lesquelles), parlons de l'eau.

    L'eau, c'est la vie.

    Certes, vous allez arroser vos plantes.

    Mais il n'y a pas qu'elles qui ont besoin d'eau.

    Les insectes boivent eux aussi.

    Et si votre balcon ressemble à toutes les autres dalles de béton de votre immeuble, ils ne risquent pas de s'intéresser à vos abris (même si vous dessinez de grosses fleurs colorées sur vos fenêtres).

    Bon.

    Vous l'aurez de nouveau compris.

    Les plantes sont vos amies !

    Le simple fait de mettre des plantes va faire que vous allez mettre de l'eau à disposition..

    ..non seulement quand vous allez arroser et remplir vos soucoupes..

    ..mais aussi grâce aux plantes en elles même !

    Parce qu'il y a toujours un peu de transpiration le long des tiges ou des feuilles d'une plante.

    Parce qu'il y a toujours un coin de feuille ou de fleurs qui fait 'entonnoir" et qui crée une sorte de marre où les insectes peuvent s'abreuver.

    Parce qu'il y a toujours une petite rosée matinale.

    Je sais ce que vous vous dites.

    Ce n'est pas plein mois d'août, lorsque les températures moyennes sont au-dessus de 35 °C à l'ombre, qu'il y a une multitude d'oasis naturelles sur votre terrasse.

    Et bien laissez-moi vous répondre que rien ne vous empêchera de créer une oasis artificielle en cas d'urgence !

    abreuvoir-oiseau-balcon-terrasse
    Une petite soucoupe d'eau en période de canicule, et ça repart !

    Transformez votre potager en un terrain fertile

    Mettre de l'eau et des plantes à disposition pour attirer les insectes, c'est bien..

    ..mais n'oubliez pas que certains insectes sont carnivores !

    Ils ont besoin de chair fraîche.

    Et pour ça, rien de mieux que de créer un sol vivant.

    Un sol plein de vie dans lequel ils pourront piocher et parfois même, s’abreuver en eau (au creux d'une feuille-morte par exemple...).

    Un sol vivant dans des pots de fleurs ? Vous vous demandez si c'est possible ?

    Bien évidemment que c'est possible.. vous avez loupé un épisode dites-moi ^^

    Dernières astuces concrètes pour remplir vos hôtels à insectes abris à insectes

    Pour finir, voici un vrac d'astuces pour attirer plus d'insectes sur votre terrasse :

    • Désherbez le moins possible vos pots de fleurs (même quand les plantes sont sèches). Plus il y aura de vie sur votre terrasse, plus les insectes seront susceptibles de s'y installer. Et la vie appelle la vie...
    • Paillez vos pots de fleurs. Un sol vivant est avant tout un sol paillé. Dans la forêt, il y a toujours un paillage naturel qui protège et nourrit le sol.. on appelle ça la litière. Et vous pouvez très bien reproduire ce modèle dans un pot de fleurs ^^
    • Faites du compostage de surface. Toujours dans cette perspective de favoriser la vie dans vos pots de fleurs, le compostage est un bon moyen d'ajouter de quoi grignoter pour les insectes et autres vers du sol.
    • Laissez monter vos plantes en graines. D'une, ça attire les oiseaux. Et de deux ça vous permet de végétaliser sans avoir à intervenir !
    • Laissez les pucerons dévorer vos plantes. Comment voulez-vous que des coccinelles élisent domicile sur votre terrasse si vous ne leur dressez pas la table... ?
    • Pratiquez le zéro déchet végétal. Ne mettez jamais quelque chose de végétal ou animal (dans la limite du raisonnable) à la poubelle. Que ce soit une fleur fanée, une branche morte ou une abeille morte, tout doit rester sur place (et rejoindre le cycle de la vie). Pour aller plus loin, réutilisez les déchets pour fabriquer vos abris (vous pouvez très bien vous servir d'une branche de bambou pour fabriquer un hôtel à abeilles sauvages...)

    Conclusion

    Bref, vous l'aurez compris, l'hôtel à insectes n'est pas la meilleure solution pour héberger la sainte coccinelle dévoreuse de pucerons.

    Si vous voulez des coccinelles, faites-leur un abris et laissez vivre les pucerons !

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    Alors, vous êtes prêt.e à abandonner l'idée d'installer un hôtel à insectes ? Non ? Dites-nous pourquoi juste en dessous !

    Les 12 principes de la permaculture appliqués au composteur de jardin

    Le concept de ce type d'article ("Les 12 principes de la permaculture appliqués à etc...") est simple. Je prends un sujet au hasard (ou presque) et je le fais passer par le filtre des 12 principes de permaculture selon David Holmgren.

    Pas de cours académique. J'écris juste ce qui me passe par la tête.

    Le but, c'est que vous appréhendiez mieux ces 12 principes (et c'est aussi l'occasion de réviser 😉).
    Si vous avez du mal à saisir un ou plusieurs de ces principes, n'hésitez pas à me le dire en répondant à ce mail

    1. Observer et interagir

    De temps en temps, il est bon de prendre quelques minutes pour observer votre compost.

    Est-ce qu'il se décompose bien ? Est-ce qu'il ne chauffe pas trop ? A-t-il une bonne odeur de forêt ? Y a-t-il des vers de terre ? Est-il assez humide ?

    Ensuite, agissez en fonction de vos observations.

    S'il ne se décompose pas assez vite, qu'il sent mauvais ou qu'il chauffe trop, essayez de le brasser et de revoir votre équilibre carbone/azote.

    S'il n'y a pas de vers de litière (eisenia foetida), pourquoi ne pas en rajouter ?

    Et, s'il est trop sec, arrosez-le ou gardez-le ouvert un jour de pluie.

    2. Capter et stocker l'énergie

    Contrairement à un système naturel, un composteur a besoin d'une intervention humaine pour fonctionner.

    Et oui, seul un humain peut l'ouvrir pour ajouter un peu de matière organique.

    Vous êtes donc son unique source d'énergie, alors prenez bien soin de lui !

    3. Obtenir une production

    Un compost bien mûr peut alléger le sol pour cultiver vos pommes de terre ou remplir vos godets à semis au printemps. A vous de voir quelle utilité vous allez donner à votre compost...

    4. Appliquer l'autorégulation et accepter la rétroaction

    Un composteur de jardin n'a pas de fond. Il est en contact avec la vie souterraine.

    Ca permet à cette vie d'aller et venir... de s'autoréguler. Et rien n'empêche qu'un mulot, qu'une souris ou qu'un campagnol ne décide d'y faire quelques portées... accepter la rétroaction c'est accepter ça aussi.

    5. Utiliser et valoriser les ressources et les services renouvelables

    Remplir votre composteur de jardin avec vos épluchures et vos restes, c'est bien.

    Mais ne vous contentez pas que de ça.

    Utiliser la matière organique à disposition dans votre jardin ! (pas la peine d'aller faire des kilomètres avec une remorque pour aller en chercher).

    Gazon, feuilles mortes, fruits pourris et bois mort sont en abondance dans un jardin vivant...

    6. Ne produire aucun déchet

    Dans un compost, tout est utile.

    Au moment de la récolte, si vous trouvez des morceaux qui n'ont pas fini de se décomposer, mettez-les de côté pour relancer le prochain compost !

    7. La conception des grandes structures aux détails

    Dans une conception, un design, le composteur de jardin est loin d'être un détail. Prenez-le en compte dès le lancement de votre jardin !

    8. Intégrer au lieu de séparer

    Une erreur que la plupart des gens font : mettre le composteur au fond du jardin.

    Le problème avec ça, c'est qu'il est tellement loin que vous avez la flemme d'y aller (surtout l'hiver).


    Votre composteur de jardin doit faire partie de votre quotidien.

    Vous devez passer naturellement devant, et ce plusieurs fois par semaine.

    Dans votre design, il doit se trouver entre la zone 0 et la zone 3 grand maximum (idéalement, il se trouve en zone 2).

    9. Utiliser des solutions lentes et à petite échelle

    Le composteur est une solution lente. Et une fois rempli, vous devez encore attendre environ 6 mois sans rien toucher pour qu'il arrive à maturité.

    C'est la raison pour laquelle vous devez le lancer le plus rapidement possible. Peu importe la saison.

    10. Se servir de la diversité et la valoriser

    N'hésitez pas à mettre tout et n’importe quoi dans votre composteur (évitez tout de même l'huile de vidange 😂).

    Le secret d'un bon compost c'est sa diversité. Plus vous mélangez de chose, mieux il se porte !

    11. Utiliser les bordures et valoriser la marge

    Une bordure c'est une interface entre 2 choses.

    C'est un peu comme la dernière semaine d'août. C'est la semaine qu'il y a entre les grandes vacances et la rentrée...

    Bref.

    Plus il y a de bordures, plus il y a d'interfaces et donc, plus il y a de la vie.

    Et pour illustrer cet exemple, j'ai choisi de parler de matière organique. Et plus précisément de l'équilibre carbone/azote.

    L'idéal, c'est d'ajouter de la matière sèche (matière organique carbonée) à chaque fois que vous ajoutez de la matière fraîche (matière organique azotée).

    12. Face au changement, être inventif

    La plupart du temps, tout ne se passe pas comme prévu.

    Il y a toujours une souris, un campagnol ou une musaraigne qui décide de venir squatter votre composteur de jardin.

    Ne vous tracassez pas pour ça..

    .. ils mélangent le compost pour vous (et en plus ils décomposent les matières organiques difficiles à digérer).

    Voilà tout pour aujourd'hui.

    Pour aller plus loin avec le compostage, je vous recommande chaudement cet article.

    8 astuces pour observer votre jardin avec le cerveau droit

    J'ai pas mal de retours de personnes qui me disent qu'ils ont du mal à observer leur jardin. A lâcher prise. A pratiquer le non-agir.

    Sincèrement, je suis super content que l'on me pose ce genre de question.

    Ca veut dire que vous avez compris l'importance du principe n°1 selon la permaculture de David Homgren qui est : " Observer et interagir".

    😉


    Bon, pour commencer, savez-vous que nous sommes l'espèce animale (devant le castor) qui interagit le plus avec son environnement ?

    L'interaction, c'est quelque chose de naturel pour nous. C'est dans nos gènes. Nous sommes des êtres d'action !

    Par contre, l'observation, ça l'est de moins en moins...

    D'ailleurs quand on y réfléchit, l'observation et l’interaction sont 2 concepts opposés.
    Et à mon avis, si David Holmgren à mis face à face 2 concepts opposés dans son premier principe de permaculture, c'est pour faire un clin d’œil à l'approche systémique (approche de laquelle s'inspirent grandement la permaculture et l'écologie en général)...


    Bref.

    Comment hacker votre cerveau et passer en mode observation permaculturelle ?

    Et bien c'est simple.

    Déjà, je vous rappelle que le cerveau humain a 2 "modes" de pensées :

    La pensée rationnelle (le cerveau gauche)

    Le cerveau gauche est celui qui vous dit que vos tomates ont du mal à mûrir cette année ou que votre abri à insectes n'a pas été très utile... c'est celui qui observe en cherchant des fait précis, rationnels et logiques. En gros c'est votre ennemi si vous voulez passer en mode observation et non-agir.

    La pensée créative (le cerveau droit)

    Le cerveau droit gère les émotions.

    Il est intuitif et créatif. C'est celui-ci que vous devez solliciter pour faire de l'observation créative au jardin. Il permet à votre esprit de vagabonder et de remarquer des choses que vous ne pouvez pas voir en jardinant avec votre cerveau gauche. C'est grâce à lui que vous trouverez plein d'idées pour votre design !

    Bon, tout ça c'est cool, mais voyons voir concrètement ce que vous pouvez faire pour activer votre cerveau droit au jardin...

    Débloquer sa créativité au jardin

    Déjà, oubliez le truc de se poser sur une chaise, ne penser à rien et attendre l'inspiration.

    Pour certains ça fonctionne peut-être mais ce n'est pas ce qui fonctionne le mieux (en tout cas, ça ne fonctionne pas énormément pour moi).

    Votre cerveau est une machine à penser..

    .. et il va falloir le duper un peu :

    1. Mettez de la vie

    "Chaque élément du système doit remplir plusieurs fonctions et chaque fonction doit être remplie par plusieurs éléments"
    Bill Mollison

    Je vous ai beaucoup parlé d'hôtels à insectes, de nichoirs, de mangeoires à oiseaux, etc..

    Ce n'est pas uniquement pour attirer plus de vie avec, entre autres, des prédateurs et des pollinisateurs.

    C'est aussi pour mettre de la vie dans votre jardin. Pour mettre de la couleur, du mouvement...

    Et c'est ça qui stimule votre cerveau créatif !

    2. Trouver le point d'inspiration

    Que ce soit sur une petite terrasse de balcon ou un grand terrain à la campagne, votre jardin a ce que j'appelle "un point d'inspiration".

    Généralement, c'est l'endroit où vous pouvez observer la totalité de votre jardin.

    Cet endroit est parfait pour prendre du recul et observer (en mode cerveau droit s'il vous plaît !).

    3. Ajoutez des places assises

    Multipliez les opportunités pour prendre un moment de repos.
    Même si c'est pour vous asseoir juste une minute

    Puis, n'hésitez pas à naviguer spontanément entre ces différents points de vue.

    4. Mettez-vous pieds nus

    Personnellement c'est quelque chose que j'oublie de faire et qui pourtant fonctionne super bien pour s'ancrer dans le moment présent.

    Vous mettre pieds nus, c'est vous ancrer à la terre, c'est ralentir.

    C'est aussi marcher plus délicatement et regarder où l'on met le pied...

    5. Respirez

    Simple et efficace.

    Chez moi la respiration c'est quelque chose de magique pour me calmer et m'ancrer dans l'instant présent.

    Essayez !

    Voici comment je m'y prends : je prends quelques grandes respirations en inspirant par le nez et en expirant par la bouche (n'hésitez pas à exagérer vos respirations).

    6. Créez de l'intimité

    Dans l'intimité, vous êtes beaucoup plus attentif et beaucoup plus connecté à la nature.

    Observez seul et faites en sorte de ne pas être dérangé. Le but c'est de ne pas vous sentir à découvert ou observé.

    7. Lisez

    L'observation ne se fait pas uniquement à travers les yeux.

    Les bruits, les odeurs, le touché, le goût... Faites en sorte d'utiliser vos 5 sens !

    En plus, quand vous lisez, vous êtes généralement immobile. Ca permet de vous fondre dans le décor et de voir la facette cachée de votre jardin.

    Cette facette, c'est le jardin pendant votre absence..

    .. et croyez-le ou non, c'est là que tout se passe !

    (Si la lecture ce n'est pas votre truc, vous pouvez dessiner ou jouer de la musique par exemple)

    8. Étiquetez vos plantes

    En étiquetant vos plantes, vous stimulez votre cerveau droit.

    Et n'hésitez pas à avoir quelques étiquettes vierges d'avance, le bricolage c'est aussi un moment de création !

    Voilà,
    j'espère sincèrement qu'au moins un de ces conseils vous permettra de passer plus facilement en mode "observation créative".


    Et si vous avez besoin d'être accompagné pour le design de votre jardin, c'est par ici.

    Jardiner avec les enfants

    Peut-être que vous avez des enfants et que les seules activités que vous leur faites faire c'est de vous donner un petit coup de main pour la plantation et l'arrosage.

    Pourtant, il y a un tas de choses à faire pour les éveiller au jardinage comme faire germer une graine et suivre son cycle..

    ..observer les insectes qui viennent lui rendre visite..

    ..observer la vie du sol sous le paillage..

    ..mettre les mains à la terre..

    ..faire un herbier sur un téléphone..

    ..construire un tipi en bambou pour tuteurer un plant de tomate..

    ..etc...

    Tout ça c'est cool.

    Ca leur fait faire des activités manuelles et pédagogiques.

    Ca éveille leurs sens et c'est bien mieux qu'une simple session d'arrosage occasionnelle.

    Pourtant, il y a une chose de laquelle ils apprendront énormément.

    Une chose tellement enrichissante, qu'elle restera dans leur mémoire toute leur vie.

    Mon premier contact avec le jardinage

    Quand j'étais petit, j'ai eu une période où je faisais germer plein de graines sur mon balcon.

    Graines de citron, graines de pomme, etc.. tout y passait ! (j'ai même gardé un marronnier une demi-douzaine d'années dans un pot de fleurs).

    Je me souviens encore de tous ces petits instants où j'observais ces graines germer et grandir.

    Ces moments où je les arrosais, je sentais leur parfum, je les touchais, etc..

    Et il est là mon conseil :

    Si vous avez des enfants, je vous invite à leur donner la responsabilité d'un pot de fleurs (ou d'un morceau de jardin).

    La règle d'or : ne pas intervenir

    C'est leur responsabilité.

    Vous avez le droit de les prévenir si la plante a soif par exemple, mais c'est tout.

    Tant pis si la plante meurt.

    Pas de désherbage ou d'arrosage en douce.

    C'est à eux de s'en occuper et d'apprendre de leurs erreurs.


    Bon, vous allez me dire qu'il est un peu tard pour faire germer des plantes au jardin et que de toute façon vous n'avez plus de graines.

    Faux !

    Il y a toujours un pot de fleurs ou un coin de jardin vide et il y a toujours une graine qui traîne à la maison (citron, pomme, orange, tomate).

    De plus, tout germe en ce moment au jardin (c'est la magie de l'été).

    Faites marcher votre créativité !

    Il y a tout un tas d'activité à faire au jardin avec les enfants comme par exemple l’expérience du ver de terre ou les têtes à pousser faites avec des coquilles d’œufs.
    Et si vous avez un chat, pourquoi ne pas faire pousser de l'herbe à chat ?

    PPS : je suis curieux de savoir ce que vous avez l'habitude de faire au jardin avec vos enfants..
    ..dites-le-moi en répondant à ce mail !